Communiqué - Sommet franco-britannique 2018

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Rubrique : International, développement et francophonie

1. Ce 35e Sommet franco-britannique met en évidence la relation unique et étroite entre

nos pays, deux des plus anciennes et des plus grandes démocraties au monde.

Aujourd’hui, nous proclamons une vision commune de notre relation pour les décennies

à venir, une relation résolue à renforcer notre bien-être commun et la prospérité de nos

sociétés.

2. Nous nous réunissons au cours de cette année qui marque le centenaire de la fin de la

Première Guerre mondiale, au cours de laquelle nos troupes ont combattu côte à côte

pour défendre notre croyance commune en la liberté et pour résister contre les

agressions.

3. En tant que nations internationales, ouvertes sur l’extérieur, nous demeurons

déterminées à protéger nos populations et à défendre nos valeurs de démocraties

libérales face à toutes les menaces, sur notre sol comme à l’étranger. Pays européens

membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi que membres du

G7, du G20 et de l’OTAN, nous agissons en étroite collaboration pour défendre le

système international fondé sur des règles.

4. Le Traité de Lancaster House est le socle de notre relation. Nous avons amélioré depuis

2010 nos capacités collectives et constaté des niveaux inédits d’intégration de nos

forces armées, de nos services de renseignement et de nos organes diplomatiques et de

développement.

5. Dans un monde de plus en plus instable et incertain, ce partenariat solide et durable

entre deux grandes nations est plus important que jamais. Nos services de

renseignement agissent ensemble pour sauver des vies des deux côtés de la Manche et

partout dans le monde. Nos forces armées, quant à elles, jouent un rôle moteur au sein

de l’OTAN, offrant des garanties de sécurité à nos alliés d’Europe de l’Est.

6. Nos institutions coopèrent étroitement à tous les niveaux pour réduire la pression

migratoire et cibler les groupes criminels impliqués dans la traite des êtres humains, au

nord de la France comme dans des zones plus lointaines. Nous luttons aussi contre le

terrorisme et l’instabilité à l'étranger, en combattant Daech en Irak et en Syrie, en

œuvrant ensemble dans le Sahel et en utilisant nos budgets d’aide au développement

pour soutenir nos objectifs stratégiques. Nous allons désormais renforcer cette

coopération sans précédent, en nous appuyant sur nos capacités communes et en les

développant, conscients que nous sommes plus efficaces quand nous agissons

ensemble.

7. Ce Sommet a lieu alors que le Royaume-Uni se prépare à quitter l’Union européenne,

mais le Royaume-Uni ne quitte pas l’Europe. Une relation forte et profonde entre le

Royaume-Uni et la France est dans l’intérêt de nos deux pays.

8. Nos relations ne se sont jamais arrêtées à la défense et la sécurité, bien au contraire.

Nos échanges commerciaux représentent 71 milliards de livres sterling, ce qui fait de

la France le troisième partenaire commercial du Royaume-Uni et du Royaume-Uni le

cinquième partenaire commercial de la France, mais notre amitié va bien au-delà d’une

simple balance commerciale. Plus de 150 000 ressortissants britanniques vivent en

France et un nombre semblable de ressortissants français ont décidé de faire leur vie au

Royaume-Uni. C’est pourquoi aujourd’hui, pour la première fois, nous avons élargi le

Sommet à tout le spectre des relations bilatérales franco-britanniques, notamment la

prospérité, l’innovation, la science et l’éducation.

9. Nous sommes pour toujours des voisins, unis par un lien d’amitié, ardents défenseurs

de notre croyance commune dans la liberté et la justice, dans nos sociétés et partout

dans le monde. Les trois piliers de ce Sommet forment un seul et même engagement.

Nous renforcerons notre sécurité commune en trouvant des solutions en commun pour

bâtir un avenir partagé plus radieux pour tous nos concitoyens.

10. La Première ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et le

Président de la République française sont convenus de la déclaration suivante, renforcée

par les actions énoncées dans les annexes jointes.

Sécurité commune : notre coopération en matière de politique de défense, de sécurité,

étrangère, de développement et migratoire dans toute son ampleur

11. Nous faisons face à une série de menaces pour notre sécurité dont l’échelle, la

complexité et la fréquence augmentent, et notamment l’attitude affirmée sur le plan

militaire d’un nombre croissant de puissances établies et émergentes, qui remettent en

question et compromettent les cadres internationaux. Par ailleurs, des groupes étatiques

et non-étatiques reçoivent de plus en plus d’armes sophistiquées en grande quantité.

12. Depuis le dernier Sommet, nos deux pays ont connu des actes de terrorisme sur leur

propre territoire. Nous sommes toujours menacés directement par le terrorisme

islamiste qui, malgré ses revers en Syrie et en Irak, continue d’évoluer et de s’étendre

à de nouvelles régions, nourri par la guerre civile, le chaos et la fragilité des États. Nous

devons travailler ensemble pour protéger nos populations et pour combattre le

terrorisme depuis les champs de bataille en Syrie et en Irak, où nos forces armées luttent

courageusement côte à côte pour chasser Daech. Nous réaffirmons notre engagement,

exprimé dans le Plan d’action franco-britannique de juin 2017, de ne pas laisser

l’internet servir d’espace sécurisé pour les terroristes et les criminels et d’empêcher la

radicalisation en ligne. Nous sommes également déterminés à lutter contre les formes

classiques et émergentes de financement du terrorisme, en particulier dans le cadre de

la conférence de mobilisation internationale qui sera organisée par la France à Paris

en avril 2018, ainsi que dans les autres enceintes internationales.

