Brigitte Macron a ouvert le jeudi 4 novembre 2021, à travers un message vidéo, la seconde conférence internationale de l’UNESCO contre le harcèlement scolaire et le cyber-harcèlement. 

Cette conférence s’est tenue au Mexique, lors de la « Journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire, y compris le cyber-harcèlement », qui a lieu chaque premier jeudi de novembre. 

En 2020, Brigitte Macron était déjà intervenue lors de la première conférence mondiale organisée par l’UNESCO contre ces fléaux.
 

4 novembre 2021 - Seul le prononcé fait foi

Intervention de Brigitte Macron lors de la seconde conférence internationale de l’UNESCO contre le harcèlement scolaire et le cyber-harcèlement.

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Bonjour à toutes et à tous,

Je suis honorée d’ouvrir la deuxième conférence internationale contre le harcèlement en milieu scolaire et le cyberharcèlement, sous l’égide de l’UNESCO. Je remercie le Mexique de nous accueillir. Je remercie Madame Beatriz Gutiérrez Müller, épouse du Président des États-Unis mexicains. Je remercie tous les ministres de l’Education présents et toutes celles et ceux qui participent à cette conférence. Merci d’être à ce rendez-vous si important.

Nous n’avons tous qu’un seul but : construire un avenir plus serein à nos enfants et à nos adolescents.

Le 5 novembre 2020, lors de la première conférence à l’UNESCO, j’avais lu la lettre déchirante d’une adolescente de 16 ans. Les courriers que je reçois sont très souvent les derniers recours. Ils ont tapé à plusieurs portes et ils finissent par taper à la porte de l’épouse du Président de la République.

À la suite de cette lecture, et encore maintenant, je suis contactée par des réseaux sociaux et par des plateformes pour identifier des solutions. J’ai rencontré les responsables de Facebook, Instagram, Google, Youtube, TikTok. Ils ont fait des propositions qui montrent leurs bonnes intentions. Certes, c’est une avancée mais on est encore loin, ce n’est pas à l’échelle de l’immense problème qui ne fait que croitre et se réinventer.

En ce qui concerne le harcèlement scolaire, des mesures ont été prises en France. La sensibilisation de tous les chefs d’établissements, formation des professeurs volontaires et du personnel d’encadrement, aussi bien à l’école primaire, qu’au collège et au lycée. Mais aussi, mobilisation d’élèves ambassadeurs volontaires qui sont des référents pour leurs camarades et qui sont leurs meilleurs porte-paroles et leurs meilleurs confidents.

Mais comme vous le savez, le cyberharcèlement prend aujourd’hui le relais.

Je reprends l’histoire récente du #ANTI2010, qui a énormément perturbé beaucoup de classes de sixième, ou les pratiques violentes inspirées des séries télévisées. Il y a une inventivité permanente et dangereuse parce qu’elle incite à la violence, qu’elle est souvent addictive et très contagieuse.

Il est donc urgent de mettre en place des solutions.

Par exemple, protéger les moins de 13 ans car l’âge d’accès n’est pas respecté, et 13 ans c’est déjà très jeune. On pourrait aussi, dans un second temps, s’interroger sur cet âge.

Recruter des modérateurs humains qui ne soient pas qu’anglophones.

Supprimer plus facilement, plus rapidement les contenus, car c’est parfois chose très ardue de supprimer un contenu.

Faire davantage de pédagogie en milieu scolaire et adapter les contenus à l’âge. Qu’enseigne-t-on à un enfant au primaire, au collège, au lycée ? Que lui dire pour ne pas l’angoisser mais tout simplement pour l’informer ?

Accompagner les parents qui le désirent et s’interroger sur comment les aider au mieux.

Pourquoi aussi ne pas installer un verrou par défaut sur les outils numériques destinés aux enfants ?

Mais, il y a bien d’autres choses aussi à faire et nous allons tous y réfléchir.

Nous sommes fin 2021 et à la même fréquence, les courriers continuent d’arriver, et toujours aussi insoutenables. Si les enfants et les adolescents écrivent et parlent, c’est qu’ils veulent qu’on les aide et nous voulons qu’ils sachent qu’on est là. Nous voulons aussi que ceux qui ne parlent pas nous entendent. Ils ont besoin de vous toutes et tous, et notre réponse doit être à la mesure de leur souffrance.

En tant que professeure de lettres, je ne peux que penser à Victor Hugo, dans « Les contemplations », son poème « Melancholia » dénonce la souffrance des enfants, le travail des enfants. Je vous lis simplement le premier vers : « Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ».

Je souhaite que ces mots continuent de nous interroger dans ce combat qui est le nôtre.

Je vous remercie de votre présence et de votre mobilisation.

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