Le Président de la République s'est rendu à Montluçon et Échassières dans l'Allier le mercredi 22 avril 2026.
Ce déplacement vise à mettre en lumière le « projet Notre-Dame » dans le cadre du dispositif d'accélération des projets industriels stratégiques et des initiatives agricoles.
Ces projets bénéficient d'un accompagnement administratif renforcé, porté par les préfets en lien avec l'ensemble des collectivités.
Cette initiative, annoncée par le Président de la République en novembre 2025 à l'occasion de la première édition de « Choose France – Édition France » et formellement lancée en janvier 2026, comporte aujourd'hui 150 projets répartis dans 63 départements, pour 71 milliards d’euros d'investissement cumulé et plus de 32 000 emplois. La moitié sont portés par des PME et ETI, contribuant à la souveraineté industrielle et alimentaire de la nation.
Après avoir présidé le Conseil des ministres depuis Montluçon, le chef de l'État a inauguré l'un des 150 « grands projets stratégiques » (GPS) retenus dans le cadre du dispositif d'accélération : la mine de lithium d'Imerys à Échassières.
À partir de 2030, ce projet permettra l'équipement de 700 000 batteries de véhicules électriques par an et générera près de 3 200 emplois directs et indirects, en cohérence avec l'impératif de décarbonation.
À l'issue d'une présentation du projet EMILI par le directeur d'Imerys sur le site de la carrière de lithium, le Président Emmanuel Macron s'est adressé aux ouvriers.
Revoir la prise de parole :
22 avril 2026 - Seul le prononcé fait foi
Prise de parole du Président de la République depuis l’usine Imerys Céramics France dans l'Allier.
Emmanuel MACRON
Merci beaucoup pour vos mots et pour votre accueil.
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames, Messieurs les ministres,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Monsieur le Préfet,
Mesdames, Messieurs les Préfètes et Préfets,
Monsieur le Président du Conseil départemental,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Directeur général d’Imerys et je salue l'ensemble des chefs de service de l'État et d'opérateurs ici présents avec nous tous et toutes.
Vous venez de rappeler l'importance de ce projet. Au fond, j'ai souhaité vous dire quelques mots ici, pour évidemment parler de ce projet, mais de la cohérence de ce qui est fait par le Gouvernement, et de ce que nous souhaitons faire avec l'ensemble des élus locaux qui sont ici présents. Ici, à Échassières, c'est, Monsieur le maire, vous le savez bien, un projet important. D'abord, c'est une histoire industrielle devant laquelle nous sommes, mais c'est aussi un projet important pour l'avenir. Monsieur le directeur général vient d'en rappeler les termes : 34 000 tonnes d'hydroxyde de lithium qui seront produites par an à partir de 2030. En effet, on a pour objectif, environ, de produire 1,5 million de véhicules électriques, enfin, de batteries électriques, par an. Ça veut dire que la moitié de ce qu'on doit produire pour ces batteries, on le sécurise avec ce site.
Pour moi, c'est la cohérence d'une stratégie que nous avons depuis des années, qui est de réconcilier les trois points fondamentaux : compétitivité et création d'emplois, souveraineté et décarbonation. Et quiconque manque un de ces points nous met dans une impasse industrielle. Quand les gens nous proposent d'aller faire de la décarbonation en perdant de la souveraineté, c'est une mauvaise solution. Quand les gens nous proposeraient de la compétitivité qui renonce au climat, on sait que ce n'est pas durable. Donc il faut tenir les trois. C'est exactement ce qu'on fait, par exemple, sur la mobilité électrique depuis des années. Il y a 10 ans, c'est simple, je réunissais les constructeurs automobiles.
Je leur disais : « On va aller plus vers l'électrique. » Ils me disaient : « Malheureux, n'y allez pas, on ne produit pas une batterie électrique en Europe. Tout est en Corée et en Chine. » On produit aujourd'hui en France des batteries électriques. On a nos 4 gigafactories. C'est le fruit du travail des dernières années. On avait une dépendance sur l'amont avec ce site. La concentration et le travail de raffinage qui sera fait par la technologie que vous stabilisez, on va sécuriser l'amont. C'est exactement le sens de l'histoire industrielle que nous devons faire. Ici, vous aurez le quatrième gisement au monde de lithium. Donc on ne parle pas de quelque chose d'anecdotique. Alors tout ça, c'est le fruit d'un combat industriel, d'un travail commun qu'il faut absolument consolider. Je le dis parce que ça ne tombe pas du ciel ni ne sort de terre tout seul. La France, et vous le savez, dans ces territoires, on était à Montluçon il y a quelques instants, qui a souffert de la désindustrialisation, comme tant de villes dans notre pays ces dernières années.
