Le Président de la République et son épouse, Brigitte Macron, se sont rendus en Turquie à l’occasion du Sommet de l’OTAN, les mardi 7 et mercredi 8 juillet 2026.

Ce Sommet était consacré aux principaux enjeux de sécurité de l’Alliance, dans un contexte marqué notamment par la poursuite de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine. 

Les échanges ont porté notamment sur le renforcement de la défense européenne et du pilier européen de l’Alliance, mais aussi sur le soutien durable à l’Ukraine et l’adaptation de l’Alliance à l’évolution des menaces sécuritaires.

À cette occasion, le chef de l’État a rappelé l’engagement de la France en faveur d’une Europe plus souveraine au sein d’une Alliance renforcée.

Il a réaffirmé la nécessité d’un soutien durable à la défense de l’Ukraine, d’une contribution accrue des Européens à leur propre sécurité et d’une coopération étroite entre les Alliés face aux défis stratégiques contemporains.

Revoir le point presse :

8 juillet 2026 - Seul le prononcé fait foi

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Micro-tendu du Président de la République à l’issue du Sommet de l’OTAN.

Emmanuel MACRON 

Bonjour Messieurs, dames. On vient de terminer ce Sommet de l’Otan et je veux remercier à nouveau le Président Erdoğan pour son accueil et l'organisation de ce sommet. Ça a permis de réaffirmer des choses assez simples, je les ai évoquées ce matin, je peux vous en rendre compte.

D'abord, le fait que les Européens investissent de plus en plus et agissent de plus en plus pour leur défense. Je le porte, pour ma part, depuis 9 ans, considérant que nous devons le faire pour nous-mêmes, et c'est le cœur de cette autonomie stratégique européenne à la fois en dépensant davantage, la France est un bon exemple à travers nos deux lois de programmation militaire et l'avenant qui vient d'être voté à l'Assemblée nationale, nous aurons doublé en 10 ans le budget des armées françaises, doublé. 

Ensuite, on prend nos responsabilités. Nous prenons la tête de beaucoup de missions de l'OTAN. On l'a fait en Roumanie. Vous savez notre présence aussi dans plusieurs pays du flanc Est. Nous avons annoncé aujourd'hui notre participation aux opérations justement de forces terrestres avancées dans le cadre de l'OTAN en Finlande, en accord avec la Finlande et la Suède. La France participera à ces rotations. Donc on est projetés aussi, on participe aux opérations pour la sécurité du territoire européen, en Européens. Et quand les Américains repositionnent leurs efforts et retirent leurs moyens maritimes, nous sommes là aussi pour les remplacer. La France à elle seule a couvert 80 % des besoins maritimes qui avaient été ouverts par le repositionnement américain. 

Ensuite, on développe aussi nos propres solutions. Vous savez qu'en plus du réinvestissement, nous Français poussons depuis plusieurs années le fait que les Européens doivent défendre et pousser une industrie européenne de défense. Si on dépense plus, ce n'est pas pour acheter du non-européen. Il y a eu beaucoup d'efforts qui ont été faits ces derniers temps. Ce qu'on a su structurer, qu'on va continuer avec d'ailleurs plusieurs initiatives qui ont été ici annoncées ou confirmées, en matière de défense sol-air, en matière de tirs de longue portée et de précision, en matière d'alerte avancée, ce sont des solutions européennes. Ce qu'on fait avec le Rafale, ce qu'on fait avec le SAMP/T, ce qu'on fait avec justement nos tirs dans la profondeur avec d'autres Européens, ce qu'on fait avec l'initiative dite JEWELS avec les Allemands sont des choses très concrètes, mais on développe des capacités européennes et il faut les défendre, comme d'ailleurs dans les systèmes de commande en matière d'IA. Donc une Europe qui investit, qui défend sa souveraineté et son autonomie stratégique au sein de l'OTAN. À cet égard, ce que la France a proposé il y a quelques mois en matière de dissuasion nucléaire avancée est une de ces composantes. On a aujourd'hui une discussion comme ça, structurée avec 10 pays, qui nous 
permet vraiment de proposer des solutions nouvelles et de créer des dilemmes stratégiques chez nos compétiteurs. 

Le deuxième élément, c'est que cette alliance est une alliance de paix et d'équilibre. Elle est là pour la paix du continent européen. C'est exactement ce que nous défendons quand il s'agit de l'Ukraine ou du Proche et Moyen-Orient. Donc sur l'Ukraine, nous avons réaffirmé évidemment nos engagements, réaffirmé aussi les moyens que nous y mettons. Le 13 juillet prochain, à Paris, la coalition des volontaires se réunira à nouveau. Ce sera l'occasion, sur la lutte contre la flotte fantôme, des initiatives capacitaires nouvelles, la mobilisation de notre industrie au soutien de 
l'Ukraine, de faire des annonces supplémentaires et de programmer aussi des exercices ensemble. Évidemment, les forces des pays présents seront invitées le lendemain à notre défilé national, et c'est une bonne chose pour leur montrer aussi le patriotisme français, cette force, et pour pouvoir les inviter aussi à défiler et à être à nos côtés parce que la sécurité et la liberté du continent européen se jouent aussi dans ce qui aujourd'hui se passe en Ukraine et notre capacité à nous défendre de manière unie. Donc, le rendez-vous du 13 juillet prochain est, à mes yeux, très important. La consolidation des initiatives à l'occasion de ce sommet a permis de le préparer. 

