Le Président de la République s'est rendu en Gironde le lundi 27 juillet 2026.

À son arrivée au centre opérationnel départemental d’incendie et de secours de Bordeaux, le chef de l’État a assisté à un point de situation.

Revoir le point de situation : 

Le Président Emmanuel Macron est ensuite allé à la rencontre des forces mobilisées afin de leur adresser le soutien de la Nation.

Revoir la prise de parole :

27 juillet 2026 - Seul le prononcé fait foi

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Remerciement du Président de la République à toutes les forces qui luttent contre les incendies en Gironde et dans le pays.

Emmanuel MACRON

Écoutez, d'abord, je suis là auprès de vous pour vous dire le soutien de toute la nation, et avec le ministre de l'Intérieur évidemment, de tout le Gouvernement face à ce que vous subissez. Et la première chose, c'est évidemment une pensée pour les deux collègues qui sont tombés il y a quelques jours et que leur famille et vous allez enterrer comme il se doit.

Je veux ici redire le soutien de toute la nation pour eux et pour vous. Voilà. Et je voulais vous remercier tout particulièrement parce que, les heures qui ont suivi, vous avez été au combat sans attendre et vous avez été au rendez-vous. Et on vous doit beaucoup. Donc merci infiniment pour ça.

Je suis là d'abord pour évidemment vous dire merci, dire merci à Madame la préfète de région, à l'ensemble des autorités préfectorales et des services de l'État. Remercier nos élus évidemment mobilisés à leurs côtés. Je sais qu'il y a beaucoup de maires qui ont des populations ici traumatisées, qui ont été déplacées parfois, qui ont tout perdu. Je sais l'angoisse qu'il y a, l'effet de sidération, la peur qui existe encore, la colère qui est là aussi et qu'on voit. Je ne la sous-estime pas et vous tenez tous, et c'est très important dans ce moment-là. Je veux remercier vraiment l'ensemble de nos pompiers, de nos sapeurs-pompiers, nos forces de sécurité civile sous l'autorité du ministre et du directeur général qui sont ici présents. Remercier l'ensemble des collègues militaires qui ont prêté main-forte. On a plus de 1 500 militaires qui se sont déployés à vos côtés.

Remercier évidemment nos policiers et nos gendarmes qui ont aidé à déplacer les populations, à protéger, qui, en complément de tout le travail de nos forces de sécurité civile, ont été là. Je les remercie infiniment. Évidemment, toutes les forces du SDIS à vos côtés, Monsieur le président, et tout ce qui a été fait. Et je veux remercier nos soignants qui ont aussi été mobilisés, qui sont là avec, je le sais aussi, beaucoup de personnes qui sont en grande vulnérabilité. Saluer aussi le soutien qui est apporté à nos maires, à nos élus, qui ont eux-mêmes accueilli des personnes en grande vulnérabilité, et que vous soignez, que vous nourrissez. Et vraiment, je remercie tous les maires qui ont accueilli des populations ainsi vulnérables et qui ont été au rendez-vous pour les rassurer.

Puis je veux remercier l'ensemble des services de l'État mobilisés. J'ai vu évidemment aussi nos douaniers, tous les services, à côté des services des collectivités territoriales, départements, régions et mairies. Et puis, je veux aussi remercier les bénévoles, qui se sont mobilisés auprès de vous, et la Croix-Rouge est là, comme toujours, au rendez-vous. En disant cela, je veux aussi vraiment dire toute notre gratitude pour le soutien. On a une chaîne de solidarité. Quand j'ai appelé les maires, ils me l'ont tous dit, et on l'a vu et cela nous a été témoigné, au-delà de ce qui a été fait et de ce que vous faites, on a cette solidarité évidemment de nos compatriotes, on a cette solidarité de nos agriculteurs qui sont mobilisés sans compter, une fois encore.

