Le Président Emmanuel Macron et Brigitte Macron se sont rendus en République de Corée pour une visite d'État du 2 au 3 avril 2026.
Le vendredi 3 avril, le chef de l'État a été accueilli par le Président de la République de Corée, Lee Jae Myung, lors d'une cérémonie d'accueil officiel à la Maison-Bleue.
Les deux Présidents se sont entretenus, dans le cadre du 140ème anniversaire des relations diplomatiques franco-coréennes, sur le partenariat stratégique global entre la Corée et la France, avant de s'adresser à la presse.
Revoir l'entretien :
Revoir les déclarations conjointes :
3 avril 2026 - Seul le prononcé fait foi
Intervention du Président de la République lors de la déclaration conjointe à la presse avec M. Lee Jae Myung, Président de la République de Corée.
Emmanuel MACRON
Monsieur le Président de la République, cher Lee Jae Myung,
Mesdames, Messieurs les ministres, parlementaires,
Mesdames les Ambassadrices, Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs en vos grades et qualités,
Mesdames, Messieurs les journalistes.
Cher président, merci d’abord pour votre accueil très chaleureux à l'occasion de ma première visite officielle en République de Corée en tant que président de la République, alors que nous célébrons ensemble 140 années de relations d'amitié entre nos deux pays.
Merci pour l'accueil chaleureux hier et ce dîner à quatre et les échanges très approfondis que nous avons eus ce matin en format restreint, puis élargi.
Cette relation entre la Corée et la France s'enrichit désormais avec l'adoption d'un partenariat stratégique global pour la défense de nos valeurs, le renforcement de notre sécurité, le développement de notre prospérité et les nombreux accords qui ont été signés à l'occasion de cette visite.
Vous avez parfaitement rappelé les termes de nos échanges, Président.
Je vais peut-être commencer par dire combien nous avons évoqué ensemble les différentes crises internationales et notre convergence de vues et d'actions pour apporter notre contribution pour les régler. Dans ce cadre, la République de Corée et la France reconnaissent le rôle essentiel du multilatéralisme, des Nations unies et des valeurs que nous portons.
Nous avons abordé la crise au Moyen-Orient, les conditions d'un processus de désescalade et les conditions, dans un cadre international clairement établi, une déconfliction étant négociée avec l'Iran d'une réouverture du détroit d'Ormuz.
Nous avons également défendu la paix juste et durable et le respect du droit international, et je veux dire notre convergence de vues, qu'il s'agisse de l'Ukraine face à la guerre d'agression russe ou qu'il s'agisse aussi de la paix et de la stabilité dans la péninsule coréenne. C'est la même vision que nous défendons : celle du respect du droit international, d'une paix durable et des garanties qui vont avec.
C'est aussi cette même vision que nous voulons défendre sur les grands sujets internationaux. Je veux ici souligner notre convergence de vues en matière de santé et sur l'agenda international. Nous avons défini les voies et moyens de ces coopérations et nous aurons l'occasion d'y revenir lors du G7 que la France préside, [et] auquel j'ai invité, évidemment, le Président. Et donc nous nous retrouverons à Évian au mois de juin où nous pourrons avancer sur ces sujets de crise internationaux, sur le règlement des grands déséquilibres mondiaux, comme sur notre coopération en matière d'intelligence artificielle, de santé et de beaucoup d'autres sujets.
Nous avons ensuite, évidemment, longuement discuté de la relation bilatérale.
Nous avons, compte tenu de ce que je viens de dire : de l'instabilité internationale, de notre volonté de servir un agenda « multilatéralisme » efficace, nous croyons à cette coalition des indépendants. Forts de cela, nous devons renforcer notre relation de défense par des échanges stratégiques réguliers, [par] l'échange d'informations, [par] l'interopérabilité de nos armées. La mission aérienne PÉGASE, qui fera escale en République de Corée en septembre, en sera une parfaite illustration, comme les escales annuelles de bâtiments français que nous avons intensifiées ces dernières années.
Je dois dire que cette relation s'appuie sur une histoire forte que vous avez rappelée.
Nous avons commémoré l'engagement du bataillon français durant la guerre de Corée, dont les deux pays s'attachent à entretenir la mémoire. J'étais hier en arrivant au War Memorial pour rendre hommage aux soldats français, coréens et à toutes les nations qui, sous le drapeau de l'ONU, sont tombées durant la guerre de Corée.
Monsieur Lee Byung-seon était à nos côtés au War Memorial, ce qui est un grand honneur.
Je veux ici vous remercier de cette très grande coopération mémorielle que nous avons. Au fond, ce que nous voulons faire, c'est donner un tour contemporain à cette coopération, et donc avec une plus grande intimité stratégique, avec des exercices conjoints, avec aussi plus de coopérations dans la production et les capacités militaires critiques, nous souhaitons renforcer, nous doter de part et d'autre d'une plus grande profondeur stratégique en matière de production militaire.
La coopération économique, vous l'avez aussi décrite, est forte d'échanges bilatéraux ayant atteint plus de 13 milliards d'euros en 2025, avec une dynamique ces dernières années tout à fait remarquable. Depuis 2011, nos échanges ont plus que doublé, stimulés par l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et la République de Corée. Ce partenariat aujourd'hui est très fort, avec dans les transports, les industries lourdes, l'innovation, la recherche, mais aussi l'art de vivre, le tourisme, la gastronomie… Beaucoup d'entreprises nourrissent cette relation. Nous souhaitons développer davantage l'investissement de vos grandes entreprises en France. Il y a encore une marge de progression. Elles étaient l'année dernière à Choose France. Je les verrai tout à l'heure au troisième dialogue économique Corée-France.
Nous souhaitons faire encore davantage dans les secteurs critiques, qui seront d'ailleurs au cœur des échanges durant ce forum : l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs, le quantique, les biotechnologies. Et évidemment, nous souhaitons faire davantage en matière de décarbonation pour pouvoir renforcer nos coopérations en matière de nucléaire civil. L'accord qui a été signé, vous venez de le rappeler, entre votre autorité en charge de la décarbonation et Orano, est extrêmement important, mais qu'il s'agisse d'Orano, de Framatome : nous souhaitons faire davantage pour justement renforcer les partenariats, qu'il s'agisse de l'amont, de l'aval du cycle, des turbines pour la prolongation de vos réacteurs. Nous avons aussi commencé un dialogue pour travailler ensemble à l'international et accroître aussi nos coopérations en matière de recherche sur des projets d'innovation sur le nucléaire.
Qu'il s'agisse de la fusion, du laser ou des grands projets de coopération, nous souhaitons faire davantage.
Pour continuer sur le plan économique, nous souhaitons aussi renforcer nos relations existantes. Nous avons des grandes entreprises françaises qui sont très liées à votre écosystème et qui sont au cœur du développement de votre prospérité : GTT, Air Liquide, Dassault Systèmes. Nous souhaitons aussi relancer nos coopérations en matière de volaille, de bœuf, continuer en matière de vins et spiritueux.
Nous avons longuement échangé avec le Président.
Sur le plan culturel, nous avons un accord de 1965, et donc il date. Nous avons décidé de franchir un nouveau cap pour le moderniser, et c'est ce qui est fait à travers ces échanges. Je dois dire que nos deux nations sont des grandes nations de science, d'innovation, d'industrie, mais aussi des grandes nations de culture et d'innovation. Dans le champ des industries culturelles et créatives, du jeu vidéo, webtoon, des arts immersifs, de l'e-sport, comme, d'ailleurs, de la gastronomie, nous souhaitons faire davantage.
Alors, je suis très heureux de lancer aujourd'hui la Villa Hanbul, qui est un programme de résidence artistique déployé sur l'ensemble du territoire coréen. Vous l'avez rappelé, nous serons avec le ministre tout à l'heure pour l'inauguration du Centre Pompidou Hanwha, qui a vocation à vraiment être au cœur de la création contemporaine coréenne.
