Le Président de la République s'est rendu sur le site Naval Group de Nantes-Indret, le mercredi 18 mars 2026.
Le chef de l’État a visité le site sur lequel a débuté la construction du porte-avions de nouvelle génération (PA-NG) dont il a dévoilé le nom : France Libre.
Ce projet majeur assurera la permanence du groupe aéronaval français et garantira à la France la capacité d’agir et de se déployer sur l’ensemble des mers et des océans. Il constituera un élément important de la stratégie de défense et de protection des intérêts français.
Ce chantier industriel d’ampleur mobilise l’ensemble de la base industrielle et technologique de défense française.
Plus de 800 entreprises, dont un grand nombre de PME, seront impliquées dans ce programme, qui contribuera au dynamisme économique et au développement de l’emploi dans nos territoires.
Ce programme contribue également à soutenir l’innovation et la recherche dans des domaines technologiques de pointe. Il participe au développement des compétences et des savoir-faire, en lien avec les établissements d’enseignement, les centres de recherche et les filières de formation qui préparent les talents dont notre industrie de défense aura besoin dans les décennies à venir.
Revoir le discours :
18 mars 2026 - Seul le prononcé fait foi
Discours du Président de la République annonçant le porte-avions nouvelle génération : le « France Libre ».
Emmanuel MACRON
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le préfet de région,
Madame la présidente du Conseil régional,
Monsieur le président du Conseil départemental,
Monsieur le maire,
Mesdames et Messieurs les maires,
Monsieur le délégué général pour l'armement,
Monsieur le chef d'état-major de la Marine,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le chef d'état-major particulier,
Mesdames et Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et messieurs, en vos grades et qualités.
400 ans de Marine nationale. Nous serons en mai prochain pour marquer cette date ô combien importante, quatre siècles aussi que notre industrie se déploie à son service. Ici même, nous le rappelions à l'instant. Eh oui, nos mers, nos océans sont, et j'ai eu plusieurs fois l'occasion de le rappeler, des nouveaux lieux de la conflictualité contemporaine et ils le seront année après année encore davantage, à coup sûr. Les derniers jours l'ont confirmé et l'avenir le confirmera encore.
C'est pourquoi être là devant vous revêt une importance particulière. Dans ce site d'Indret qui accompagne cette odyssée de notre marine nationale depuis le début. Il y a quelques jours, notre porte-avions Charles De Gaulle et le groupe aéronaval qui l'accompagne arrivait au large de la Crète, de Chypre, du Liban. Nous étions à leurs côtés. Une fois encore, il incarnait aux yeux de nos compatriotes, aux yeux aussi du monde, notre détermination à défendre nos intérêts, à assurer aussi la défense de nos partenaires et à assumer nos responsabilités.
Notre porte-avions, c'est la France faite volonté et puissance. Plus qu'un navire de guerre, il est la démonstration permanente de détermination et d'engagement pour agir seul, si nécessaire, avec nos alliés, si possible. Et rares sont les pays capables de projeter à des milliers de kilomètres de leurs côtes une telle combinaison de puissance aérienne, navale et de commandement. La France en est capable par un investissement de long terme et elle doit le rester. C'est le sens profond de ce que nous faisons aujourd'hui.
Dans un monde où le champ des règles, comme je le rappelais il y a quelques jours à l’Ile-Longue, est un champ de ruines, où les crises surviennent n'importe quand et n'importe où, nous devons demeurer cette nation qui agit. Nos compatriotes le souhaitent et l'assument. Nos alliés attendent de nous que nous soyons au rendez-vous, capables, crédibles, déterminés, et nos adversaires potentiels doivent savoir que la France est puissance.
Le 8 décembre 2020, au Creusot, j'annonçais alors que la France se doterait d'un nouveau porte-avions de nouvelle génération. En décembre dernier, devant nos forces françaises aux Émirats arabes unis, je confirmais cette décision et annonçais le lancement en réalisation du futur porte-avions. Ici même, aujourd'hui, dans ce chantier d'Indret, il prend désormais corps. J'ai pu voir les premières pièces, déjà impressionnantes, de technicité et de compétence. Ce qui se joue dans ces modules de chaufferie nucléaire et d'appareils propulsifs, dans le dévouement des femmes et des hommes qui prennent part à ce chantier, c'est bien la garantie de notre indépendance pour les décennies qui viennent.