Notre pays a parfois plus désindustrialisé que les autres voisins, en particulier à la fin du 20ème, au début du 21ème siècle, et on sortait de 12 années de destruction de sites et d'emplois industriels. Ces 10 dernières années, on commence la réindustrialisation. C’est le fruit du travail collectif. Sur les 2 millions d'emplois au total, on a 130 000 emplois nets créés dans l'industrie et 300 sites industriels nets. Ça veut dire que si je compte les fermetures et les ouvertures, on en a fait plus 300 nettes de sites industriels. On a donc stoppé les 12 années de désindustrialisation, et c'est en train de repartir. C'est le fruit de quoi ? D'une politique macroéconomique cohérente. On ne peut pas vouloir refaire de l'industrie et vouloir taxer les gens qui investissent. Ça, ça ne marche pas. Même si on veut se faire plaisir au café ou avec les copains, ça ne marche pas.
Il faut tenir une politique qui attire le capital en France. Il faut garder une politique qui ne surtaxe pas les entreprises qui produisent en France. Et il faut donc avoir une bonne politique sur le capital productif industriel. Une politique qui, avec les ordonnances travail et les réformes successives, et je fais confiance au Gouvernement pour finaliser l'adoption de ce qui a été fait par nos partenaires sociaux sur l'assurance-chômage, mais qui continue de simplifier la vie du travail et de consolider tout cela. Et puis une politique d'accompagnement de nos industriels. Ce qu'on a fait pendant le Covid, ce qu'on a fait avec France Relance, ce qu'on a fait avec France 2030. La cohérence de cette décennie, elle nous met dans cette situation de meilleure santé industrielle. Elle repose sur une stratégie de consolidation de nos filières. Ce qui fait qu'à Toulouse, on a consolidé notre aéronautique. À Dunkerque, on a inventé, justement, de Dunkerque à Douai, cette vallée des batteries.
Que quand on parle de Belfort, on peut reparler aujourd'hui avec fierté d'hydrogène, parce qu'on va le consolider, mais aussi de nos turbines et de ce secteur. À Lacq, on va consolider toute une filière sur les terres rares. On est en train de bâtir aussi les fondamentaux de cette industrie du 21ème siècle et de ce qui marche avec. Il faut consolider tout cela et garder ce triptyque : climat, souveraineté, compétitivité. Il est absolument indispensable parce que rien n'est acquis et on le voit très bien. Rien n'est acquis parce qu'on a une transformation du monde qui est le nouveau défi. Je l'ai dit, on a été testé. C'est là qu'on a redéveloppé des instruments de souveraineté avec le Covid. On a ensuite eu la guerre en Ukraine et l'inflation.
Là, aujourd'hui, on a une concurrence chinoise qui est terrible, terrible. Vous l'avez vécu dans l'acier, dans le département, mais on a des prix qui s'effondrent. Quand on parle de lithium, on a une concurrence chinoise qui est terrible. Ils tirent les prix vers le bas pour avoir le monopole. Il y a un dumping avec des surcapacités. Il y a de l'autre côté les Américains qui répondent avec des tarifs qui nous touchent aussi. Nous devons absolument avoir une stratégie française et européenne face à cela. Et c'est aussi pour ça que c'est très important de la voir sur ce qui sécurise notre industrie, qui sont ces terres rares, ces minerais critiques. Prenez juste un chiffre : 86 % de la production mondiale de métaux critiques, ce sont 3 pays. La Chine, c'est 60 % de l'extraction de terres rares et 90 % des actions pour les raffiner. Ça veut dire que si on ne fait pas des chantiers comme celui qu'on s'apprête à faire sur le lithium aujourd'hui, on est totalement à la main des Chinois et de quelques autres sur les 10, 15, 20, 30 ans à venir pour notre industrie.