Nous souhaitons faire davantage pour nos industries culturelles et créatives. C'est pour ça que, et je vous remercie, Président, la République de Corée et la France assureront la coprésidence d'un sommet sur le cinéma et l'image animée organisé en France le 7 septembre prochain. J'ai invité, ce faisant, en visite d'État, le président Lee, pour venir au-delà de ce sommet, continuer le très bon travail que nous avons enclenché sur le plan bilatéral.
Je veux ici dire combien cette coopération est vraiment clé pour nous. Nous sommes des amateurs de votre cinéma, encore célébré à Cannes. Nous sommes des grands amateurs de la K-pop qui remplit les salles en France et bien au-delà.
J'aurai l'occasion de revoir tout à l'heure plusieurs de ces chanteurs et aussi plusieurs d'ailleurs de vos acteurs et producteurs et réalisateurs.
La coopération scientifique est aussi au cœur de ce partenariat franco-coréen. Nous avons plusieurs collaborations entre laboratoires et centres de recherche en intelligence artificielle, biotechnologie, quantique, et nous avons organisé un comité mixte stratégique sur les sciences et technologies, présidé par nos ministres de la Recherche. Nous avons vraiment acté, là aussi, un renforcement du lien, en particulier sur le nucléaire, comme je l'évoquais, mais je vais ici dire combien tout cela est extrêmement important.
Notre accord bilatéral en la matière aujourd'hui permettra d'aller plus loin.
Enfin, nous souhaitons renforcer les échanges humains. Ce que nous avons signé en matière d'enseignement du français est pour nous très important. Notre accord bilatéral Visa Vacances-Travail est particulièrement plébiscité. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé d'en élargir encore les conditions d'éligibilité et d'application.
Nous avons donc décidé aussi de lancer un programme pilote d'assistants de langue pour faciliter l'apprentissage du français et du coréen. Tout ça va renforcer encore pour les 140 ans à venir le lien qui existe entre nous.
Voilà, mesdames et messieurs, ce que je souhaitais vous dire.
Au fond, nous le voyons bien : ces 140 années sont un socle solide. Mais l'affinité qui existe entre nos deux pays se nourrit de cette culture, cette fascination réciproque de la gastronomie, de la recherche, des partenariats industriels. Le moment que nous vivons, qui vient bousculer, parfois d'autres partenariats établis, renforce la force de cette confiance.
Je vais vous dire, Président, combien j'ai été frappé par la sincérité de nos échanges et par la confiance réciproque.
Ma volonté est que cette visite, qui se poursuivra à travers votre venue pour le Sommet du G7 à Evian, puis la visite d'État que vous effectuerez en septembre en France, renforce dans la conviction que nos deux pays ont beaucoup à faire ensemble et que les 140 années à venir, en tout cas les quelques années à venir devant nous, doivent nous conduire à faire beaucoup plus pour nos deux pays, mais aussi au service d'un monde plus pacifique, plus respectueux, et [au service] de cette coalition des indépendants à laquelle nous croyons l'un et l'autre.
Je vous remercie, Président, pour votre accueil et nos échanges.
Merci beaucoup.
Un déjeuner d'État s'est ensuite déroulé à la Maison-Bleue.
Revoir les propos introductifs :
3 avril 2026 - Seul le prononcé fait foi
Mots d’ouverture du Président de la République lors du déjeuner d’Etat à la Maison Bleue.
Emmanuel MACRON
Monsieur le Président,
Madame,
Mesdames, Messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Mesdames, Messieurs en vos rangs et qualités,
Chers amis de la Corée et de France,
Je veux remercier le Président pour son accueil pour autant qu’il ait saisi mon coréen approximatif.
Monsieur le Président, dans son discours de réception du Prix Nobel de littérature en 2024, Han Kang comparait les mots et les sentiments à un fil d'or qui relie nos cœurs.
Elle évoquait sa surprise et son émotion en réalisant que ses lecteurs étaient traversés par un même courant, un même flux vital : ce fil d'or. Cette métaphore du fil d'or, que j'emprunte à Han Kang pour décrire la relation d'amitié cent-quarantenaire entre nos deux pays, vient en écho avec la référence que vous venez de faire de Victor Hugo. Cette relation a été marquée par des explorateurs avec La Pérouse, des missionnaires tels Monseigneur René Dupont, évêque d'Andong, des diplomates, comme Victor Collin de Plancy ou Roger Chambard, des militaires, comme le général Monclar, que vous avez évoqué, mais aussi des entrepreneurs, des savants, des artistes, et dont plusieurs sont aujourd'hui à nos côtés.
Ce fil d'or s'est poursuivi à travers les décennies depuis le 4 juin 1886, avec des périodes évidemment qui ont marqué ce lien lors de l'occupation japonaise. C'est dans la concession française de Shanghai que le cœur de la résistance coréenne a continué de battre, relayé à Paris par de puissants avocats tels le parlementaire Louis Marin, premier président du groupe d'amitié France-Corée.
Pendant la guerre de Corée, ce fil d'or fut celui de la fraternité d'armes, avec le bataillon français des Nations Unies que les soldats de nos deux pays ont nourri et par lequel nous avons combattu côte-à-côte pour défendre la souveraineté et l'intégrité territoriale de la République de Corée. Ce fil d'or, c'est aussi celui de l'attachement à la démocratie, à l'exigence qui l'accompagne. Vous avez fait référence aux grands philosophes français, mais je sais aussi combien votre pays a montré ces dernières années, et vous en êtes l'incarnation, une capacité à se dresser, à défendre les valeurs démocratiques, marquant ce faisant le monde entier, et tout particulièrement les Françaises et les Français.
Ce fil d'or, c'est celui qui lie nos entreprises.
C'est la réussite extraordinaire ces dernières décennies de la Corée, mais c'est le lien de l'énergie en passant par la mobilité des semi-conducteurs, en passant par le transport maritime, de la gastronomie jusqu'à l'art, et je ne saurais citer ici l'ensemble des secteurs qui lient la Corée et la France et que nous voulons continuer de développer et que nous voulons continuer d'enrichir. Et qu'on parle d'intelligence artificielle, de quantique, de semi-conducteur, de spatial et de tant de secteurs d'innovation, plusieurs acteurs sont ici présents et les portent.
Nous avons encore beaucoup à écrire.
Et ce fil d'or, Monsieur le Président, c'est aussi celui des liens humains, de la culture. Vous l'avez rappelé, la communauté française ici est particulièrement jeune. Elle a une moyenne d'âge de 29 ans, incarnant l'énergie, la curiosité, la passion. À l'INALCO, nous enseignons le coréen.
Les demandes vont au-delà de nos capacités tant le coréen fascine la jeunesse française.
Je crois pouvoir dire que tout cela est largement dû aux talents de vos cinéastes, de vos actrices et de vos acteurs, et à la fascination qu'exerce sur notre jeunesse l'ensemble de la K-pop à laquelle vous avez rendu avec justice hommage.
Nous coprésiderons avec le Président le 7 septembre prochain le premier Sommet pour le cinéma et les images animées que nous organiserons en France, et ce sera une coprésidence franco-coréenne au moment de votre visite d'État, et je vous en remercie, Président.
Nous avons beaucoup d'ambition pour la culture, pour le cinéma, les séries et la K-pop, et depuis que Félix s'est mis au français, il n'y a maintenant plus aucune chance que nous soyons arrêtés sur cette perspective.
Monsieur le Président,
Madame,
Merci infiniment pour votre accueil, pour votre défense aussi des arts de la culture. Je sais combien vous êtes musicienne aguerrie, mais au fond, vous avez parlé de coopération et de confiance depuis 140 ans. S'ouvre désormais une page d'affinité et d'amitié. Celle qui va nous lier sur tous les domaines que nous avons évoqués. Ce que nous sommes en train de bâtir, c'est une relation au service de nos valeurs, d'une certaine idée du monde que nous défendons, et au service des jeunesses coréennes et françaises.
Merci beaucoup.
Vive la France, vive la République de Corée.
Je veux lever mon verre à l'amitié donc entre la Corée et la France pour les 140 ans qui viennent.