A Fontainebleau, malheureusement, il y a quelques jours, c'était pareil, et c'est formidable. Et ça, merci infiniment pour ce qui a été fait. Parce que je sais que la vie est dure, qu'il y a aussi de l'angoisse, qu'il y a des récoltes perdues, que le carburant est cher. Eh bien, malgré tout ça, sans compter. Je veux remercier nos entrepreneurs de travaux publics, qui ont été là, et dire combien nos forestiers, DFCI, ont joué un rôle essentiel. Et à leurs côtés, ils ont mobilisé, mais on les connaît bien, on était ensemble déjà en 2022. L'ensemble des services forestiers, de nos forestiers, ont joué un rôle formidable. Je veux vraiment leur dire un grand merci, à nos DFCI, et remercier l'ensemble des entreprises de travaux publics qui se sont mobilisées.

Et puis nos commerçants, nos artisans, nos entrepreneurs qui ont été là et avoir un merci pour la solidarité nationale et internationale. On a là beaucoup de fonctionnaires, de hauts fonctionnaires qui sont venus du territoire entier pour prêter main-forte. C'est très important. Le ministre a décidé, dès le début, et il va continuer, et c'est clé. Donc merci à tous les territoires. On a eu une vraie opération, comme dit le ministre et le directeur général, des taxis de la Marne, qui a été faite là ces derniers jours, où vous avez des collègues de la France entière qui sont venus prêter main-forte pour avoir des colonnes qui se sont mises en place face au feu.

Donc je remercie vraiment tous les collègues de la France entière qui sont là. On en a croisé quelques-uns, mais même tous ceux qui sont présents. Et je voudrais évidemment remercier nos amis européens qui se sont mobilisés parce qu'on a mis en place il y a quelques années cet instrument de solidarité européenne. On l'a fait au début pour aider beaucoup de nos amis européens qui étaient très touchés et qui avaient des feux très durs. Et maintenant, vous voyez, on le sollicite. Ça nous est arrivé ces dernières années. Et ça fonctionne admirablement. Et on a une douzaine d'aéronefs qui sont venus nous apporter de l'aide. Et pour ça, merci beaucoup. C'est extrêmement important. Voilà. Donc ces mercis viennent vraiment du fond du cœur et j'exprime les mercis de la Nation tout entière en vous disant cela. Je sais que ces derniers jours ont été très éprouvants. Ils ont été éprouvants à cause évidemment du drame qui est advenu. Je sais combien il a touché tout le monde, et au premier chef, les familles. Et on est là et on sera là. Et il est éprouvant parce qu'il faut bien voir qu'on est confrontés à un feu totalement inédit. On a la situation aujourd'hui qui est la plus dure qu'on ait jamais mesurée, la plus dure depuis la deuxième guerre mondiale. On a plus de 160 000 hectares qui ont été brûlés d'ores et déjà, et la saison est loin d'être terminée. Et c'est beaucoup plus que ce qu'on avait enregistré ces dernières années, de manière record. C'est dû à une très grande sécheresse qui s'est passée évidemment ces dernières semaines, qui a asséché beaucoup de nos massifs, qui a enlevé de l'humidité, qui a créé beaucoup plus de vulnérabilité. Et on le sait, ça a été le cas à Fontainebleau, c'est le cas aujourd'hui ici.

On a aussi le Var, la Corse qui sont touchés. On a le Tarn qui est encore touché. Je pense qu'il faut qu'on soit lucides. Les semaines à venir seront dures, mais on doit tenir. Et donc là, on va tenir dans les jours à venir. Et évidemment, la clé, c'est l'urgence. Donc résister. Et donc la clé, c'est tout ce qu'on va apporter encore en soutien auprès de l'ensemble des forces sous l'autorité de madame la préfète et auprès évidemment du ministre et du directeur général pour continuer de stabiliser ce feu comme vous êtes en train de le faire, de pouvoir vraiment ensuite le fixer, et puis le battre définitivement. Mais ça prendra, on le sait, du temps.

Et je crois que ce qui a été fait ces dernières heures dans les zones les plus sensibles a été clé. Maintenant, il faut rester humble. On a des conditions météorologiques qui sont très dures. La température va remonter. Les vents sont là. Et on a ce phénomène très rare de pyrocumulonimbus, dont vous avez entendu parler, mais qui nous expose beaucoup à des sauts de ce feu. Et donc je veux juste dire ici quel est l'état des choses. Les 24 dernières heures, ça s'est bien passé grâce à votre travail, grâce à ce qui a été fait évidemment par le travail des moyens aériens, mais je dirais aussi avant toute chose par les colonnes qu'on a mises en place et le travail de terrain.

