Publié le 12 février 2021

L’initiative ACT-A : une réponse solidaire et coordonnée à la crise de la COVID-19.

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« Les seules réponses efficaces à la pandémie seront des réponses globales, coordonnées et solidaires », discours du Président de la République à l’occasion d’une session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies dédiée à la crise de la Covid-19, le 3 décembre 2020

ACT-A est l’initiative multilatérale, pilotée par l’Organisation mondiale de la Santé, qui vise à coordonner une réponse globale à la Covid-19 qui soit juste et solidaire. Juste parce qu’il serait intolérable que certains aient accès aux moyens de lutter contre la pandémie et d’autres non. Solidaire parce que le virus ne connait pas de frontières et qu’il est dans l’intérêt de tous que l’ensemble de la planète soit protégé.

La France a joué un rôle décisif pour fédérer les États et autres acteurs, et promouvoir un accès équitable aux solutions à la crise sanitaire. Si des moyens considérables ont déjà été mobilisés, et des résultats atteints, il nous revient de poursuivre nos efforts pour étendre les capacités de production de ces solutions, et continuer de renforcer les systèmes de santé pour mettre en œuvre les outils de lutte contre le virus. 

Visioconférence avec M. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le 8 février 2021.

La France moteur d’une réponse internationale concertée contre le virus de la Covid-19 :

Dès le 16 avril 2020, le Président de la République a réuni, lors d’une conférence téléphonique, les responsables des principales organisations internationales actives dans la riposte contre la Covid-19 pour renforcer la coordination internationale autour de l’OMS. Les participants sont convenus de la nécessité de porter une initiative coordonnée, globale, visant l’efficacité et l’équité. 

Quelques jours plus tard, le 24 avril, l’initiative ACT-A portée par le Secrétaire Général des Nations unies, Antonio GUTERRES, le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros GHEBREYESUS et le Président de la République française, Emmanuel MACRON, est officiellement lancée lors d’une visioconférence en présence de plusieurs chefs d’État et de gouvernement et de l’ensemble des acteurs de la santé mondiale.

L’initiative a pour objectifs d’accélérer la conception et la production de solutions face au virus, d’en garantir un accès sûr, équitable et universel, et de consolider les systèmes de santé pour lutter contre la Covid-19 et poursuivre le combat contre les autres maladies.

Aussi l’initiative ACT-A repose sur 4 piliers :

 

L’initiative ACT-A : une réponse solidaire et coordonnée à la crise de la COVID-19.

Suite au lancement de l’initiative, une première conférence des donateurs s’est tenue le 4 mai 2020, organisée par l’Union européenne et coparrainée par la France, l’Allemagne, le Royaume Uni, la Norvège, l’Arabie saoudite. Cette conférence sera le coup d’envoi d’un appel aux contributions adressé aux pays et organisations à l’échelle mondiale pour parvenir à l’objectif de 7,5 milliards d’euros de financement initial.

Cet objectif est aujourd’hui dépassé, puisque plus de 10 milliards d’euros ont d’ores et déjà été mobilisés pour accélérer le développement et l’accès aux traitements, diagnostics et vaccins, y compris dans les pays les plus défavorisés, et de renforcer les systèmes de santé qui seront en première ligne face à cette pandémie. La contribution de la France dépasse le demi-milliard d’euros.  

Des mécanismes de coordination et de solidarité qui se concrétisent :

1- Développement des capacités de diagnostic :

Le pilier diagnostics a été en mesure de catalyser l’accès aux tests antigéniques rapides dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Plus de 40 millions de tests ont d’ores et déjà pu être déployés.

Aujourd’hui, la Foundation for Innovative New Diagnostics et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui copilotent le volet diagnostic d’ACT-A, œuvrent au déploiement des tests rapides, plus faciles à mettre en œuvre à l’échelle que les tests PCR, et soutiennent les projets de développement d’autotests.

