La politique française perd aujourd’hui précocement l’un de ceux qui la servaient avec le plus grand dévouement : Olivier Léonhardt se donna corps et âme à la gestion de la ville dont il fut maire, Sainte-Geneviève-des-Bois, et au territoire dont il fut sénateur, l’Essonne, avant d’être emporté par une longue maladie à 58 ans.

Ses convictions s’étaient forgées dès son adolescence. Il était encore élève au lycée Turgot que, déjà encarté au parti socialiste, il se passionnait pour la campagne de François Mitterrand. Étudiant, il fit ses classes de militantisme en adhérant à un syndicat rocardien, ferrailla contre la réforme des universités de 1986, et, surtout, trouva dans l’aventure SOS Racisme ceux qui allaient devenir ses camarades de combat pour l’égalité et la fraternité, au premier rang desquels Harlem Désir et Julien Dray.
Lorsque ce dernier devint député de l’Essonne, Olivier Léonhardt le suivit comme assistant parlementaire basé dans la circonscription. Découvrant les immenses enjeux sociaux de ce territoire aux confins de Paris et souhaitant donner corps et sens à ses combats, il se présenta en 2001 aux municipales de Sainte-Geneviève-des-Bois, qu’il remporta. Baptême électoral d’une longue histoire d’engagement et de confiance entre un maire reconnu par ses pairs et les 35 000 Génovéfains, qui l’apprécièrent seize années durant. Il ne comptait ni son temps ni son énergie, consacrant des heures à écouter ses administrés et à les accompagner dans leur quotidien. 
Avec un idéalisme qui méprisait les querelles de faction et les intrigues de parti, il suivait ses propres points cardinaux, la mobilité sociale, la lutte contre la délinquance, la protection des plus fragiles, le désenclavement géographique, bataillant pour améliorer la desserte du RER C.
Lorsqu’il troqua l’écharpe de maire pour celle de sénateur de l’Essonne en 2017, il porta dans la chambre haute la même largeur de vue. Il veilla notamment à faire du Grand Paris non pas une extension de la capitale mais un facteur d’équilibre pour toute la région, ancré dans la transition écologique et l’harmonisation sociale.

Le Président de la République est touché de la perte de ce grand serviteur de l’intérêt général. Il adresse ses condoléances attristées à sa femme, à ses trois filles, à tous les Essonniens et en particulier aux Génovéfains qui estimaient leur élu comme un homme de valeur et l’aimaient comme un homme de cœur.

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