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Vœux à la France d’Outre-mer (Guyane, 21-22 janvier 2012)

Le président de la République s'est rendu en Guyane, à l'occasion des vœux à la France d'Outre-mer, samedi 21 et dima ...


« Vous êtes la France des fleuves mêlés. N'ayez pas peur de ce métissage. N'ayez pas peur de cette différence, parce que ce métissage et cette différence font que la France demeurera un pays à nul autre pareil »

Le Président de la République se rend en Guyane pour présenter, pour la 3e fois, ses vœux à la France d'Outre-mer depuis l'Outre-mer. A Cayenne, il rend hommage à Félix Eboué, dont l'aéroport de Cayenne portera désormais le nom. Puis, dans le Haut-Maroni, il visite le village de Talwen, qui appartient à la commune de Maripasoula, en territoire des Wayanas, en présence des Bonis. Le Président échange avec les élus, les autorités coutumières et la population du village. Nicolas Sarkozy visite ensuite à Cayenne l'état-major HARPIE contre l'orpaillage illégal. Dimanche 22 janvier, le Président de la République se rend au Centre Spatial Guyanais (CSG) de Kourou, où il visite le hall d'assemblage et le pas de tir VEGA et s'entretient avec les salariés du CNES. Enfin, le Président prononce son discours de vœux à Cayenne.



CONTEXTE

Présentation générale de la Guyane


Le président de la République s'est rendu en Guyane, à l'occasion des vœux à la France d'Outre-mer, samedi 21 et dima ... - 2 Le président de la République s'est rendu en Guyane, à l'occasion des vœux à la France d'Outre-mer, samedi 21 et dima ... - 3

La Guyane est le plus grand département français. Avec une superficie de 83 534 km2, le département représente 15% du territoire métropolitain, soit l'équivalent de la taille du Portugal. La Guyane possède 300 km de côtes et 1 200 km de frontières terrestres avec le Brésil et le Suriname. Cayenne, ville chef-lieu du département, est située à 7 100 km de Paris et à 1 500 km de Fort-de-France.

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La forêt couvre 94% de la Guyane. Les 230 000 Guyanais vivent donc majoritairement dans quelques agglomérations : 60 000 habitants résident à Cayenne, 40 000 à Saint-Laurent-du-Maroni. La population est jeune : près d'un Guyanais sur deux a moins de 20 ans, soit le double de la métropole. La croissance de la population, soutenue par les soldes naturel et migratoire, est l'une des plus importantes au monde (4% par an). A Saint-Laurent-du-Maroni, la population a été multipliée par deux en 10 ans. Au rythme actuel, la population doublera en Guyane à l'horizon 2030.

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On compte 75 000 actifs en Guyane, qui travaillent principalement dans les services (commerces, transports aériens, maritimes et terrestres...). L'agriculture est principalement orientée vers la production de riz et de viande. L'exploitation forestière, la pêche de crevettes et de vivaneaux sont également développées. Dans le domaine de l'industrie, l'agroalimentaire, les rhumeries, le BTP les filières de l'or et des grumes, font vivre l'économie locale.
La Guyane est fortement dépendante des importations (1,1 milliard d'euros d'importations pour 158 millions d'euros d'exportations en 2010).

La politique de l'État en Guyane, comme dans tous les Outre-mer, vise à favoriser le développement endogène, c'est-à-dire le développement des territoires en misant sur leurs propres ressources, à l'aide d'outils tels que les zones franches globales ou l'action des commissaires au développement endogène.

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Le département de la Guyane se caractérise par son métissage et sa très grande diversité culturelle. Aux populations amérindiennes originelles se sont en effet ajoutées, par vagues successives, les populations issues de l'esclavage (Les Créoles et les Bushinengés), les populations européennes, les populations de la Caraïbe (sainte-lucienne, haïtienne, brésilienne, surinamaise...), les populations du sous-continent indien (Indonésiens, Hmongs...), chinoises, syro-libanaises, etc. Les populations amérindiennes et bushinengé ont été officiellement reconnues et peuvent désormais faire valoir leurs positions au sein du Conseil consultatif des populations amérindiennes et bushinengé de Guyane. En 2011, la diversité culturelle de Guyane et de tous les Outre-mer a été mise en valeur grâce à l'année des Outre-mer : plus de 550 événements ont été organisés dans toute la France, avec des temps forts tels que le défilé du14 juillet ou les Jeux du Pacifique.

