Ce vendredi 17 avril 2026, le Président Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont présidé une conférence relative à l'Initiative pour la navigation dans le détroit d'Ormuz.
Face aux tensions persistantes au Moyen-Orient, la France et ses partenaires restent engagés pour défendre leurs intérêts et parvenir à un règlement solide et durable du conflit par la voie diplomatique garantissant la paix et la sécurité de tous dans la région.
Le Président de la République et le Premier ministre du Royaume-Uni ont partagé un déjeuner de travail avant de tenir la conférence au Palais de l'Élysée.
Cette conférence a réuni une cinquantaine d'États non-belligérants désireux de marquer leur attachement à la liberté et à la sécurité de navigation dans le détroit d'Ormuz, conformément au droit international et au droit de la mer, et d'œuvrer à son rétablissement, dans le cadre d'une mission multinationale strictement défensive lorsque les conditions de sécurité le permettront.
À la suite de cette conférence, le Président de la République, le Premier ministre britannique, la Première ministre italienne et le Chancelier allemand se sont adressés à la presse.
Revoir la déclaration conjointe :
17 avril 2026 - Seul le prononcé fait foi
Déclaration conjointe sur l'initiative pour la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz.
Emmanuel MACRON
Monsieur le Premier ministre, Monsieur le chancelier, Madame la présidente du Conseil, Mesdames, Messieurs les ministres, Mesdames, Messieurs les ambassadeurs, Mesdames, Messieurs, très heureux qu'avec le Premier ministre britannique, Keir Starmer, nous ayons aujourd'hui rassemblé 49 pays en visioconférence avec l'Union européenne et l'Organisation maritime internationale. Et je tiens à remercier très chaleureusement le chancelier allemand Friedrich Merz et la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, pour leur présence à nos côtés et la possibilité de nous exprimer tous les quatre devant vous en cet instant.
L'objectif de notre réunion était la réouverture du détroit d'Ormuz. Nous savons que dans le cadre de la guerre aujourd'hui qui se joue dans toute la région, le blocage du détroit initié par l'Iran a des conséquences particulièrement graves dans le monde entier. Pour les États riverains bien sûr dont beaucoup sont des partenaires importants pour nos pays, pour les navires, les équipages, pour les pays qui dépendent aussi directement des matières transportées, en particulier en Asie, et pour l'ensemble de la planète et l'économie mondiale, qu'il s'agisse du pétrole, du gaz ou des engrais, affectant directement nos économies et affectant aussi tout particulièrement les pays les plus vulnérables.
À ce titre, les événements récents sont encourageants, même si nous devons les considérer avec prudence. Nous saluons, bien sûr, le cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis. Nous saluons également le cessez-le-feu récemment annoncé concernant le Liban, qui doit être respecté dans les faits. Et nous saluons également l'annonce d'une réouverture, en contrepartie, d'ailleurs, de ce cessez-le-feu, qui a été décidé par l'Iran pour le détroit d'Ormuz. Tout cela va dans la bonne direction, même si nous notons que cette réouverture d'Ormuz est conditionnée à une route coordonnée par les autorités iraniennes elles-mêmes et que les États-Unis ont indiqué vouloir maintenir un blocus ciblé aux navires iraniens.
En tout cas, tout cela fait avancer, par la diplomatie, la situation. Et l'initiative que nous avons tenue tous ensemble aujourd'hui est encore plus légitime parce qu'elle est ce qui va permettre de consolider ces annonces à court terme et surtout de leur donner une possibilité de tenir dans la durée.
En effet, face à tout cela, la réunion d'aujourd'hui d'un groupe d'États indépendants, distinct des hostilités en cours, permet d'adresser un message simple que je résumerai ainsi. Nous demandons tous la pleine réouverture immédiate, inconditionnelle, par toutes les parties du détroit d'Ormuz. Nous demandons la restauration des conditions de libre passage qui étaient en vigueur avant la guerre et le plein respect du droit de la mer. Nous nous opposons tous à toute restriction, tout régime de convention qui équivaudrait dans les faits à une tentative de privatiser le détroit et évidemment tout système de péage.
Nous travaillerons étroitement avec les armateurs, assureurs et autres gens du métier de la mer pour leur donner la visibilité qui permettra de reprendre le trafic dès que possible, et nous soutenons à cet égard les idées de l'Organisation maritime internationale pour porter secours à ceux qui sont piégés. Et pour tout cela, nous allons renforcer et accélérer les travaux de planification que nous avons déjà lancés, qui sont coordonnés avec le Royaume-Uni, pour permettre la mise en place d'une mission neutre, bien distincte de belligérants, afin d'accompagner et sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe.
Dès la semaine prochaine, une réunion de planification se tiendra à Londres, et tout cela s'accompagnera évidemment d'un travail diplomatique et d'un travail de déconfliction à l'égard des Iraniens, et d'une coordination étroite avec les Américains et les Israéliens. Nous avons, pour notre part, d'ores et déjà déployé de nombreux moyens militaires dans la région pour protéger nos ressortissants, sécuriser nos partenaires dans la zone et nous donner les moyens de parer à toute éventualité.
La France a ainsi une force navale robuste en Méditerranée orientale et en mer Rouge, avec le porte-avions Charles de Gaulle à sa tête, de nombreuses frégates et plusieurs porte-hélicoptères amphibies, en plus des moyens aériens. Tout cela sera réorienté en fonction de la planification et une partie sera utilisée en Méditerranée orientale, une partie en mer Rouge, mais une partie sera allouée à l'effort que nous venons d'évoquer. Le message d'aujourd'hui est un message d'espoir, c'est un message aussi de préparation et c'est un message d'unité.
Les Européens étaient aux côtés des membres pays du Golfe, de l'Asie, du continent africain, de l'Amérique latine, du Pacifique. Et donc, le monde était uni dans cette même volonté, cette coalition d'États indépendants, pour faire respecter le droit international et faire respecter la liberté de navigation. Je vous remercie beaucoup.
Merci Mesdames, messieurs. Merci à tous.
Les chefs d'État et de gouvernement ont appellé à :
- la pleine réouverture, immédiate et inconditionnelle, par toutes les parties, du détroit d'Ormuz ;
- la restauration des conditions de libre passage dans le détroit d'Ormuz en vigueur avant la guerre ;
- le plein respect du droit de la mer.
L'objectif est d'accompagner et sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe, et de donner aux assureurs et armateurs la visibilité nécessaire à la reprise du trafic en mer dès que possible.
Une réunion de planification se tiendra à Londres la semaine prochaine.
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