Sécurité et défense

13. Les Traités de Lancaster House de 2010 ont permis d’intensifier considérablement la

coopération en matière de défense, de sécurité nationale et de politique étrangère. Alors

que le dixième anniversaire de ces traités approche, nous demeurons déterminés à

approfondir nos capacités conjointes, notre coopération opérationnelle et la

coordination de nos politiques.

14. Le Royaume-Uni et la France sont les deux plus grandes puissances européennes en

matière de défense, dotées de forces de dissuasion nucléaire indépendantes et d’un

éventail complet de forces armées en mesure de se déployer et d’opérer, seules ou avec

leurs Alliés et partenaires, dans le monde entier sur terre, en mer, dans les airs et, de

plus en plus de nos jours, dans le cyberespace. Nous avons mis en place des niveaux

sans précédent d’intégration entre nos forces armées mais nous allons annoncer des

mesures qui amélioreront encore nos capacités communes en matière de défense, ainsi

que notre capacité à travailler ensemble dans le monde entier au service de nos intérêts

communs. Il n’existe pas de situation dans lesquelles les intérêts vitaux de l’un de nos

deux pays, le Royaume-Uni ou la France, puissent être menacés sans que les intérêts

vitaux de l’autre ne le soient également.

15. En ce qui concerne la Force expéditionnaire commune interarmées (CJEF), nous

sommes convenus de nous appuyer sur le succès de l’exercice Griffin Strike, réalisé

en 2016, lors duquel plus de 5 000 militaires britanniques et français ont participé pour

la première fois à des activités terrestres, maritimes et aériennes majeures. La CJEF est

déjà en mesure de réaliser des opérations d’imposition de la paix et lancera un

programme de travail qui aboutira à une force pleinement opérationnelle d’ici 2020,

pouvant compter plus de 10 000 personnes, , et capable de participer à des opérations

de gestion de crise en intervenant en premier sur des territoires potentiellement

hostiles..

16. Nous intensifierons également notre coopération maritime au service de la sécurité et

de la prospérité dans le monde. Cette dernière prendra la forme d’un soutien réciproque

aux futurs déploiements de nos porte-avions en 2019, d’un quartier-général commun

en 2019 pour la Task-Force 150 de la coalition dans la mer d’Arabie et autour de la

Corne de l’Afrique, ainsi que d’une collaboration pour le déploiement et l’exploitation

de bateaux et d’avions dans les régions de l’océan Indien, de l’Asie-Pacifique et des

Caraïbes en 2018.

17. Nous sommes convenus de travailler en plus étroite collaboration pour combattre le

terrorisme et l’instabilité au Sahel et renforcer notre coopération dans cette région. L’

un des aspect important du Traité de Lancaster House est que nos deux pays se sont

engagés à se soutenir, comme convenu au cas par cas, lorsque l’un d’entre eux est

engagé dans des opérations auxquelles l’autre ne prend pas part. Par conséquent, en

réponse aux demandes de la France d’un soutien supplémentaire pour l’opération

BARKHANE, le Royaume-Uni a décidé de déployer trois hélicoptères CH-47 Chinook

de transport lourd au Mali afin d’apporter un soutien logistique aux opérations

françaises. Il a également accepté de continuer de mettre à disposition un avion C-17

de transport lourd, qui a déjà fourni un soutien logistique important. Cela démontre

l’engagement du Royaume-Uni de soutenir ses alliés et partenaires européens dans le

but de préserver la sécurité de l’Europe.

18. Nous sommes convenus de maintenir un programme continu de coopération en matière

de capacités militaires dans notre intérêt mutuel. La gestion des échanges

d’informations nationales sensibles prend une dimension de plus en plus importante

dans notre coopération mutuelle. Nous nous engageons à résoudre tout problème qui

surviendrait. Nous réaffirmons que la coopération en lien avec notre initiative « One

Complex Weapon » a une importance stratégique pour nos deux pays et nous

confirmons notre volonté sans faille de développer notre coopération d’ambition

mondiale dans le domaine des missiles. À l’issue de la phase initiale du développement

du démonstrateur d’un Système de combat aérien futur (FCAS-DP), nous poursuivrons

le travail d’évaluation des conclusions qui émergent afin de prendre des décisions

concernant les phases futures du programme. Nous rechercherons également des

possibilités de coopération en matière de combat aérien et nous poursuivrons notre

analyse capacitaire sur l’environnement futur du combat aérien et des modalités selon

lesquelles des systèmes de drones et d’avions pourraient opérer ensemble. Notre projet

conjoint de contremesures pour la guerre des mines en mer met au point une technologie

autonome sans équivalent au niveau mondial dans le domaine maritime. Nous

prévoyons de développer des options pour permettre à ce système d’être rapidement

mis en service opérationnel. Nous continuerons d’approfondir la coopération nucléaire

entre nos deux pays afin de renforcer notre posture de dissuasion, tout en conservant

l’indépendance de nos forces nucléaires.

19. Dans ce contexte, nous avons estimé d’un commun accord que la défense britannique

jouait toujours un rôle majeur pour la stabilité de l’ordre multilatéral, notamment grâce

à sa contribution à la défense et à la sécurité de l’Europe, et que l’industrie de défense

britannique restait en mesure de participer aux programmes européens de recherche et

de renforcement des capacités en matière de défense, dans le cadre d’arrangements à

définir au niveau européen et dans d’autres formats pertinents.

20. Dans le cadre de l’OTAN, nous sommes convenus de contribuer davantage à la posture

de dissuasion et de défense, notamment par notre réponse mesurée et proportionnée à

la politique étrangère et à l’activité militaire plus affirmées de la Russie, ainsi que

d’aider les forces de sécurité et les institutions de sécurité et de défense irakiennes à

renforcer leurs capacités.