Ce porte-avions de nouvelle génération est l'enfant d'une grande histoire, une histoire de plus de 100 ans, avec le premier appontage réalisé sur le pont du Béarn, à travers la chaîne de nos 8 porte-avions. Béarn, Dixmude, Arromanches, La Fayette, Bois Belleau, Clémenceau, Foch, Charles de Gaulle. Histoire d'audace, histoire de conquête, car chaque porte-avions est un exploit humain, technique, industriel. Notre prochain porte-avions sera de 310 mètres de long. Il déplacera 80 000 tonnes. Il disposera de deux réacteurs nucléaires. Il représentera un tonnage 1,8 fois supérieur à celui du Charles De Gaulle. Ces chiffres disent la dimension de l'ambition qui est la nôtre. Et je le rappelais à l’île-Longue au début du mois, un porte-avions nucléaire participe de manière indispensable à notre capacité de dissuasion. Oui, construire un porte-avions, c'est mobiliser d'ici 2038, et donc pendant plusieurs années, les meilleures intelligences du pays, les savoir-faire les plus rares, les vocations les plus exigeantes.
Cet exploit humain suppose l'effort de la nation. Ce nouveau porte-avions coûtera près de 10 milliards d'euros. C'est un investissement majeur, mais qui va bénéficier à tous, ici à Indret, mais aussi dans tous nos territoires. 90 % du coût de notre porte-avions, 90 %, bénéficiera directement à nos entreprises nationales. Il faut le dire clairement, le répéter, cet investissement de la nation pour son indépendance, sa souveraineté, crée des emplois en France, développe des compétences en France. Il permet aussi de poursuivre cette chaîne des compétences indispensables, qu'à raison nous n'avons jamais perdue. Qui est, pour certaines de ses compétences, une cohorte humaine si fragile.
Naval Group, dont je salue ici le président-directeur général, Pierre Éric Pommellet, qui nous accueille sur ce chantier, TechnicAtome, Framatome, dont je salue aussi les dirigeants et les équipes, et dont le savoir-faire en matière de propulsion nucléaire est inégalé en Europe, les Chantiers de l'Atlantique, dont les formes verront naître la coque puissante et imposante de ce futur porte-avions, Thales et ses systèmes de combat, Dassault pour le groupe aérien embarqué, l'armurier MBDA. Ces grandes maisons sont notre fierté et seront évidemment au cœur de ce projet industriel et, avec elles, leurs entreprises conjointes. Elles forgent notre indépendance sous la maîtrise de notre ministère des Armées et tout particulièrement de la Direction générale de l'armement.
Mais ce programme touche aussi plus de 200 métiers industriels différents, plus de 800 entreprises dans toute la chaîne productive : mécaniques lourdes, électroniques de puissance, systèmes numériques, ingénierie complexe, matériaux avancés, robotiques. Nous en avons vu un échantillon à l'instant avec vos élus. Ce sont des PME, des ETI, des grands groupes qui travaillent à la fois dans le secteur de la défense, parfois aussi dans le secteur civil, avec cette force du modèle dual que nous portons, et qui irriguent tous nos territoires. Je veux aujourd'hui remercier très directement, quelle que soit la taille de votre entreprise, l'ensemble des dirigeants, de leurs collaboratrices et de collaborateurs, tous ceux qui vont produire ce porte-avions de nouvelle génération, tous ceux qui, souvent dans l'ombre, portent un peu de l'avenir de notre défense et donc de notre avenir. Soyez fiers, fiers de faire partie de cette grande aventure industrielle, de cette grande aventure souveraine. Soyez fiers et soyez-en remerciés. Vous êtes la preuve que notre puissance militaire est autant la cause que la conséquence de notre puissance industrielle. Sans une industrie de la défense qui produit plus, plus vite pour son pays, nous ne saurons saisir les opportunités pour nous-mêmes, mais également à l'export. Et vous savez combien je tiens à cette dimension, surtout dans la période que nous vivons, et vous y contribuez.
Sans une industrie de défense puissante, nous serions condamnés à l'inféodation militaire et donc la vassalisation stratégique et la soumission économique. C'est pourquoi, aussi vrai que nous défendons un modèle d'armée complet, une dissuasion nucléaire dont j'ai rappelé l'importance et l'investissement qui l'accompagne, nous défendons une indépendance industrielle, technologique et d'innovation, militaire bien entendu, mais surtout les domaines critiques, aussi dans le civil.