En début d'après-midi, le Président de la République s'est rendu à l'Université Yonsei pour échanger avec les étudiants.
Revoir les échanges :
3 avril 2026 - Seul le prononcé fait foi
Echange du Président de la République avec des étudiants de l’Université Yonsei.
Yoon DONG-SUP
Your Excellency President Emmanuel Macron, distinguished guests, and students and colleagues, it's my great pleasure to welcome you to Yonsei University. I do not think President Macron needs much introduction to this audience. He is a leader known around the world, and it is a real honor for us to welcome him to Yonsei today. This is a very meaningful occasion for our university community. President Macron's leadership has engaged many of the defining challenges of our time, and his presence here gives our students a valuable opportunity to think about the future with broad vision and deeper responsibility. I have heard that today's lecture has drawn tremendous interest from our students. That's why I believe the Yonsei students in this hall are truly fortunate.
They have the real chance to hear directly from a global leader and to be part of a moment that will inspire them for years to come. A university is not only a place of learning but also a place of encounter, where ideas meet, where generations connect, and where hope for the future is renewed. That's what makes today's remarks especially meaningful. Mr. President, thank you very much for being with us today here. Your visit is a great honor for Yonsei and a memorable encouragement to all our students. Ladies and gentlemen, please join me in warmly welcoming His Excellency Emmanuel Macron, President of the French Republic.
Emmanuel MACRON
Thank you so much, Mr. President. I imagine you can sit down.
Thank you very much for welcoming us. I want to thank especially those who started our national anthem, because I heard that just before your speech, and thank you for your presence today. I want first to apologize because we were late. We had a much longer discussion with your president, which is, in general, in this business, quite a good signal. It means that we have something to say, to share, and we brainstorm together.
I'm very grateful with him, and I'm really happy to be here with you today. I don't want to deliver a long speech. Perhaps I just wanted to share a few convictions with you and dedicate more time for Q&A and have a direct interaction if you agree.
I think the first question should be : why are you here ? My conviction is that our two countries, based on their students and young people, have many more things to do than what we are doing today.
We have much more in common. In the current global environment, we really have a common agenda. This is exactly what I wanted to start with and what I wanted to share with you. We are celebrating the 140 years of friendship and common relations. But the era which we started is quite different.
Why ?
We have wars : in Ukraine because of the aggression of Russia, now in Iran. A lot of instability. Obviously, a lot of threats, especially in this region. We were used to a global order based on some certainty, some stability, and, I would say, a guarantee of last resort. Let's phrase it like that. Everything is changing. Our societies are largely destabilized by some technological and anthropological changes. Probably we will return to that. We were hurt by a pandemic. We have a big destabilization of global trade. Overcapacities on one side, tariffs on the other side, and we are trapped in the middle. There is a doubt on the predictability of a lot of big powers in this world and how this international order can function.
My conviction is that in this very moment, democracies like South Korea and France, our republics, have a lot of things to do together. Based on this partnership, the democracies of the European ones, Canada, Brazil, India, have a common agenda. Let's try to simplify the situation. We do believe in democracy, rule of law. We do believe in the international order based on the Charter of the United Nations. We believe in science and innovation, and this is part of our common agenda. We do believe in climate change. I mean, we don't consider that climate change is a crazy idea. Based on science, it does exist and has to be fixed. We believe in trade and free and open trade. We believe in the capacity of our diplomacy to fix instabilities.
Okay, I stop that. 15 years ago, putting on the table these ideas was sort of a very candid approach. « Okay, what is he saying ? It's obvious ».
We are sharing that but with so many people. Just consider these key principles. I'm not totally sure it's shared by so many people today. The Europeans I mentioned, our democracies, Canada, you, some others in the region. We are not totally sure that when we speak about international order or climate change, this agenda is shared by everybody. Totally. This is why we have to do this and we have to do in common. We have to launch a new era based on new cooperations in order to deliver this agenda and implement our capacity to deal with these challenges. I think our objective is not to be the vassals of two hegemonic powers. None of these hegemonic powers, I would say. We don't want to depend on the dominance, let's say, on China, or we don't want to be too much exposed to the unpredictability of the US.
Having said that, this is why there is room, a space to build new cooperations between Korea and France in order to work together, in order to say : okay, we will innovate on AI, quantum, chips, space, renewable energy and nuclear.
We will work together on defense and security. We will work together on diplomacy from the Strait of Hormuz to the region and the challenge we have in Ukraine.
We can work together in order to deal with climate change and global health. Just to take two other examples. Having such an agenda shared by Korea, France, and bringing with us the other Europeans, Canada, Japan, India, Brazil, Australia, you start having a sort of third way. Those who don't want to be dependent on China or aligned by definition with the US. But this coalition of able and willing countries, believing in the few principles I mentioned a few minutes ago, and ready to work hard together in order to deliver on the basis of this agenda. This is exactly, for me, the agenda of the bilateral relation but the new era we should open. Obviously, this is the challenge of your generation.
The former generations, and mine is probably at the articulation between the two. But during decades, we had certainties. The global order was based on the post-World War II era, and by the way, after the war that your country had to deliver in order to preserve its independence and sovereignty. But during decades, we had a so-called stability based on this international order and the few certainties we had. It’s up and down now. We should not just be passive in this new disorder. We have to build a new order. This one should be based on the cooperation between willing countries, those who do believe in cooperation or coalition of the independence, and we want to be independent. This is the challenge of your generation.
This is why I'm here.
I will stop here, because now I want to answer your questions.
Thank you.
Student
Bonjour. Je m'appelle Youngjae Cho and I'm a senior majoring in political science and international studies at Yonsei University. It's truly an honor to meet you.
To begin, I would like to raise a question that reflects a broader perspective.
Nowadays, it seems like international cooperation is becoming increasingly fragmented.
In this context, how would you view the future of international cooperation on major global challenges, such as climate change, biodiversity, global health and trade, especially when major powers are stepping back from dialogue and cross-border cooperation ? And what work can France and countries like France and Korea play in rebuilding trust and improving cooperation ?
Emmanuel MACRON
Thank you for your question, which is in direct line with my introduction. You mentioned a lot of topics from biodiversity, health, climate change, but we can add AI, quantum, as I mentioned, and all the fields of innovations. None of these challenges, none of these fields of innovation, can be addressed by a single country. It doesn't make sense.
The only way to make progress is through cooperation. The first one, the basement is the cooperation among students, academics and researchers. It's extremely important. I mean, university, by definition, by DNA, is not a national exchange. This is by DNA international, and the objective of a university is to try to embrace the world, all the ideas.
The first way to address these key challenges you mentioned is not just to protect but give all the capacities of our universities and research centers to have a free and open research.
It's extremely important.
Our research, our discussion, obviously the teaching in our universities should not be directed or controlled by the government. It should be free and open, meaning it should be defined by those recognized by their peers and respected by the other academics and researchers as the ones being entitled to precisely teach you. They are the ones to define the way to teach you and the content of your studies.
Second, the fact that this research in your universities, in our universities, our research centers is free and open is extremely important. Meaning, the government is not the one to say : « this topic should not be a topic of research » or « this topic is forbidden ». It doesn't make sense. It's not consistent and compliant with our democratic values. So the first way to deliver this agenda and make progress on biodiversity, health, climate change, innovation in quantum, and so on is to protect the free and open science, is to protect our universities and research centers, and to encourage the cooperation between these universities and research centers.
This is a top priority of this very moment, of the global order. What we experienced during the past few years is a sort of fragmentation of this cooperation. Some countries started to block some cooperations, unhappily, some other countries started to literally kill the financing on some fields, some areas of research, which is clearly a betrayal of the spirit of coordination and cooperation that we need.
So, first one, what you do here and what we have to protect.
The second one is : we will make progress in these different fields by the innovations made in our labs, in our universities, in our startups and companies. This one is based as well by DNA on cooperation. This is why we have to encourage this cooperation by any means.