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Quelques éléments d'histoire

La Guyane a été découverte par l'expédition Ojeda-Vespucci en 1499. Dans les années 1520, la légende de l'Eldorado y attira toutes sortes d'aventuriers. La Guyane fut ensuite colonisée par les puissances européennes (Guyane britannique, Guyane hollandaise et Guyane française. En 1642, on compte 42 Français en Guyane. En 1663, Colbert y envoie Joseph-Antoine de la Barre, qui y implante 850 colons et 400 esclaves. Au milieu du 18e siècle, la colonie compte 1 000 colons, 8 000 esclaves et 10 000 Indiens, dont 500 regroupés autour des missions jésuites. La Guyane exporte du roucou, du cacao, du bois de rose et de nombreuses épices vers la métropole.

Victor Schoelcher
En 1794, la première abolition de l'esclavage paralyse la colonie, si bien que le gouverneur Hughes le rétablit rapidement et réprime durement les fuites d'esclaves (les marronnages). A cette époque, la Guyane devient également un bagne où les prisonniers politiques et les prêtres réfractaires sont déportés. De cette période à 1947, date de la fermeture du bagne, 80 000 détenus s'y seront succédé.

Le 27 avril 1848, Victor Schœlcher, sous-secrétaire d'État aux colonies du gouvernement de la IIe République, abolit définitivement l'esclavage en France. L'abolition est effective en Guyane à partir du 10 juin 1848.





La filière spatiale

Le Président de la République visite le hangar d'assemblage d'Ariane 5

Le secteur spatial en Guyane représente environ 16% du PIB, et 22% des emplois de la région. Plus de 1 500 personnes travaillent sur le site du Centre Spatial Guyanais (CSG) de Kourou, dont 2/3 de salariés locaux. Le CSG est engagé dans une dynamique de développement et de diversification de ses activités. Outre les lancements ARIANE 5 (gros lanceur) à un rythme soutenu, le CSG procède désormais à des lancements SOYOUZ (moyen lanceur) et VEGA (petit lanceur), qui viennent compléter l'offre de lanceurs. Le lanceur ARIANE n'a pas connu d'échec depuis 2002 et est l'un des fleurons de l'Europe spatiale.

La filière de l'or

En Guyane, la production aurifère est assurée par 3 types d'acteurs :

- Les filiales des groupes miniers internationaux,
- Les PME locales,
- Les entreprises artisanales.

Le secteur aurifère représente le 1er poste à l'export, hors activité spatiale (30,4 millions d'euros exportés en 2010). Le Schéma départemental d'orientation minière (SDOM), mis en œuvre en janvier 2012, a procédé au zonage du département entre zones d'activités minières autorisées (55% du territoire) et zones interdites (45%). Le SDOM apporte un cadre et une sécurité juridiques longtemps attendus pour l'exploitation minière.

Les questions de sécurité et d'immigration

En Guyane, et plus largement en Outre-mer, la délinquance de proximité, qui empoisonne la vie quotidienne, baisse (-4% Outre-mer entre 2007 et 2011). Les atteintes à l'intégrité physique ont commencé à baisser en 2011 de 3%, et même de 12,5% pour les violences qui ont pour motif le vol. Depuis 2002, les effectifs de police ont augmenté de 50% en Guyane, de 20% pour les effectifs de gendarmerie (sans compter les effectifs déployés pour HARPIE et la sécurisation du CSG). A Cayenne, la délinquance de proximité a connu en 2010, en dépit d'une population croissante, son seuil le plus bas de ces vingt dernières années avec 2 081 faits constatés, contre 4 166 il y a 5 ans. Toutefois, des faits rares mais très violents nourrissent le sentiment d'insécurité et appellent une adaptation de la réponse de l'État.

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Par nature, la Guyane est l'un des départements dans lesquels s'opèrent le plus de reconduites à la frontière. 9 000 étrangers en situation irrégulière ont été reconduits en 2011.

La politique de sécurité repose également sur l'opération HARPIE, qui prolonge les opérations ANACONDA et a été pérennisée en 2010. Elle vise à lutter de façon très ferme (destruction de matériels, de camps, de carbets, de bateaux, de quads...) contre l'orpaillage illégal, source d'insécurité et de graves détériorations de l'environnement (déforestation, pollution des cours d'eau au mercure, etc.).