Cette indépendance française, cette indépendance européenne aussi, est ô combien indispensable. C'est cela qui a justifié, ces dernières années, les deux lois de programmation militaire. Ce matin, j'ai présidé un Conseil de défense, à nouveau, qui a permis de finaliser la marche supplémentaire de cette deuxième loi de programmation militaire préparée par la ministre, qui passera début avril en Conseil des ministres ; ce sera ensuite soumis à nos Assemblées. Je remercie les deux présidents ici présents qui auront à porter ces travaux pour qu'avant le 13 juillet prochain, nous ayons pu voter et que nous puissions commencer à mettre en œuvre ce nouveau texte. À l'issue de celui-ci, nous aurons, en 2027, doublé le budget de nos armées, doublé.
Cet engagement inédit s'accompagne aussi d'un engagement dans notre industrie, à travers France Relance, puis France 2030, dans nos secteurs technologiques clés, où nous avons engagé 54 milliards d'euros pour financer des innovations de rupture, réindustrialiser le pays et, dans des segments critiques, recouvrer souvent notre indépendance ou la préserver, matériaux avancés, robotiques, systèmes numériques, drones basés sur l’intelligence artificielle, je pourrais multiplier les exemples qui, en s'appuyant sur la force de nos industriels ici présents, permet aussi d'accompagner les innovations indispensables. Cet engagement de la nation est une nécessité. C'est la même démarche que nous voulons pousser au niveau européen, avec une Europe qui, achète, mais produit, coopère, développe des capacités qui lui sont propres, réduit ses dépendances, des minerais critiques et terres rares jusqu'aux solutions technologiques les plus avancées, à l'égard de tous, parfois même de certains de nos alliés, pour se garder de tous les soubresauts du temps. C'était la conviction profonde dès l'après-guerre du général de Gaulle, et il avait raison. C'est celle que nous avons toujours maintenue, celle parfois qui a été fragilisée, que nous avons réparée, consolidée et sur laquelle nous avançons.
Nous devons aujourd'hui, je veux profiter de ce moment pour le dire et le rappeler, aller plus vite et plus fort au-delà de cet argent public national. Il nous faut continuer de nous démultiplier en finançant davantage aussi avec de l'argent privé cet effort. Il nous faut en effet avoir des grands donneurs d'ordre du secteur qui financent encore davantage. Les commandes arrivent massivement et dans ce cadre, je souhaite qu'on puisse prendre davantage de risques, investir, soutenir le reste de la filière.
L'économie de guerre n'est pas un horizon et il faut aussi avoir des industriels qui, parfois, anticipent les commandes à venir, prennent encore davantage de risques. L'avenir est assez clair. Nous aurons besoin de continuer d'investir. Et parfois, n'attendez pas toujours la signature de la commande.
Nous avons toujours tenu parole, mais je constate que certains prennent des positions parce qu'ils sont plus audacieux que nous. Nous devons aussi mobiliser plus de financements privés et d'épargne de nos compatriotes. C'est le sens de ce qui a été fait avec le Fonds Innovation Défense, porté par MBDA, aux côtés de BPI France, de la Caisse des dépôts, qui a déjà investi dans une dizaine d'entreprises innovantes. C'est aussi ce qui est fait pour structurer beaucoup de filières que nous devons poursuivre. C'est le sens du dialogue de place co-présidé par Monsieur Brassac et Monsieur Guillou, lancé il y a un an pour structurer les liens entre la finance et la base industrielle de défense.
Nous avons tant à réparer, là aussi, parce que notre Europe et la régulation de tous ses secteurs, depuis des décennies, reposait sur un dogme : financer la défense était mauvais. Ils se sont tous rappelés que financer la défense, c'était financer notre indépendance. Je me félicite de ce réveil que la France n'avait pas attendu, mais nous devons le démultiplier et, en effet, mobiliser davantage de l'épargne de nos compatriotes français et européens pour aller beaucoup plus vite, mobiliser les instruments, les fonds dédiés, mais aller de l'avant pour que cet argent privé finance nos efforts en matière de défense. C'est aussi ce que nous devons porter au niveau européen. Nous avons, ces dernières années, lancé des grands programmes, des grands projets. Ils ont tous des acronymes impossibles que les plus experts d'entre vous connaissent, des EDIP, aux SAFE, etc. Mais nous nous sommes battus à chaque fois pour une chose simple, que l'Europe finance de la défense, ce qu'elle ne faisait pas jusque-là, mais qu'elle le finance avec une vraie préférence européenne, et non pas pour que d'aucuns aillent acheter sur étagère ce qui était produit à l'autre bout du monde et ne viennent perpétuer nos dépendances technologiques et capacitaires.
