Fait partie du dossier : Déplacement en Océanie.

Le Président Emmanuel Macron s'est rendu en Nouvelle-Calédonie du 24 au 26 juillet 2023.

La deuxième étape du Président de la République en Nouvelle-Calédonie a été consacrée aux défis qui rassemblent les Calédoniens. 

Cérémonie de prise d'arme

Le Président de la République a d'abord participé à une cérémonie d'honneurs militaires sur la place Bir-Hakeim à Nouméa, afin de commémorer les morts pour la France.

Cette cérémonie a été survolée par deux Rafale de la mission PEGASE 23 qui permet le déploiement depuis la France métropolitaine d'une vingtaine d’aéronefs au plus près de ses territoires de l’Indopacifique.

Cérémonie au Sénat coutumier

Le Président de la République s'est ensuite rendu au Sénat coutumier comme c’est l’usage, afin de présenter ses respects aux représentants des Kanak.

Créé par la loi organique du 19 mars 1999 suite à l’accord de Nouméa du 5 mai 1998, le Sénat coutumier, composé de 16 membres désignés pour cinq ans, porte la parole coutumière dans les institutions de la Nouvelle-Calédonie. Il est le gardien et le défenseur de l’identité Kanak.

À travers son « mot du cœur », le Président de la République a témoigné son grand respect aux autorités coutumières avant d'échanger avec eux dans l'hémicycle du Sénat coutumier. 

Revoir la prise de Parole du Président :

3 mars 2024 - Seul le prononcé fait foi

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PRISE DE PAROLE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE LORS DES ECHANGES AU SENAT COUTUMIER.

Merci beaucoup, Monsieur le président du Sénat Coutumier, 
Honorable grand chef, 
Messieurs les sénateurs, 
Messieurs les présidents des Airs, 
Monsieur le président, cher Roch, 
Madame et Messieurs les ministres, 
Madame et Messieurs les parlementaires, 
Madame la maire, 
Monsieur le président du gouvernement. 

D'abord, permettez-moi d'exprimer ma reconnaissance de nous accueillir dans ce lieu. Vous nous recevez ce matin pour entamer cette visite sur les terres calédoniennes et à la fois la cérémonie coutumière et les propos que vous venez de tenir. C'est toujours pour moi à la fois émouvant et engageant parce que je n'ai jamais pris à la légère tout à la fois les déplacements effectués ici ou les décisions que j'ai eues à prendre depuis six ans. Je considère que par votre travail, votre engagement, vos initiatives, vous contribuez aussi à affirmer le rôle fondamental des autorités coutumières et à permettre de bâtir un chemin. Alors, je vous ai écouté, Président, je vais essayer de répondre au point que vous avez fait. 

D'abord, il y a un acquis des dernières décennies et qui est le fruit du travail et de l'engagement de tous : c'est la paix. Je pense que, quand je dis que c'est un acquis, c'est le fruit d'un engagement, d'un processus, d'une négociation, de son respect, mais vous savez mieux que moi qu'il est toujours très fragile. Ainsi, je pense qu'au moment où nous nous parlons et cette visite que j'effectue se tient à un moment très particulier après les trois référendums, nous oblige, parce que nous avons tous ensemble réussi ce chemin de paix. Maintenant, ça n'est pas un point final, c'est un point-virgule, si je puis dire, qui a été décidé. Il faut construire la suite. 

Alors, ça se construit sur la force d'une mémoire, le respect, justement, de ce que vous représentez conformément aux accords, et vous êtes revenu sur ces termes, et le processus de refondation et de réconciliation que vous évoquez ne peut se faire sans que se poursuive un travail de reconnaissance du passé. Je pense à cet égard que ce qui a été amorcé à travers le Comité vérité et réconciliation, à travers cette volonté de faire converger le Comité des Sages vers celui-ci, et faire un travail large, inclusif, est une bonne méthode. Je pense que vous y avez, et je l'évoquais hier soir, en décorant Madame TJIBAOU, vous y avez pleinement votre place, et je pense qu'il nous faut en effet bâtir, vous l’avez très bien dit, cette histoire commune, qui doit tout regarder et tout dire. Parce qu'on ne peut pas bâtir un avenir si le passé est encore fait de blessures non refermées, même si certaines, d'ailleurs, peut-être, n'ont pas vocation à se refermer ; mais il faut la regarder en face et avoir la même lecture, et pas considérer que ce passé soit indépassable. C'est un travail lent, humble, exigeant. Je pense qu'il est temps de s'y engager. 

