Publié le 2 novembre 2021

Communiqué conjoint sur le Partenariat international pour une transition énergétique juste.

L’Allemagne, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Union européenne lancent une initiative historique avec l’Afrique du Sud, le Partenariat international pour une transition énergétique juste. 

Les gouvernements de l’Afrique du Sud, de l’Allemagne, des États-Unis d'Amérique, de la France et du Royaume-Uni, ainsi que l’Union européenne, ont annoncé aujourd’hui le lancement d’un nouveau Partenariat pour une transition énergétique juste, ambitieux et de long terme, pour appuyer les efforts de décarbonation de l’Afrique du Sud. 

Ce partenariat a pour objectif d’accélérer la décarbonation de l’économie sud-africaine, en mettant l’accent sur le système électrique, pour aider le pays à atteindre les objectifs ambitieux en matière d’émissions fixés dans sa contribution déterminée au niveau national actualisée. 

Il mobilisera un engagement initial de 8,5 milliards de dollars pour la première phase de financement, grâce à différents mécanismes comprenant des subventions, des prêts concessionnels, des investissements et des instruments de partage des risques, notamment pour associer le secteur privé. 

Il est prévu que le partenariat permette d’éviter jusqu’à 1 à 1,5 gigatonne d’émissions au cours des vingt prochaines années et aide l’Afrique du Sud à abandonner le charbon et à accélérer sa transition vers une économie à faibles émissions et résiliente face aux changements climatiques. 

Le Président Cyril Ramaphosa, chef d’État de l’Afrique du Sud, a fait part de son soutien à cette déclaration : 

« L’Afrique du Sud salue l’engagement pris dans la Déclaration politique de soutenir la mise en œuvre de sa contribution déterminée au niveau national révisée, qui traduit l’effort ambitieux de notre pays pour soutenir la lutte contre les changements climatiques au niveau mondial. Nous espérons que ce partenariat à long terme pourra servir de modèle pertinent de soutien des pays développés aux pays en développement dans le domaine de l’action pour le climat, reconnaissant l’importance d’une transition juste vers une société sobre en carbone et résiliente face aux changements climatiques, qui favorise l’emploi et améliore les conditions de vie. »

Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni, a salué cette annonce :

« Ce partenariat changera la donne et sera un exemple de la façon dont les pays peuvent travailler ensemble pour accélérer la transition vers des énergies et des technologies propres et vertes. 
Si nous voulons atteindre notre objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, il est indispensable d’abandonner le charbon au niveau mondial. Le Royaume-Uni est déterminé à travailler avec l'Afrique du Sud et nos autres partenaires pour favoriser une transition juste et équitable permettant l’abandon du charbon. » 

Joseph R. Biden, Président des États-Unis d'Amérique, a ajouté : 

« Les États-Unis annoncent, avec l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Union européenne, un nouveau partenariat avec l’Afrique du Sud pour l’aider à mener plus rapidement la transition vers une économie fondée sur les énergies propres. L’Afrique du Sud est actuellement l’émetteur le plus important en Afrique, en raison de sa forte dépendance au charbon pour la production d’électricité. En fermant les centrales à charbon sud-africaines plus tôt que prévu, en investissant dans des solutions de production d’électricité propre pour la population du pays et en favorisant une transition équitable et solidaire dans le secteur du charbon sud-africain, nous menons à bien l’engagement pris par les partenaires du G7 en Cornouailles d’accélérer la transition menant à l’abandon du charbon dans les pays en développement. » 

Emmanuel Macron, Président de la République française, a déclaré : 

« Ce nouveau partenariat mobilise un soutien très significatif pour l’ambitieux projet de décarbonation de l’Afrique du Sud en faveur d’une transition énergétique juste. Il bénéficiera de la coopération ancienne entre la France et l’Afrique du Sud dans le cadre de l’action de l’Agence française de développement. Et nous espérons qu’il deviendra la norme pour mettre en place d’autres partenariats de ce type à l’avenir. La France se tient prête. » 

Angela Merkel, chancelière de la République fédérale d’Allemagne, a déclaré :