C'est le modèle à la française et il marche, et c'est celui qui vraiment permet de stabiliser un feu. Et c'est ce que vous avez fait. Et donc c'est ça qu'il faut consolider dans les prochaines heures et les prochains jours, avec sans doute demain qui sera plus compliqué qu'aujourd'hui. Cette bataille, on va la gagner ensemble et on mettra tout ce qu'on peut. Et on adaptera les besoins et on continuera d'innover à vos côtés pour gagner cette bataille. Et ça, c'est la priorité des priorités et ce que vous avez formidablement fait et qu'on va continuer de faire. Et je le dis parce que je sais que c'est parfois difficile à entendre, mais la priorité, c'est évidemment les vies. Donc quand il faut déplacer pour sauver des vies, on déplace. Quand il faut sacrifier de la forêt ou parfois des biens matériels pour sauver des vies, on le fait. Mais grâce à vous, à date, pour autant qu'on le sache, on n'a pas, au-delà malheureusement de nos trois sapeurs-pompiers qui sont tombés, depuis le début de la campagne, dont l’un en Haute-Savoie, vous avez protégé toutes les vies. Et la mission, vous l'avez tenue.

Donc c'est ça qu'on va continuer de faire, gagner la bataille contre ce feu, et on sait que ça va prendre du temps, et puis continuer la bataille dans les autres territoires. En parallèle de ça, il y a évidemment tout ce qu'on va faire avec les populations qui ont été déplacées, plus de 200 000, c'est énorme. Et donc continuer à apporter le soutien. Je remercie encore une fois nos maires et tous les services des collectivités territoriales et de l'État qui sont en soutien, leur apporter les soins, leur apporter évidemment la nourriture et permettre, dès que les conditions le permettront, de revenir chez eux. Mais ça, ça se fera en bon ordre, pour autant qu'on le peut. Et donc on va apporter ce soutien-là, il est nécessaire, et le soutien psychologique pour accompagner qu'il ne faut pas négliger, et protéger.

Je veux ici dire aussi aux maires qu'on va évidemment les accompagner dans la durée, parce que je sais aussi combien, pour eux, c'est très dur, et ils ont à faire face à la peur d'abord, à des évacuations qui sont faites de nuit, à de l'impatience aujourd'hui, à de la colère qui va aussi arriver auprès de gens qui ont parfois tout perdu ou qui voudraient qu'on fasse ceci ou cela différemment. Mais il faut rester unis dans ce moment-là. Il faut rester unis, c'est la priorité.

On a activé, en parallèle de ça, une cellule de suivi économique. Sous l'autorité des ministres de l'Économie et du Commerce, on va accompagner l'ensemble évidemment des secteurs économiques qui sont touchés parce qu'ils ne peuvent pas travailler ou parce qu'ils ont perdu des biens. Et donc de l'agriculture au commerce en passant par les industriels, tout ce travail est lancé. Il va être coordonné de manière quotidienne, échelon local, échelon national. On met en place les protocoles, y compris aussi pour l'impact touristique parce qu'on sait qu'il y a plusieurs communes qui sont touchées, qu’il y avait évidemment des acteurs touristiques qui attendaient des revenus. Ça arrive en pleine saison. On va accompagner, comme on l'avait fait à La Teste et ailleurs il y a 4 ans. Ce dispositif est mis en place. Il va aussi être aménagé. Et puis, on a mis en place les cellules également pour activer les assurances, les mécanismes d'assurance, pour que tout de suite, on ait les réponses les plus rapides.

Et puis là, de manière spécifique, on a un peu plus de 200 maisons qui ont été brûlées. Et donc, on va tout de suite mettre en place aussi le système, je le dis parce qu'on gère tout avec des échelles de temps un peu différentes, c'est normal, mais je veux aussi vous donner des perspectives. On va continuer de mener cette bataille, mais on va d'ores et déjà lancer les travaux pour accompagner les familles, les communes, l'ensemble de ceux qui ont tout perdu, pour permettre des relogements, et puis aussi pour leur redonner l'espoir, et permettre de reconstruire derrière.

