Sept ans après sa dernière visite, le Président Emmanuel Macron s'est rendu en Principauté d'Andorre en sa qualité de Coprince le 27 et 28 avril 2026.

Dans un contexte régional en mutation, cette visite visait à accompagner la modernisation économique, sociale et européenne d’Andorre et réaffirmer le lien historique et singulier qui unit la France à la principauté.

À cette occasion le chef de l’Etat est venu soutenir les projets de coopération en matière de transition écologique à travers des coopérations énergétiques franco-andorranes, encourager la poursuite du rapprochement d’Andorre avec l’Union européenne et aborder la question des droits des femmes, sujet particulièrement sensible dans un pays où l’avortement demeure interdit.

À son arrivée, le chef de l’État s'est addressé à la presse puis s'est entretenu avec Xavier Espot Zamora, le chef du gouvernement d'Andorre, ainsi qu'avec Josep-Lluis Serrano Pentinat, Evêque d'Urgell et Co-prince épiscopal d'Andorre. 

Revoir la déclaration :

27 avril 2026 - Seul le prononcé fait foi

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Micro tendu du Président de la République à Andorre.

Emmanuel MACRON
Bonjour à toutes et à tous. 
Heureux d’être en Andorre. Merci beaucoup d’être là. 
Je suis très heureux de revenir en Andorre et d’être avec Monsieur le chef du gouvernement. Nous allons nous entretenir. Je verrai après le co-prince. On aura une cérémonie de lettres de créance. Puis on aura l'occasion de revenir sur des thématiques importantes, aujourd'hui et demain : la jeunesse, l'éducation, et aussi de nombreux sujets sur l'avenir européen, qui me paraît très important. 
Je m'exprimerai demain plus longuement. 
Merci beaucoup, en tout cas, d'être là et d'accompagner Andorre sur cette voie. 

Journaliste
Monsieur Macron, tout à l'heure, vous avez fustigé ces « maboules qui veulent se fâcher avec l'Algérie ». Qu'est-ce que vous vouliez dire précisément ?

Emmanuel MACRON
D'abord, j'étais très heureux d'être en Ariège ce matin et en ce début d'après-midi. 
On a vu cet hôpital, formidable, qui vient d'être fait. L'intégralité des médecins qui étaient là aujourd'hui sont des praticiens hospitaliers qui ont été formés hors de France et qu'on a régularisés après des tests. Donc je pense que c'est très important dans la période qui vient de ne pas accepter l'esprit de réduction, de caricature. 

C'est important de pouvoir coopérer avec des pays en ayant un dialogue exigeant, en défendant nos intérêts, ce qu'on fait, mais en étant respectueux de chacun. Je pense que la situation internationale nous montre qu'il faut être loin de toutes les caricatures, être plutôt dans le dialogue, avancer, être respectueux, faire respecter aussi nos droits. C'est ce qu'on fait sur beaucoup de sujets, mais considérer aussi que pour faire tourner nos services publics, on a parfois besoin de leurs ressortissants.

Journaliste
Est-ce que vous visez Bruno RETAILLEAU ? 

Emmanuel MACRON
Non, je ne vise personne. Non, non. 
Je ne vise personne. 
Je suis dans une approche positive. 
Je dis qu'on a besoin de ces femmes et ces hommes qui servent notre pays. 

Journaliste
Justement, Monsieur le Président, vous parlez de la situation internationale. Vous avez échangé avec une personne qui vous a interpellé, vous avez dit : « On se bat pour que le prix de l'essence diminue. Il faut qu'on rouvre ce fichu détroit [d'Ormuz], C’est ça qui nous fout dedans. On se bat mais il y en a qui ne nous aident pas ».
Qui ne nous aide pas ? 

Emmanuel MACRON
Aujourd’hui, on voit bien que la tension qui s'entretient et les réponses qui se font de loin ne sont pas bonnes. 
Le cessez-le-feu est en place. C'est une bonne chose. Il inclut maintenant le Liban. 
Nous l'avons fortement souhaité et nous avons œuvré pour. 
Il faut maintenant que les discussions puissent avancer. Pendant ce cessez-le-feu et ces discussions, on fait tout pour que le trafic puisse reprendre de manière normale. 

J'ai eu l'occasion de m'entretenir hier avec le Président Trump pour aussi lui dire à quel point nous condamnions la violence dont il avait été victime. J’ai essayé de le convaincre aussi que c'est important de pouvoir rouvrir de part et d'autre le trafic pour permettre au gaz, au pétrole, aux engrais, aux marchandises de pouvoir passer ce détroit parce que ça impacte l'économie mondiale. Nous avons mis en place une coalition qui a vocation justement aussi à sécuriser, stabiliser, montrer que la communauté internationale est derrière une telle ouverture. J'espère que nous arriverons à convaincre les parties prenantes dans les prochains jours. Je réengagerai [les échanges] d'ailleurs dès la fin de cette visite, en échangeant à nouveau avec les autorités iraniennes.

