Publié le 6 avril 2019

Quel bilan pour la réunion des ministres de l'Intérieur du G7 ?

Les ministres de l’Intérieur des pays du G7 se sont réunis les 4 et 5 avril à l’hôtel de Beauvau, à l’invitation du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner dans le cadre de la Présidence française du Groupe des Sept. 

Les ministres de l’Intérieur du G7, auxquels se sont joints le Commissaire européen aux Affaires intérieures, le Coordinateur antiterroriste européen et le Secrétaire général d’Interpol, ont d’abord  échangé sur plusieurs enjeux internationaux en vue de renforcer leur coopération en matière de lutte contre le terrorisme, les cybermenaces, ou encore la criminalité organisée.

La rencontre a notamment mis l’accent sur quatre problématiques essentielles pour la sécurité internationale.

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1. La lutte contre l’emploi d’internet à des fins terroristes et d’extrémisme violent

Les ministres de l’Intérieur du G7 ont d’abord décidé de renforcer leurs exigences vis-à-vis des plateformes et réseaux sociaux de l’Internet afin qu’ils retirent les contenus terroristes publiés en ligne. Ces contenus contribuent en effet à la radicalisation et à la conduite d’attentats. Les représentants de Facebook, Twitter, Google et Microsoft ont été invités à participer à la discussion. Les membres du G7 leur ont demandé de perfectionner leurs logiciels empêchant automatiquement la publication de contenus terroristes déjà connus, mais aussi de mettre en place des protocoles d’urgence afin de retirer sur le champ des contenus terroristes dont la diffusion pourrait devenir virale.

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2. La gestion des combattants terroristes étrangers et de leurs familles

Les ministres de l’Intérieur du G7 ont échangé sur la gestion de leurs ressortissants qui ont participé, comme combattants terroristes étrangers, à des activités djihadistes en Syrie et en Irak. Des nuances ont été exprimées, certains privilégiant un jugement et une condamnation dans les pays où les crimes ont été commis, d’autres dans les pays d’origine de ces combattants terroristes étrangers. Les membres du G7 se sont néanmoins tous entendus sur la nécessité d’engager au plus vite des poursuites judiciaires à l’encontre de ces djihadistes, afin d’éviter qu’ils ne puissent à nouveau présenter une menace.

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3. La lutte contre les réseaux de passeurs de migrants et contre la traite des êtres humains 

La lutte contre les réseaux de passeurs de migrants et contre la traite des êtres humains a également fait l’objet d’une session de travail entre les ministres du G7, en présence de deux invités : le ministre de l’Intérieur du Niger et le ministre de la Sécurité du Burkina Faso, deux du Sahel, région fortement impactée par les réseaux de passeurs. Les ministres se sont engagés à apporter un soutien accru aux pays d’origine et de transit des migrants, notamment aux pays du Sahel, pour renforcer les capacités de leurs forces de police et de leurs systèmes judiciaires, afin de démanteler plus efficacement les réseaux de passeurs. Ils se sont par ailleurs engagés à appuyer les garde-côtes des pays de transit, afin d’empêcher les migrants de prendre la mer aux mains de passeurs sans scrupule et de risquer d’y trouver la mort.

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4. La lutte contre la criminalité environnementale

Enfin, les ministres de l’Intérieur du G7 ont accordé une place centrale à la lutte contre la criminalité environnementale. Qu’il s’agisse de déforestation illégale, de trafic d’ivoire, de braconnage d’espèces menacées ou encore d’enfouissement illégal de déchets toxiques, la criminalité environnementale détruit notre planète et représente la troisième activité criminelle la plus lucrative après le trafic de drogue et la contrefaçon. Les ministres du G7 ont donc encouragé la création d’entités nationales chargées de lutter contre la criminalité environnementale en réunissant toutes les expertises nécessaires (enquêteurs, magistrats, ONG, universitaires…). Ils ont par ailleurs appelé à l’adoption de législations assurant des sanctions pénales effectives contre les auteurs de crimes contre l’environnement, qui prévoient l’indemnisation des victimes et la restauration des zones endommagées.

L’ensemble de ces engagements pris par les ministres de l’Intérieur du G7 figurent dans les Engagements de Paris.
 

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