Si on croit dans l'indépendance de la France et l'indépendance de l'Europe, nous devons produire pour nous-mêmes et donc investir dans le temps long, donner de la visibilité à nos grands groupes, à nos ETI, à nos PME, à celles et ceux qui forment, pour avoir cette chaîne des temps, génération après génération, comme la France a su le faire, pour bâtir, pour innover, pour produire au service de nos armées. C'est une nécessité, c'est une nécessité pour rester pleinement souverain et cet effort industriel doit se démultiplier.
Je le dis avec force aujourd'hui, nous devons encore accélérer, financer davantage, prendre plus de risques et produire plus vite. Je le dis indépendamment du projet qui nous occupe aujourd'hui, parce que l'Ukraine, malheureusement, ne s'arrêtera pas demain et l'Europe aura sans doute à produire davantage pour le théâtre ukrainien. La guerre aujourd'hui au Moyen-Orient, va nous conduire aussi à être davantage présents, y compris aux côtés de nos partenaires. Tout ça, c'est un test pour notre capacité non seulement à innover, mais à produire plus vite, en masse, pour certains de nos partenaires, si nous voulons gagner en compétitivité pour nous-mêmes et être présents sur ces marchés export, où des places peuvent nous être offertes si nous savons arriver en temps, en heure, en coût.
Tout ça aussi est un enjeu pour notre jeunesse. Plusieurs sont là, qui incarnent ces générations. Au fond, ces grands projets et en rappelant le nom de nos porte-avions, je rappelais à chaque fois des générations de marins, mais aussi d'industriels, d'ingénieurs, d'apprentis qui se sont succédés et qui ont porté, acquis un savoir-faire qu'ils ont ensuite transmis à d'autres. C'est le défi qui est aussi le nôtre, un défi humain qui est au cœur de ce projet. Nous ne pouvons le réussir qu'en sachant attirer des jeunes, des collégiens, des lycéens d'aujourd'hui, les former par l'apprentissage, par les cycles universitaires adaptés, par nos écoles d'ingénieurs, et les fidéliser. C'est le défi qui est le nôtre. Je veux leur dire qu'ils ont là une chance immense, parce qu'il y a devant nous, en matière de nucléaire, une génération qui aura du travail à travers ce projet, celui aussi de nos sous-marins, mais également à travers le nucléaire civil, nos six plus huit réacteurs à venir.
Et puis, tous ceux qui sont engagés dans l'industrie de défense, il y a évidemment le porte-avions, mais il y a aussi tous nos sous-marins, les nouvelles générations que nous mettions à l'eau ensemble il y a quelques années, ce qui me permet de faire un clin d'œil à d'autres géographies et à penser à Cherbourg, à Lorient, et à tant d'autres, de vos collègues. Oui, il nous faut continuer de bâtir, d'attirer ces talents. C'est pourquoi je souhaite qu'avec l'ensemble des collectivités territoriales, des élus présents, nous poursuivons cette réforme indispensable de nos lycées professionnels, que nous allions davantage former de jeunes dans nos campus des métiers et des qualifications, et je remercie nos métiers de l'industrie ô combien engagés dans cette aventure, et que nous continuons d'assurer ce lien entre nos lycées, nos premiers cycles universitaires, nos écoles d'ingénieurs, la recherche, l'industrie, et consolidions ce que nous avons su faire ensemble ces dernières années en matière d'alternance et d'apprentissage.
Nous avons besoin de ces jeunes hommes et de ces jeunes femmes. Et permettez-moi d'insister sur l'importance de ce dernier terme, puisque nous avons cette volonté aussi que plus de jeunes femmes s'engagent dans les métiers de l'industrie comme dans ceux de la science, soient présentes sur ces grands chantiers, comme sont présents des pilotes de chasse engagés au stade initial d'une formation des plus exigeantes, et beaucoup de nos marins ici aussi. Et qui sait, nous avons dans cette salle peut-être le futur Pacha de ce nouveau porte-avions, le futur chef d'entreprise qui assurera l'entretien d'installations clés tout au long de la vie opérationnelle, et peut-être le futur pilote, le futur capitaine d'industrie.