« Je me réjouis que l’Allemagne participe à ce partenariat important avec l’Afrique du Sud et que nous puissions partager notre expérience en matière de transition juste. Nous sommes déterminés à soutenir la décarbonation de la production électrique de l'Afrique du Sud ainsi que le développement de nouvelles possibilités économiques pour les populations touchées. » 

Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, a indiqué :

« Ce partenariat est une première mondiale et pourrait devenir un modèle de soutien à une transition juste dans le monde entier. En unissant nos forces, nous pouvons accélérer l’élimination progressive du charbon dans les pays partenaires, tout en soutenant les populations vulnérables qui dépendent du charbon. Permettre une transition juste est une priorité pour l’UE, tant en son sein que dans les pays étrangers. » 

Réaliser cette ambition aura des effets sur les communautés et les travailleurs du secteur minier. Le partenariat reconnaît qu’il est important d’appuyer les efforts déployés par l’Afrique du Sud pour mener une transition juste qui soutienne les travailleurs et les groupes vulnérables qui seront touchées, en particulier les mineurs du secteur du charbon, les femmes et les jeunes, au cours de l’évolution de l’économie sud-africaine. 

Il œuvrera à identifier des possibilités de financement des évolutions techniques innovantes et des investissements, y compris s’agissant des véhicules électriques et de l’hydrogène vert, afin de permettre la création d’emplois verts et de qualité. 

L’annonce faite aujourd’hui est un exemple puissant d’action menée grâce à une coopération internationale entre une économie émergente et des partenaires internationaux pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Le partenariat est ouvert à d’autres pays souhaitant apporter une contribution financière, donnant ainsi un nouvel élan à la transition vers des énergies propres de l’Afrique du Sud. 

La déclaration politique publiée ce jour marque le début d’un processus. Les dispositions opérationnelles du partenariat seront élaborées en détail au cours des mois qui viennent. 


 

2 novembre 2021

Déclaration des gouvernements de la République d’Afrique du Sud, de la République fédérale d’Allemagne, des États-Unis d'Amérique, de la République française, du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et de l’Union européenne.

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1. Conscients de la nécessité d’accélérer notre action pour atteindre les cibles et les objectifs de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et de l’Accord de Paris, y compris les objectifs à long terme relatifs à l’atténuation, à l’adaptation et au financement, pour prévenir les effets les plus graves des changements climatiques sur nos pays, nos populations et l’environnement ; 

2. Notant que pour limiter les effets des changements climatiques, la communauté internationale doit collectivement diminuer de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et parvenir à zéro émission nette de dioxyde de carbone au niveau mondial d’ici à 2050, tout en réduisant fortement les autres émissions de gaz à effet de serre ; 

3. Soulignant l’urgence qui en découle de décarboner les systèmes énergétiques en accroissant l’efficacité énergétique et en accélérant l’abandon de l’énergie à base de charbon et le déploiement des énergies renouvelables ; 

4. Reconnaissant qu’un financement durable de la part des pays développés, des institutions multilatérales et des investisseurs est nécessaire pour améliorer le soutien à une transition en Afrique du Sud ; 

5. Soulignant la nécessité d’une transition juste, équitable et solidaire pour les travailleurs et les groupes touchés, afin que tous soient protégés contre les risques et bénéficient des possibilités offertes par cette transition et que personne ne soit laissé de côté ; 

6. Confirmant que le processus de transition doit être fondé sur la pleine participation des partenaires sociaux et des entreprises à des programmes ciblés de reconversion et de formation, créant des emplois et offrant d’autres formes de soutien pour faire en sorte que les travailleurs soient les principaux bénéficiaires de notre transition vers un avenir plus vert ; 

7. Reconnaissant que l’Afrique du Sud soit confrontée à des enjeux de développement importants, y compris la pauvreté, les inégalités et le chômage, qui ont été aggravés par les effets de la pandémie de COVID-19 ; 

8. Reconnaissant que ce pays ait besoin d’une transition qui soit juste, en particulier parce que plusieurs secteurs importants de son économie pourraient être affectés négativement par cette transition si elle ne l’est pas, y compris les secteurs minier, énergétique, de l’industrie et des transports ; 

9. Saluant dans ce contexte la soumission par l’Afrique du Sud d’une contribution déterminée au niveau national revue à la hausse et ambitieuse, qui renforce la contribution du pays aux objectifs d’adaptation et d’atténuation de l’Accord de Paris ;