Il y a un point de vigilance qu'on continue d'avoir aujourd'hui et qu'on aura demain, c'est également pour les plus vulnérables et ailleurs, deux choses sur lesquelles je veux insister. La qualité de l'air. Alors évidemment, on subit la conséquence de ces feux et des vents, et donc on va continuer d'apporter la bonne réponse sous l'autorité de la préfète, des autorités sanitaires locales, des expertises, avec tous nos soignants qui sont là, mais de protéger les plus vulnérables, d'apporter les équipements pour tous les plus vulnérables, parce que c'est clé.

Et l'autre, c'est le suivi psychologique, parce qu'il y a beaucoup de gens très traumatisés. Donc aujourd'hui et demain, on va vraiment s'assurer qu'on suit tout le monde, et c'est très important, et ce dans la durée. Je ne veux pas être plus long.

Mon dernier point, c'est qu'au-delà de ça, on aura à faire le retour d'expérience de tout ça, mais on le fera en bon ordre et au bon moment. Je le dis parce que c'est normal, on vit dans un monde où tout se passe en même temps, où il y a les réseaux sociaux, où tout le monde parle en même temps. Je préfère être clair. Tout le monde est déployé. On doit tous être derrière vous. On doit tous être derrière les combattants du feu, ceux qui protègent, les soignants, les bénévoles. Le temps viendra des retours d'expérience, mais on ne fait pas le retour d'expérience en plein milieu de la bataille. On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout où elle est à mener.

Derrière, on aura à replanter, rebâtir, et c'était très bien dit par la DFCI, mais on devra, on le sait, replanter et rebâtir une forêt différente, parce que cette forêt n'est pas la même, parce que les conditions structurelles de changement climatique dans lesquelles on va vivre, parce qu'aussi la pression de l'habitation et du tourisme qui s'est déployée ces dernières décennies a changé. Donc ça, on sera là aussi pour, dans la durée, être à vos côtés.

Voilà ce que je voulais vous dire. Plein soutien de la Nation tout entière, mobilisation du Gouvernement à vos côtés. On sera là et on va gagner tous ensemble cette bataille. Et on sera là aussi dans la durée. Et donc les ministres, sous l'autorité du Premier ministre, viendront là dès que les conditions le permettront pour venir faire le suivi de tout ça et aider aussi à résister, à restabiliser, et puis à reconstruire et à apporter les réponses structurelles, parce qu'on sait qu'il y en aura un jour d'après, et il sera forcément différent. Et la Nation sera aux côtés du territoire, des élus, de l'ensemble des forces vives et des plus vulnérables.

Mais merci du fond du cœur pour votre courage, votre mobilisation, votre abnégation et votre sens de l'engagement. Je suis très fier de ce que vous faites et de ce que vous avez fait ces derniers jours et de tout cœur à vos côtés pour les heures et les jours à venir.

Vive la République et vive la France.

Le chef de l'État a aussi échangé avec plusieurs élus du département pour les remercier de leur engagement de chaque instant.

Il a réaffirmé le plein engagement de l’État pour faire face à la saison exceptionnellement intense de feux de forêt sur le territoire national.

Revoir le micro-tendu :

27 juillet 2026 - Seul le prononcé fait foi

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Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis le centre opérationnel départemental d'incendie et de secours de Gironde.

Emmanuel MACRON

Je voulais ce soir vous dire le soutien et la solidarité de la nation tout entière pour ce territoire si durement touché. On est ici à Bordeaux. Remercier évidemment le ministre de l'Intérieur et le directeur général, Madame la préfète et l'ensemble de nos sapeurs-pompiers. Je veux ici dire que nous n'oublions pas nos deux sapeurs-pompiers qui sont morts dans ce combat contre le feu il y a quelques jours, l'ensemble de leurs frères d'armes sont tout de suite repartis au combat pour lutter contre ce feu totalement inédit. Et donc notre pays est touché, évidemment ici en Gironde, dans les Landes, dans le Tarn, dans le Var, en Corse, dans plusieurs autres territoires.