En associant l'ensemble des forces de l'État (militaires, policiers, gendarmes, douanes, justice, fisc...), soit plus de 1 000 personnes, HARPIE produit des résultats très concrets :

- Le nombre de chantiers actifs d'orpaillage clandestin estimé à 110 au second semestre 2008, est passé à 80 à la fin 2010, et continue à décroitre en 2011 ;

- En 5 ans, 7 000 orpailleurs clandestins ont été interpellés;

- 2.000 étrangers en situation irrégulière liés à l'orpaillage ont été interpellés et reconduits en 2011, soit 40% de plus qu'en 2010 ;

- La déforestation marque un net recul en passant de 560 hectares nouvellement déforestés en 2008, à 87 hectares en 2010. La longueur de cours d'eau souillés baisse dans les mêmes proportions.



L'évolution institutionnelle

La Guyane demeure une colonie pénitentiaire jusqu'à la départementalisation de 1946. Elle bénéficie très tôt d'un statut spécial puisque, dès 1878, elle est dotée d'un Conseil général et envoie un représentant à la Chambre des Députés. Le pouvoir est en fait détenu par le Gouverneur. Le 6 juin 1930, le territoire de l'Inini est créé en Guyane intérieure. La colonie de la Guyane est réduite à une bande maritime de 20 à 40 km de profondeur. Le 19 mars 1946, la loi de départementalisation entre en application. Le département de la Guyane élit désormais un député, un sénateur et désigne un représentant au Conseil Economique et Social. En juillet 1975, un Conseil Régional est installé. La décentralisation est mise en œuvre par application des lois des 2 mars et 31 décembre 1982. Les conseillers régionaux sont élus au scrutin proportionnel à partir de 1983.

En janvier 2010, la population guyanaise s'est prononcée (tout comme la population martiniquaise pour la Martinique) contre le passage de la Guyane à un statut de plus large autonomie (à 70%). Le passage à davantage d'autonomie se serait notamment traduit par le transfert de nouvelles compétences alors exercées par l'État. Les Guyanais ont, par leur vote, traduit leur attachement à un statut qui demeure proche des collectivités territoriales de métropole, réaffirmant ainsi le lien étroit qui les unit à la République, tout en manifestant la volonté de moderniser le statut et la gouvernance de leurs territoires. Ils ont souhaité, à 57%, mettre en place d'ici à 2014 une collectivité unique résultant de la fusion du Conseil général et du Conseil régional. Cette nouvelle collectivité regroupera ainsi les compétences auparavant dévolues au Conseil général et au Conseil régional.

Au-delà de la Guyane et de la Martinique, presque tout l'Outre-mer connaît une évolution institutionnelle : Mayotte est devenue le 101e département de France, en Nouvelle-Calédonie les Accords de Nouméa ont connu un nouveau souffle, des lois organiques ont été prises afin d'accompagner les nouvelles collectivités de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy (qui est devenue un PTOM).


L'hommage du Président de la République à Félix Eboué

« Ce magnifique rêve d'égalité de droits et de dignité entre tous les hommes, il revint à Félix Éboué, petit-fils d'esclave, de l'incarner par l'exceptionnelle réussite de sa vie »



Félix Eboué naît à Cayenne en 1884. Parti étudier en métropole en 1898, il entre à l'École coloniale de Paris en 1906. Il est nommé deux ans plus tard administrateur-adjoint des colonies, et affecté en Afrique équatoriale française (AEF), à Madagascar puis en Oubangui-Chari. Pendant 20 ans, il œuvre pour le développement économique, éducatif et culturel du territoire, ainsi que pour l'épanouissement des valeurs humaines et sociales. Partisan de la concertation et du respect des traditions africaines, il est un administrateur apprécié des populations et de sa hiérarchie. Il est nommé Chevalier de la Légion d'honneur en 1927, et promu au grade d'administrateur en chef en 1930. Il devient le premier gouverneur noir en 1936 en Guadeloupe. Nommé au Tchad en 1938, il assiste à la débâcle de 1940. Dès le 18 juin 1940, il se déclare partisan du Général de Gaulle.

GHFelixEboue
Devenant ainsi le Premier Résistant de la France d'Outre-mer, il proclame le ralliement officiel du Tchad à la France libre le 26 août 1940. Il donne ainsi un territoire et une base logistique à la France libre, qui permet à la colonne Leclerc de remonter vers l'Afrique du nord en 1943. En 1941, de Gaulle le fait Compagnon de la Libération. En 1944, il organise la conférence de Brazzaville sur la décolonisation ouverte par le général de Gaulle, au cours de laquelle il voit dans leur ensemble ses théories humanistes reprises et adoptées, et notamment l'abolition du Code de l'indigénat. Félix Eboué a été inhumé au Panthéon le 20 mai 1949. Il repose désormais au côté de Victor Schœlcher. Une statue à sa gloire est érigée à Cayenne sur la place des Palmistes. Aujourd'hui, c'est l'aéroport de Cayenne qui prend son nom.