This is part of the bilateral agenda. In a much broader approach, this is what we want to encourage in the bilateral relation, but as well through different countries.
The last point is we have to create the right framework in order to encourage this cooperation between governments. 11 years ago, we made a great progress on climate with the Paris Agreement, because we were able to build an agreement between China and the U.S. first, and enlarge the agreement and bring everybody together around the table to say : « we will take commitments to reduce our CO2 emission » and in order to address what is by definition a global challenge.
Few months ago in Nice, we managed to do the same for the oceans with UNOC. We had this United Nations conference.
For the first time after a decade, we managed to have the relevant number of ratification to protect high seas with what we call the BBNJ for the high protection of our oceans. The only way to make progress on these topics and to build a relevant and efficient international framework is to manage, to bring together even those who have different interests, even those who are confronting on other fields. But to say : « ok, here, this is a global challenge » and when we speak about science, health, climate, by definition we speak about progress for the whole humanity. So we should stop competing for a while and we should say how to build the right compromise and work together. So university, cooperation among startups, companies and large corporates, and third : international framework to have this efficient multilateralism. This is a way to deal with these key challenges.
Student
Bonjour Monsieur le Président.
My name is Yeji Park and I'm currently working as a product researcher in a digital mobile platform. Working in this industry, I've engaged closely with users across different age groups and backgrounds and I've observed how technology shapes user behavior and online environments. Through this experience, I've come to see both opportunities these platforms create and the risks they can amplify.
As you know, there are growing concerns about how these platforms may deepen social divisions and tensions across different communities and cultures. In that context, I would like to ask for your thoughts on how we can prevent a worst case scenario where digital platforms accelerate radicalization and fragment social cohesion ?
Ultimately, how can we avoid these dynamics weakening our social and democratic systems ?
Emmanuel MACRON
Thank you.
I think this is a very relevant question. I'm never pessimistic, so I don't want to say it's already too late, but let's be honest.
Radicalization and fragmentation in our societies, it's no more [a] risk, this is a reality. Now the question is how to correct it and how to deal with the initially unexpected and negative effects of these social platforms.
Let me start by saying I'm a true believer in innovation and I think our two countries, by the way, have a lot of appetite for innovations. We innovate a lot, we do believe in that. I think it's very important that we have the relevant players in Korean and French societies to innovate, create, etc.. But having said that, when you look at the social platforms and the way it's used by our fellow citizens, I mean, we are creating an impossible world.
First, the impact on children and teenagers is super important and largely negative.
We asked for a scientific report two years ago in France. A lot of countries did the same in the region, Australia did the same. It's quite clear that when you look at the situation of mental health for teenagers, when you look at all the negative consequences and the correlation, you can establish with precisely mental health, loneliness, stress, etc., for children and teenagers, we have a big issue with social networks.
This is why in France we are passing a law in order to ban under 15 years old social networks. We will have at the European scale a verification age process and we will define at a national scale a digital majority. We will say, for France, under 15, no access to the social network. Why ? Because you are not ready emotionally. I think it would be crazy to say we will delegate the brain and the emotions of our children and teenagers to these social networks.
So we protect them, exactly as we decided decades ago not to give alcohol, or not to leave our children and teenagers to go alone everywhere in this world. Because some places are more exposed than some others. You have to be ready. In parallel, we want to increase the place of reading, fundamental education, but as well, to make sure that our teenagers are fully equipped to be exposed to the social networks.
This is the first point, but this is for me, the basis.
The second point is exactly what you described. As I mentioned, this is not a risk of fragmentation. By structure, by DNA, the social networks, the social platforms, create polarization and fragmentation. Why ? Because when you look at the way it's structured, you follow some people and you are followed by people. The community you create through this approach is a community of like minded people.
Progressively, if you inform yourself through these social networks and through the accounts you follow, and through the guys reacting as followers to your accounts, you have, by design, a bias, because you are exposed to people who decided to follow you because they believe in the same thing, because they have some affinity with you and same on the other side.
This phenomenon creates a cognitive bubble. You are trapped in this bubble because I follow you and probably you follow me. Because we have the same education, we believe in the same ideas, we are obsessed by the same things and so on, but it's not the right representation of what a nation is, what a community is. So this is the first bias.
The second one is that because everybody is hidden behind an account and you are not forced to have your identity. You are not like we are in this room.
You see my face, I see your face. If there is a bad behavior, I can say this is a bad behavior and everybody will recognize your face.
Don't worry, I don't speak about you.
But if everybody is hidden, we will start behaving badly because there is no more incentives to just what is the basis of the civilization. This is the second problem we have with the social networks. The fact that you are not sure it's not a fake account. Clearly there is a predominance of hate speech and excessive speech. When you see you are trapped amongst yourselves in this cognitive bubble and there is a premium for those who go to the extreme by design these social networks push you at the maximum of what your community is ready to listen to.
The third point is about algorithms. When we speak about social networks, we speak about business models. A lot of you probably inform yourself on these social networks. You exchange the social networks, but are you paying something to do so ? No. Why ? Because there is a business model, but this business model is not obvious to you. This business model is based on data. Through these exchanges, because you go to certain accounts to inform yourself, because you exchange information, you interact with your friends and families ; you exchange data. This data is the one to be used by this social platform because they sell this data to make individual advertising business much more efficient than the classical one.
They have a business, which is not the purpose of your interaction with this social platform. This is the big misunderstanding of everything.
We are delegating our social relations, sometimes the way we inform yourself, the relation with the rest of the community to these platforms, whose business model is not to create that, but to sell our data, to make money with big brands, products and so on.
The day you start realizing that, you consider that the algorithm, which is the one who will push some content to you, favor some accounts to you, will push some videos when you scroll.
They do it for what ? It creates a maximum level of excitement. This business is based on the fact that you will exchange a maximum number of data, and you have to be excited. They want to create this excitement because they want you to spend the maximum number of hours and to get the maximum numbers of data in order to maximize our capacity to sell ads.
Ok, so this is a big issue, because what they do is creating more separation between people, more fragmentation, and they create a lot of biases.
This is why, if we decide de facto, which is the case, to delegate our democracy to these social networks, we delegate our democracy and the interactions to this algorithm, whose objective is precisely to create excitement on your side and sell data on the other side.
This is unfair. There is no other choice than regulating these social networks. This is why, on top of the ban under 15 years old, what we are working on at the European scale is to say : interdiction of fake accounts, trolls and so on, regulation and transparency of algorithms. We need the transparency of algorithm. I want to have a clear view on the rule of the game. [what we are working on at the European scale is to say : ] interdiction of the ad business in electoral period. Because everybody can buy and create some bias during your elections and regulation of the contents. There is no way that a speech which is forbidden in this area should be allowed on social networks. Hate speech, racism, homophobia, etc., has to be forbidden and controlled and regulated with the responsibility of the social platform when we speak about this field.
Here are some convictions but this is one of the key challenges for democracy.
Look at the situation. In the U.S. they decided to delegate all these questions to the social platform themselves because a large majority of them are Americans. I don't have the feeling that the society is super happy with that. They decided de facto to delegate the functioning of the democracy to private interests. In Europe, we are fighting hard to regulate. This is for me one of the hottest topics we have.
In China, they provide some of these big social platforms and the most successful one. But what they decided, they totally banned the social platform for themselves. They have another one for their children and teenagers [but] for the rest : total ban. This is a good signal.
The way is how democracies can cooperate to have sustainable social networks and social platforms, meaning respecting our children and respecting the normal functioning of democracy and fixing this issue of fragmentation and polarization. This is one of the key challenges for this coalition of the independents I mentioned. This is a key challenge for the Europeans, the Canadians, the Brazilians, the Koreans, and so on.
Thank you.
Student
Bonjour, Mr. President. My name is Seungmin and I'm a graduate student majoring in on-device AI. It's a great honor to have this conversation with you.
First thing first, let's start with meaning something very obvious. As someone working in science and engineering, I've been fascinated by how France is pursuing such an ambitious vision under your leadership, especially in areas like AI, quantum technology and healthcare. So these days, with rising tensions between countries, there's a growing need for sovereignty and resilience.
