Le monde perd un peu de ses couleurs. David Hockney, peintre anglais et l’une des plus grandes figures de l’art contemporain, nous a quittés à l’âge de quatre-vingt-huit ans.
David Hockney vit le jour à Bradford en 1937 ; une enfance plongée dans la grisaille fit de lui un jeune homme fasciné par la couleur. Son père, artiste talentueux qui avait renoncé à sa passion, l’encourage dans son apprentissage du dessin. Il découvrit alors Matisse, Picasso, Francis Bacon, dont la liberté l’inspirera à tracer son propre destin d’artiste.
Élève au Royal College of Art de Londres, il y refusa le dogmatisme de l’art contemporain américain. Il fut d’abord dessinateur de presse, vécut en Egypte avant de s’envoler pour Los Angeles. Représentant tour à tour le scintillement de l’eau d’une piscine, ou le mouvement d’un corps, il fut le grand peintre de l’esthétique californienne.
Figure de l’art pop des années 1960 et du Swinging London, il élabora tout au long de sa carrière un langage visuel reconnaissable entre tous, marqué par son traitement des lignes, des couleurs et de la lumière. Ami d’Andy Warhol et de Rudolf Noureev, son œuvre fut celle d’un homme de son temps.
Avec une étincelle particulière dans le regard, David Hockney était capable de voir, à sa manière, des éléments du quotidien, une autoroute ou une flaque d’eau, et de les transformer en œuvres d’art. Nous incitant ainsi à regarder le monde d’un œil nouveau, plus attentif. Et sachant sans cesse se réinventer.
Portant une approche pionnière des représentations artistiques de l’homosexualité, même lorsque celle-ci était encore criminalisée, il inspira les jeunes générations d’artistes à étendre le champ des possibles. Sa gaieté libre, son humour britannique ont fait de lui une personnalité aimée bien au-delà des amateurs d’art contemporain ; ses lunettes colorées, son sourire souvent agrémenté d’une éternelle cigarette, ont façonné une silhouette inimitable.
Génie de la créativité, il s’essaya tout au long de sa vie à diverses manières de faire naître l’image, de l’aquarelle à l’acrylique en passant par les Polaroid. En 2020, il repoussa encore les limites de sa création avec une fresque de quatre-vingt-onze mètres, faite à partir de dessins digitaux représentant le changement des saisons dans le verdoyant pays d’Auge.
Amoureux de la France et tout particulièrement de la Normandie, ses travaux ont pourtant fait le tour du monde, de Tokyo à Paris et, bien sûr, Londres. Son exposition au Centre Georges Pompidou en 2017 et à la Fondation Louis Vuitton l’année dernière avaient battu le record de fréquentation pour un artiste vivant.
Le Président de la République et son épouse saluent la mémoire d’un grand artiste à l’imagination aussi vive que ses toiles. Ils adressent leurs condoléances sincères à sa famille et ses admirateurs.