Enfin, je veux ici souligner que nous avons réussi au G7 à Évian à entamer cette reconvergence, je l'évoquais comme telle, mais Américains, Européens, Asiatiques et Canadiens parlons d'une même voix sur l'Ukraine comme sur le Proche et Moyen-Orient. C'est une bonne chose, c'est-à-dire celle qui défend la souveraineté, la stabilité et le respect du droit international. C'est ça que nous devons défendre et c'est le sens de cette alliance. Je vais maintenant répondre à vos questions. 

 

Journaliste

Donald Trump a affirmé aujourd’hui que le cessez-le-feu était terminé et qu’il pourrait frapper très fort l’Iran ce soir, est-ce que vous considérez que l’accord qui a été signé à Versailles en votre présence est désormais caduque ? Est-ce que vous avez pu échanger avec le Président Trump ?

 

Emmanuel MACRON

Oui, je pense qu'il y a eu une violation de cet accord par les frappes iraniennes qui ont conduit à une réponse américaine. Je pense que les Iraniens ont eu tort de faire ces frappes qui contreviennent à ce qu'ils ont eux-mêmes signé, qui a été préparé à Islamabad et signé à Lucerne. Pour autant, aujourd'hui, nous sommes toujours dans le cadre des 60 jours. Ma compréhension, c'est que les réunions qui sont prévues dans ce cadre vont continuer de se tenir et il faut continuer d'avancer avec beaucoup de calme, de sang-froid et de patience. Et nous, nous défendons toujours le même agenda : la paix et la stabilité, la réouverture du détroit d'Ormuz sans conditions ni péage, la paix et la stabilité au Liban, c'est-à-dire le retrait des armes du Hezbollah, le retrait de toute force étrangère du sol libanais, et les capacités offertes au Liban pour se protéger lui-même, et un cadre de sécurité pour tout le monde avec des négociations qui aboutissent sur le nucléaire et le balistique iranien. Et donc les discussions vont se poursuivre.

 

Journaliste

Est-ce que vous craignez une agression des Etats-Unis au Groenland ?

 

Emmanuel MACRON

Non, je ne fais pas de politique-fiction. Et si c'était le cas, je ne pense pas que le président américain aurait été présent aujourd'hui. Dans notre alliance, il y a non seulement des règles de solidarité si l'un est agressé, mais il y a évidemment des règles de solidarité pour ne pas s'agresser les uns avec les autres. Non, je ne crois pas à cela. Donc il faut être calmes et il y a suffisamment de sujets de vraie préoccupation. Les groupes techniques qui avaient été prévus depuis février dernier continuent de se tenir, les exercices aussi de l'Alliance se font. Nous y participons. Et dans le cadre d'Arctic Sentry, il y a eu Arctic Endurance, qui est un des exercices prévus auxquels nos forces ont participé. Ce qui me permet de saluer nos chasseurs alpins, entre autres, et l'ensemble des forces qui ont pris part. 

 

Journaliste

Monsieur le Président, le Charles de Gaulle a quitté la zone, est-ce qu’avec la reprise des tensions dans le détroit d’Ormuz, ça doit passer par un redéploiement des moyens maritimes ? 

 

Emmanuel MACRON

Pas à ce stade, compte tenu de ce que je viens d'évoquer. Nous l'avons fait en connaissance de cause et après analyse de la situation, et en considérant que la désescalade après la signature de l'accord et l'entrée dans les 60 jours ne justifiait plus le déploiement que nous avions décidé dès 
les premiers jours de mars dernier. Donc je pense que ce choix demeure pertinent. Nous avons des moyens de déminage, nous avons des moyens de protection et nous avons aussi des moyens évidemment de sécurité et de protection de nos alliés dans la région. C'est ce qui demeure pertinent. Si les choses devaient se détériorer à nouveau, évidemment je réenvisagerais les déploiements qui sont nécessaires. Ça n'est pas le cas pour le moment et je pense que les discussions dans le cadre de l'accord signé à Lucerne vont se poursuivre. 

 

Journaliste

Le Président Trump a critiqué le Groenland, l’Espagne, l’Italie, est-ce que vous pensez que ça remet en cause cette convergence dont vous parliez au G7 ?

 

Emmanuel MACRON

Je ne les ai pas entendus dans la salle, je ne les ai pas entendus dans nos échanges et ils n'ont pas de conséquence sur les choix qui sont faits aujourd'hui. Donc il faut continuer de travailler. 

 

Journaliste

Est-ce que dans la salle c’était un message d’unité ?

 

Emmanuel MACRON

Oui, et de professionnalisme. 

 

Journaliste

Vous avez rencontré Monsieur Erdoğan, est-ce que vous avez parlé de SAMP/T ?

