Pascal Josèphe avait fait de la télévision la grande histoire de sa vie. Avec lui s’éteint une haute figure de l’audiovisuel français qui concevait des programmes tout à la fois populaires et exigeants.

Il avait grandi dans une famille marquée par l’engagement et le goût de la chose publique : son père, Noël Josèphe, fut maire de Beuvry puis président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. Il fut d’abord tenté de marcher dans ses pas, en étudiant à l’Institut d’études politiques de Strasbourg, mais c’est à l’École supérieure de journalisme de Lille qu’il trouva sa vocation, d’autant qu’il y croisa la route d’Hervé Bourges, qui devint son mentor et son ami.

Il accompagna ce dernier, d’abord à Radio France internationale en 1983, puis à TF1 dont Hervé Bourges devint le PDG et Pascal Josèphe le directeur de la programmation. Ensemble, ils portaient haut et fort le combat culturel d’une « télévision populaire de qualité », inventant des programmes qui sont restés gravés dans l’imaginaire des Français. De « Droit de réponse » présenté par Michel Polac à « 7 sur 7 » animé par Anne Sinclair, en passant par le Paris-Dakar, Pascal Josèphe scanda les jours et les nuits de millions de téléspectateurs, conjuguant le divertissement et la découverte, les jeux, les savoirs et la culture. Sous sa direction, TF1 retrouva sa primauté face à Antenne 2, et Pascal Josèphe lui resta fidèle jusqu’à sa privatisation en 1987.

Il devint alors directeur général de la Cinq, où il s’attela de nouveau à cette alliance de l’excellence populaire, en propulsant Nagui dans « Que le meilleur gagne » ou en diffusant « Twin Peaks ». Ce serviteur du plus grand nombre se tourna ensuite vers le service public, sur France 2 et France 3. Là encore, il imagina des programmes devenus familiers : « Le Cercle de minuit » avec Michel Field et Laure Adler, « Double Jeu » porté par Thierry Ardisson, « La Télé des Inconnus », animé par le trio d’humoristes, l’« Instit » avec Gérard Klein, « Taratata » avec Nagui, ou encore le premier rendez-vous quotidien consacré au sport, « Le Journal des sports ».

Fondateur du cabinet IMCA en 1994, il accompagna dès lors les nouveaux acteurs d’un monde en pleine mutation, nourrissait la réflexion des chaînes et des producteurs de contenus, en France et dans le monde, contribuant ainsi à forger notre paysage médiatique à l’heure du numérique. Profondément humaniste, il analysait inlassablement le devenir de la télévision et tentait de faire advenir ce qu’elle porte de meilleur : c’est pourquoi il s’engagea au sein de l’Observatoire de la diversité du Conseil supérieur de l’audiovisuel et se porta candidat à la présidence de France Télévisions en 2015.

Il avait aussi hérité d’Hervé Bourges son engagement et sa passion pour l’Afrique qui l’ont mené à accompagner la création et le développement de nombreux acteurs de l’audiovisuel public sur ce continent. Plus récemment, il œuvrait à la fondation de Plumm, un média dédié aux cultures de la Méditerranée, à la création et la jeunesse, où qu’elles se trouvent.

Pascal Josèphe, qui fut chargé de l’information à la mairie de Lille au tout début de sa carrière, en avait tiré un livre, co-écrit avec Jean-Pierre Muret, Communiquer avec les citoyens dans la commune. Mais tout au long de sa vie, c’est avec toute la nation que cet homme de médias et fervent défenseur de notre exception culturelle tâchait de communiquer, pour rassembler, informer, éclairer, élever.

Le Président de la République et son épouse saluent cette figure brillante de notre paysage médiatique, qui nous a offert en partage des programmes, des savoirs et des souvenirs restés dans les têtes et les cœurs. Ils adressent à sa famille, ses collaborateurs et ses proches ses condoléances sincères. 

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