Ce qui n'est absolument pas soutenable et serait irresponsable. Face à ça, la stratégie maintenant de demain, je disais, il faut consolider ce qu'on a fait côté français. Il ne faut pas les imiter. Il y a des débats, si j'ai bien compris, qui s'ouvriront pour les politiques macroéconomiques à venir. Pour les mois à venir, on doit consolider ça. Maintenant, nous, on doit agir sur, je dirais, deux fondamentaux pour la France qui sont absolument fondamentaux, l'énergie et les matériaux critiques. Ça, c'est dans les prochains mois un élément clé. L'énergie, on a la stratégie annoncée à Belfort en 2022 : économiser au maximum de l'énergie et donc tout ce qu'on peut faire en effacement, en réduction de nos surconsommations industrielles et des ménages, développer le renouvelable, mais surtout consolider le pilier français qui est le nucléaire. On a aujourd'hui le grand chantier du siècle qui est le nucléaire.
Il est fondamental parce qu'il va nous permettre de rester compétitifs en matière d'énergie, de rester décarbonés et de rester souverains, toujours mes trois points. Donc ça, c'est ce qu'on est en train de consolider de l'amont à l’aval. Et c'est absolument décisif parce qu'au moment où l'énergie est rare, et vous voyez toute la difficulté du moment, nous, nous exportons 90 TWh d'électricité. C’est la force du nucléaire historique, du grand carénage qu'on a su faire et accompagner dans nos territoires et de ce qu'on est en train de relancer. La période que nous vivons montre simplement une chose : on doit accélérer avec constance sur cette stratégie. C'est ce que le Premier ministre a confirmé hier et annoncé quelques jours. Et on doit réussir ce pari d'avoir une politique d'aide à des filières, ce qu'on fait, mais en même temps une politique qui regarde l'avenir et qui accélère notre électrification.
Parce que dans le moment où nous sommes en train de voir les conséquences de la dépendance des hydrocarbures fossiles liées à nos mobilités ou autres, on ne doit pas simplement aider ou, si je puis dire, financer les surcoûts qui viennent du bout du monde et qui sont le fruit des déstabilisations géopolitiques ou de nos dépendances. Il faut qu'on accélère notre politique, là aussi, d'indépendance. Le plan d'électrification qui va permettre d'ici 2030 de doubler les montants qui sont investis et des véhicules électriques, aux pompes à chaleur, à tout ce qui permet d'accélérer dans les collectivités locales, dans les filières industrielles pour nos compatriotes, est absolument clé. Et c'est le lien pour cette stratégie. On aura besoin de cette mine, on aura besoin de ce qui est fait ici. Parce que ce n'est pas la peine d'accélérer une stratégie d'électrification si on n'est pas fichu de construire ces batteries électriques et de sécuriser à l'amont ce que nous ferons.
Ça, c'est pour l'énergie. On a les fondamentaux, on est bon, il faut simplement accélérer et consolider. On a ensuite les matériaux critiques. Et là aussi, on a plus de force qu'on ne le croit. Je le dis ici dans ce territoire qui a une histoire minière sur ce site qui, depuis plus d'un siècle, extrait le kaolin et qui demain extraira kaolin et lithium. Mais nous sommes une grande terre, et on l'avait oublié, d'extraction, de transformation et aux meilleurs critères, là aussi, internationaux. On a le BRGM qui est quand même l'excellence mondiale en termes de recherche d'études. On a fait d'ailleurs notre cartographie il y a trois ans maintenant et on exporte ce modèle en proposant justement cette indépendance partout dans le monde. Toutes nos stratégies, ça va être d'exploiter au maximum, de transformer au maximum sur le terrain, c'est le projet EMILI.
Extraire ici le lithium, pouvoir en faire les travaux de concentration à quelques kilomètres d'ici, sécuriser d’ailleurs, ça sera l’engagement de l’État, la partie ferroviaire et ensuite pouvoir le vendre à des producteurs de batteries sur le sol français. A côté de ça, nous avons une stratégie de diversification. On réduit nos dépendances à quelques pays, donc on diversifie nos approvisionnements, et on a une stratégie de réindustrialisation et de recyclage sur ces matériaux critiques et ces minerais. Pourquoi ? Parce que si on veut réduire là aussi nos dépendances, on doit trouver le moyen, nous, de créer de la valeur dans le cycle. Je vous parlais par exemple de Carester à Lacq. On est en train de créer un champion mondial de séparation des terres rares pour les utiliser sur le plan industriel. On doit au maximum recycler. C'est ce qu'on fait, par exemple, avec Orano qui va travailler l'aval du futur, qui va permettre de réduire nos dépendances en matière d'uranium.