10. Reconnaissant les progrès accomplis par le gouvernement de la République d’Afrique du Sud, ainsi que l’impulsion donnée par Eskom, les partenaires sociaux, les entreprises, la société civile et les autorités locales, pour parvenir aux objectifs de zéro émission nette fixés dans la Stratégie de développement à faibles émissions à long terme de l’Afrique du Sud ; 

11. Notant que l’Afrique du Sud a l’intention de démanteler et de réaffecter ou de convertir ses centrales électriques au charbon, d’investir dans de nouvelles capacités de production à faibles émissions comme les énergies renouvelables, d’accroître son efficacité énergétique et de rechercher une industrialisation verte, comme l’utilisation de technologies vertes dans l’industrie et un passage à la production de véhicules électriques ; 

12. Accueillant les possibilités offertes par l’innovation industrielle de créer des emplois verts et de qualité, d’augmenter la production d’énergie renouvelable et d’entraîner une croissance économique durable pour une économie sud-africaine résiliente et à zéro émission nette ; 

13. Reconnaissant que l’Afrique du Sud se voit offrir une possibilité sans précédent de devenir un acteur moteur de la transition énergétique juste et qu’il est important de collaborer au niveau international ; 

14. Reconnaissant également la nécessité d’une coopération à long terme, en adéquation avec le calendrier de la transition énergétique juste de l’Afrique du Sud ; et 

15. Reconnaissant les engagements pris par les pays développés d’apporter un soutien, y compris financier, aux efforts d’atténuation et d’adaptation des pays en développement ; 

16. Décident de mettre en place un partenariat ambitieux à long terme pour soutenir l’Afrique du Sud dans sa trajectoire vers un développement résilient face aux changements climatiques et à faibles émissions, accélérer la transition juste et la décarbonation du système électrique et créer de nouvelles possibilités économiques telles que l’hydrogène vert et les véhicules électriques, parmi d’autres moyens de contribuer au virage de l’Afrique du Sud vers un avenir sobre en carbone. 

17. De créer un groupe de travail ouvert comprenant l’Afrique du Sud et les partenaires internationaux pour encourager : 

a. l’accélération de la décarbonation du système électrique sud-africain afin d’atteindre l’objectif le plus ambitieux possible au sein de la fourchette prévue par la contribution déterminée au niveau national de l’Afrique du Sud, en fonction des ressources disponibles ;

b. les efforts de l’Afrique du Sud pour mener une transition juste et protectrice des travailleurs et des groupes vulnérables, en particulier des mineurs du secteur du charbon, des femmes et des jeunes, qui pâtissent de l’abandon du charbon ; 

c. les efforts sud-africains déterminés au niveau national pour gérer durablement et avec succès la dette d’Eskom, définir le rôle du secteur privé et créer un environnement favorable par une réforme du secteur de l’électricité comprenant des mesures comme le dégroupement et l’amélioration de la perception des recettes ; 

d. les chaînes de valeur locales (notamment les micro, petites et moyennes entreprises) afin qu’elles bénéficient de possibilités économiques dans de nouveaux domaines ; et 

e. les occasions d’innovation technologique et d’investissement privé pour stimuler la création d’emplois verts et de qualité dans le cadre d’une économie prospère à faibles émissions. 

18. De mobiliser, sous réserve d’un accord concernant le cadre d’investissement et dans le respect des procédures budgétaires et du consensus sur l’utilisation des fonds et les modalités de fourniture des financements, un montant initial d’environ 8,5 milliards de dollars dans les trois à cinq ans à venir grâce à l’association des instruments financiers adéquats, notamment des subventions multilatérales et bilatérales, des prêts concessionnels, des garanties et des investissements privés, à un soutien technique pour permettre une transition juste dans la perspective d’un engagement à plus long terme. 

19. D’étudier des sources de financement supplémentaires et de mobiliser ou de faire participer d’autres partenaires internationaux pour apporter un soutien accru aux ambitions sud-africaines. 

20. Le présent partenariat témoigne de la volonté des pays développés comme des pays en développement de coopérer sur un enjeu majeur pour l’humanité. 


 

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