Un feu qui prend une nature inédite par son ampleur, 116 000 hectares depuis le début de cette saison des feux, ce qui est inédit et un record depuis la Deuxième Guerre mondiale, et un feu particulièrement virulent ici en Gironde. Au moment où je vous parle, le feu est fixé, ce qui est une bonne nouvelle, dans les Landes, mais on continue de se battre. Il a été stabilisé, comme on dit, mais il continue d'être virulent. Il faut être extrêmement prudent pour les prochaines heures et les prochains jours dans notre département ici de Gironde. Et donc je veux ici redire tout notre soutien, notre soutien évidemment à nos sapeurs-pompiers, à l'ensemble de nos forces de sécurité civile, aux militaires qui sont venus les soutenir, à l'ensemble des soignants, aux forces de gendarmerie et de police qui se sont mobilisées, et à toutes les forces vives qui sont venues aider. Soutien entier, nous gagnerons ce combat pour protéger.

Durant tous ces derniers jours, le travail qui a été fait a été un travail remarquable pour protéger les populations civiles. Et je veux aussi saluer nos maires qui ont eu parfois beaucoup de populations déplacées, qui ont accueilli d'autres populations. Je les sais aussi extrêmement mobilisés avec beaucoup de bénévoles. Je veux également avoir un mot pour dire le soutien et la solidarité de la nation pour celles et ceux qui sont déplacés, qui depuis plusieurs jours sont sur des lits picots, dans des gymnases, qui vivent, je le sais, dans l'angoisse, dans la peur. On a eu plus de 200 000 personnes qui ont été déplacées, des touristes, mais aussi des résidents dont on a pris soin, ce sont des vies qu'on a sauvées, mais évidemment dans des conditions très difficiles. Et donc on va tout faire pour qu'ils puissent, dans les meilleurs délais, mais en toute sécurité, revenir chez eux. Voilà l'état de la situation.

Et donc une avancée et un feu contenus, fixés dans les Landes, une situation qui est encore très difficile en Gironde. Le maximum des moyens sont mis en place. On a ici des sapeurs-pompiers de la France entière qui ont été déployés, une vingtaine de colonnes de feu, des moyens aériens inédits, plus de 1 500 militaires qui ont été déployés. On va continuer. Et puis également des pare-feux qui ont été creusés et qui ont été bâtis dans les derniers jours, et on continue pour justement casser la route du feu. Et je salue aussi l'ensemble des forestiers et des services qui ont permis de faire cela. Je vais maintenant répondre à vos questions.

Journaliste

Monsieur le Président, il y a eu beaucoup de débats sur les moyens qui ont été mis en œuvre. Est-ce que vous considérez qu'ici, le maximum, vous parlez du maximum de moyens mis en œuvre, est-ce que la totalité des moyens nécessaires ont été mis en œuvre ? Plus généralement, face aux évolutions climatiques de ces dernières années, est-ce qu'on n'aurait pas dû anticiper plus tôt et plus de moyens ? Et ne faut-il pas, concernant l'avenir, en anticiper plus et plus vite ?

Emmanuel MACRON

Écoutez, en 2017, on n'avait pas commandé de Dash, qui sont, vous savez, ces avions qui permettent justement d'agir. Depuis 10 ans, on n'avait pas commandé de Canadair, depuis 15 ans, et d'ailleurs on n'en produisait plus. Je me félicite de ne pas avoir attendu ces feux et d'avoir, dès 2017-2018, pris les premières décisions.

Je me félicite ensuite qu'on ait pu commander justement ces nouvelles capacités, y compris hélicoptères, qu'on ait changé notre organisation parce qu'on devait répondre au drame qui était advenu quelques mois plus tard avec nos Trackers et des pilotes qui étaient tombés parce que ces Trackers étaient trop vieux. Et donc on n'a jamais attendu, on a été là en avance, on a investi. Et vous savez, durant ces 10 dernières années, on a quasiment doublé le budget de la Sécurité civile, doublé. Donc j'entends beaucoup de gens qui sont là à commenter, mais on n'a pas attendu.