C’est ce qu'on fait avec beaucoup d'acteurs de l'économie circulaire française qui, ce faisant, nous permettent de réutiliser ces matériaux critiques, ces minerais critiques, ces terres rares. Ça, c'est la stratégie qui est essentielle et il faut la consolider dans les années à venir pour notre industrie. A côté de ces deux piliers, énergie et donc matériaux critiques, on a un triptyque français et européen : investir, protéger et accélérer. Et c'est pour ça, sur ce deuxième pilier, qu'on est en particulier là aujourd'hui. Investir, c'est clé. C'est ce qu'on fait avec France 2030, qu'on est en train de consolider au niveau européen. On va convaincre nos partenaires qu'on a besoin d'investir massivement dans ces technologies pour réindustrialiser, parce que la bataille est mondiale et que nos compétiteurs investissent beaucoup et plus que les Européens aujourd'hui.
Les Chinois, les Américains, quand on regarde ce qu'ils font sur les industries de défense, sur le quantique, sur l'intelligence artificielle, sur les technologies de transition, dont celle-ci, ils investissent des montants considérables. Les Européens, au niveau agrégé, ne le font pas assez. C’est la bataille qu'on va mener au niveau européen. Et on a besoin de consolider aussi de l'investissement privé. Alors, on a créé des instruments, des fonds, le Crédit d'impôt industrie verte. On a bâti, là aussi, des possibilités de faire. Mais de la même manière qu'on a su, pour l'argent public, avoir France 2030, on doit vraiment remobiliser l'épargne privée européenne sur l'industrie. C'est toute la bataille qu'on a pour l'union des marchés de capitaux, c'est-à-dire une union d'investissement. Ça, c'est la clé pour investir. Ça va être notre bataille des prochains mois. Ensuite, c'est de protéger.
Ce mot n'est pas un gros mot. Et je me bats de tous les coins pour qu'on le pousse et qu'on convainque nos partenaires. Je vous parlais de la bataille que nous livrent les Chinois. Vous l'avez vécue avec Erasteel sur le territoire. Parce que là, on célèbre les succès. On a des moments difficiles aussi. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui est en train de se passer ? On a des tas de secteurs où la Chine fait du dumping et nous casse la matière. Nous, on résiste un peu mieux, parfois parce qu'on avait plus désindustrialisé que les voisins, parce qu'on s'est mis sur des meilleurs segments, parce qu'on a protégé très vite. ArcelorMittal, ils sont encore là, ils nous font des investissements parce qu'on a tout de suite protégé. On a pris ce qu'on appelle des clauses de sauvegarde pour freiner. Mais l'Europe, c'est la conversion qu'on est en train de faire, doit davantage protéger.
Protéger en mettant de la préférence européenne, en imposant dans les filières des composants européens et en sachant prendre, quand on a de la concurrence déloyale, des mesures de protection. Les Nord-Américains le font, les Chinois le font, on était les derniers à ne pas le faire. Ça, c'est la bataille qu'on mène, celle que vous m'entendez conduire et les ministres avec moi ces dernières années tout particulièrement, pour cette souveraineté européenne, elle est clé. Et je le dis à un moment où nos voisins allemands et quelques autres sont en train de subir la pire vague de désindustrialisation connue dans les dernières décennies. L'année dernière, c'est plus de 250 000 emplois industriels détruits en Allemagne. À comparer avec les nôtres, ils partaient de beaucoup plus haut. Pourquoi ? Parce que dans la machine-outil ou dans l'automobile, ils sont percutés par cette concurrence, il faut bien le dire, déloyale, qui vient de Chine.