Journaliste
J’imagine que par rapport à la personne qui vous a interpellé, vous avez un sentiment d’inquiétude ? 

Emmanuel MACRON
On en parlait avec le chef du gouvernement : partout en Europe, je dirais [même] partout dans le monde, les prix pèsent. On voit bien, on a été ce matin dans un département qui est très rural, tous nos compatriotes qui sont dans la ruralité sont touchés par le prix de l'essence, parce qu'il n'y a pas d'alternative de transport en commun. Donc c'est très dur pour eux. 
Le gouvernement a pris des premières mesures sur certains secteurs ou pour les gros rouleurs. Enfin, il faut qu'on traite le problème à sa racine. Sa racine, c'est en effet de permettre à ces routes de se rouvrir. 
Je veux dire à nos compatriotes qu'on est à leur côté, que le gouvernement fait le maximum, mais qu'on est surtout à la tâche pour que les choses repartent dans la bonne direction et que le calme revienne. 

Journaliste
[inaudible].

Emmanuel MACRON
Je l'ai dit, il faut de la transparence et de la méthode. 
Il ne faut pas qu'on se divise en ce moment-là. 
Vous savez, les seuls qui profitent, ce sont ceux qui produisent. On ne produit pas, nous. 
Donc [sur] toute la chaîne, après, il faut qu'il y ait de la transparence. 
C'est ce que le gouvernement a mis en place dès le début, avec des professionnels en espèce, notre répression des fraudes et la concurrence, qui regardent, oui, bien sûr.
Puis cette transparence, elle vient ensuite au gouvernement, elle est partagée. Et évite qu'il y ait des marges excessives qui se forment. 

Mais la cause du problème, ce n'est pas tel ou tel, vous savez, chez nous. 
La cause du problème, c'est qu'aujourd'hui, il y a ce blocus et il y a le détroit d'Ormuz qui est fermé. Donc il faut traiter le problème à la racine, permettre aux choses de repartir, et puis, d'une manière aussi plus profonde, nous réduire nos dépendances. 
C'est au long cours. Je ne suis pas en train de vous dire [que] c'est ce qui va permettre de régler le problème de tous nos compatriotes demain. Mais tout ce qu'on a fait ces dernières années, qui réduit nos dépendances aux hydrocarbures fossiles, va dans la bonne direction, donc il faut en même temps l'intensifier, parce qu'on voit bien ce à quoi ça nous expose.

Journaliste
Merci.

Emmanuel MACRON
Merci beaucoup. 
En tout cas, je suis très heureux d'être en Andorre. 

Une cérémonie conjointe s'est ensuite déroulée avec les des deux Co-princes pour la présentation de lettres de créance pour quinze nouveaux ambassadeurs accrédités en Andorre.

Le Président Emmanuel Macron a également visité le site de la centrale hydroélectrique FEDA, où le chef du gouvernement lui a présenté le projet d'accord de coopération entre EDF et FEDA avec l'installation d'un groupe pompte alternateur porté par les deux opérateurs à l'Hospitalet. 

À l'issue de cette première journée, un dîner a été offert à l'Andorra Park Hotel.

Revoir les mots d'ouverture du dîner :

18 mai 2026 - Seul le prononcé fait foi

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Mots d'ouverture du Président de la République à l’hôtel Andorra Park.

Emmanuel MACRON

Monseigneur,

Cher co-prince,

Monsieur le chef du gouvernement,

Monsieur le Syndic général,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les conseillers généraux,

Mesdames et Messieurs les ambassadrices et ambassadeurs,

Messieurs les préfets,

Mesdames et Messieurs les consuls,

Mesdames et Messieurs en vos grades et qualités,

Chers amis,

J'ai un discours très intelligent et très bien préparé. Mais je vais encore donner un discours demain. On s'est déjà exprimés, alors permettez-moi, puisque c'est un toast dont il s'agit, de vous parler davantage avec le cœur, pour vous dire combien je suis heureux de vous retrouver, sept ans après.

Il y a sept ans, nous étions ensemble.

Monseigneur, c'était votre prédécesseur, mais beaucoup d'entre vous étaient là.

Je retrouve des visages amis qui ont parfois égrainé quelques visites.

