ALIPH est une initiative unique de coopération internationale mise en œuvre pour protéger le patrimoine culturel mondial dans les zones en conflit et post-conflit.

En moins de quatre années d’existence, le bilan d'ALIPH est au rendez-vous avec le soutien de près de 150 projets concrets dans une trentaine de pays, dont de nombreux chantiers d’envergure comme les musées de Mossoul en Irak, Damhar au Yémen, ou encore le musée de Raqqa dans le nord-est de la Syrie. Des projets sont déjà terminés, comme le monastère de Mar Behnam, au sud de Mossoul, ou proche de l’achèvement, comme Dar Tutunji de la vieille ville de Mossoul.

ALIPH a la capacité d’intervenir dans des situations d’urgence comme après la terrible explosion d’août 2020 dans le port de Beyrouth, le musée National, le musée Sursock, les cathédrales St Georges grecque orthodoxe et maronite, la bibliothèque nationale et la bibliothèque orientale de l’Université St Joseph ont pu rapidement bénéficier de son soutien.

Le message du Président :

1 février 2022 - Seul le prononcé fait foi

Message du Président Emmanuel Macron sur l'action d'ALIPH.

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Ce n’est pas un hasard si les terroristes entendent détruire le patrimoine, éradiquer toute diversité culturelle et religieuse, et je pense naturellement à la souffrance, aux dévastations qu’ont subi les musulmans, premières victimes de ces exactions, mais aussi plusieurs communautés au Sahel et au Moyen-Orient, comme les chrétiens d’Orient, les Yézidis et d’autres minorités. 

Parce qu’en effaçant le passé, ils entendent nier ce que nous sommes, des êtres à la fois unis par une même humanité et riches d’une irréductible singularité. Un tout mais aussi un ensemble de minorités qui façonnent une force nommée diversité. Il est évident que le travail fait patiemment en faveur du patrimoine des minorités témoigne d’un renouveau toujours possible.

Mémoire des peuples, le patrimoine contribue non seulement au développement durable des territoires, mais aussi, parce qu’il touche aux identités individuelles ou collectives, aux processus de réconciliation, au vivre ensemble et à la paix. Il est, aux côtés de la lutte contre le changement climatique et de la préservation de la planète, de la promotion de l’éducation et de la connaissance, l’un des principaux vecteurs de transmission de notre part d’humanité.

Les menaces sur le patrimoine existent toujours : les menaces sont là. Plus que jamais. Aux quatre coins de notre planète – notamment au Caucase, dans la Corne de l’Afrique, ou encore en Afghanistan. La folie dévastatrice qui nie la diversité des identités, la possibilité d’un dialogue entre peuples, cultures, religions et civilisations progresse et entend tout détruire.

La meilleure réponse à ses projets de haine est de protéger notre patrimoine. Car protéger les pierres, les œuvres d’art, les sites culturels et les paysages naturels, c’est protéger ce qui nous lie et ce qui nous tient.

C’est dans cet esprit qu’avec quelques-uns d’entre vous nous avons créé ALIPH, autour d’un objectif : réagir avec détermination à la destruction massive du patrimoine par le terrorisme et la guerre, que ce soit au Sahel ou au Moyen-Orient.

Le bilan d’ALIPH en quelques années d’existence est au rendez-vous : en moins de quatre ans, ALIPH a soutenu près de 150 projets concrets dans une trentaine de pays. ALIPH a su démontrer son utilité, sa réactivité et, en un mot, son efficacité, aux côtés du travail fait par l’Unesco et sa directrice générale. Peu y croyaient, nous l’avons fait ! 

De nombreux chantiers d’envergure : c’est fort de ces succès que nous devons construire et préparer demain. Déjà, grâce à ALIPH et les dizaines d’opérateurs internationaux ou locaux avec lesquels la fondation travaille au quotidien, les musées de Mossoul en Irak ou Damhar au Yémen sont en cours de réhabilitation ; ils viennent s’ajouter à des programmes de restauration menés à leur terme, comme celui du musée de Raqqa dans le nord-est de la Syrie.

D’autres projets sont terminés, comme le monastère de Mar Behnam, au sud de Mossoul, ou proche de l’achèvement, comme Dar Tutunji – magnifique maison patricienne ottomane de la vieille ville de Mossoul - et d’autres sont en cours, parmi lesquels : la ville parthe de Hatra ou l’arche de Ctésiphon en Irak ; le minaret de Jam avec l’UNESCO, et la forteresse de Bala Hissar, avec la fondation Aga Khan pour la culture, en Afghanistan ; ou encore le Tombeau des Askia au Mali.

ALIPH : Une capacité d’intervention dans des situations d’urgence : Après les terribles explosions d’aout 2020 dans le port de Beyrouth, ALIPH a ainsi montré son agilité et apporté son savoir-faire :  le musée National, le musée Sursock, les cathédrales St Georges grecque orthodoxe et maronite, la bibliothèque nationale et la bibliothèque orientale de l’Université St Joseph ont ainsi pu rapidement bénéficier de son soutien.

Lorsque Notre-Dame de Paris a brûlé il y a près de trois ans, le monde entier s’est ému aux côtés du peuple français.  Si, catholiques ou non, nous avons tous ressenti une peine, une tristesse, c’est parce ce que le patrimoine est une part de nous-même.

Un extraordinaire élan de générosité a permis d’engager la reconstruction de Notre Dame. C’est aujourd’hui le même élan que je souhaite voir se lever pour la protection du patrimoine dans les zones de conflits ou post conflits, afin de donner à ALIPH - qui a fait ses preuves - les moyens de continuer son action pour les cinq années à venir.

Pour ce qui concerne la France, il m’est agréable d’annoncer que nous renouvellerons notre contribution à ALIPH pour un montant de 30 MUSD.

Enfin, je veux saluer le travail de toute l’équipe d’ALIPH et notamment Valery Freland directeur exécutif, Jean-Luc Martinez pour la présidence du comité scientifique, les deux vice-présidents Bariza Khiari et Mohamed Al Moubarak qui travaillent main dans la main, et bien sûr le président d’ALIPH Thomas Kaplan pour son engagement sans failles.  

Vous pouvez compter sur moi et sur la France pour poursuivre cette noble tâche qui consiste, par le patrimoine, à réconcilier les peuples entre eux et parfois avec eux-mêmes.

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