Communiqué – Disparition de monsieur Yves de Daruvar, Compagnon de la Libération.

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Rubrique : Nation, institutions et réforme de l'Etat

Le Président de la République a la grande tristesse de vous faire part de la disparition de monsieur Yves de Daruvar, Compagnon de la Libération, survenue le 28 mai 2018 à l’hôpital militaire de Percy, à l’âge de 97 ans. Grand-Croix de la Légion d’honneur, il était le dernier Compagnon ayant servi au sein de la 2ème DB du général Leclerc.

Issu d'une vieille famille de la noblesse hongroise, Yves de Daruvar est né le 31 mars 1921 à Istanbul en Turquie. Emigré en France avec sa famille, Yves de Daruvar suit des études secondaires comme interne au lycée Janson de Sailly puis au lycée Louis-le-Grand.

Il prépare le concours de l'Ecole coloniale lorsque la guerre éclate en septembre 1939. Bien que n'étant pas de nationalité française, il tente, en vain, de s'engager auprès de la gendarmerie de son domicile en juin 1940.

Refusant la défaite et l’armistice, Yves de Daruvar parvient alors à embarquer clandestinement à Saint-Jean-de-Luz, le 21 juin 1940, sur le Batory, bateau rapatriant des troupes polonaises en Angleterre. Il s'engage dans les Forces françaises libres à Londres le 1er juillet 1940. Il combattra durant ces cinq années pour la libération de la France sous sa nationalité hongroise.

Affecté au Bataillon de Chasseurs de Camberley et, promu aspirant, il quitte l'Angleterre et débarque à Pointe-Noire en juin 1941.

Affecté à la 1ère Compagnie de découverte et de combat du Régiment de Tirailleurs sénégalais du Tchad, il participe avec elle à la première campagne du Fezzan (février-mars 1942) sous les ordres du général Leclerc.

Yves de Daruvar se distingue lors de la 2e campagne du Fezzan, avec le Groupe Nomade du Tibesti, puis prend part aux campagnes de Tripolitaine et de Tunisie en 1943. Il y est blessé deux fois, à la tête le 21 avril 1943, et très grièvement à la face et aux jambes quatre jours plus tard.

Hospitalisé en Egypte à Héliopolis, il interrompt son traitement chirurgical pour être présent au moment de la campagne de France ; il rejoint le Régiment de marche du Tchad (RMT) et part pour l'Angleterre avec l'ensemble de la 2e Division blindée du général Leclerc.

Yves de Daruvar débarque en Normandie début août 1944, où il prend le commandement d'une section et combat en Normandie. Après la libération de Paris, chef de section au RMT, il s'illustre magnifiquement par son audace et son calme à Andelot où, malgré de fortes résistances ennemies, il entraîne ses hommes et traverse la ville d'un élan irrésistible, faisant de nombreux prisonniers.

Il est de nouveau très grièvement blessé aux jambes le 17 septembre 1944 à Châtel-sur-Moselle, ce qui lui interdit de reprendre le combat.

Naturalisé français en novembre 1944, le lieutenant Yves de Daruvar peut alors reprendre ses études à l'Ecole coloniale d'où il sort major. Yves de Daruvar entame alors une belle carrière, toujours au service de la France, dans l’administration coloniale à Madagascar, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Sénégal et en Somalie, avant d’être Haut-commissaire de la République aux Comores de juillet 1962 à janvier 1963.

Il poursuivra ensuite sa carrière, jusqu’à sa retraite, au Commissariat à l'Energie atomique (1963-1981).

Le Président de la république exprime à nouveau la gratitude de la Nation pour ces actes d’héroïsme et présente à la famille, aux proches et aux camarades d’Yves de Daruvar toutes ses condoléances.

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