Se battre pour la préférence européenne est clé si on veut le succès de cette stratégie que je vous présente. Je vais dire quelque chose de simple, c'est clé pour le site qu'on fait là. Parce que si on veut que le lithium qu'on extrait ici aille dans nos batteries qu'on fait en France, il faut qu'on crée des incitations pour que les producteurs de voitures européens achètent des batteries françaises et européennes. Parce que s'ils font comme ils font depuis 20 ans, ils iront acheter la moins chère sur le marché. Et si les Chinois font du dumping pendant 6 mois, 1 an, ils créeront mécaniquement, par des subventions d'État, la batterie la moins chère du monde. C'est pour ça qu'on a besoin de sécuriser cette préférence européenne. C'est une question de cohérence industrielle. Le dernier point de cette stratégie, c'est accélérer. En même temps qu'on investit, qu'on a des compétences, qu'on est en train de faire ça, il faut absolument qu'on puisse accélérer sur nos projets.
Accélérons en Europe, c'est ce qu'on fait avec ces Omnibus Act, c'est ces lois un peu diverses dispositions, on dirait chez nous, qui permettent justement de réduire les délais européens, qui freinent, qui simplifient. C’est un combat qu'on mène, en particulier avec l'Allemagne, depuis un an maintenant, avec des premiers résultats. Mais c'est ce qu'on fait au niveau français. On n'a pas commencé hier, je vous rassure. Il y a eu plusieurs lois de simplification, mais ces trois dernières années, on a accéléré ce travail. Il y a trois ans, quand je recevais beaucoup des porteurs de projets de la réindustrialisation, certains d'ailleurs qui sont là, on avait pour le départ d'un grand projet 17-18 mois.
Grâce à la loi Industrie verte, la loi ASAP, qui ont été promulguées, commencées à être appliquées, appliquées par nos préfets qui sont là, les services de l'État, on est passé à 8-9 mois pour nos grands projets. On a déjà diminué par deux les délais. Ça veut dire que ça marche et c'est possible, avec un effort très important, en regardant avec les filières industrielles ce qu'il fallait simplifier, et en mobilisant tous les services de l'État, avec un chef sur le terrain, et on avance. Ce que le Gouvernement lance aujourd'hui, par les réunions de ce matin, par tout le travail de mobilisation, ce sont nos 150 grands projets stratégiques. 150 projets industriels partout sur le territoire, et je remercie les ministres qui, avec les filières, les industriels, les ont présentés ce matin, et ont préparé tout ça. Je remercie nos préfets qui sont là, qui vont avoir à les accompagner en plus de tout le reste.
Au fond, je le disais aux maires il y a quelques jours, c’est la méthode Notre-Dame de Paris, ce n’est pas compliqué. C'est-à-dire un projet identifié, une chaîne de commandement claire, des gens à qui on rend compte, et des délais records qu'on doit tenir. Sur ces 150 grands projets, on parle de quelque chose qui est important pour la vie du pays. C'est plus de 70 milliards d'euros d'investissement, c'est 30 000 emplois, c'est 63 départements concernés, c'est en quelque sorte les cathédrales industrielles de l'indépendance française. Ces 150 grands projets stratégiques vont être suivis, et pour ça, on prend, comme on a fait pour les JO, comme pour Notre-Dame, les textes. On s'appuie sur les textes que j'évoquais, sur le texte de simplification qui a été voté la semaine dernière, et puis le Gouvernement prend des mesures très concrètes. Un décret contentieux projet stratégique qui sort aujourd'hui.
Ce projet va permettre, tous les maires ici présents, les préfets, les porteurs de projets le savent, ce que nous disent souvent les investisseurs, ce que nous disent les industriels, c'est très bien, même si vous accélérez les projets, le contentieux, c'est trop long. On prend des années parfois de recours et ça nous freine. Là, c'est l'unification du contentieux, c'est quelque chose qu'on a déjà testé, ça marche, un seul niveau, la Cour administrative d'appel. Le gain, c'est un an, un an de gain sur les délais de recours. C'est acté, ça sort aujourd'hui. Deuxième élément, le foncier économique. C'est très important. Les élus le savent aussi, nos préfets ont fait ce travail. On avait lancé, à quelques années, rappelez-vous, le fonds Friche qui avait permis d'accélérer dans beaucoup de territoires les choses avec nos friches. On l'avait relancé avec France Relance. On a un foncier économique qui est disponible.