Yet in my own field of on-device AI, I see every day how technology developed in one country quickly becomes an essential infrastructure elsewhere. So given that, I believe that science is one of the few areas that is available to pursue one nation's strength and, on the other hand, also build deep and lasting connections between countries.
In that context, I wanted to ask you : in which scientific fields do you see the greatest promise that can help cooperation between France and Korea ?
Furthermore, how can these collaborations help collaborations to address the challenges that my generation will have to face ?
Emmanuel MACRON
Thank you for your question and thank you for being involved in this extremely important field of research. I already addressed the importance of cooperation, the importance of open science and cooperation between universities, but as well the importance of this cross-border cooperation. So I don't want to come back to that. Let me be more specific about what we can do between Korea and France.
Thank you for your nice word about France. I could have the same for Korea because the journey you just delivered is super impressive.
I mean, your country at the middle of the 50s was one of the poorest nations of the world and today should be the 12th or the 13th bigger economy of the world.
I think there is very few countries having delivered such a journey. It's a growth and innovation story. I think when we speak about the cooperation between our two countries in terms of innovation, I would definitely say semiconductor and quantum.
I'm a little bit under stress because I speak under the supervision in my delegation of the president of our science academy, our Nobel Prize [who] is [a] specialist in quantum. I did my best to make him believe that I was starting to understand a few things. I will not expose too much myself. But definitely quantum is a field where you are very good, we are very good.
By the way, a lot of our labs are building new cooperations with yours, and our companies are precisely sealing new partnerships together. So quantum is a field where if we work together, increase our capacity, we can deliver and achieve some concrete results. Delivering the exascale computer and some of these key achievements of quantum is key.
Second, on AI. On AI, for the same reasons we have good data scientists, we have good mathematicians, good physicians on both sides, and we have good fundamental science and relevant ecosystem. We have as well a lot of synergies and I would say AI and semiconductors, I would put myself at the crossing of these two fields.
This is an area where we can do together. France is one of the key places of innovation in France and semiconductor. We had the CEA, Soitec, STMicroelectronics and obviously with Samsung and other leaders, you are key players in these categories.
Everybody is running in order to deliver more semiconductors but as well to innovate, to decrease the size. It's one of the key elements of the AI infrastructure. So on this field, plus all the innovation, we have a space of cooperation which is extremely important.
Third, healthcare and health innovation. Our two countries have a great tradition but we are accelerating on some field of research and this is a place where we have both labs and startups. We have a lot of existing fields of cooperation, and we want to accelerate. I would say innovation in nuclear energy. Laser, fusion, obviously improvement of fission and optimization of the cycle. We are competitors, but we have good research centers.
This is exactly what we have to elaborate, because we are competitors, but the question is : we have so many common challenges… How, remaining competitors, we define some space of cooperation where we put our assets in common, our financing in common, our labs in common, to say : « okay, we want to deliver that together ».
It's super important.
I'm not comprehensive, but I speak about some fields of very important cooperation, where if we work together, we can achieve very concrete results. But what's very important is what we will build together will allow us to be more independent vis-à-vis some others.
I don't believe in otarsia [autarky]. My obsession is not to say : « your country, my country, has to be 100% independent. » It doesn't make sense.
But I want to be in a situation to diversify and always to choose where I decide to be dependent and is it sustainable, which is the difference between independence and otarsia on one side, but the difference between being free and being the vassal of everybody else. Neither Korea or France want to become the vassal of a big power. The main risk in this different field of innovation is because the U.S, on one side, China on the other one, have very powerful approach and very powerful strategy on AI, on quantum, on energy. I don't put an equal between China and U.S. They are totally different. One in democracy, the other one is not a democracy.
But their natural trend today if to have a fight between number one and number two.
You are number 13. I don't know where we should be : number 6, something like that.
So the big risk we have is, okay you are in the club of the 20, fine, but you will be the vassal of one of the two ones. No. So the question is how to reduce our dependency to these big powers and how to create cooperation, which is different from dependencies on this field.
This is the power of the cooperation between Korea and France.
Because the way we decide to cooperate in this different field, there are no chance that you will be in the situation of hegemony with me or the opposite. We will have to cooperate given the relative size we have and the fact that we need each other.
Here are the key elements of our cooperation. I could complete, but this is the first answer.
Student
Bon après-midi.
Je suis très contente de te voir.
I’m Eun-bin, and I’m currently a master student who is studying political science and sustainable development. As we are seen today, we are confronted with rising geopolitical tensions and economic instability. That leads to democratic backsliding, which is the key issue that both France and Korea are focusing on because we are the democratic countries.
I really wanted to ask at this point. These challenges are showing us that the progress that we've made is not sustainable and it's not guaranteed and it can be reversed at any time.
I would like to ask what kinds of efforts are needed at the individual, the governmental, national, or international level so that we can ensure the sustainable development ?
Emmanuel MACRON
Thank you.
I think it's an important question.
First, it's part of our DNA, being a democracy.
Your President mentioned earlier the importance of enlightenment in France and our philosophers, about democracy, rule of law and so on. Your country experienced during the past few years a democratic crisis.
We add our own crisis and nobody is immune. You're right, we have to be very humble.
But I see the current mood is to say : « okay, democracies are weak » in a certain sense, « it's slow », « people don't manage to find consensus », « it's more and more divided ».
There is this narrative in our democracies to say : « if you want to be more efficient, just let's adopt a system which is more efficient », led by business leaders or more authoritarian, etc.
It was a narrative existing in your country, and I want to commend your people, your current President, by standing very clearly and defending democracy and protecting democracy.
This is existing everywhere.
I really believe that the best way to address our current challenges and design long-term development for our societies is through democracies.
Why ?
Because this is the only place where you can share an open information.
You can have debates, you can disagree. But through these disagreements and the time the debates take, the time of democracy, it's not a slowdown. It's just a time you need to correct imperfections to work together to build the relevant level of consensus to bring the whole society but as well to improve the solution. I think the best evidence of that, and probably we didn't sufficiently make the open feedback of this period of time. But it's the COVID time.
Just remember, beginning of 2020, let's say mid-2020. Confronted to the pandemic everywhere we had the debate in our societies, what's the best model ? I have a clear memory of that.
A lot of people were saying : « China is super efficient », « super efficient lockdown everywhere ».
On the other side, others were saying : « okay, here, total openness ». And so on.
Our countries were trapped in democratic debates. We did the best we could do in democracy. We say : « okay, we will base our decision on science ». So a lot of our countries established independent scientific committee. We did so.
We had a lot of debates to criticize the government. You are doing too much, you are too strict the week after, now, you are too flexible.
But we stick to the science. We took the right measure ; we accompany our people.
Look at all the scientific reports of this period of time issued in science and so on.
The best in class by far were democracies. In authoritarian regime, the short-term answer seems to be the same. I remember as well the Russian vaccine : super efficient and used by some other authoritarian regime. Even somewhere, some place close to this one. It appeared it didn't work. But there was no open science, no assessment, no shared information.
Those who delivered the best results in front of COVID were democracies. The retext is super clear because it was based on open science, open debates, attempt to build the consensus with dissenting opinions, which doesn't exist in democracy. Consensus is not unanimity. It was based on this permanent debate.
I really believe that democracy today, in an open world of online and permanent information, is much more challenging. It remains the best system by far. Now the point is, it's never achieved. So we are at the moment where we have to reinvent it. For me, one of the main issues is the one we discussed with your fellow colleague : social networks. Because as they are creating fragmentation, as they are clearly encouraging plotism, and threatening a lot of these bases of our democracy, it's put at risk. But this is our role collectively, to be lucid about that and to correct these negative impacts by some regulations, by a better education and so on.
Let me finish on one point.
The challenge of our democracies today is to invest on the next generation and to improve education system and never stop better educating our people. This is the only way.
