Publié le 10 juin 1981

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception du corps diplomatique, Paris, Palais de l'Élysée, mercredi 10 juin 1981.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception du corps diplomatique, Paris, Palais de l'Élysée, mercredi 10 juin 1981.

10 juin 1981 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur Le nonce,
- Mesdames, messieurs les ambassadeurs,
- mesdames,
- messieurs,
- Je tiens à vous remercier, en premier lieu, monsieur Le nonce, pour les félicitations que vous venez de m'adresser au nom du corps diplomatique et des encouragements que vous m'avez prodigués.
- En vous recevant, mesdames et messieurs les ambassadeurs, quelques jours, semaines, après que le peuple français m'ait choisi pour assumer les hautes fonctions de Président de la République, j'ai voulu à la fois souscrire à une tradition et vous indiquer par quel esprit j'entends désormais que les relations extérieures de la France soient inspirées.
- Jamais la communauté internationale dont vous êtes ici les représentants n'a compté autant de membres souverains, désireux de faire entendre leur voix dans le concert international.
- La France entend établir ou approfondir avec chacun des états que vous représentez ici, quelles qu'en soient la culture, la langue et les options, un dialogue franc.
- Elle tiendra à chacun un même langage. Un langage ferme quant à sa souveraineté, sa sécurité, ses intérêts et le respect de ses alliances. Mais un langage ouvert à l'immense rumeur du monde qui veut naître et à l'aspiration de deux milliards d'êtres qui veulent voir reconnue et concrètement garantie leur propre dignité `tiers monde`.
- C'est le devoir de la France que de redire inlassablement contre l'éternelle tentation de la force, les grands principes qui ont nom : respect de l'indépendance des peuples, de leur droit à déterminer leur destin et à régler leurs problèmes eux-mêmes £ respect du droit des gens £ préférence donnée à la négociation sur l'affrontement.
- Ce sera notre honneur à tous de favoriser dialogue et compréhension entre les cultures, de travailler à l'établissement, dans l'intérêt mutuel des pays industrialisés et des pays en voie de développement, d'un ordre mondial plus équitable. Tels sont en effet au-delà du nécessaire effort de défense `nationale`, les vrais facteurs de la paix.\
De cette politique extérieure, de ces efforts de la France, vous serez mesdames et messieurs les membres du corps diplomatique accrédités à Paris, les médiateurs, les partenaires privilégiés.
- Je forme le voeu que les liens personnels que vous tisserez, vous qui vivez ici à Paris avec vos familles, facilitent notre compréhension mutuelle.
- Mes voeux vont aussi aux communautés étrangères originaires de certains des pays que vous représentez et qui vivent nombreuses sur notre sol qui doit être pleinement une terre d'accueil.
- Tout au long de votre mission, mesdames et messieurs les ambassadeurs, vous trouverez en M. le Premier ministre, en M. le ministre des relations extérieures, MM. les ministres de la Coopération, des Affaires européennes, en MM. les ministres délégués, en mes collaborateurs et en moi-même, des interlocuteurs attentifs et des responsables épris de coopération et de paix.
- Je suis heureux d'avoir pu vous dire, vous adresser, ces paroles, ce salut d'amitié et d'espoir alors qu'au nom du peuple français j'entre dans les fonctions qui sont les miennes.
- Merci.\

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