Vous m'aurez à vos côtés pour avancer sur ce travail de mémoire et d’histoire et pour aussi avancer sur ce travail de reconnaissance de l'identité kanak. Vous en avez redéfini les termes conformément d’ailleurs aux accords et préambule, et tout ça reste vrai et ne s'arrête pas. La question, c'est à mes yeux, comment construit-on le présent et l'avenir ? Je ne lis pas les notes qui m'ont été préparées, je réagis à ce que vous avez dit et j'essaie de le faire dans une maïeutique que je vais poursuivre jusqu'à demain, à vos côtés. 

Le grand risque qui est le nôtre, c'est de faire du surplace. C'est de s'enfermer dans une vérité qui serait celle d'une identité figée et d'un débat institutionnel, avec à nouveau, des rendez-vous pour voter. Je pense que compte tenu de ce que nous avons su faire ces dernières décennies, la réponse, elle est dans une politique de reconnaissance et de projets. Reconnaissance pleine et entière de l'identité kanak, travail par la culture, se faisant démontrer les racines profondes, le caractère intangible de cette culture, mais aussi le chemin qu'elle a fait. Je parle sous le contrôle de plusieurs d'entre vous qui la connaissez infiniment mieux que moi, continuer de la servir, de la promouvoir, de l'exprimer ou de l'exposer. 

Une culture comme une identité n'est pas figée. Elle se métisse, elle évolue avec le temps, elle se frotte à l'évolution des terres, des femmes et des hommes. Je pense que le risque, ce serait de fantasmer une identité qui, elle, serait totalement figée et qui conduirait à vivre dos-à-dos, nous interdirait de penser à l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. Ainsi, il y a tout un travail qui s'appuie sur ce travail d'histoire, de mémoire, mais je dirais un travail culturel profond qui doit nous inspirer pour aussi reconnaître ce mouvement. Et puis, je crois que si les débats institutionnels sont d'importance, on aura l'occasion d'y revenir demain avec les forces politiques, j’y reviendrai durant ce voyage et j'aurai l'occasion de m'exprimer. Il n'épuise pas tout, il doit servir un projet commun. 

Ce projet est un projet qui doit être géopolitique, économique, culturel, éducatif, sanitaire, qui va permettre à la population de vivre mieux, de produire sur son sol, tout en respectant nos objectifs environnementaux, développer une agriculture qui corresponde, là aussi, à la relation avec la terre, mais qui permettrait d'aller vers plus d'autonomie alimentaire. Une pêche qui s'inscrit dans cette direction, une projection géopolitique dans cet espace si complexe et conflictuel où, je crois, la présence de la France offre de la sécurité et de la stabilité. Et puis, une capacité à faire face, vous l'avez aussi évoquée, au changement climatique et à ce qu'il implique de vulnérabilité de certains territoires, je le verrai tout à l'heure, d'ailleurs, avec plusieurs d'entre vous dans la province nord, où nous sommes prêts à nous engager davantage à vos côtés pour protéger, reloger, mais aussi protéger le trait de côte et, justement, faire de la Nouvelle-Calédonie, un territoire exemplaire à cet égard et mieux protégé que beaucoup d’autres voisins. 

Je crois, ce qu'il nous faut aussi bâtir, en même temps que ce travail d'histoire, de mémoire, en même temps que le respect de la culture et de cette identité, c'est un projet d'avenir pour notre jeunesse, pour nos jeunesses, par lequel on construira l'unité véritable et dont les statuts et que les débats juridiques viendront servir. 

Je pense qu'il nous faut garder la paix, qui est le grand acquis des dernières décennies. Il nous faut consolider le respect qui ressort de ces processus, mais il nous faut maintenant travailler davantage sur la confiance véritable dans l'avenir. La confiance véritable dans l'avenir, c'est aussi savoir nous projeter vers ce qui permettra à nos jeunes de répondre aux difficultés du temps. Je suis sensible à ce que vous avez dit sur l'importance de la structure familiale, sur l'importance de la tribu, sur ce qu'aussi la République a à fournir et qu'elle fait à travers le SMA, à travers les institutions. Tout ça est formidablement complémentaire. Et d'ailleurs, oserais-je vous dire que les problèmes que vous évoquiez sur la jeunesse, les événements récents ont montré que, en métropole, ils sont aussi là. 