Chacune et chacun, vous faites partie de ce que d'aucuns appelleraient dans un secteur voisin cette œuvre commune qui est la nôtre, au fond, celle de l'indépendance de la France. C'est pourquoi aussi, c'est un effort d'innovation et d'avenir que nous portons, un effort de recherche, un effort de technologie. Ce nouveau porte-avions sera de son siècle. Si le Charles de Gaulle est encore de la génération analogique, son successeur sera digital et data-centré. Il bénéficiera d'une architecture numérique sécurisée, flexible, performante, offrant la capacité d'exploiter au maximum les différentes générations de systèmes de combat qui se succéderont tout au long de sa vie.
Pour la première fois dans notre histoire navale, nous disposerons d'un porte-avions nativement conçu pour l'évolution. L'évolution des avions de combat qu'il embarquera, et nous savons combien nous sommes dans cette phase d'accélération indispensable, des drones qui l'équiperont et des capacités défensives et offensives qu'ils l’armeront. Nous construisons non pas un navire figé, mais un système ouvert, capable d'intégrer les ruptures technologiques, celles d'aujourd'hui ou celles qu'on entrevoit déjà, comme celles qui sont à venir. L'intelligence artificielle au service de la décision tactique, les drones de combat embarqués, les systèmes de défense laser, les architectures de commandement digitalisées, distribuées et cyber-sécurisées.
Dans sa conception même, les solutions digitales de jumeaux virtuels et d'intelligence artificielle les plus avancées sont d'ores et déjà utilisées, en lien avec Dassault Systèmes, pour permettre un développement souverain. Ces chaufferies nucléaires seront elles aussi des prouesses de technologie permettant de délivrer deux fois plus d'énergie que celle du Charles de Gaulle dans un cadre de sûreté toujours aussi exigeant.
Peu de nations savent, là encore, mener un tel chantier. Ces innovations sont au cœur de la conception, au cœur de la construction, au cœur des opérations de demain. Oui, ce navire, par sa propulsion nucléaire, ses technologies, par sa digitalisation, sera sur les mers ce que nous avons de meilleur. Effort de la nation, génie de nos entreprises dans tous nos territoires, mobilisation du secteur et des industriels, esprit de recherche, d'innovation, d'audace, énergie et engagement de notre jeunesse.
Il fallait, comme à chaque génération, un nom pour dire tout cela. J'ai souhaité inscrire notre futur porte-avions dans l'affiliation du général de Gaulle. Sa vie, son destin, les choix faits dès le mois de juin 1940, après la débâcle, disent une certaine idée de la France. Pour lui, pour nous, l'esprit français, c'est un esprit de résistance, c'est une volonté que rien n'arrête. Volonté de résister pour demeurer libre, volonté irréductible, invincible sur le territoire national ou ailleurs face à l'occupation. Volonté qui, comme notre porte-avions, peut prendre les mers s'il le faut jusqu'à la victoire. Volonté de rester libre, oui. C'est bien cela, le grand projet qui est le nôtre, celui qui nous lie, celui de nos armées, mais aussi de notre recherche, de nos industries, de la nation.
Cette volonté de rester libre, c'est celle de l'indépendance coûte que coûte, celle de l'autonomie d'action totale et sans contrainte, celle de la projection de nos forces là où la défense des intérêts de la France l'exige, partout dans le monde. C'est pourquoi notre nouveau porte-avions portera le nom de « France libre ».
Dans ce nom passe la mémoire des femmes et des hommes qui se sont dressés face à la barbarie, unis pour sauver la patrie, déterminés à défendre une certaine idée de notre nation, nos compagnons de la libération. Ce nom scelle donc pour l'avenir un serment. Pour rester libres, il nous faut être craints. Pour être craints, il nous faut être puissants. Et pour être puissants, être prêts aux efforts. Dans ces efforts, soyons irréductibles, unis et sans relâche. Puissance, indépendance, résistance. Oui, c'est en servant la patrie que nous remporterons la victoire. Patriam Servando, Victoriam Tulit.
Vive la République, vive la France, vive le « France libre. »