Because they are confronted to new democratic risks. You are never immune, but they have to be ready. In a certain way, they have to have the intellectual antibodies in order to protect themselves from that. But the democracy is, in a certain way, a fragile system, because it’s always exposed to a risk coming from inside or outside. But the lucidity on our fragility and the fact that this is a common work to be permanently adjusted makes us much more solid than any authoritarian regime. Because authoritarian regimes are based on very few people, most of the time are accompanied by corruption in order to preserve the dominance of very few people on the others.
It is a sub-optimum because it does not use the brain and the talents of a large majority of the population. This is why democracy is a much more efficient system.
I think we are permanently improving it.
Emmanuel MACRON
I can take one last question.
Student
Hello, Mr. President.
My name is Yun Soo Cho. I am a business-majoring student in third grade.
I want to ask you briefly about the international relations that are going on right now.
So two days ago, you sat down with the Japanese Prime Minister, Sanae Takaichi.
You claimed that although Europe might not be the fastest and swiftest continent, it still is the most predictable and most stable continent. In contrast, President Trump's rhetoric, or his style of speech, is rather strong and stubborn or rather inconsistent as well.
I can see all the conflicts going on between the US and Iran because Mr. Trump said that he will destroy Iran's infrastructure. Earlier today, Iran shot down an American fighter jet. Inside this conflict, oil prices are surging. I believe that it's common for all over the world.
But the people's cost of living is surging way too high.
As a member of the G7 and as a President, what is your administration's policy to alleviate the cost of living ? Since you talked with President Lee Jae-Myung today, what kind of cooperation did you promise with him ?
Thank you.
Last but not least, can I take a selfie with you ?
Emmanuel MACRON
Okay for the second one.
I will elaborate a little bit more for the first one.
I think the situation where we are is quite challenging, to be honest.
Because the US. is a great country. They paid a very high tribute for your country and peace in your country. They pay a very high tribute for peace in Europe. The D-Day in France is not to be forgotten. They played a very important role to build this international order I mentioned after the Second World War.
They are the guarantee in last resort of this international order in a certain way.
The problem we have is that they, the main countries with the highest responsibility start to jeopardize themselves the international order. I think our responsibility, it's true for the G7 and even more broadly. Some big countries are not part of the G7 which is based on democratic values. China is not part of the G7 but they have a very high responsibility in the international order.
What we have to do is to stick to the principles. We signed a Charter, building the United Nations. The day you start creating yourself double standard, what is your credibility to avoid war ? The day you say, « I don't like your regime, I don't like your organization, I consider you are threatening your neighbor, so I will intervene and bomb you », you open a Pandora box. Why shouldn't the other do the same ? This is why I really think that being compliant with international order does not make sense for everybody.
This is why if we go to Iran, we say, « We do believe in international order and with the importance of negotiation ». Iran is a very bad regime. No discussion about that.
I disagree with them on a lot of topics, but I don't believe that we will fix the situation just by bombings or by military operations.
Look at what happened with this type of operation in Iraq, in Afghanistan, in Libya.
We never delivered, never, even after 20 years. You have to respect the sovereignty of people. If people want to change a regime, they want to react, step up, they can do so.
What are our objective ?
Number one, as soon as we can : cease fire.
Comprehensive negotiations in order to make sure that the international community have a full view and a relevant monitoring on nuclear activities, ballistic activities, and on the regional proxies used by Iran to create destabilization. This comprehensive framework is the one to be built through negotiation to empower United Nations agencies to monitor a sustainable peace and with some retaliations if this is not respected by Iran.
But we have to build this framework. So what we want to do is to be part of that.
We have a specific topic which is clearly impacting your country and, more broadly, a lot of countries on the origin and, de facto, given our interdependencies, of the whole world is the Hormuz Strait. Because a large majority of the oil and gas used in this region and in your country comes from that through the Hormuz Strait.
We want to reopen the Hormuz Strait. We believe, and this is where we established a clear cooperation with your president, working together with some of our nations to planify a peaceful operation to escort some tankers and carriers through Hormuz Strait based on a deconfliction mechanism with Iran.
Negotiation.
The day we have a more peaceful situation or a ceasefire. This is a very concrete action.
We are ready to deliver a bunch of countries together through cooperation and discussion. This is exactly what we decided together.
But more than that, I really believe that predictability, compliance with international law is the only way to build trust and to preserve peace. This is what we want to do. This is why I speak about the bilateral relation, the way you should look at France and Europe today… We are innovative like you are attractive. We do believe in the next generation. We want to make much more things with you in innovation industry. We are creative as well, like you in music, in cinema, etc. We want to do much more with you because we have this DNA in common between Korea and France.
Together, we do believe in the strength of negotiation, stability, and trust.
It makes a lot of things.
So let's do it.
Thank you for your attention.
Thank you.
Ensuite, le Président, Emmanuel Macron, a participé au Forum économique franco-coréen au siège de la Federation of Korean Industries (FKI).
Lors de son allocution, le chef d'État a rappelé l'attractivité française dans les investissements des secteurs innovants et l'élargissement des liens de coopération franco-coréens dans ces nouveaux domaines.
Revoir les propos conclusifs :
3 avril 2026 - Seul le prononcé fait foi
Intervention du Président de la République lors du Forum économique franco-coréen.
Emmanuel MACRON
Merci beaucoup.
Merci, Monsieur le Premier ministre, pour vos mots et pour nous honorer de votre présence pour ce forum d'affaires.
Je remercie nos deux présidents d'être là.
Mesdames, Messieurs les ministres,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Mesdames, Messieurs, en vos grades et qualités,
Ambassadrices et Ambassadeurs,
C'est une grande chance d'avoir les présidents, le chairman RYU et le président JACKOW pour cette session. Je voulais vous remercier de la qualité du travail qui était le vôtre et l’engagement. [Je voulais] vous remercier, chairman, à la fois pour vos mots en français, mais vous avez des incitations toutes particulières à parler français, et pour avoir inauguré ensemble ce jardin franco-coréen, au dernier étage de cet immeuble.
Je veux que toutes les Françaises et tous les Français qui sont ici se rendent compte de cet immense privilège, puisqu'on a, au début, sur la terrasse qui va surplomber ce bâtiment, inauguré un petit jardin qui est franco-coréen par la décision du chairman RYU. Donc je voulais vous en remercier tout particulièrement. Ça dit beaucoup de l'affection que vous portez à la France et du lien qui nous lie. Merci infiniment pour cela.
Beaucoup de choses ont été dites à l'instant par le chairman RYU et je sais que vous avez eu des tables rondes fructueuses et par le Premier ministre, que je remercie pour son engagement. Je voulais peut-être très simplement insister sur quelques points.
D'abord, la relation est forte. Vous la nourrissez. Nos entreprises, d'ailleurs, françaises qui sont présentes ici, qui sont des grands partenaires de leurs amis coréens, sont au cœur de l'écosystème productif. Elles embauchent beaucoup de Coréennes et de Coréens. Elles sont au cœur des chaînes de valeur. Et ce lien a beaucoup augmenté ces dernières années : +50 % en cinq ans. Il y a vraiment une vitalité de la relation. Elle se fait dans tous les secteurs, de l'agroalimentaire à l'hydrogène, avec une acquisition encore récente et remarquable de la mobilité en passant par les services informatiques, le luxe.
Tous les secteurs sont couverts. La relation est forte.
Qu'est-ce qu'on peut améliorer dans celle-ci ?
Je vois deux choses. On doit améliorer l'investissement de nos amis coréens en France et on doit améliorer les partenariats d'avenir pour servir justement cet agenda d'indépendance et de coopération. C'est sur ces deux points que je voulais insister.
Alors pourquoi on peut améliorer — et je parle forcément dans ce sens — les investissements de nos amis coréens en France ? Je vais vous dire parce qu'il y a cinq fois plus d'investissements français en Corée qu'il y a d'investissements coréens en France. Il n'y a aucune raison pour ça.
Ça veut dire qu'il y a un problème de perception de ce qu'est la France. Je voudrais tordre le cou à quelques canards — bon courage à nos interprètes — pour, au fond, corriger des biais de perception que vous avez. Je suis sûr, c'est ça qui justifie la situation.