2- Conception de traitements contre le virus :

Le pilier traitement a permis de mettre en place un suivi de 1 700 essais et a investi 175 millions de dollars dans la Recherche et développement. À titre d’exemple, le pilier traitement finance un essai clinique pour évaluer les options de traitement précoce pour les personnes atteintes d'une maladie Covid-19 légère (modérée, en soins ambulatoires) et de coïnfections dans 13 pays africains (Burkina Faso, au Cameroun, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo (RDC), en Éthiopie, au Ghana, en Guinée, en Guinée équatoriale, au Kenya, au Mali, au Mozambique, en Ouganda et au Soudan afin de pallier au manque de données dans ces pays) : c’est le plus large essai clinique lié à la Covid-19 déployé en Afrique. 

Le pilier a également permis l’identification de la dexaméthasone comme premier traitement susceptible de sauver des vies. Plus de 2,9 millions de traitements à base de cette substance ont déjà pu être distribués dans les pays à revenu faible et intermédiaire. 

La fourniture d’oxygène, essentielle à la lutte contre les symptômes les plus graves, a récemment été intégrée au pilier traitement afin de répondre aux situations de pénurie identifiées dans plusieurs pays.  

3- Mise à disposition de vaccins :

COVAX, le volet vaccins de l’initiative ACT-A, rassemble désormais 190 pays qui représentent 90% de la population mondiale. Le mécanisme a sécurisé plus de 2 milliards de doses, dont 1,3 milliard pour les pays à faible revenu. Ces commandes permettront d’atteindre l’objectif de vacciner 20% des populations des 92 pays à revenu faible et intermédiaire ciblés d’ici fin 2021. 

Après de premières livraisons de doses du vaccin Pfizer fin février, les campagnes de vaccination financées par COVAX s’accéléreront au printemps grâce à la distribution de vaccins ne nécessitant pas de conservation à très basses températures, les rendant plus propices aux pays où les infrastructures ne sont pas toujours suffisantes.

4- Renforcement des systèmes de santé dans les pays les plus fragiles

Le pilier « systèmes de santé », copiloté par la Banque mondiale, l’OMS et le Fonds mondial, a joué un rôle clé pour la mise à disposition de matériel de protection pour les soignants dans les premiers mois de la crise. Il accompagne aussi les pays qui le demandent dans l’élaboration de plans nationaux de réponse à la crise. Il a permis de cartographier les besoins des pays pour le déploiement des outils soutenus par ACT-A, de conduire une évaluation de l'état de préparation de 114 pays pour le déploiement des vaccins ; et la création d’une plateforme d’échange de bonnes pratiques. 

Axer nos efforts dans les semaines à venir :

L’accès universel aux solutions de lutte contre la Covid-19 passe par l’évolution des modèles de production.  Afin de démultiplier les capacités de production de vaccins et de les rendre plus abordables pour tous, les partenariats industriels entre producteurs et les transferts de technologie, en particulier à destination des pays émergents et en voie de développement, doivent être encouragés.  

En outre, alors que la distribution de vaccins via COVAX débutera fin février pour s’accélérer au cours du printemps, il conviendra dans les semaines qui viennent de s’assurer du bon équilibre entre les différents volets de l’initiative ACT-A. En effet, des capacités de diagnostic dépendra le juste calibrage des stratégies vaccinales. De même, les traitements ont un rôle crucial à jouer dans la riposte contre le virus, à commencer par l’apport d’oxygène en cas de symptômes respiratoires.

Surtout, nos capacités à déployer les solutions à la pandémie dépendent de l’état des systèmes de santé. Aussi est-il urgent de renforcer le soutien que nous apportons aux systèmes des pays les plus vulnérables. La France est pleinement engagée sur ce volet, notamment via l’initiative « santé en commun » de l’Agence Française de Développement, mise en œuvre dès les premiers mois de la crise. Dotée de 1,15 milliard d’euros, elle permet d’appuyer rapidement les systèmes de santé, les réseaux régionaux de surveillance épidémiologique et les ONG engagées sur le terrain. Le second volet de cette initiative sera engagé cette année, en lien étroit avec la Commission européenne, dans une approche « Team Europe ». 

Introduction du Président Emmanuel Macron lors de la session sur le mécanisme Act-A du Forum de Paris sur la Paix, le 12 novembre 2020.

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