21. En 2017, les forces françaises et britanniques ont approfondi leur coopération

opérationnelle en Estonie dans le cadre de la présence avancée renforcée. La France

contribuera à la présence avancée renforcée en 2019, dans le cadre du groupement

tactique dirigé par le Royaume-Uni en Estonie, compte tenu du succès du déploiement

conjoint de 2017.

22. Nous soulignons la nécessité de continuer à favoriser l’émergence d’une culture

stratégique commune aux États d’Europe. Grâce à leur solide expérience commune en

matière expéditionnaire, la France et le Royaume-Uni reconnaissent que leurs relations

bilatérales en matière de défense sont susceptibles de contribuer au développement de

l’Initiative européenne d’intervention. Cela permettra de créer au sein d’un groupe

d’États européens les conditions d’engagements à venir dans divers scénarios

d’intervention militaire.

23. Le Royaume-Uni et la France développeront ces initiatives et surmonteront ces défis

en travaillant ensemble avec leurs alliés de l’OTAN et leurs partenaires européens,

notamment en poursuivant l’amélioration de l’efficacité et de l’efficience de l’OTAN

et de la défense européenne et en encourageant le développement de la relation OTANUnion

européenne.

Protéger notre sécurité intérieure

24. Les récents attentats terroristes dans toute l’Europe soulignent l’ampleur et la nature

transfrontalière du défi que représente la protection de nos citoyens. Le Royaume-Uni

et la France déclarent par la présente leur engagement continu à travailler ensemble, au

moyen de mécanismes bilatéraux comme multilatéraux, pour approfondir et améliorer

leur coopération en matière de police, de sécurité et de justice pénale, améliorer la

sécurité des citoyens en Europe et renforcer leurs capacités internes de sécurité, grâce

à de nouveaux accords évolutifs aux niveaux européen et bilatéral, qui permettraient de

lutter contre ces menaces communes complexes.

25. L’aptitude à transférer et à conserver des données, tant au sein de l’Union qu’avec des

pays tiers, joue un rôle essentiel dans nos efforts pour combattre la criminalité

transfrontalière et le terrorisme. Nous estimons tous deux que la conservation des

données de communication est un outil légitime et majeur pour la sécurité publique, et

qu’elle peut être réalisée de façon totalement compatible avec les droits fondamentaux

de nos concitoyens.

26. En amont du Sommet, les directeurs du Secret Intelligence Service, du Security Service

et du Government Communications Headquarters ont rencontré leurs homologues

français, les directeurs de la Direction générale de la Sécurité extérieure et de la

Direction générale de la Sécurité intérieure, afin de renforcer notre importante

coopération actuelle. Cette rencontre a été la toute première à réunir en même temps les

directeurs de ces cinq services de renseignement.

27. Poursuivant les objectifs du Plan d’action franco-britannique signé par la Première

ministre Theresa May et le Président Emmanuel Macron en juin 2017, nous nous

engageons à renforcer notre coopération pour faire en sorte que l’internet ne puisse pas

servir d’espace sécurisé pour les terroristes et les criminels. Un rapport d’étape conjoint

portant sur la mise en œuvre du Plan d’action de juin a été présenté lors du Sommet. En

nous appuyant sur une collaboration récente entre des équipes britanniques et

françaises, nous appelons le secteur privé et le Forum mondial de l’internet contre le

terrorisme (Global Internet Forum to Counter Terrorism) à assurer l’automatisation de

la détection et de la suppression des contenus illégaux entre une et deux heures après

leur publication, à empêcher la diffusion de ces contenus et à soutenir davantage les

plus petites entreprises. Dans la perspective du Sommet des chefs d’État et de

gouvernement du G7 en 2018, le Royaume-Uni et la France chercheront à améliorer la

transparence de la part de ces derniers afin de faciliter le suivi des avancées vers ces

objectifs. Nous renforcerons également notre coopération dans le domaine des

communications stratégiques. Nous étudierons des mesures législatives si nécessaire.

28. En outre, nous sommes convenus de présenter un nouvel accord maritime bilatéral de

lutte contre le terrorisme, afin de permettre à nos services de police et de justice de

mieux assurer la sécurité des plus de 15 millions de passagers qui traversent la Manche

chaque année, ainsi que de sécuriser les ports transmanches, qui génèrent des bénéfices

économiques mutuels conséquents.

29. Étant donné la nature transfrontalière des menaces communes liées au grand banditisme

et à la criminalité organisée, nous nous sommes également engagés à renforcer notre

étroite collaboration, en portant une attention particulière à la lutte contre les menaces

communes émanant des Balkans occidentaux et au soutien à la sécurité dans cette

région, notamment en collaborant en amont des prochains sommets des Balkans

occidentaux à Sofia et à Londres, qui constituent des étapes importantes pour accroître

la stabilité et le développement économique de la région, et en améliorant les échanges

de renseignement sur les armes à feu illégales.

Sécurité informatique et numérique

30. Le Royaume-Uni et la France coopéreront pour empêcher et limiter les cyberattaques

malveillantes de malfaiteurs, d’acteurs étatiques et de leurs intermédiaires, notamment

celles visant à s’immiscer dans les processus démocratiques internes des États, et

coopéreront pour augmenter le coût de ces cyberattaques pour ceux qui les commettent.

31. En particulier, nous œuvrerons ensemble pour renforcer la protection et la résilience de

nos ressources, systèmes et réseaux essentiels, dans le cadre notamment d’un nouveau

dialogue stratégique annuel sur les cybermenaces, qui réunira les gouvernements et

leurs services, et en échangeant les bonnes pratiques avec les détenteurs des

infrastructures essentielles. Nous sommes convenus de coopérer pour améliorer la

résilience au sein de l’OTAN et pour développer le rôle de l’OTAN dans le

renforcement des capacités de cyberdéfense. Nous renforcerons également la

coopération actuelle sur le rôle des technologies numériques et l’utilisation des données

à des fins de sécurité et d’application de la loi.

