Le Président de la République a participé au Sommet de la Communauté politique européenne à Erevan, en République d'Arménie, le 4 mai 2026.

Pour ce premier jour à Erevan, le Président Emmanuel Macron a participé au huitième Sommet de la Communauté politique européenne (CPE) dans le but de renforcer le dialogue stratégique entre États européens et de répondre aux grands défis de sécurité et de stabilité sur le continent. 

Revoir l'arrivée du Président :

4 mai 2026 - Seul le prononcé fait foi

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Arrivée du Président de la République au Sommet de la Communauté politique européenne.

Emmanuel MACRON

Bonjour à tous. Heureux de vous retrouver à Erevan. C'est important parce que c'est un nouveau rassemblement de cette Europe large qui est la communauté politique européenne. Qui, de l'Europe du Nord aux Balkans en allant jusqu'au Caucase, permet de rassembler aujourd'hui 40 délégations qui sont ici. Et on voit que c'est une Europe qui avance. On va dans un instant tenir une réunion de soutien à l'Ukraine. On aura l'occasion d'avoir des réunions de soutien, justement, à l'indépendance, la souveraineté arménienne, à la Moldavie.

Et puis, c'est une Europe aussi qui bâtit sa sécurité, sa défense. C'est, je crois, le bon cadre, parce que les défis de sécurité européens sont au-delà des frontières de l'Union européenne, et cette Europe large est pertinente à ce titre. Nous avons aussi bâti, lors du dernier Sommet à Copenhague, une alliance contre la drogue et les trafics de drogue. Elle comporte 40 délégations, États et organisations internationales, et nous allons pour la deuxième fois la réunir avec des actions très concrètes que nous coordonnons dans les ports, les aéroports, pour lutter aussi contre le financement des trafics. Voilà l'agenda du jour, et c'est pour moi une occasion importante de continuer à faire avancer ce projet européen qu'est la Communauté politique européenne. Nous aurons ensuite l'occasion d'une visite bilatérale.

Journaliste

Monsieur le Président, est-ce que la France va augmenter les troupes en Roumanie, en sachant que Trump a menacé qu'il va les retirer et pour quand une visite à Bucarest ?

Emmanuel MACRON

J'espère pour très bientôt et nous serons au rendez-vous de toute façon de la sécurité. La France est nation-cadre pour la sécurité de la Roumanie et donc, nous prendrons nos responsabilités. Aujourd'hui, le déploiement que nous avons est considéré comme suffisant, mais nous nous adapterons évidemment en dialogue très étroit avec les autorités de Roumanie, mais vous pouvez compter sur la France.

Journaliste

Quel est le message aujourd'hui de la CPE à Donald Trump ?

Emmanuel MACRON

C'est un message d'abord pour nous-mêmes. Nous, Européens, nous bâtissons nos solutions de sécurité. C'est ce que nous avons décidé de faire dès 2022 en créant la Communauté politique européenne. C'est ce que nous avons fait en bâtissant une coalition des volontaires pour apporter des garanties de sécurité à l'Ukraine, c'est ce que nous avons fait avec l'opération ad hoc et la mission pour la libération d'Ormuz. Donc, ce n'est pas en réaction à qui que ce soit, mais les Européens prennent leur destin en charge, augmentent leurs dépenses de défense et de sécurité et bâtissent leurs solutions communes.

Journaliste

Monsieur le Président, est-ce que vous allez participer à l'initiative qu'a annoncée le président Trump ?

Emmanuel MACRON

Je ne sais pas quelle est cette initiative. Vous savez, il y a 10 jours, nous, nous poussions, dès que le cessez-le-feu a été déclaré, pour faire deux choses. J'avais eu le président Trump et le président Pezechkian. Le cessez-le-feu devait inclure le Liban et le cessez-le-feu devait permettre la réouverture d'Ormuz. Le vendredi, nous avons tenu cette mission ad hoc qui a rassemblé de nombreux États et gouvernements, une cinquantaine, de tous les continents d'ailleurs, ce qui est une très bonne chose. Le même jour, les États-Unis ont annoncé faire un blocus.

Aujourd'hui, je regarde la situation. Si les États-Unis veulent réouvrir, sont prêts à réouvrir Ormuz, c'est très bien. C'est ce qu'on demande depuis le début. Mais nous, on ne va pas participer à quelque opération de vive force que ce soit dans un cadre, pour ma part, qui ne me semble pas clair. Donc nous, nous avons bâti une mission ad hoc sur laquelle nous travaillons. La planification militaire s'est faite à Londres, mais nous souhaitons qu'il y ait surtout une réouverture concertée entre l'Iran et les États-Unis. C'est la seule solution qui permet durablement de rouvrir le détroit d'Ormuz, de permettre la libre navigation et de le faire sans restriction et sans péage.

Ensuite, je veux ici redire aussi qu'il est essentiel que le cessez-le-feu soit respecté au Liban. Il y a encore eu plusieurs dizaines de morts la nuit dernière. Il est essentiel que le cessez-le-feu soit respecté. Vraiment, c'est l'engagement que les parties ont pris, et je le dis pour la souveraineté, l'indépendance du Liban et la protection des populations civiles. Merci, mesdames et messieurs. J'aurai l'occasion de vous reparler tout à l'heure. Merci.

