Nathalie Baye avait tracé par ses choix et son talent un chemin singulier dans notre cinéma français – côtoyant les grands auteurs, ne renonçant jamais à l’ambition populaire.

Née le 6 juillet 1948, Nathalie Baye fut très jeune attirée par la scène. Fille d’artistes, elle s’orienta d’abord vers la danse, puis passa par le Cours Simon et le Conservatoire. La rencontre avec François Truffaut changea sa vie. Elle fut choisie pour « La Nuit américaine » en 1973 et tourna, cinq ans plus tard, avec lui, « La Chambre verte ». Par son talent, Nathalie Baye devint indispensable, présente pour les créations de Maurice Pialat, Claude Sautet, Alain Cavalier, Bertrand Tavernier…Son rôle dans « Sauve qui peut (la vie) » lui vaut un César du meilleur second rôle, comme l’année suivante « Une étrange affaire ». Incontournable, voulue par tous, elle connaît encore le succès avec « Le Retour de Martin Guerre » en 1982 aux côtés de Gérard Depardieu et conquit dès l’année suivante un César de la meilleure actrice avec « La Balance », où elle joue aux côtés de Philippe Léotard, son grand amour, et de Richard Berry.

Nathalie Baye fut aussi reconnue par sa voix singulière – présente dans la chanson composée par Jean-Jacques Goldman pour les « Restos du cœur » en 1985, ou placée au début de la mélodie de « Quelque chose de Tennessee » de Johnny Hallyday, dont elle partagea la vie, et avec qui elle eut une fille, Laura Smet. Après l’éclat des années 1980, Nathalie Baye sut se réinventer avec « Un week-end sur deux » de Nicole Garcia, et « La Baule-les-Pins » de Diane Kurys. Ce fut aussi « Vénus Beauté (Institut) » en 1999 qui lui permit de renouer avec un immense succès public et critique. Enfin, forte d’un statut particulier, fait d’admiration et de tendresse, l’actrice poursuivit sa route en donnant sa confiance à de jeunes auteurs, tels Xavier Beauvois avec qui elle remporta le César de la meilleure actrice dans « Le Petit lieutenant » en 2006 ou Noémie Lvovsky, tout en continuant sa route avec de grands noms du cinéma, Claude Chabrol ou Claude Berri. Elle rayonna aussi hors de nos frontières, mère de cinéma de Leonardo DiCaprio dans « Attrape-moi si tu peux » de Steven Spielberg, mère aussi de Melvil Poupaud et Gaspard Ulliel respectivement dans « Laurence Anyways », et « Juste la fin du monde » de Xavier Dolan.

Tout au long de cette carrière, Nathalie Baye ne délaissa pas non plus les planches ni la télévision où elle joua pour Josée Dayan et Frédéric Tellier. Femme aussi engagée que libre, Nathalie Baye prêta sa célébrité à la cause de la lutte contre le réchauffement climatique, le traitement de maladies comme la claustrophobie, ou le droit de mourir dans la dignité.

Le Président de la République et son épouse saluent une star élégante, attachante et inspirante au cœur du cinéma français, au cœur de tant de Français. Ils adressent leurs condoléances à sa famille et à ses proches.

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