Politique étrangère et développement

32. Le Royaume-Uni et la France sont déterminés à relever les défis de politique étrangère

et de développement international les plus urgents de notre époque. Nous avons adopté

une approche stratégique commune élargie, un Pacte de politique étrangère et de

développement, qui reflète nos valeurs et nos objectifs communs. Ce Pacte met en

évidence notre attachement commun à un multilatéralisme réel et au système

international fondé sur des règles, et définit des projets conjoints visant à optimiser

l’efficacité de nos capacités et de nos instruments de politique étrangère, notamment la

coopération en matière de stabilisation. Nous avons une longue tradition de coopération

sur les évolutions internationales, qui vise à assurer une action internationale

efficace. Le développement, notamment la lutte contre les causes sous-jacentes de

l’instabilité et des conflits, est une composante essentielle de notre réponse aux défis

mondiaux. Nous sommes résolus à renforcer notre coopération pour améliorer l’impact

de notre aide humanitaire et de notre aide au développement.

33. En tant que voisins, membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies et

membres du G7 et du G20, nous continuerons d’être des partenaires très proches sur les

problèmes les plus préoccupants pour la paix et la sécurité internationales. Nous

saisirons notamment l’opportunité de nos présidences du G7, française en 2019 et

britannique en 2021, pour promouvoir notre vision commune des défis mondiaux.

34. Concernant l’Iran, nous réaffirmons notre plein attachement au Plan d’action global

commun et à sa mise en œuvre totale. Nous prenons bonne note de sa contribution à la

préservation du régime international de non-prolifération nucléaire. Nous poursuivrons

le dialogue avec le gouvernement américain à propos du programme nucléaire iranien,

et nous prenons note de la déclaration de la Maison-Blanche du 12 janvier 2018. Nous

restons préoccupés par le programme de missiles balistiques iranien ainsi que par les

activités de l’Iran dans la région, et notamment par les indications selon lesquelles le

pays a apporté un appui aux Houthistes au Yémen. Nous appelons la communauté

internationale à agir davantage pour faire progresser la paix et la stabilité dans la région

et pour répondre aux actions de déstabilisation régionale menées par l’Iran. Nous

espérons que l’Iran fera des progrès sur la question des droits de l’Homme et sur la mise

en œuvre du droit à la liberté d’expression.

35. Nous appelons la Corée du Nord (RPDC) à respecter ses obligations internationales et

à mettre en œuvre le démantèlement intégral, vérifiable et irréversible de ses

programmes nucléaires et balistiques. Nous continuerons de soutenir des mesures

résolues et efficaces pour inciter Pyongyang à s’engager dans un dialogue durable, réel

et sans conditions.

36. Concernant le processus de paix au Proche-Orient, nous réaffirmons notre soutien à la

solution des deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix, la

prospérité et la sécurité dans des frontières sûres et reconnues, et ayant Jérusalem pour

capitale commune. Nous appelons les parties à prendre des mesures rapides pour

enrayer les évolutions négatives actuelles sur le terrain, à s’abstenir d’initiatives

unilatérales et à entamer de nouvelles négociations de paix constructives. Nous nous

tenons prêts à contribuer à tous les efforts crédibles visant à relancer le processus de

paix.

37. Concernant la Syrie, nous continuerons d’encourager un processus sous l’égide des

Nations Unies à Genève permettant une transition véritable vers un nouveau

gouvernement démocratique, inclusif et légitime, et nous appelons le régime syrien à

respecter les accords de cessez-le-feu, à garantir la protection des civils et à permettre

un accès humanitaire durable et sans entrave. Nous réaffirmons notre engagement à

demander des comptes pour les violations des droits de l’Homme et du droit

international en Syrie, notamment l’utilisation d’armes chimiques. Nous rappelons que

nous n’apporterons aucune aide à la reconstruction tant qu’une transition crédible ne

sera pas sérieusement engagée, conformément à la résolution 2254 des Nations Unies.

38. Concernant le Liban, nous réaffirmons notre soutien à la stabilité, à la sécurité et à la

souveraineté du pays et nous approuvons la déclaration du 8 décembre 2017 du Groupe

international de soutien au Liban. Nous appelons toutes les parties libanaises à mettre

en œuvre la politique du gouvernement de distanciation et de non intervention dans les

conflits extérieurs et nous appelons au lancement de discussions sur une Stratégie

nationale de défense. Nous sommes déterminés à aider l’État libanais et ses institutions

dans les domaines sécuritaire, économique et humanitaire. Nous réaffirmons notre

soutien aux Forces armées libanaises et à toutes les institutions de sécurité de l’État afin

de protéger le Liban contre les atteintes à sa sécurité, en particulier la menace terroriste

et les crises qui déstabilisent actuellement le Moyen-Orient. À cet égard, nous nous

réjouissons de la tenue en 2018 de la réunion « Rome II » en Italie, de la conférence

des investisseurs à Paris et de la conférence « Soutenir l’avenir de la Syrie et de la

région » à Bruxelles, qui devraient accorder une attention particulière à la poursuite de

la gestion des besoins humanitaires en Syrie et au soutien aux pays d’accueil dans la

région, ainsi qu’à la préparation au retour des réfugiés syriens, uniquement quand les

conditions permettront un retour volontaire, sûr et dans la dignité, conformément au

droit humanitaire international.