D'abord, je voudrais vous dire que la France est le pays le plus attractif d'Europe depuis six ans. On a travaillé dur. Plusieurs d'entre vous étaient l'année dernière à Choose France.
On a changé les lois en matière de travail qui avaient posé des problèmes à certains de vos prédécesseurs, ou parfois à certains d'entre vous, il y a 10-15 ans, qui étaient des mauvaises expériences. Tout ça a été quand même fluidifié par les ordonnances travail en 2017 et un cadre d'affaires qui est maintenant simplifié. On a créé une compétitivité fiscale qui fait qu'aujourd'hui, on est dans les standards européens, parfois au-delà, sur la fiscalité sur le capital, la fiscalité sur les compagnies. Puis, on a créé ce cadre d'attractivité avec justement un accompagnement très spécifique pour les compagnies étrangères qui viennent s'installer en France. Pour tous ceux qui ont des projets, vous serez accompagnés de manière très définie à la fois par Business France, les ministères concernés, [et vous serez] évidemment accompagnés aussi par le service de nos ambassades et par le MEDEF International.
Donc, il y a une équipe de France qui s'est structurée, qui fait qu'on a ces résultats. On est les plus attractifs.
Puis, à côté de ça, je pense qu'il y a deux ou trois petites choses qui sont sous-estimées.
D'abord, on est en train de se réindustrialiser dans à peu près tous les secteurs du jeu. Deuxièmement, dans les secteurs les plus innovants, on est en lead en Europe : intelligence artificielle, quantique, production de data center. On a accueilli, il y a un an, même pas et demi, le premier Sommet de l'IA. Plusieurs, qui nous ont fait l'amitié d'être là, sont ici présents : Samsung, Naver et d'autres grandes sociétés d'innovation étaient là. On a obtenu 109 milliards d'engagements pour créer des data centers en France et développer l'IA.
On est aujourd'hui à 65 % de réalisation de ces engagements.
Donc, on est en train d'équiper la France aussi de capacités de calcul et d'innovation.
On est une grande nation de quantique. On est une grande nation de semi-conducteurs comme vous, parce qu'on a le CEA et ses laboratoires qui en sont sortis, STMicroelectronics, Soitec. Puis, on est une grande nation de nucléaire civil comme vous. Ce qui fait que la France, elle surproduit de l'énergie décarbonée, pilotable, à un coût très compétitif.
Ça, ce n'est pas suffisamment su par beaucoup d'investisseurs et d'industriels coréens.
Et ce qui fait que l'année dernière, en France, nous avons exporté 92 TWh d'électricité. On peut ouvrir beaucoup de data centers, on peut raccorder beaucoup de capacités industrielles supplémentaires sans rien enlever aux entreprises françaises, sans créer des effets de goulot d’étranglement pour nos ménages, parce qu'on a cette surproduction.
On a d'ailleurs un programme nucléaire. On va continuer de produire parce qu'on a confiance dans cette énergie. Ça, ce sont quelques réalités que je voulais vous dire pour vraiment vous convaincre de l'attractivité de la France.
Quelques mots pour vous dire aussi que l'Europe est un continent attractif pour vos entreprises. Parce que quand vous entrez en France, un marché de 68 millions d'habitants, c'est la porte d'entrée sur un marché de plus de 400 millions d'habitants qu'est l'Union européenne. Là, on est en train de travailler très dur avec nos partenaires allemands et tous les autres pour simplifier les règles, approfondir ce qu'on appelle le marché unique dans tous les secteurs où il existe, investir davantage dans l'innovation et développer davantage justement de protection du contenu européen. Ce qui fait que pour vous, c'est très important de devenir aussi des acteurs européens. Parce que vous allez, ce faisant, rentrer dans le Made in Europe.
Dans le monde où on vit, avec les tarifs américains, avec la surcapacité chinoise, nous, on doit protéger nos capacités de production. Donc on crée ce Made in Europe, comme le font d'ailleurs les Nord-américains. Ils créent la même chose pour leur espace productif.
On ne le fait pas contre qui que ce soit, on veut le faire avec. Et donc que tous les partenaires qui veulent s'insérer sur le marché européen, soit éligibles à ça, est important.
Ça, c'est pour vous dire que l'Europe, je le crois, est un continent extrêmement attractif qui est en train de se simplifier, de se moderniser. Je le dis depuis plusieurs mois parce que nos amis américains m'ont donné un argument de vente inédit, donc je l'utilise. Nous sommes prévisibles.
Alors parfois, je comprends, on dit, c'est très lent ce Conseil européen, ils sont 27, ils doivent se mettre d'accord, c'est vrai. On essaie quand même de s'améliorer. On sait répondre vite maintenant face aux crises.
Mais alors, il y a une chose qui est sûre : on respecte l'État de droit. On respecte le droit international. On n'est pas pour les tarifs commerciaux. On respecte toujours la règle du jeu. D'ailleurs, s'il y en a un dernier dans la pièce pour les respecter, c'est nous. On tient à ça. Vous avez, dans les Européens et les Français, des gens que vous connaissez depuis 140 ans, avec lesquels vous avez bâti beaucoup de choses, et qui ne vont pas changer parce qu'en fait, on ne croit pas à la loi du plus fort.
Alors ça tombe bien parce que, comme vous, on n'est pas les plus forts. Mais on pense que celui qui est le plus fort commet une énorme erreur le jour où il applique la loi du plus fort et il abandonne le cadre commun, parce qu'il crée le doute chez les autres.
Pour nous, la confiance qu'on a bâtie avec vous est très importante. Je sais que les industriels qui sont là, les investisseurs qui sont là, c'est ce qu'ils valorisent aussi dans leur relation avec vous comme partenaires, mais je veux que vous sachiez que c'est ce que le gouvernement valorise : la stabilité, la confiance. Quand on s'engage, on fait ensemble.
Mon dernier point, ma dernière remarque, c'est de vous dire que dans ce monde-là, on a beaucoup de choses à faire ensemble entre Coréens et Français. En fait, parce qu'on se ressemble beaucoup. Nous sommes des nations très créatives, très inventives.
Il y a plusieurs représentants de la filière agroalimentaire qui sont là. C’est une grande filière française. Les gastronomies sont très importantes dans nos deux pays. Il y a même des chefs qui sont là, franco-coréens. On croit à la gastronomie commune.
La culture est très importante pour nous : la K-pop, le cinéma, notre musique, la réalité, donc on la développe.
D’ailleurs, le Président va venir en visite d'État et on va coprésider le premier sommet, justement, du cinéma et des images mobiles en franco-coréen. Puis on veut développer toutes ces industries culturelles et créatives. L'innovation, la création de richesses, la montée en gamme sont au cœur de nos stratégies. Tout ça fait que c'est comme une évidence de développer des partenariats nouveaux. Mais le moment qu'on vit en fait une évidence plus grande encore.
C'est que, comme je le disais en parlant de la prévisibilité, vous êtes dans une région très exposée aux risques géopolitiques. La France est maintenant exposée aux risques géopolitiques avec la guerre en Ukraine lancée par la Russie, et on a des dépendances qui nous posent problème. On voit bien qu'on est à la fois confronté à une Chine qui veut prendre le contrôle de chaînes de valeurs de manière croissante, par des sur-subventions, des surcapacités et des mécanismes aussi de prédation sur des terres rares ou des minerais critiques.
Et on a des États-Unis d'Amérique qui veulent régler les déséquilibres internationaux par des tarifs et qui, de plus en plus, appliquent de l'extraterritorialité dans certains secteurs.
Au fond, ce qui nous lie, c'est que nous, on croit dans l'État de droit, le droit international, le commerce libre et équitable, les règles de l'Organisation mondiale du commerce et cette prévisibilité que j'évoquais. C'est une incitation très puissante pour créer des partenariats dans tous les segments de la chaîne ou accélérer les partenariats qui existent déjà.