Ce qu'il nous faut réussir à bâtir, c'est des dispositifs clés en main pour les extensions, pour des grands groupes qui viennent s'installer, pour des ETI, des PME. On a 44 sites classés déjà disponibles, 22 000 hectares entre maintenant et 2030, et avec France Foncier, on relance une grande stratégie pour justement non seulement identifier avec les élus, mais préparer ces terrains. Parce que quand on a un foncier industriel, il y a des tas de choses, ou d'ailleurs quelle que soit la nature du terrain avant, je dis industriel, à vocation industrielle, mais quand on a une friche, quel que soit l'usage précédent, si on veut qu'il y ait un projet industriel qui arrive, on doit préparer tout l'administratif, on doit regarder les raccordements. Toutes ces choses-là peuvent se faire en temps masqué. C’est exactement ça qu'on va préparer. On l'a déjà fait sur beaucoup de sites.
On va l'accélérer. Le ministre de l'Industrie, Monsieur Martin, va justement préparer ces zones d'accélération industrielles pour justement utiliser les textes européens en particulier, justement, notre accélérateur industriel qui est à l'échelle européenne, et permettre d'avoir, si je puis dire, ce sucre rapide pour avoir ces zones d'accélération avec les élus partout où on les a identifiés. Troisième élément, c'est la loi de simplification de la vie économique, adoptée justement la semaine dernière, qui va permettre de réduire massivement les délais, en particulier pour les data centers, pour ne citer qu'un exemple. Si on veut être compétitif, attirer les data centers du monde entier. On a commencé l'année dernière, on commence à rattraper notre retard. La clé, ce sont les délais. Cette loi, elle nous remet dans la compétition. Sans ça, on était encore un peu trop lent. Le quatrième point, c'est aussi de simplifier les évaluations environnementales. Non pas pour réduire l'exigence environnementale, mais simplement pour acter le fait qu'on a beaucoup de procédures et qu'on a des procédures qui sont faites par les services de l'État.
On a des procédures qui sont faites par des autorités environnementales indépendantes, qui sont souvent redondantes et qui sont souvent séquentielles. Le ministre Lefèvre va avoir à piloter ce travail, justement, avec une mission qui part dès aujourd'hui, et avec des textes très concrets, sous l'autorité, là aussi, du Premier ministre, pour finaliser, justement, une accélération de toutes ces procédures. On ne réduit pas l'ambition environnementale ou de biodiversité, simplement, on remet du bon sens, on parallélise tout ça, et on réduit massivement les délais. Ces 150 cathédrales industrielles, ces 150 grands projets industriels, c'est vraiment ce qu'on sort aujourd'hui avec des éléments nouveaux, avec des annonces, une mobilisation du Gouvernement et une mobilisation, et je vous en remercie, de nos préfets qui sont là et tous leurs collègues, de l'ensemble des services de l'État que je veux remercier, de nos opérateurs, parce que tout ça, ça mobilise le BRGM, je l'ai dit, RTE et toutes celles et ceux qui sont là, et de nos élus.
Parce que ça se fait par ce tandem fondamental, justement, préfet-maire, on dit souvent, mais qui est la recette de ce succès et de ce qui permet d'avancer. Dans les mois qui viennent, on doit redoubler d'énergie et accélérer encore massivement sur ce chantier. Je voudrais avoir un dernier mot pour dire que le combat jumeau qu'on mène sur l'industrie, on le mène sur l'agriculture. Quand on parle de souveraineté industrielle, il ne faut jamais perdre de vue qu'on a la souveraineté agricole, la ministre est là à nos côtés, qui sait ô combien, et on porte cette ambition. Alors, on porte cette ambition, et de ces derniers mois, le Gouvernement a accéléré les choses en la matière, avec les conférences de souveraineté alimentaire, qui permet justement, filière par filière, d'identifier toutes les simplifications, les accélérations de projets, les changements qu'il faut porter, avec aussi une approche très concrète, ce qui a été fait sur les projets hydrauliques, 400 projets identifiés sur lesquels l'accélération est déjà en cours, ils sont en train de sortir, et là aussi avec une mobilisation de nos préfets, et puis des projets d'élevage qui, d'ores et déjà, par les textes législatifs ou réglementaires des derniers mois, ont été accélérés et qu'on commence à sortir beaucoup plus vite.