La CPE a réuni les chefs d’État et de gouvernement du continent autour des grands enjeux de souveraineté européenne : sécurité et défense, compétitivité et sécurité économique, ainsi que démocratie et résilience face aux menaces hybrides et aux manipulations de l’information. 

Revoir la prise de parole d'ouverture du Sommet : 

26 mai 2026 - Seul le prononcé fait foi

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Prise de parole du Président de la République en ouverture de la session plénière du Sommet de la Communauté politique européenne.

Emmanuel MACRON

Thanks Nikos, thank you very much colleagues and Nicole, thank you very much for hosting us and organizing this CPC. Look, I really believe that when we speak about strategic autonomy, it was perfectly phrased by Mark in his speech with a list of sectors. When we speak about strategic autonomy, it's not just dealing with defense and security and energy, but these components are critical and food.

But now we have to speak about space, we have to speak about semiconductors and so on because it's impossible to have a sustainable strategic autonomy on defense if you are 100% dependent when you speak about semiconductors to some other countries. So we clearly see, given the integration of global economy and our innovation system, that building and strengthening our strategic autonomy requires much more focus on these key pillars where we have over-dependencies and we experienced the cost of over-dependencies during the past few years in Covid time when we spoke about masks and some medical devices. The Russian war against Ukraine revealed our over-dependencies regarding gas and Russian gas. We are experiencing the cost of our over-dependencies when we speak about the American umbrella in terms of defense and security. Let's be honest, this is the elephant in the room. But if Mark is here as well, this is because he feels closer to the Europeans and because we are all together and we consider we have to be more united because there is a sort of a doubt or a question mark when we speak about the fact that no doubt about the American solidarity on all these fields.

We will probably experience the cost of our over-dependency vis-à-vis China, no doubt. So, the big issue, we have a lot of beyond the wars and beyond the crisis, we have a big derisking strategy to deliver which will request much more investment and coordination amongst the Europeans. Let's be clear, it needs more solidarity, more investment, better organization in order to better integrate our value chain together and derisk our value chains from the major political risks we identify.

Which means sometimes deciding to relocalize some productions amongst all of us, diversifying our partnerships in order to derisk the over-dependencies. But this is the approach we will have to complete in the years to come. One of the main risks we have is an acceleration of the confrontation, especially between China and US, which could reveal much more rapidly some of these dependencies and put us in a corner.

Having said that, I think we have a series of, I would say assets, probably we underestimate which are the main links we have beyond geography. But I really believe that believing in the democracy, rule-based order, respect of an open and free trade, believing in climate change through innovation and reasonable approach creates a lot of links amongst us. And our predictability in order to deliver this agenda is a big advantage vis-à-vis a lot of non-European players.

When I look at the Gulf, when I look at Asian countries, when I look at Latin America or Africa, they just want to have predictable partners. They can disagree with us sometimes our interests will not be aligned. But as long as we deliver our agenda, being predictable makes sense. If we go to Hormuz strait, I think we have a very important role to play. A lot of us were around this VTC, we co-organized with Keir, and Giorgia was with us in Paris with Friedrich. We had a lot of Asian countries, a lot of African countries and Gulf countries. It was very impressive to see that everybody was aligned. I think the role we can play is precisely, obviously we are trusted by the US but we are respected and trusted by the Iranian, we are not naive vis-à-vis Iranian, but we are not at war with them, which creates a context where we can be this altogether. We can provide, I would say services from diplomatic, military and economic and financial side in order to facilitate a free reopening of Hormuz strait.

This is exactly the strategy we are preparing. The planification work was made last week in London. So now we are in a situation clearly to facilitate such a reopening, which puts us in this situation to be this reliable partner and to open this free road. This is I really believe, one of the assets we have. But beyond that, I really believe that our interest is to decrease the tensions in a lot of situations, to remain coordinated and full solidarity. Ukraine is by far the hottest topic. But to work all together on this agenda of strategic autonomy.

By the way, I think the work made during the past few years by Nikol on Armenia is very impressive. Let’s be honest. I mean, 8 years ago, I mean nobody would come here. The fact that you have so many first visits in your country is a good signal because 8 years ago, this country was seen by a lot of countries around the table as a sort of de facto satellite of Russia. Nikol organized this velvet revolution and decided to derisk his country from Russia. He was and he still attacked on a daily basis because of that. The fact that he decided both peace and Europe is a very strong signal. And the resistance war in Ukraine, the Armenian strategy, what is done in Moldova, plus what is done by a lot of countries around this table is as well as the fact that as Europeans, we decided during the past few years to have a collective wakeup call and not to be dependent on any big power. And this is as well, one of the preconditions of this strategic autonomy.

Après une session plénière, le Président Emmanuel Macron et la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni ont co-présidé une réunion de la coalition européenne contre les drogues rassemblant quarante États autour de coopérations concrètes.

Puis, différentes réunions et tables rondes sur la résillience des systèmes démocratiques se sont déroulées. 