Si je prends juste les trois thématiques que vous avez aujourd'hui, ça a beaucoup de sens.
La décarbonation. On a déjà quelque chose qui nous lie : on est deux grandes nations du nucléaire civil. On doit bâtir ensemble des partenariats, alors on les a, ça a beaucoup de sens de travailler ensemble sur l'amont du cycle nucléaire et sur l'aval. On a une offre française très intéressante pour vous, même pour vos industriels.
Deux. On produit des turbines. Même quand on se fait la compétition pour produire des centrales, prenez Framatome, on produit des turbines. Donc Orano, Framatome, le CEA et nos capacités d'innovation avec les vôtres. Même EDF, parce qu'on peut, sur les marchés tiers, travailler ensemble et sur les programmes d'avenir du nucléaire, laser, fusion, etc. On doit pouvoir travailler ensemble à y arriver. Quand on parle de décarbonation, l'hydrogène est très important. Là aussi, on a des partenariats nouveaux : vous avez fait des acquisitions, donc on a Air Liquide, on a aussi dans la mobilité nos grandes entreprises du secteur, aux côtés des vôtres. On l'évoquait avec le chairman de Hyundai à l'instant. On veut être des partenaires de l'hydrogène dans toutes ses composantes du jeu, et aussi parce qu'on peut produire de l'hydrogène chez nous, à la fois à bas coût, par les contrats de long terme qu'on sait faire, et très décarbonés. Mais surtout, on innove sur ce segment, et de l'électrolyse jusqu'à tous les usages, on veut être des acteurs avec vous de cette chaîne. Elle a beaucoup de sens. Elle a beaucoup de sens pour notre souveraineté énergétique, pour la décarbonation de nos pratiques, pour, évidemment, les transports et des tas d'autres secteurs, pour décarboner aussi beaucoup de secteurs industriels.
En matière, vraiment, de décarbonation, il faut y aller encore plus vite et plus fort.
On a un chantier formidable ensemble en somme.
Ensuite, les biotechs.
Vous avez eu des discussions, je le sais, très fructueuses. Vous avez rappelé le partenariat en matière de recherche qui existe avec Pasteur. On a des laboratoires de recherche, du CNRS, de l'INSERM commun qui se développent, mais on a aussi des entreprises. On a des biotechs qui, ensemble, peuvent trouver des solutions et doivent accélérer là-dessus. On a, au cœur de France 2030, une stratégie en biotech. On a développé nous-mêmes beaucoup de biotechs et on a des grands groupes pharmaceutiques français qui sont là aussi aujourd'hui, comme des start-ups dans le secteur. Vous en avez aussi.
On doit aller beaucoup plus vite et plus fort.
Pourquoi ?
Parce que c'est le prochain secteur de fragmentation du monde. La Chine est en train de devenir un très grand secteur de la pharmacie et des biotechs. Elle est en train de mettre la main sur des capacités d'innovation à marche forcée. Elle le fait de manière non coopérative. Les Américains répondent à ça par une stratégie très brutale, qui casse complètement le commerce international en matière de biotech et de pharma, en imposant, avec la clause de la nation la plus favorisée, de réduire pour la première fois dans l'histoire contemporaine la diffusion de molécules innovantes en les conditionnant à un prix qui serait le prix du marché américain.
Le renforcement de nos partenariats d'innovation en biotech, il est clé dans ce contexte.
Puis, on a l'intelligence artificielle, le quantique, les semiconducteurs, où là, on veut avancer avec vous. J'ai vu plusieurs entreprises : Samsung, Naver, à l'instant. Vous en avez d'autres, je le sais, qui se sont développées, évidemment, dans le secteur avec lequel nous avons, là-dessus, des partenariats.
Vous l'avez évoqué à travers les technologies de rupture et la deeptech, qui touche plusieurs de ces secteurs à travers vos débats. Là aussi, on a une course effrénée.
On sait aujourd'hui, sur ces segments, la course que les Américains sont en train de faire, que les Chinois sont en train de faire. Ce qui nous lie, c'est qu'on n'a pas envie de dépendre d'eux. On est très heureux de coopérer avec tout le monde, mais on ne veut pas dépendre.
C'est ça qu'on a dans notre ADN en commun, et c'est notre intérêt. Parce que le jour où on dépend totalement d'une des grandes puissances, on sera vassalisé. Ce n'est pas qu'un sujet de défense et de sécurité, c'est aussi un sujet technologique. Tous les partenariats que nous sommes en train de faire, dans le semi-conducteur, par exemple, pour produire davantage ensemble, pour sécuriser nos chaînes d'approvisionnement, dans les datacenters, avec aussi d'autres partenaires de la région et d'autres géographies pour accélérer, sont absolument fondamentaux.
On a plusieurs entreprises et start-ups du quantique qui ont signé des partenariats avec vous. Je m'en félicite aujourd'hui. On a de très grandes entreprises de quantique. La France est une grande nation de quantique, et elle reconnaît d'ailleurs dans la Corée votre force en matière de quantique, parce qu'on a des talents, justement, dans ce secteur, de part et d'autre, et parce qu'on a investi. Ce qui a été signé par justement, nos start-ups, durant ce voyage en matière de quantique, est à consolider. Là, c'est une course de vitesse.
Personne n'a stabilisé, mais on a envie de stabiliser l'ordinateur quantique et l’exascale ensemble. Parce que le jour où on a ça, c'est une capacité à la fois sur l'IA, sur la crypto, qui est très importante.
Puis, sur l'ensemble des services, justement pour coopérer dans la créativité, dans les industries culturelles et créatives, on a envie d'avoir des solutions ouvertes. Ce sont les vôtres. C'est un point clé en matière de deep tech.
Je ne veux pas être beaucoup plus long, mais c'est aussi sur le spatial quelque chose qui nous lie. Il y a plusieurs entreprises du spatial qui sont là dans notre délégation. On a déjà des coopérations qui existent. On veut les renforcer parce que c'est un secteur qui est en train de se révolutionner. Si on a des coopérations ouvertes entre des pays qui se font confiance, elles sont clés.
Je veux conclure ici en disant : sur chacun de ces segments, ce que vous avez bâti aujourd'hui, ce qui a été signé, ce que vous avez créé collectivement de dynamique positive est très important. Toutes les entreprises qui ont des projets en France, je les invite à venir à Choose France, le 1er juin prochain à Versailles, et surtout à venir au forum d'affaires que nous allons organiser, en marge de la visite d'État du Président à Paris le 7 et 8 septembre prochains. C'est ça qui va nous permettre d'accélérer ce momentum. Mais ces partenariats sont fondamentaux. Ils sont bons pour les entreprises coréennes et les entreprises françaises. Ils participent de la création de valeur et de l'innovation contemporaine dont nous avons besoin. Ils nous permettent de relever les défis communs avec la même approche : le respect réciproque, un cadre ouvert et clair, la confiance et une volonté de ne jamais être, en quelque sorte, en hégémonie l'un face à l'autre, mais en vrai partenariat ouvert, parce que c'est ça, l'esprit, de ce qui nous lie et de ce qui nous rassemble.
Voilà, je ne veux pas être plus long, mais c'étaient les quelques mots que je voulais rajouter à ce qui avait été dit à vos travaux. Cette relation est singulière. Ces 140 ans d'amitié ne sont pas un rendez-vous à prendre à la légère. Nous, nous avons très envie, avec le Président, avec lequel on a eu des débats très nourris hier soir et aujourd'hui, de donner à la relation franco-coréenne une dynamique nouvelle et forte. Vous en êtes les acteurs. Je compte beaucoup sur vous, et je vous remercie de tous les travaux d'aujourd'hui, et vous pouvez compter sur nous.
Merci beaucoup, et vive l'amitié entre la Corée et la France !
En fin de journée, le couple présidentiel s'est rendu à l'inauguration du Centre Pompidou Hanwha Séoul.
Pour conclure cette visite d'Etat, le couple présidentiel a dîné avec des personnalités de la K-pop et du cinéma.
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