Depuis sept ans, beaucoup de choses se sont passées. Mais je veux vous dire la joie qui est la mienne de vous retrouver, de retrouver les élus, les forces vives du territoire. Alors demain, je ne ferai pas le parcours entre les sept paroisses. Nous l'avions fait il y a sept ans, mais nous irons voir notre jeunesse, nous irons au Parlement, et nous aurons l'occasion de voir l'ensemble des maires, des élus si importants.

Mais je veux vous dire combien, en tant que co-prince, je suis fier de ce que vous avez collectivement fait durant ces sept années écoulées. Je vous le dis tout particulièrement, Monsieur le chef du gouvernement, mais cela va à toute la principauté. Vous avez d'abord tenu, tenu dans une période qui était si difficile, celle de la pandémie du Covid, où évidemment compte tenu des caractéristiques qui sont les nôtres ici, beaucoup était à craindre.

Vous avez résisté avec intelligence, avec force. Puis, le monde ne s'est pas calmé dans les années qui ont suivi. Nous en connaissons les tourments. Vous avez tenu ce cap auquel je suis particulièrement attaché. Nous l'avons exprimé chacun dans nos termes tout à l'heure, Monseigneur, co-princes inséparables. Au fond, cette neutralité active à l'international et cette capacité si singulière de l'Andorre d'être ancrée, attachée à ses traditions, à sa géographie et à savoir toujours se projeter vers une forme d'universel, vers des principes qui la dépassent et à savoir aussi embrasser une Europe au sein de laquelle elle est inscrite.

C'est dans cette tension permanente entre la modernité à laquelle nous sommes confrontés et qui est aussi le départ de l'avenir d'Andorre sur le plan économique et ses traditions, entre son ancrage, son enracinement et son avenir européen que se joue en effet le destin de la principauté. C'est ce qui nous rend si forts, c'est ce qui vous rend en effet si singuliers.

Ce chemin n'est pas exempt de ce qui fait parfois le charme, d'autres fois les tourments du quotidien, mais ça importe peu quand on regarde le chemin parcouru. Mais d'ici, vous le voyez depuis les cimes, ce qui est une bonne chose. Je suis heureux d'avoir emmené dans mes bagages les voisins d'Occitanie, en particulier de l'Ariège, Monsieur le ministre, pour des projets magnifiques comme celui que nous avons vu entre EDF et FEDA à l'instant, mais aussi pour des partenariats multiples.

Nous savons combien ils sont importants, qu'il s'agisse des routes, des projets d'échanges.

Vous savez combien nous tenons à ce partenariat quand il s'agit aussi, par exemple, d'éducation, on y reviendra demain, et de tout ce qui fait la vie du quotidien.

Voilà ce que je voulais vous dire.

Vous dire que depuis sept ans, vous avez fait beaucoup de choses et vous avez bien fait. Et que nous nous retrouvons là. Je salue aussi les ambassadrices et ambassadeurs qui sont à nos côtés. Et je leur redis ce message important à porter à leur capitale : l'Andorre est une principauté singulière. Et aimez-la comme telle. Au fond, depuis plus de sept siècles, c'est ce compagnonnage singulier, Monseigneur, Urgell et Foix, et maintenant, entre les évêques co-princes et les présidents co-princes, qui fait aussi la force de cette principauté. Et qui lui donne ce rôle si actif à l'international que je rappelais tout à l'heure.

Je suis pour ma part très heureux de vous retrouver. Et très heureux de retrouver ce caractère aussi pyrénéen qui m'est cher et familier. Pour vous dire les choses de manière un peu plus intime. Les gens ignorent tout ce qu'on peut faire dans nos vallées quand ils vivent loin. Mais ceux qui ont bâti ces premiers barrages, ces premières routes, qui ont fait la principauté d'aujourd'hui, les premiers à dos d’âne, en tout cas à sueur d’hommes. C'est à eux que nous devons tout cela.

Ceci donne des caractères qui sont faits pour le monde qui s'offre à nous. C'est-à-dire des caractères qui ne cèdent rien et qui, dans les temps difficiles, se révèlent. C'est ce que vous êtes. C'est la chance de cette principauté.

Alors, mesdames et messieurs, chers amis, permettez-moi de vous dire toute la joie ce soir de vous retrouver, d'être aux côtés du co-prince, du chef du gouvernement.

Permettez-moi de vous souhaiter une excellente soirée en vous remerciant d'être là, en fidélité à l'Andorre, en fidélité à la principauté, en reconnaissance de tout ce qui a été fait.

Et en sachant aussi que nous avons devant nous, j'en reparlerai demain plus avant, des défis qui nous attendent, mais que nous relèverons avec le même caractère, avec la même fidélité à cette histoire. Et pour ma part, avec la même confiance en vous.

Vive Andorre.

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