Il y a, en effet, un individualisme, peut-être une perte de repère, une forme d'anomie qui s'est installée. Mais c'est ici aussi, vous l'avez très bien dit avec beaucoup d'humilité. On doit savoir rebâtir cela. Mais je pense que notre jeunesse trouve un cadre quand elle a des structures de transmission qui sont là, des repères, elle sait d'où elle vient, mais qu'elle regarde avec aussi une certaine confiance, l'avenir. Ça, c'est notre travail. C'est aussi ce sur quoi je veux pouvoir œuvrer à vos côtés. J'aurai l'occasion de voir plusieurs jeunes, d'ailleurs, dans un instant, et de les retrouver au centre culturel pour voir plusieurs de ces dispositifs qui permettent, justement, de leur donner un cadre. On ira ensemble, je le disais, pour voir le travail face aux dérèglements climatiques et œuvrer pour certains territoires. 

Je serai ensuite, cet après-midi, pour parler d'agriculture. En fin de journée, avec quelques-uns d'entre vous, pour parler du nickel et de l'avenir du territoire sur cette industrie essentielle, mais là aussi avec beaucoup de défis parce qu'au moment où nous parlons, nous savons que c'est une chance, mais nous savons aussi la grande difficulté, le soutien massif que l'Etat a apporté à cette industrie ; sinon, toutes ces usines auraient fermé. Mais le défi qui continue d'être là, compte tenu des prix, du défi énergétique, il faut le regarder aussi avec lucidité. Demain, nous aurons des discussions politiques, elles sont importantes, avec toutes les formations politiques, hors des cadres institutionnels qui sont la responsabilité du ministre de l'Intérieur et de l'Outre-mer et de la Première ministre, mais dans un dialogue d'échange comme celui que j'ai toujours eu avec vous de respect et d'ambition. 

On ira au quartier Magenta pour voir aussi les réalisations communes et j'essaierai d'apporter cette expression d'avenir et de confiance. Elle s'inspirera en tout cas des mots que vous venez d'avoir, Monsieur le Président, et de ce que vous avez dit à l'instant de vos préoccupations, de vos propositions, et vous avez compris que j'y suis, pour plusieurs d'entre elles, ouverte, mais ma volonté profonde à l'issue de ce déplacement, et avant de me rendre dans la région où j'aurai à démontrer à la fois, au Vanuatu puis en Papouasie-Nouvelle-Guinée, la force de notre stratégie Indopacifique, c'est de vous dire que notre devoir commun, chacun d'où nous venons et où nous sommes, c'est maintenant de bâtir l'avenir.

Je crois que l'erreur dans laquelle nous ne devons pas nous enfermer, c'est de simplement regarder le passé et, au fond, de trouver une forme de confort dans une instabilité permanente. Tout ça parce que l'avenir peut-être et les clarifications qu'il peut conduire nous feraient peur. Je pense que ces dernières décennies, nous devons les prendre comme un socle de confiance. On a mis fin au conflit, on s'est respecté, on a solidifié des accords et on l'a fait conformément aux accords, étape par étape. Et donc tout ça doit nous donner, toujours avec beaucoup de respect et d'humilité, un devoir d'audace pour construire l'avenir. Sinon, nos jeunes vont nous regarder en disant : mais eux, ils nous parlent toujours du passé, toujours des institutions, jamais de notre avenir. 

Il faut qu'on soit collectivement lucides, c'est ce qu'ils attendent de nous, de dire comment, face à tout ce qui nous fait peur, les défis géopolitiques, le changement climatique, les inégalités économiques et sociales, les violences qui existent, quel est le projet qui nous permet de vivre mieux demain et de bâtir un progrès ici, en Nouvelle-Calédonie, respectueux de cette histoire, avec ses pages d'ombre, ses morsures, respectueux de la culture Kanak, mais aussi de toutes les composantes de la Nouvelle-Calédonie, mais qui nous permet de regarder l'avenir en face. 

C'est en tout cas le devoir que je me fixe, mais c'est l'invitation que je vous fais en tant que Sénat coutumier et honorable Grand chef, parce que je pense que ce devoir d'avenir, c'est maintenant le nôtre. Si je puis dire, à l'issue de ces trois référendums, on consolide tout ce qu'on a fait, rien ne s'efface, rien. Les principes dans lesquels nous nous inscrivons, préambule de l'accord, sont là. Mais on est plus forts que lorsqu’on a signé ces accords. Ne bégayons pas, soyons lucides. On est plus forts, tous, parce qu'on a tenu cette période. Soyons à la hauteur de ce devoir d'avenir. 