Ici même, en 2022, vous vous en souvenez peut-être, on a décidé un pacte capacitaire et il a été respecté. La nation a réinvesti, on a fait un Beauvau de la Sécurité civile, et on a décliné les choses. Et puis on a complètement changé notre organisation, sous le pilotage du ministre et du directeur général, c'est-à-dire qu'aujourd'hui on a d'abord redoté la nation, on a des SDIS aussi qui se dotent et qui empruntent durant les saisons, ce qui fait qu'au moment où je vous parle, on a 67 aéronefs qui sont mobilisés en France. 67, c'est un record historique. C'est ceux qu'on a, 38, en propre, puis c'est ceux qu'on loue pendant la saison et qu'on mobilise, ce qui est d'ailleurs exactement ce qu'il faut faire et ce qui est le fruit des travaux des dernières années. Il n'y a pas de rupture à cet égard. Le taux de disponibilité était de 90 % en début de saison, il est de 70 %, et c'est bien normal parce qu'on les fait contribuer au feu et on continue les innovations, comme ce que vous avez vu avec l'A400M, pour justement épandre du retardant.

Puis, à côté de ça, la France a été à l'initiative il y a plusieurs années, on n'a pas non plus attendu, d'un mécanisme de solidarité européen et on l'active. Et on a une douzaine de moyens qui viennent en plus là et qui, en fait, nous permettent de compenser l'écart entre 70 % et 90 % de disponibilité de notre flotte.

La clé de ce qu'on a fait derrière, c'est aussi réinvestir dans les femmes et les hommes. C'est tout ce qu'on a fait avec la sécurité civile. On a aujourd'hui 51 colonnes de feu, qui sont des femmes et des hommes qui se déploient, et c'est parce qu'on a fait cet investissement pour notre sécurité civile, qu'on l'a fait aussi côté militaire, avec une unité nouvelle d’ailleurs militaire qui a été décidée pas très loin d'ici, à Libourne, il y a quelques années, qui était un de nos choix aussi, pareil, on a anticipé, qu'on a pu les déployer. Au moment où je vous parle, on en a une vingtaine de ces colonnes qui sont ici sur le site. Voilà, je pense qu'on a mis le maximum de moyens. Il y a une mobilisation très forte de tout le monde sur le terrain et je veux vraiment ici les en remercier.

Et vous savez, on fera tous les retours d'expérience, et je m'en porte garant, pour continuer de s'améliorer comme on l'a fait à chaque crise. Mais on a anticipé collectivement. Il y a eu un très gros travail qui a été fait. La nation a réinvesti dans tous les domaines civils et militaires. Mais au moment où on se parle, il faut qu'on soit unis et en action. Il y a des femmes et des hommes qui risquent tout pour protéger, qui se battent contre le feu. Tout ce qu'on doit faire, c'est les aider. Et donc moi, j'ai plein de soutien à nos pompiers, nos sapeurs-pompiers, nos militaires, nos bénévoles, tous ceux qui contribuent. Je veux remercier nos forestiers qui ont tout de suite été faire ces pare-feux de manière admirable et la DFCI une fois encore. Je veux remercier nos agriculteurs qui ont été là, qui ont amené des capacités, qui ont aidé. Il y a une chaîne humaine qui s'est faite. Et évidemment, remercier nos maires et tous les bénévoles. Et là, on est une seule équipe. On est tous groupés. On y va. On se bat pour gagner la bataille du feu. On est, je l'espère, en train de la gagner. En tout cas, on va tout faire. On anticipe chaque étape des prochaines heures pour continuer de protéger, continuer de sauver des vies, réduire au maximum évidemment ce qui peut advenir, accompagner les plus vulnérables et les plus fragiles, et ensuite leur permettre de faire le suivi. Et puis, à côté de ça, il y aura le retour à la maison, il y aura les assurances qu'on active, la cellule de crise économique, l'accompagnement des commerçants, du secteur du tourisme, des agriculteurs, et tout ça se fait en bon ordre. Et évidemment, on fera encore tout pour s'améliorer parce qu'on doit continuellement s'améliorer, évidemment.

Journaliste

Le ministre de l'Économie a évoqué 13 000 entreprises pour lesquelles l'activité a été arrêtée. Comment, justement, l'État prévoit de les aider ? Est-ce qu'il y aura des fonds d'indemnisation pour leur permettre de surmonter cette épreuve ?

