Mathieu Hérondart, président de la Cour nationale du droit d’asile, est décédé ce mercredi 6 août. Sa disparition brutale laisse les serviteurs de la Justice endeuillés.

Avant son entrée au Conseil d’Etat, en 2000 et avant de vouer sa carrière à notre Justice, cet esprit brillant et curieux s’était formé à HEC, puis à l’ENA, explorant tous les arcanes de l’entreprise, du marché et des institutions étatiques. De cet éclectisme, il ne se départit jamais. Auditeur puis maître des requêtes, il occupa dès 2004 la fonction de secrétaire général adjoint du Conseil d’État, avant d’être nommé trois ans plus tard directeur adjoint du cabinet de la garde des Sceaux, Rachida Dati. Il fit ensuite bénéficier la Chancellerie de ses talents de gestionnaire, comme secrétaire général adjoint du ministère de la Justice, jusqu’en 2013.

De la place Vendôme au Palais royal, il fut un réformateur optimiste et exigeant, un engagé estimé de ses pairs. Il démontra sans cesse sa grande technicité, tant au sein de la section du contentieux que de la section des finances, ainsi que comme secrétaire général de la Commission pour la transparence financière de la vie politique. Il mit encore sa connaissance de la justice au service du Secrétariat général du Gouvernement, de 2015 à 2016, en tant que conseiller pour les affaires constitutionnelles, puis de 2017 à 2020 comme directeur du cabinet de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. 

En juillet 2022, Mathieu Hérondart fut nommé président de la Cour nationale du droit d’asile. Il eut à cœur de défendre ce principe cher à l’universalisme français, dans un contexte géopolitique inédit, et ce malgré les tentations grandissantes de repli. Dans le fracas du monde, armé de cet esprit de réforme, il permit à la juridiction de rendre ses jugements avec précision et efficacité, tout en l’adaptant aux bouleversements internationaux et aux besoins de notre territoire. Quelle que soit la complexité humaine des enjeux qu’il avait à affronter, il ne se départait jamais de sa bonté, de sa sensibilité joyeuse et bienveillante, laissant à tous ceux qui l’approchaient un souvenir ému.

Le président de la République salue la mémoire de ce grand serviteur de l’État, et adresse ses sincères condoléances à sa femme et ses enfants, ainsi qu’à tous ses proches et collaborateurs.

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