Je ne serai pas plus long. Je vous remercie infiniment une fois encore pour votre accueil, vos mots, votre engagement, la place que vous avez prise, que vous prenez et, comme vous l'avez compris, que je souhaite que vous continuiez de prendre. Parce que je pense qu'à la fois sur ce travail d'histoire et de mémoire, mais pour définir ces projets d'avenir, vous avez un rôle absolument fondamental. Je compte sur chacune et chacun d'entre vous pour le jouer. De votre côté, sachez pouvoir compter sur mon engagement et l'honnêteté de la démarche que je veux porter avec vous pour notre avenir. Je vous remercie.
 

Miser sur la jeunesse à travers l'engagement et la formation professionnelle

A l’issue de la cérémonie au Sénat coutumier, le Président de la République s'est rendu au centre culturel Tjibaou qui accueillait la journée de la jeunesse et de l’engagement, dont le thème était cette année : Engagés vert demain.

À cette occasion, le Président de la République a échangé avec les jeunes mobilisés, les organismes qui les ont conviés, les exposants et les organisateurs.

Revoir la prise de parole du Président : 

25 juillet 2023 - Seul le prononcé fait foi

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PROPOS LIMINAIRES DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE AU CENTRE CULTUREL TJIBAOU.

Bonjour,
Je ne vais pas faire un long discours, parce que sinon, on passe nos journées à faire des discours. Mais je voulais d'abord vous dire la joie d'être là et vous remercier de nous accueillir ici, dans ce centre où, en 2018, j'avais passé un moment à vos côtés. Merci, Madame la directrice, et je remercie aussi le président et toutes celles et ceux qui font tourner ce centre culturel pour toute son activité. Je remercie l'ensemble des élus qui sont à mes côtés, mais surtout, je veux remercier les encadrantes et encadrants qui sont là, parce qu'il y a beaucoup de jeunes, mais vous êtes de statut très différent : services civiques, certains sont dans le SMA, d'autres sont liés à des groupements d'employeurs ou accompagnés par d'autres fédérations. 

Ce qui m'importe, c'est de passer plutôt du temps avec vous et de vous dire combien l'engagement pour la jeunesse, à mes yeux, est au cœur de ce que nous devons à la Nouvelle-Calédonie et plus largement à notre pays. Beaucoup d'entre vous, d'ailleurs, ont des parcours très différents, mais le défi qui est le nôtre, c'est de vous permettre de trouver un métier qui vous permettra de bâtir l'avenir, de construire, je l'espère pour vous, une famille, en tout cas l'avenir que vous souhaitez. Nous sommes à une époque où il y a parfois beaucoup de doutes, où pour certaines ou certains, les études ont été difficiles, pour d'autres, elles ont été brillantes. J'ai déjà vu les deux cas symétriques à l'instant. Mais ce qui nous importe et ce que nous devons à chaque jeune, c'est qu'il puisse trouver sa place et qu'il puisse, en quelque sorte, construire son projet d'avenir. Nos armées permettent de le faire et je les en remercie, avec un rôle fondamental ici et plusieurs centaines de jeunes qui, chaque année, sont pris en main et ensuite iront soit rejoindre nos armées, soit retrouver d'autres destins, à travers le service civique, à travers le Service national universel, à travers justement les associations, à travers nos chambres des métiers, chambres de commerce qui vont permettre à des jeunes de justement construire, là aussi, et acquérir une formation qui leur permettra ensuite de rebondir. 

Ce qui m'intéresse maintenant, c'est plutôt de passer parmi vous et que vous me disiez, chacune et chacun, ce que vous faites. Je veux vraiment remercier l'ensemble des associations, l'ensemble des consulaires, les collectivités territoriales et, évidemment, nos militaires qui vous accompagnent, vous encadrent et, en quelque sorte, font ce travail de relais, qui est tout à la fois la transmission de valeurs, d'histoires et de savoirs et qui est la possibilité pour vous de bâtir un avenir libre. Je le disais ce matin, en étant au Sénat coutumier, l'objectif qui est le nôtre pour les années à venir, c'est aussi de donner une perspective à notre jeunesse et de dire qu'elle est au cœur du projet que nous portons. On est à un moment où on doit tous rebâtir un projet pour la Nouvelle Calédonie. Il doit être fort de cette histoire, de la paix qu'on a su préserver, mais il doit être porteur d'un avenir collectif, face au réchauffement climatique et au dérèglement, pour bâtir plus d'opportunités économiques, pour faire face aux inégalités sociales qui sont criantes, pour résoudre parfois les difficultés et les violences qu'on connaît. Ça se construit ensemble et aussi à travers ce que vous êtes collectivement en train de faire ici. 