39. Au Yémen, nous appelons les parties à établir un dialogue de bonne foi, à convenir des

conditions d’un cessez-le-feu et à revenir à la table des négociations, tout en permettant

un accès sûr et sans entrave à tout le Yémen pour la distribution à titre payant et

humanitaire de produits alimentaires, de carburant et de produits médicaux. Nous

condamnons les attaques de missiles balistiques conduites par les forces houthistes

contre l’Arabie saoudite, qui représentent une menace pour la sécurité régionale.

40. Concernant la Libye, le Royaume-Uni et la France réaffirment leur plein soutien au

plan d’action pour la Libye du Représentant spécial du Secrétaire général. Ils rappellent

qu’une solution politique inclusive, basée sur l’accord politique inter-libyen, est

l’unique moyen de mettre un terme à la crise actuelle dans le pays. Le Royaume-Uni et

la France sont également déterminés à soutenir les efforts libyens et internationaux dans

la lutte contre les trafics en tout genre, notamment la traite des êtres humains.

41. Nous réaffirmons notre engagement commun à lutter contre la prolifération de toutes

les formes d’armes de destruction massive et de leurs vecteurs, ainsi que contre les

transferts illicites d’armes classiques. Parallèlement à nos efforts conjoints sur l’Iran

et la République populaire démocratique de Corée, nous continuerons de renforcer

notre coopération pour lutter contre l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien

et Daech. À l’approche du cinquantième anniversaire du Traité sur la non-prolifération

des armes nucléaires, nous réaffirmons notre fort attachement à ce traité, qui joue un

rôle sans équivalent pour limiter la dissémination des armes nucléaires, ainsi que notre

attachement aux autres traités et régimes à l’origine du système international fondé sur

des règles de lutte contre la prolifération.

42. Au cours de nos échanges, nous avons également porté une attention particulière à la

Russie, à l’Afrique et aux Caraïbes.

43. Le Royaume-Uni et la France partagent une même analyse de la politique étrangère et

de défense russe, devenue plus ferme et qui s’accompagne de plusieurs formes

inquiétantes d’intimidation stratégique, notamment le recours à la désinformation, les

actions malveillantes en ligne et la subversion politique. Ils œuvreront ensemble pour

lutter contre les problèmes que cette politique pourrait créer en termes de sécurité, tout

en recherchant un dialogue constructif avec Moscou par les canaux appropriés. Une

réponse résolue accompagnée d’un dialogue, notamment sur les questions d’intérêt

commun, pour lesquelles Moscou demeure un acteur essentiel, doit être apportée à cette

fermeté de la Russie. Nous condamnons l’annexion illégale de la Crimée et la

déstabilisation de l’est de l’Ukraine par la Russie. Nous appelons instamment la Russie,

ainsi que l’Ukraine, à la mise en œuvre intégrale des accords de Minsk, en commençant

par un cessez-le-feu total et généralisé. Les sanctions économiques ne pourront être

levées tant que la Russie ne respectera pas les obligations découlant des accords de

Minsk.

44. Conscients que l’Afrique vit une période d’importantes évolutions, le Royaume-Uni et

la France réaffirment leur attachement commun à la paix, à la stabilité et à la prospérité

sur ce continent. Nous décidons de renforcer notre coordination, en coopérant avec nos

partenaires africains et dans les enceintes internationales, comme le Conseil de Sécurité

et l’Assemblée générale des Nations Unies, le G7 et le G20, sur les sujets d’intérêt

commun et mutuellement bénéfiques, notamment la paix et la sécurité, le changement

climatique, l’environnement et la résilience, la croissance économique, les échanges

commerciaux, l’aide humanitaire et les enjeux internationaux comme la lutte contre le

terrorisme, les migrations clandestines, l’esclavage moderne et la traite des êtres

humains. Nous sommes fermement déterminés à soutenir l’Afrique pour qu’elle

exploite son immense potentiel économique, en encourageant le commerce et les

investissements, l’emploi et les opportunités, en particulier pour la jeunesse africaine.

45. Afin d’atteindre nos objectifs pour une Afrique plus prospère, nous devons rapidement

garantir la stabilité et traiter les besoins immédiats. Le Royaume-Uni et la France

s’engagent à coopérer pour assurer la paix, la stabilité, la résilience et la sécurité dans

le Sahel et le sud de la Libye, le nord-est du Nigéria et le bassin du lac Tchad ; ils

s’engagent à continuer de soutenir les actions de la communauté internationale dans la

Corne de l’Afrique et en Somalie, notamment par un soutien à la Mission de l’Union

africaine en Somalie (AMISOM), qui assure à certaines conditions un transfert de

responsabilité aux forces de sécurité somaliennes, selon un calendrier préétabli, pour

favoriser à l’avenir la paix et la stabilité dans le pays. Afin de permettre la mise en

œuvre de ces projets, nous œuvrerons ensemble pour garantir un financement de la

Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique de l’UE, dans le cadre du processus de

transition et nous coopérerons étroitement pour lutter contre la pauvreté et faire face

aux défis environnementaux et de développement. Le Royaume-Uni et la France

décident de renforcer leur coopération en matière de sécurité dans le Sahel, en appui

notamment de la Force conjointe du G5 Sahel. Nous collaborerons étroitement pour

lutter contre les causes à plus long terme de l’instabilité, de la misère et des retards de

développement dans le Sahel, dans le cadre de notre partenariat au sein de l’Alliance

pour le Sahel. En appui à ce partenariat, le Royaume-Uni apportera une aide de 50

millions de livres sterling pour encourager les initiatives humanitaires et de

planification familiale dans la région. Cette aide viendra s’ajouter à l’engagement

actuel du Royaume-Uni d’apporter une aide humanitaire de 189,5 millions de livres

sterling à la région pour la période 2015-2018, afin d’aider 2,3 millions de personnes

victimes de l’insécurité alimentaire et 1,9 million de personnes touchées par un conflit.