Emmanuel MACRON

Oui, il y a une cellule de crise économique. D'abord, il y a une cellule ici animée localement sous l'autorité de Madame la préfète, avec toutes les forces vives. Il y a une cellule nationale qui va se réunir tous les jours et, évidemment, on va accompagner. Premièrement, il y a les entreprises qui sont bloquées dans leur activité parce que tout est arrêté, parce qu'elles n'ont plus de chaînes qui sont préservées, parce qu'elles ont dû déplacer des choses. Donc on va les accompagner, les entreprises et les travailleurs.

Ensuite, il y a des entreprises qui ont parfois perdu des capacités de production. Celles-là, on va les accompagner, avec les assureurs pour qu'elles puissent justement être indemnisées. Il y a ensuite le secteur évidemment touristique qui est impacté parce que lui, il a une perte de revenus. Et donc ça, il faut pouvoir l'intégrer. On l'avait fait malheureusement en 2022 à La Teste, vous vous en souvenez peut-être, et donc on connaît le protocole, c'est ce qu'on va faire.

Et puis, il y a le secteur de la sylviculture ou de l'agriculture, où, là, il y a des impacts spécifiques, les uns à cause des feux, les autres aussi à cause de la sécheresse. C'est pour ça que le Gouvernement est également mobilisé, sous l'autorité de Monsieur le Premier ministre, pour accompagner notre agriculture qui est très fortement touchée par une sécheresse totalement inédite et qui est en fait la cause première de ce qu'on vit.

Journaliste

Monsieur le Président, tout à l'heure, on entendait dans les échanges la volonté de pouvoir mobiliser des moyens aériens nocturnes. Est-ce que vous pensez que ça pourra être fait dans les prochains jours ? Et par ailleurs, des partis politiques, notamment Marine Tondelier, demandent des discussions avec les parlementaires, à être mieux informés, éventuellement reçus ? Est-ce que vous comptez vous entretenir avec les forces politiques françaises ? Merci.

Emmanuel MACRON

Écoutez, d'abord, cette demande a été évoquée parce que, justement, je suis aussi là pour ça, apporter le soutien de la Nation, venir encourager, venir écouter, donc aller remonter pour la première fois. C'est aussi lié à une condition un peu particulière qu'on a vu ces derniers temps, c'est-à-dire une nuit très chaude où il n'y a pas de répit et où il n'y a pas non plus un peu de clémence qui est apportée durant la nuit. Et donc face à ça, il faut qu'on s'adapte, et c'est ce que je vous disais, qu'on s'innove, qu'on s'améliore.

Les moyens aériens que nous avons déployés, notre doctrine d'intervention aujourd'hui ne permettent pas de le faire. Et donc on va regarder dans les prochaines heures deux choses : les capacités militaires éventuellement qu'on peut mobiliser et les capacités avec certains prestataires privés qu'on peut mobiliser. Et donc je ne peux pas, je dirais, sur le siège, au moment même, vous apporter une réponse. Mais tout de suite, le ministre, le directeur général et également les armées sont mobilisés pour apporter une réponse dans les meilleurs délais à cette demande et aussi aux spécificités de ce qu'on est en train de vivre. Vous savez, il faut avoir beaucoup d'humilité, ce qu'on vit est très atypique. D'abord, au moment où on se parle, je le disais, je parle sous le contrôle du ministre, en 2022 on a eu 70 000 hectares de brûlés. Ce qui était déjà le record des dernières années. 70 000 toute la saison des feux 2022.

Au moment où on se parle, on est à 116 000. Vous imaginez ? Donc l'année 2026, elle est atypique complètement, et ça sur un terreau qui est une extrême sécheresse, extrême sécheresse ici et sur toute une bande qui va au fond du littoral ouest jusqu'au nord-est, et puis dans toute la bande sud-est et en Corse. Donc il va falloir qu'on résiste, mais c'est ça en fait, une matière organique qui est là parce qu'il y a eu beaucoup de pluie qui a fait monter une végétation extrêmement abondante au printemps et au tout début d'été, puis une forte vague de chaleur qui a beaucoup, beaucoup asséché cette matière et qui en a fait un combustible absolument terrible dès qu'il y a un début de feu. Donc face à ça, on a eu des événements qu'on ne connaissait pas.

