Il y a 130 ans naissait à Lille celui qui deviendra plus tard le « plus illustre des Français ». 

Chef de la France libre, Président du gouvernement provisoire de 1944 à 1946, initiateur et premier Président de la Ve République, le général de Gaulle fut à l’image du peuple français : résilient et volontaire. 

En cette année 2020, le Président de la République Emmanuel Macron a souhaité célébrer le général de Gaulle autour de trois dates anniversaires :

À travers ces trois évènements, c’est l’esprit de Résistance, l’esprit de la République et l’esprit de la Nation qui sont célébrés.

Car le destin du Général est lié à jamais à celui de la France et des Français. 

C’est ensemble qu’ils incarnent la flamme de la Résistance et refusent la défaite de la France en juin 1940. Suite à l’appel du 18 juin, des milliers de Français partiront le rejoindre à Londres pour résister face à l’ennemi. Avec le général de Gaulle, c’est la République qui est à Londres. 

C’est également avec les Français qu’il célèbre la libération de Paris le 25 août 1944. « Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! »

Après avoir marqué la France via sa stature de militaire, c’est le Charles de Gaulle en homme d’État que les Français vont découvrir. 

Le 9 septembre 1944, de Gaulle fonde un gouvernement provisoire, dit d’unité nationale. Il le présidera pendant près de deux ans avant de démissionner le 20 janvier 1946. 

Le 16 juin 1946, à Bayeux, il expose son projet constitutionnel pour la France. Le Général veut marquer une rupture à la tradition parlementaire de la République française. Un régime présidentiel fort dans lequel le chef de l’État est la clé de voûte du pouvoir exécutif. Il faudra cependant attendre avant que naisse véritablement la Ve République. 

De Gaulle se met alors en retrait. Le temps des évènements laisse sa place à celui de la réflexion. Il écrit ses Mémoires de Guerre dont le premier volume sort en 1954. C’est une nouvelle facette qui émerge et que les Français découvriront bien plus tard. De Gaulle, homme de lettres

Charles de Gaulle à son bureau de Colombey-les-Deux-Églises © Paris Match

Un évènement majeur va pourtant faire revenir le général de Gaulle au premier plan. En 1958, la France connaît la guerre en Algérie. René Coty, Président de la République, décide de faire appel au Général. Il est le « plus illustre des Français » et le seul à pouvoir rétablir l’ordre. L’homme du passé redevient l’homme du présent et évite une guerre civile à la France. 

Charles de Gaulle devient alors le dernier président du Conseil de la IVe République. Il reçoit les pleins pouvoirs et fait élaborer une nouvelle Constitution. Avec 79,2 % de « oui », elle est adoptée par référendum. La Ve République est née. Le 21 décembre 1958, de Gaulle en devient le premier Président de la République après une élection par collège électoral

Les deux présidences du général de Gaulle seront marquées par de nombreux évènements sur le plan national comme sur la scène internationale. 

La question algérienne n’est toujours pas terminée. En mars 1962, la signature des accords d’Évian donne finalement l’indépendance à l’Algérie. 

La même année, Charles de Gaulle propose l’élection du chef de l’État au suffrage universel. Un référendum valide cette proposition mais il faut attendre 1965 pour que ce mode de scrutin soit mis en pratique. Après son premier mandat de sept ans, de Gaulle est élu au second tour face à François Mitterrand, avec 54,8 % des voix.

Toujours en 1962, lors de la crise des missiles à Cuba, il est le premier à soutenir Kennedy contre Krouchtchev. Il est également l’un des premiers chefs d’État occidentaux à reconnaître la République populaire de Chine en 1964

Le 22 janvier 1963, le général de Gaulle et le Chancelier Adenauer signent le Traité de l’Élysée destiné à sceller la réconciliation entre la France et la République Fédérale d’Allemagne.

En France, les contestations étudiantes et ouvrières de mai 1968 viennent bouleverser la société et contester le pouvoir en place. De Gaulle dissout l’Assemblée nationale où il ne dispose que d’une faible majorité. Les élections législatives qui suivent lui rapportent une forte majorité présidentielle. 

Le 27 avril 1969, de Gaulle fait à nouveau appel aux Français dans le dessein de modifier la Constitution. Mais le référendum portant sur la régionalisation et la réforme du Sénat est rejeté par 52,4 % des voix. Homme de principe, Charles de Gaulle s’était engagé à quitter le pouvoir en cas de « non ». Fidèle à sa promesse, il démissionne le lendemain. Il est provisoirement remplacé par le Président du Sénat Alain Poher. 

De Gaulle se retire chez lui, à Colombey-les-Deux-Églises. Sa vie politique est terminée. Il poursuit alors l’écriture de ses mémoires. 

Il meurt le 9 novembre 1970. 

Jamais le Général n’aura trahi ses principes, en s’engageant pour son pays, dans les moments de douleurs comme dans ceux de gloires.

Dans les périodes où le doute s’installait, il crut toujours en lui et dans le peuple français pour faire face. 

Faire face, c’est cela être français. 
 

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