46. Des ouragans et des tempêtes tropicales de plus en plus fréquents et violents provoquent

des ravages à grande échelle dans les Caraïbes, où nous avons des intérêts communs et

des responsabilités envers les territoires britanniques d’outre-mer et les départements

et collectivités français d’outre-mer. Nous nous appuierons sur notre coopération en

réaction à l’ouragan Irma pour améliorer la fourniture conjointe de secours en cas de

catastrophe et bâtir la résilience dans les Caraïbes, avec des projets comme les systèmes

d’alerte précoce face aux risques climatiques (CREWS). Nous fondant sur la réussite

de nos travaux dans le cadre de la Charte internationale « Espace et catastrophes

majeures », nous nous efforcerons de renforcer la résilience opérationnelle des moyens

de communications essentiels dans les îles touchées par des ouragans.

47. Nous nous nous engageons à coopérer en vue de la réussite de la reconstitution des

ressources du Partenariat mondial pour l’éducation.

Migrations, « esclavage moderne », traite des êtres humains et gestion conjointe de la

frontière entre le Royaume-Uni et la France

48. Le Royaume-Uni et la France sont résolus à adopter une approche globale sur les routes

migratoires. Actuellement, 65 millions de personnes dans le monde ont été déplacées

contre leur gré. Ce chiffre record a presque doublé en une décennie. Il est inacceptable

que des gens continuent de perdre la vie en entreprenant un dangereux voyage vers

l’Europe par des circuits illégaux. Le Royaume-Uni et la France coordonneront leur

influence et leur expertise pour traiter les problèmes communs posés par les migrations

irrégulières, l’« esclavage moderne » et la traite des êtres humains, et pour favoriser des

flux migratoires réguliers, bien gérés et légaux.

49. Sur l’amont des routes migratoires, nous nous efforcerons d’aider et de responsabiliser

les autorités et les communautés des pays d’accueil, afin qu’elles mènent des actions

transfrontalières et traitent les migrations sur l’ensemble de la route migratoire, grâce à

des travaux conjoints dans les pays d’origine et de transit dans des régions comme

l’Afrique du Nord, de l’Est et de l’Ouest. Ces travaux comprendront notamment le

renforcement des capacités de lutte contre le grand banditisme et la criminalité

organisée et des capacités de démantèlement des réseaux de traite des êtres humains,

la protection des victimes et des plus vulnérables, ainsi que la lutte contre les causes

structurelles pour supprimer le besoin de poursuivre un chemin dangereux. Ce travail

sera poursuivi à travers un nouveau dialogue stratégique franco-britannique sur la

coopération sur l’amont des routes migratoires.

50. Le Royaume-Uni et la France agissent ensemble en permanence pour assurer une

coopération forte dans la gestion conjointe de leur frontière commune, afin de répondre

aux des défis des migrations irrégulières. Le Royaume-Uni apporte depuis 2014 un

soutien aux mesures de sécurité dans et autour des ports et infrastructures ferroviaires

dans le nord de la France. La France veille à une présence adéquate de forces de police

aux abords de ces infrastructures et prend en charge les migrants en besoin de

protection. Par ailleurs, la coopération entre les forces de l’ordre britanniques et

françaises a abouti à des résultats positifs, permettant le démantèlement de 44 réseaux

de passeurs de migrants en 2017.

51. Le Royaume-Uni et la France souhaitent poursuivre leurs efforts conjoints pour

continuer de renforcer les mesures de sécurité dans et autour des infrastructures de

transport. La France continuera en 2018 de garantir une présence adéquate de forces de

police tout en prenant en charge les personnes qui en ont besoin. Le Royaume-Uni

s’engage à poursuivre son soutien au renforcement des mesures de sécurité dans et

autour des ports de Calais, Dunkerque, Ouistreham et du Havre, et des installations

Eurotunnel. Ces travaux comprendront la création d’un Centre conjoint pour lutter

contre la criminalité liée au franchissement illégal des frontières.

52. Dans l’objectif de renforcer leur coopération sur leur frontière commune et à proximité

de celle-ci, le Royaume-Uni et la France sont convenus d’adopter un Traité qui établit

un cadre juridique garantissant que les aspects essentiels de nos engagements conjoints

de coopération concernant la frontière et les migrations se poursuivront. Le Traité inclut

des dispositions destinées à garantir que le règlement Dublin III soit mis en œuvre de

façon rapide, en particulier pour le traitement des mineurs non accompagnés demandant

l’asile, et nous continuerons d’agir ensemble pour mener à bien le transfert de mineurs

non accompagnés, conformément aux programmes nationaux de réinstallations tels que

l’article 67 de la loi britannique sur l’immigration de 2016. Le Traité fixe également

l’objectif d’améliorer l’action commune pour lutter contre la criminalité organisée dans

le domaine migratoire et augmenter le nombre de migrants irréguliers éloignés vers leur

pays d’origine. Le Royaume-Uni soutiendra la France pour la mise en place de

structures d’hébergement localisées en dehors de la région de Calais et de Dunkerque,

tels que les Centres d’accueil et d’examen des situations.

53. Pour mettre en œuvre ces priorités, le Royaume-Uni et la France s’engagent à un

ensemble de coopération incluant une aide financière britannique supplémentaire de 50

millions d’euros en 2018.