BILAN : LES ANNONCES DU PRESIDENT

Renforcement de la politique de sécurité

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- ORPAILLAGE ILLEGAL : Création d'une infraction spécifique de transport non autorisé de produits destinés à l'orpaillage clandestin, durcissement des peines attachées à la complicité d'exploitation de mine sans autorisation.

- CAYENNE : Renforcement de la visibilité des forces de l'ordre dans la rue, avec davantage de véhicules sérigraphiés, le doublement des effectifs BAC et 20% de patrouilles supplémentaires concentrées aux horaires les plus criminogènes. Construction dès l'année prochaine d'un nouveau commissariat en face de la caserne de la Madeleine.

- GUYANE : 60 gendarmes supplémentaires sur la voie publique, pour 53 patrouilles supplémentaires chaque jour. Lutte contre les vols et les violences au domicile grâce au déploiement de 50 gendarmes des pelotons d'intervention, formés par le GIGN. Création d'une brigade de prévention de la délinquance juvénile. Hausse de 30% des effectifs de réservistes de la gendarmerie, avec priorité de recrutement aux Guyanais. Ouverture d'une classe d'excellence dans chaque grande agglomération pour préparer le concours de la gendarmerie nationale.

Base sportive avancée en vue des JO brésiliens de 2016

- La base avancée pour les sportifs de haut-niveau est aujourd'hui lancée et David Douillet viendra en Guyane dès le mois de février pour confirmer que tous les équipements nécessaires pour cette base seront construits, de façon à faire de la Guyane la terre d'entraînement et de préparation de tous nos sportifs.

Pont de l'Oyapock

- Sa construction est terminée côté français. L'inauguration aura lieu dès que les travaux routiers auront été finalisés côté brésilien.

Gisement de pétrole au large des côtes guyanaises

- La découverte de ce gisement potentiellement très important ouvre des perspectives considérables. La Guyane bénéficiera directement d'une part des revenus engendrés par une éventuelle exploitation, afin que les retombées sur le tissu économique guyanais soient réelles.

Biodiversité

- Le Centre d'Études de la Biodiversité Amazonienne a été labellisé « Laboratoire d'excellence » et va donc bénéficier des crédits Investissements d'avenir financés par le Grand Emprunt.

- Le Conseil régional de Guyane, qui sollicite une habilitation législative pour s'occuper directement de la valorisation et de l'exploitation économique raisonnable de la biodiversité, va l'obtenir.

Soutien de l'État à l'activité économique

- Le dispositif de défiscalisation Outre-mer sera maintenu.

Représentation de la France par les Ultramarins

- Le Président veut que se mettent en place des commissions avec le Guyana et le Suriname pour gérer le fleuve Maroni.

- Plus généralement, le Président considère que les Ultramarins sont les mieux placés pour représenter la France dans les organisations internationales régionales. Les départements et territoires d'Outre-mer doivent être les avant-postes de la République française.

Insertion des jeunes

- La décision a été prise de doubler les effectifs du Service Militaire Adapté (SMA) dans l'ensemble des Outre-mer. Il faut aller plus loin : le nombre de jeunes en Contrat d'apprentissage Outre-mer va également être doublé. Le nombre de contrats aidés, qui constituent un marchepied pour le retour à l'emploi, sera augmenté.

Fonction publique

- Le Président demande que soit étudiée la possibilité de permettre à un fonctionnaire ultramarin en poste sur son territoire d'origine d'aller prendre des responsabilités en métropole, si tel est son choix, avec une garantie de retour. Le Président demande au préfet Jean-Marc Bédier de formuler des propositions en ce sens.

Tarifs de téléphonie mobile

- Il est inacceptable que les tarifs de téléphonie mobile entre la métropole et l'Outre-mer soient parfois plus élevés que pour des appels passés à l'étranger. Cela va à l'encontre du principe de continuité territoriale. Le gouvernement va prochainement réunir les opérateurs et l'Autorité de Régulation des Télécommunications afin d'examiner cette question.

Diffusion des cultures ultramarines

- Pour favoriser la programmation des artistes d'Outre-mer, création d'une Agence pour la diffusion des cultures des Outre-mer, dont la préfiguration sera lancée avant la fin février.

- Nomination de Daniel MAXIMIN, qui fut Commissaire de l'année des Outre-mer, en qualité de Délégué général pour l'action culturelle internationale des Outre-mer.



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