Entièrement remanié en 1807 à l’arrivée des Murat, ce salon fut pensé comme la salle de réception principale du palais. Son vaste espace, formé de la réunion de deux pièces, fut alors orné d’un décor militaire prestigieux, suivant la vogue de l’Empire, formé de cinq tableaux. 

Trois d’entre eux y sont toujours. Sur l’une des toiles figure le Tibre, victorieusement franchi par Murat et sa cavalerie lors de la campagne d’Italie. L’autre montre le Rhin, surplombé par le château de Benrath, résidence de Murat. L’ensemble était complété par deux autres tableaux, qui ont disparu au XIXe siècle.

Entre les deux fenêtres qui donnent sur les jardins est peinte la colonne Vendôme surmontée de la statue de l’empereur Napoléon Ier, beau-frère de Joachim Murat. 

Salon Murat © Présidence de la République - Adagp, Paris, 2021

S’il fut avant tout un lieu de réception, ce salon fut le théâtre de plusieurs moments politiques cruciaux, comme le 10 décembre 1848, où il fut réquisitionné par le maire du 8e arrondissement de Paris pour servir de bureau de vote lors des premières élections présidentielles françaises, remportées par Louis-Napoléon Bonaparte.

C’est également ici que fut signé en janvier 1963 le traité de l’Élysée entre Charles De Gaulle et le chancelier Adenauer, acte fondateur de la réconciliation franco-allemande après la Seconde Guerre mondiale.