54. Le Royaume-Uni et la France conviennent de travailler ensemble pour soutenir le

développement économique des régions de Calais et Douvres et de mettre en place un

groupe de travail sur des projets communs pour soutenir la promotion de l’économie et

du tourisme, y compris après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

55. Le Royaume-Uni et la France continuent de traiter les problèmes posés par les

migrations irrégulières, « l’esclavage moderne » et la traite des êtres humains, et de

favoriser des flux migratoires réguliers et bien gérés. La France salue l’Appel à l’action

contre le travail forcé, l’esclavage moderne et la traite des êtres humains.

Des solutions communes : travailler ensemble dans le domaine de l’innovation pour

préparer nos pays et nos économies de demain

56. La révolution numérique, la mondialisation et le changement climatique font partie des

défis auxquels nous sommes confrontés. Au premier rang mondial dans les domaines

de la science, de la recherche et de l’ingénierie, le Royaume-Uni et la France s’engagent

à mettre en commun leur expertise pour concevoir des solutions communes innovantes

et faire en sorte que leurs économies et leurs sociétés tirent le meilleur parti des

avantages des nouvelles technologies pour un avenir durable.

Innover pour un monde plus vert

57. Le Royaume-Uni et la France sont totalement déterminés, au niveau national et

international, à prendre des mesures pour lutter contre le changement climatique et

accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Paris en synergie avec le Programme de

développement durable à l’horizon 2030, à améliorer la qualité de l’air que nous

respirons et à concevoir des solutions innovantes pour répondre aux besoins de nos pays

en matière d’énergie et de transport.

58. Nous avons joué un rôle moteur au niveau international dans la transition vers des

énergies autres que fossiles. Conformément à l’engagement que nous avons pris de

cesser la vente de toute nouvelle voiture et fourgonnette classiques d’ici à 2040, nous

sommes convenus de mener des travaux communs sur des véhicules ne produisant

aucune émission. Nous travaillerons aussi ensemble pour réduire de moitié le nombre

de décès précoces dus à la pollution atmosphérique, grâce à des partenariats régionaux

et nationaux.

59. À l’appui de notre engagement d’éliminer progressivement le charbon dans sa forme

actuelle comme source d’énergie et de produire une énergie sûre, à faible intensité de

carbone et à un coût abordable, nous créerons les conditions du développement de

technologies pour des systèmes énergétiques intelligents et mettrons en œuvre des

projets d’interconnexion électrique pour atteindre ces objectifs. À l’échelle

internationale, nous bâtirons également une coalition d’États résolus à prendre des

mesures concernant le prix du carbone et nous augmenterons le nombre de membres de

la Powering Past Coal Alliance.

60. Outre les efforts destinés à promouvoir la mise en œuvre de politiques de transition vers

une économie sobre en carbone et à soutenir la recherche, les projets et les entreprises,

nous nous engageons à approfondir les échanges et à renforcer la coopération entre

ministères des finances et banques centrales pour appuyer la mise en place d’une

finance durable et verte aux niveaux bilatéral et international. Nous nous félicitions

également de la poursuite de la coopération sur la finance verte entre la Green Finance

Initiative de la City de Londres et l’initiative Finance for Tomorrow de Paris Europlace.

61. Prenant acte de l’importance de l’énergie nucléaire dans une économie sobre en

carbone, nous nous félicitons de l’approfondissement de notre coopération industrielle

dans le domaine de l’énergie nucléaire civile qui a connu une grande avancée avec le

lancement en septembre 2016 du projet Hinkley Point C. Nous encouragerons la mise

au point de projets de nouvelles constructions et de nouveaux projets de coopération

pour développer les technologies innovantes dans tous les aspects du cycle nucléaire.

62. Étant donné que nos pays et d’autres pays sont confrontés à de nombreuses difficultés

concernant le démantèlement d’installations nucléaires civiles et la gestion des déchets

radioactifs, nous intensifierons notre coopération bilatérale et lancerons des projets

industriels et de recherche communs dans nos pays et sur d’autres marchés. En effet, le

Royaume-Uni et la France ont des compétences et une expertise significatives et

complémentaires et sont considérés comme deux chefs de file au niveau mondial. La

coopération en matière de sûreté et de sécurité nucléaires doit également se poursuivre

dans le cadre d’enceintes bilatérales et internationales.

63. Le Royaume-Uni et la France souhaitent poursuivre leur dialogue constructif sur

l’élaboration d’un pacte mondial pour l’environnement. Nous décidons d’agir en étroite

coopération sur les moyens d’améliorer la cohérence de l’action internationale en

matière de protection de l’environnement.

Investir dans les technologies de la prochaine génération

64. Le Royaume-Uni et la France ont une longue histoire de coopération pour concevoir

des technologies de pointe. Qu’il s’agisse d’être pionniers dans le domaine des voyages

supersoniques ou de mieux relier nos pays grâce au tunnel sous la Manche, la

coopération entre nos deux pays a toujours été source d’innovation concrète.

65. Nous poursuivrons notre partenariat pour investir dans les technologies de demain,

notamment par un programme conjoint bénéficiant de crédits pouvant aller jusqu’à

100 000 euros par an et destiné à soutenir les échanges universitaires, la collaboration

scientifique et l’innovation.

66. Nous annonçons aujourd’hui le lancement d’un nouveau partenariat stratégique pour la

médecine génomique entre Genomics England et Médecine génomique 2025.

Indépendamment, le Royaume-Uni et la France ont établi les plans les plus ambitieux

du monde pour intégrer la technologie génomique dans le système de santé. Nous avons

défini une vision commune de la génomique et nous associerons nos compétences

nationales partagées en cofinançant des analyses communes des nouvelles technologies

pour accélérer les coopérations en matière de médecine génomique et de recherche. Ce

nouveau partenariat stratégique nous permettra de continuer à jouer un rôle moteur dans

le monde en matière de médecine génomique, d’instaurer de grands partenariats

industriels et de rester à la pointe de la médecine génomique pour améliorer la prise en

charge des patients atteints de cancer ou de maladies rares.