Cette mobilisation a commencé, et on va la poursuivre avec, de la même manière, plusieurs centaines de projets agricoles identifiés partout sur le territoire qui vont être accélérés, qui vont s'appuyer sur les premières simplifications qu'on a prises. Le Fonds Hydraulique a été largement augmenté, triplé, et qui va permettre d'accompagner, justement, les 400 projets identifiés. Et puis, la loi d'urgence agricole, qui va permettre, là aussi, de sortir beaucoup plus vite des projets. On a 400 projets hydrauliques, je le disais, mais 1/4 d'entre eux, tout spécifiquement, va être massivement accéléré par cette loi, les plus importants. Pour nos éleveurs, avec cette loi, on va pouvoir passer d'une logique pour un quart des projets en flux et à 40 % en stock, on passera d'une logique d'autorisation à une simple logique d'enregistrement, donc on va beaucoup plus vite sur le terrain. Pour nos éleveurs de volailles, on aura des changements de seuil.
C’est des choses très concrètes qui, pour les éleveurs, en particulier, sur toutes les installations classées, qui peuvent parfois prendre des années, on va simplifier, changer les seuils, accélérer, là aussi, avec, justement, des projets territoriaux qui seront accompagnés. Là aussi, sur le plan agricole, on a pris des textes, on a identifié des projets, on les accompagne, on a déjà gagné en délai, et on va continuer, avec la loi d'urgence agricole et la mobilisation des projets identifiés sur le terrain, avec nos préfets, avec les services de l'État, d'accélérer la mise en œuvre de ces projets. Parce que rien ne justifie que nous soyons une nation qui sait faire en 5 ans la reconstruction de Notre-Dame, et je le disais l'autre jour, qui parfois met plus de 5 ans à faire un projet industriel ou à faire un poulet. Il n'y a rien qui justifie ça, si ce n'est au fond une forme d'aquoibonisme, c'est-à-dire que tout le monde s'est habitué et on a laissé les choses s'entasser.
On doit accélérer pour réussir cette bataille industrielle. Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous dire aujourd'hui en étant devant vous. On doit consolider ce qu'on a fait ces dernières années, parce qu'on est bien meilleurs que d'aucuns ne veulent nous le dire ou que nous regardons nous-mêmes. On venait d'une situation difficile, mais on est en train de réindustrialiser, on se tient mieux en dynamique que nos voisins, on doit consolider cette politique macroéconomique. On doit se battre sur l'énergie et les minerais critiques, et on doit investir, protéger et accélérer. Le jour d'aujourd'hui, c'est un jour pour l'accélération de nos projets avec ces 150 grands projets industriels. On va continuer. Le 30-31 mai prochain, nous aurons les journées de Choose France qui, dans tous les sites qui ont fait l'objet de ces investissements, on aura des ouvertures au grand public pour qu'aussi sur nos territoires, nos compatriotes voient l'importance de l'industrie et de la force de ces projets qu'on accompagne.
Le 1er juin, on aura Choose France pour attirer encore des investisseurs étrangers dans des projets comme celui-ci. Je le rappelle, la France, pays le plus attractif d'Europe depuis 6 ans sur le plan industriel. Et nous aurons en novembre 2026 l'édition France de Choose France, comme on l'a tenu il y a quelques mois, pour faire le suivi de tous ces projets. On aura donc une revue de tous les 150 projets annoncés aujourd'hui. Et tous les deux mois, sous l'autorité du ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, il y aura une revue de ces projets, de ces 150 projets, pour voir si ça avance au bon rythme. Revue de chantier, il n’y a que comme ça, que ça marche. Voilà, Mesdames et Messieurs, merci pour la mobilisation d'aujourd'hui, merci pour votre combat de chaque jour, en tant qu'élus, en tant que serviteurs de l'État, en tant qu'entrepreneurs industriels, collaborateurs et collaboratrices. Je veux ici vous dire notre confiance, et vous l'avez compris, notre détermination. On doit continuer de l'avant. La France est une magnifique nation et c'est une grande nation de recherche, de technologie, d'industrie, d'agriculture. C'est à nous de nous battre pour que les projets sortent et continuent d'avancer et qu'on continue d'embaucher et on y arrivera. Vive la République et vive la France !
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