Revoir la déclaration à l'issue du Sommet :

26 mai 2026 - Seul le prononcé fait foi

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Prise de parole du Président de la République à l’issue du Sommet de la Communauté politique européenne.

Emmanuel MACRON

Bonjour à tous. Je vais retrouver le président d'Arménie dans un instant et commencer la partie bilatérale de cette visite. Mais je pense que dans le contexte que nous connaissons, c'était très important de tenir cette réunion de la communauté politique européenne, la huitième ici, à Erevan. D'abord, parce qu'elle vient consacrer tout le chemin fait par l'Arménie ces dernières années. Je pense que c'est très important de le souligner, et ça n'est souvent pas assez vu. Mais il y a huit ans, beaucoup de gens regardaient l'Arménie comme un pays qui dépendait énormément de la Russie, dont les solutions de sécurité étaient totalement dans la main des Russes, dont les dirigeants étaient souvent influencés par la Russie, pour rester pudique.

Depuis la révolution de velours lancée par le Premier ministre Pashinyan, par la politique qu'il a menée ces dernières années de construction de la paix et de regard vers l'Europe et d'engagement vers l'Europe, eh bien, nous consacrons une ère nouvelle. En effet, cette Europe qui va de l'Islande jusqu'au Caucase, cette Europe large, celle que réunit la communauté politique européenne, c'est celle qui a du sens pour parler des sujets de lutte contre les trafics de drogue, de solidarité énergétique et de connectivité, de protection de nos démocraties contre les ingérences étrangères et la fausse information et de solutions de défense et de sécurité communes.

Donc, sur chacun de ces sujets, nous avons consolidé des alliances et des coalitions. On a bâti d'ailleurs des réponses très concrètes durant ces dernières années, et cette réunion a permis de passer encore une étape, en particulier sur la lutte contre les drogues. On était 40 autour de la table avec des initiatives concrètes qui ont été prises. J'ajoute à cela pour conclure que, pour la première fois, nous avions le Canada, et le Premier ministre Carney a été très clair aussi dans son ambition, l'ordre international, c'est-à-dire, au fond, la capacité pour les pays qui croient dans les règles internationales, dans la démocratie, dans la coopération, dans le commerce, ouvert et équitable de travailler ensemble, se refera à partir d'Europe et par ce dialogue particulier.

Journaliste

Monsieur le Président, vous avez beaucoup échangé aujourd'hui avec les 27. La semaine dernière, en France, on a beaucoup parlé des super profits réalisés par TotalEnergies. C'est un sujet très concernant. Est-ce que, d'après vous, l'Europe doit mettre en place une contribution exceptionnelle, notamment pour les énergéticiens ?

Emmanuel MACRON

D'abord, il y a un processus de transparence qui est aujourd'hui assuré dans beaucoup de pays. En France, il l'est, avec des enquêtes permanentes sous l'autorité du Premier ministre et des ministres compétents à Bercy. Les Européens suivent cela de très près. Il ne faut surtout pas oublier la cause de tout cela. La cause, c'est qu'aujourd'hui, on a le détroit d'Ormuz qui est fermé depuis des semaines. Donc, notre énergie, on doit surtout la mettre à réouvrir le détroit d'Ormuz, parce que par ce détroit sortent à peu près 20 % du pétrole et du gaz mondial, 30 % des engrais. Donc, notre problème, c'est ça, à la base. Ce ne sont pas les comportements d'un tel ou un tel.

Après, on doit s'assurer que quand les prix montent, ils sont répercutés le plus tard possible et que quand les prix baissent, ils sont répercutés le plus vite possible pour pas que ce soit nos consommateurs qui, en quelque sorte, soient les principales victimes. C'est là où il faut faire le suivi des marges. Mais aujourd'hui, il n'y a pas des producteurs ou que ce soit qui sont en train de faire beaucoup d'argent et qui font monter le prix à dessein. Il y a surtout un contexte géopolitique par ce blocus. Donc, la priorité, c'est la réouverture pacifique et concertée d'Ormuz et le suivi, la transparence, s'il y a des profits excessifs ou des comportements de, si je puis dire, un peu prédateurs ou spéculateurs, en effet, les différents pays et les Européens devront y répondre.

Journaliste

You said that you will discuss the issues with President Aliyev, how will you do that ? By phone or in person ?

Emmanuel MACRON

I will first discuss with the President of Armenia and the Prime Minister of Armenia, and after that, I will call President Aliyev, and we will organize together the right way to proceed, either physically or through this phone call. But you can count on me, and I am a strong believer in this peace process. Thank you.

Journaliste

Est-ce que vous avez l’impression que l’Europe ressort plus forte de cette réunion ? 

Emmanuel MACRON

Je pense que l'Europe est à un moment de vérité qui suppose plus d'unité et plus d'ambition. Cette réunion était importante pour moi, on doit encore accélérer et aller plus loin. On a besoin d'une Europe forte qui réduise ses dépendances excessives, qui bâtisse ses solutions de paix et de sécurité pour elle-même et qui agit comme un continent vraiment uni par une communauté de destin. C'est ça en quoi nous croyons.

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