67. Nous continuerons d’approfondir notre coopération dans les activités spatiales sur la

base de l’Arrangement-cadre signé lors du Sommet de 2014, notamment la coopération

pour construire Exomars, premier astromobile d’Europe capable de circuler sur Mars,

et en examinant la manière dont nos spécialistes du climat pourraient améliorer

l’analyse des variables climatiques clés, aider les pays en développement et positionner

nos industries au cœur du marché des services climatiques, qui est en pleine croissance

et représente plusieurs milliards d’euros.

Développer les entreprises de demain

68. Les stratégies industrielles du Royaume-Uni et de la France mettent en lumière le rôle

que les technologies numériques joueront dans l’économie de demain. Dans ce

contexte, nous voulons réaffirmer notre engagement et notre soutien en faveur du

principe de neutralité du net qui encourage la gratuité et l’ouverture de l’internet. En

nous appuyant sur les réussites du groupe de travail franco-britannique sur l’innovation

par les données, nous sommes convenus de soutenir l’innovation numérique,

notamment dans le cadre d’un colloque numérique qui se tiendra en 2018 et qui réunira

des experts de la sécurité et des compétences numériques, de l’intelligence artificielle,

des données et de l’administration numérique.

69. Nous renforcerons la compétitivité internationale de nos chercheurs et innovateurs de

niveau mondial et nous intensifierons notre coopération entre les Catapults britanniques

et les Instituts français de technologie. Avec des entreprises françaises et britanniques

concernées, nous examinerons l’opportunité de lancer un Conseil conjoint des affaires

et de l’innovation pour encourager l’innovation et la recherche et développement et

stimuler la croissance économique. Alors que nous nous tournons vers l’avenir de notre

relation au XXIème siècle, nous sommes convenus de mettre en place un groupe conjoint

de personnalités qualifiées pour étudier les autres possibilités de coopération future,

notamment les possibilités de projets importants.

Un avenir partagé

70. Pendant plusieurs siècles, le Royaume-Uni et la France ont forgé des relations

linguistiques et culturelles mais aussi et surtout, des relations humaines. Il est essentiel

de consolider et célébrer ces liens à l’heure où s’ouvre un nouveau chapitre de notre

relation.

Une approche renouvelée des partenariats

71. Nous avons arrêté une nouvelle approche des partenariats entre nos villes et nos régions,

afin de soutenir une nouvelle génération de liens entre nos concitoyens, notamment en

réunissant maires et autres élus pour leur permettre de relever les défis d’aujourd’hui et

de tirer parti du potentiel des technologies émergentes. Nous nous fixons l’objectif de

10 nouveaux jumelages chaque année jusqu’en 2022.

Éducation et mobilité sociale

72. Dans le prolongement du Mémorandum d’entente sur l’éducation, le Royaume-Uni et

la France approfondiront la coopération dans tous les secteurs de l’éducation pour

développer les possibilités offertes aux jeunes, en particulier issus de milieux

défavorisés, de bénéficier d’expériences internationales qui renforcent leur

employabilité, leurs compétences linguistiques et leur conscience internationale. Nous

faciliterons les échanges de compétences et de bonnes pratiques destinées aux

collégiens et lycéens intéressés par le cyberespace afin de doter les générations futures

des compétences requises et nous sommes convenus de relancer le programme déjà

ancien de l’Entente cordiale et son financement et de consolider le nouveau programme

Young Leaders qui fait déjà ses preuves.

Échanges sportifs et culturels

73. Le Royaume-Uni et la France accueillent de grands événements sportifs et sont en

pointe dans le domaine des arts et des musées. Leur culture attire dans le monde entier.

74. Nous sommes convenus d’échanger nos bonnes pratiques sur l’organisation

d’événements sportifs, à partir de l’expérience du Royaume-Uni de l’accueil en 2012

des Jeux olympiques et paralympiques de Londres et de la Coupe du monde de rugby

en 2015 et dans la perspective de la Coupe du monde de rugby de 2023, qui sera

organisée par la France, et des Jeux olympiques et paralympiques de Paris de 2024, et

nous sommes convenus de poursuivre notre coopération concernant tout un éventail de

questions sportives.

75. Nous sommes convenus de discuter des conditions d’une initiative commune sur la

protection du patrimoine culturel partout dans le monde, dans les zones de conflit et

dans celles où ce patrimoine est menacé pour des raisons naturelles, pour que les

générations futures aient accès à leur identité culturelle unique et puissent commémorer

leur histoire. Pour commémorer notre histoire culturelle commune, nous sommes

convenus d’organiser une saison culturelle croisée, reposant sur des échanges d’œuvres

d’art et des échanges culturels nourris. À cet égard, nous sommes convenus d’un prêt

de la Tapisserie de Bayeux au Royaume-Uni durant les travaux de rénovation du musée

de Bayeux où elle est habituellement exposée et avant l’ouverture en 2023 du futur

Centre de compréhension de l’Europe du Moyen-Âge de Bayeux, sous réserve que les

exigences juridiques et les conditions scientifiques de restauration et de préservation

soient respectées.

76. Nous nous associerons mutuellement aux commémorations que nous organisons à

l’occasion du centième anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

77. Nous soutiendrons également le Normandy Memorial Trust dans sa volonté de

construire un mémorial à Ver-sur-Mer en l’honneur des quelque 22 000 personnes

tombées en servant sous commandement britannique au cours de la bataille de

Normandie en 1944. Le Président et le Premier ministre participeront côte à côte à

l’inauguration du projet en juin 2019 dans le cadre des commémorations marquant le

75e

anniversaire du Débarquement.

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