D'abord, on sait que cette forêt des Landes et de Gascogne est extrêmement dure à maîtriser parce qu'il y a de la tourbe, parce qu'il y a un phénomène qui est aussi lié au pin qui, quand il y a du vent, est très tourbillonnant. On l'avait vécu en 2022. S'ajoute à ça cette extrême sécheresse également le fait qu'on a, à cause de tous ces phénomènes et du phénomène climatique, ces fameux pyrocumulonimbus qui apparaissent et donc qui sont de vraies boules de feu qui peuvent projeter beaucoup plus loin ce phénomène.

Donc voilà, on doit se préparer à tout ça. On y est et donc on va s'adapter. Ensuite, évidemment, le Premier ministre et les membres du gouvernement sont à la disposition des forces politiques, comme ils le sont à chaque fois. Et donc je ne veux pas ici me prononcer à la place de Monsieur le Premier ministre, avec qui j'étais il y a quelques heures. On était ensemble à la CIC ce matin, puis en Conseil des ministres. Mais en fonction de l'évolution de la situation, évidemment, on mobilisera pour pouvoir informer les présidentes et présidents de groupes parlementaires.

Et donc le Premier ministre, en tant que de besoin, les réunira. Évidemment, la priorité est d'abord opérationnelle. Il faut qu'on arrive à gagner cette bataille, ici en particulier, du feu, et qu'on soit mobilisés, et qu'on soit aussi en contact permanent avec nos maires sur le terrain.

Journaliste

Monsieur le Président, vous avez parlé en préambule du feu des Landes. Il est fixé, vous l'annoncez ce soir. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur le front de cet incendie ?

Emmanuel MACRON

Écoutez, comme je le disais, la partie landaise est fixée, ce qui est une bonne nouvelle, et vraiment, je le dis ici, c'est pour tout le monde une très bonne nouvelle et aussi un message rassurant pour nos compatriotes qui ont été déplacés et qui ont été touchés dans les Landes. C'est un front de ce feu, ce n'est pas la totalité. Ici, on sait que c'est plus difficile. Il y a aussi des vents qui arrivent, ça a été très bien expliqué tout à l'heure. On a des conditions difficiles qui demeurent. Donc le feu n'a pas gagné de terrain aujourd'hui. Les 24 dernières heures, on voit bien que tout le travail qui a été fait, par nos moyens aériens et par nos hommes et nos femmes sur le terrain, nos colonnes de feu qui ont vraiment contenu, a été efficace. Donc bravo à eux.

Je crois qu'on a aussi amélioré les choses par les pare-feux qui ont été finalisés. Donc on est en bien meilleure situation qu'il y a 24 heures. Maintenant, je reste prudent, à la fois sur la partie sud et la partie est, pour plusieurs raisons. La chaleur va remonter, le vent est là. Et donc il faut être humble. Je voudrais donner plus d'espoir. Je pense que ce qui se passe dans les Landes est une première source d'espoir, mais il faut rester très vigilants, il faut rester en soutien. Et donc on continue de mettre tous les moyens, on continue d'être là, on continue d'être mobilisés.

Voilà, mesdames et messieurs, merci beaucoup. Je veux ici redire vraiment mes remerciements au ministre de l'Intérieur, qui est évidemment aux avant-postes de cette crise, sous l'autorité de Monsieur le Premier ministre. Ils ont été ensemble avec leurs cabinets extrêmement mobilisés ces derniers jours et je leur suis très reconnaissant. Sous l'autorité du ministre, évidemment, le directeur général qui est là avec nous, mais également l'ensemble des forces de sécurité intérieure, police, gendarmerie. Remercier nos armées, nos soignants. Et puis avoir un mot de gratitude pour madame la préfète de région et l'ensemble des services de l'État qui n'ont connu aucun répit depuis le début de ce feu.

Et je vous suis très reconnaissant de tout le travail qui est fait. Et évidemment, redire ici mon soutien à tous les élus du département, au président du département, à l'ensemble de leurs services. Et enfin, à nos sapeurs-pompiers. Je veux ici redire notre soutien, notre reconnaissance, nos encouragements et notre affection, parce que nous n'oublions pas nos 2 sapeurs-pompiers et leurs familles. Merci à vous. Merci à vous. On ne lâche rien et on va gagner.

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