Merci d'être là et je vais maintenant passer un moment parmi vous. Merci beaucoup. 
 

Lutter contre les effets du changement climatique

Le Président de la République s'est ensuite rendu à Touho, dans la Province Nord. Par leur implantation le long du littoral, les 2380 habitants de Touho sont confrontés à l’érosion du trait de côte.

Le Chef de l’État a pu échanger avec l’association Hô üt et des scientifiques fortement mobilisés dans la lutte contre l’érosion du trait de côte. Ils ont ensemble évoqué la question du relogement des familles victimes de l’érosion du littoral.

Revoir l'échange avec le Président :

25 juillet 2023 - Seul le prononcé fait foi

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INTERVENTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE SUR LES EFFETS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE.

Si j'essaie de sérier la stratégie qu'on peut mettre en place, d'abord, il y a l'action qu'on va intensifier ici avec l’AFD, l'IFREMER, l'IRD, l'ensemble des acteurs de recherche, l'ADEME étant aussi partie prenante, pour modéliser, anticiper et mieux connaître. L'occasion de ce déplacement annonce aussi des financements supplémentaires. 

On va conforter des instruments de recherche et d’installation de l'IFREMER ici. L'IRD est déjà présente et très installée, mais l'Agence française de développement va accroître son exposition sur ces projets pour, comme l'a dit Monsieur RIOU à l'instant, mieux connaître, mieux anticiper et mieux que ne le font aucun système. Ensuite, on va inscrire cette stratégie de manière régionale. Je pense que c'est l'intérêt de la Nouvelle-Calédonie et de toute la région, parce que c'est la cohérence, pour à la fois avoir des instruments de mesure, de recherche, de modélisation, pour pouvoir anticiper à un, deux, cinq, dix ans les phénomènes, et pour aussi mieux utiliser les compétences, le savoir-faire des peuples autochtones en lien avec ce qu'on veut faire sur la protection de la biodiversité et les conséquences du réchauffement climatique. Ça, ce sont les initiatives que nous avons déjà lancées sur lesquelles on va accroître notre financement. 

Après, il y a l'accompagnement. On a une situation transitoire où on a déjà les conséquences de ce qu'on avait insuffisamment anticipé, et on va essayer de rattraper un peu les choses. Mais on sait que les années à venir, on va avoir un accompagnement de familles importantes, et on va ensuite pouvoir de mieux en mieux anticiper. Là-dessus, il y a en effet la DRAAF qui est un instrument qu'on va mobiliser à cette fin, vous l'avez dit. Je suis prêt moi à ce qu'on y mette aussi du financement, plus les expertises, le commissariat l'a évoqué, qui sont déjà connues en soutien des collectivités. 

Après, je pense que dans le cadre du chemin futur et du projet à venir, je suis prêt à ce que l'Etat prenne aussi un engagement vis-à-vis de vous. Mais il faut que ça soit l'objet d'un consensus entre les maires, les provinces, le Gouvernement et puis les autorités coutumières, c'est qu'en quelque sorte, c'est quasiment du régalien, ce qu'on se dit là. C'est-à-dire que ce sont les éléments qui viennent dévorer une partie des terres. L'impact est tel, les conséquences sont telles, qu'il faut peut-être se doter d'un instrument exceptionnel y compris en termes financiers et de se dire, comme l'Etat l'est sur le plan militaire pour défendre le territoire, il va l'être pour accompagner. 

Alors ça ne se substitue pas à tout le travail coutumier, aux discussions entre tribus, entre clans que vous avez évoqués, mais c'est un nouveau chantier un peu exceptionnel. Si on le fait en anticipation et en concertation dans le cadre de ce projet, en tout cas, j'y suis prêt. Parce que je pense que nous savons que l'Océanie est un des territoires qui est les plus exposés à la vulnérabilité climatique. On ne peut pas dire, nous sommes là, nous sommes présents et ne pas en tirer, nous, les conséquences. On va le faire avec la région, mais on va le faire aussi pour nous-mêmes avec vous toutes et tous. On ouvre un nouveau chapitre et on va engager de nouvelles choses, mais ça doit se faire dans la concertation et le respect. Et vous aider à accélérer. En tout cas, à court terme, on fera l'ingénierie et la DRAAF. 

Merci beaucoup en tout cas. Et merci aux organismes de recherche déjà présents qui font beaucoup.
 

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