 

Emmanuel MACRON

On a parlé de tout. On a parlé de tout, de notre coopération bilatérale sur le plan économique, sur le plan de la défense, sur le plan de l'éducation, sur beaucoup de sujets qui concernent nos compatriotes des deux côtés, avec des vraies sources de satisfaction et des choses à améliorer, mais on l'a fait dans un esprit constructif. On a évidemment également parlé de l'Ukraine, parlé de Proche et Moyen-Orient, de la Syrie, du Liban, de l'Irak et de notre coordination sur ces sujets. J'étais très satisfait de cette discussion et du suivi qui sera fait par nos ministres. 

 

Journaliste

Et sur le SAMP/T ?

 

Emmanuel MACRON

Sur ce sujet, je l'ai déjà dit, nous avons un travail qui est en cours en franco-italien avec la Turquie et donc c'est ce travail technique qui se poursuit.

 

Journaliste

Monsieur le Président, pas question de commenter des décisions de justice, on l'a bien compris, mais le fait politique en France, après sa condamnation Marine Le Pen a décidé de se porter candidate pour une quatrième fois consécutive, vous l’avez vous-même affrontée à deux 
reprises, est-ce que vous estimez comme votre ancien Premier ministre Gabriel Attal qu’il s’agit d’une faute morale, ou est-ce qu’à l’inverse comme un autre de vos Premiers ministres qu’elle est dans son bon droit ?

 

Emmanuel MACRON

Mais je l'ai déjà dit. D'abord, on est à l'étranger. Je n'aime pas commenter l'actualité politique française, vous le savez. Ensuite, de là où je suis, de par notre Constitution, je ne suis pas amené à participer à cette élection. Par contre, je suis amené à être Président jusqu'à la dernière seconde. Donc, je ne suis pas un commentateur de la vie politique française. Je suis là pour défendre, protéger, représenter notre pays, prendre des décisions, agir et être garant de notre unité. Donc à cet égard, je serai le garant que les opérations électorales se fassent dans un cadre sain, apaisé, sans ingérence étrangère et que chacun puisse exprimer sa voix et défendre sa position. Ce n'est pas la mienne qui compte aujourd'hui parce que je ne serai pas devant le suffrage des Français au mois de mai prochain.


Journaliste

Est-ce que le Président Trump a posé des conditions au maintien des Etats-Unis dans l’OTAN ?

 

Emmanuel MACRON
Non, je n'ai entendu ni condition, ni d'ailleurs même déclaration qui aurait pu aller dans l'autre sens. La présence du Président Trump ici, ce qu'il a vu du réinvestissement de chacun, des choix qui sont faits et la clarté des discussions que nous avons pu avoir sur différents sujets ne doit 
même pas laisser planer le doute sur cette matière. Les États-Unis ont annoncé et sont en train de mettre en œuvre un redéploiement de leurs efforts, qui me paraît tout à fait légitime, sur le sol européen et qui suppose que les Européens s'organisent. Mais j'ai déjà dit à plusieurs reprises, on ne doit pas le faire parce que quelqu'un nous le demande, on doit le faire pour nous-mêmes. Donc tout ça me paraît cohérent et je ne commente pas les commentaires. Donc non, il n'y a pas de question là-dessus. Il faut avancer. On a suffisamment de défis à nos portes qui touchent nos sociétés et d'instabilité dans le monde pour nous concentrer sur les vrais sujets.

 

Journaliste

Qu’avez-vous à dire au Président Zelensky, qui demande aux alliés de l'OTAN davantage de moyens pour sa défense antiaérienne.

 

Emmanuel MACRON
Il a raison. Il a raison, nous devons continuer d'être plus innovants. Ce sera un des objets de la discussion du 13 juillet prochain. Et en particulier, nous souhaitons mobiliser aussi plusieurs industriels de plusieurs de nos pays qui, sur l'antibalistique, sont clés pour lui et pour sa sécurité et la sécurité de son peuple. Donc nous devons absolument l'aider. Plusieurs pays ont des réserves importantes de missiles qui sont utilisés par les systèmes Patriot. Il les mobilise, c'est légitime. Et donc il y a des efforts qui sont en train d'être faits. Ce n'est pas le cas de la France, comme vous le savez. Il y a par ailleurs un travail important qui est fait sur l'antibalistique et sur d'autres capacités. Donc nous allons le faire lors de la coalition des volontaires du 13 juillet prochain, comme d'ailleurs avec nos industriels. C'est, je pense, un point important. Donc c'est dans ce sens qu'on va œuvrer. La réunion de la semaine prochaine a pour vocation de répondre à cette demande légitime du Président Zelensky. Merci beaucoup. 

 

Journaliste

Est-ce que de futurs exercices militaires conjoints seront l’objet de la coalition des volontaires ?

 

Emmanuel MACRON

C'est quelque chose qu'on va en effet travailler en vue de lundi prochain, mais qui vise à crédibiliser et consolider tout le travail qui est fait ensemble contre la flotte fantôme, pour la sécurité ukrainienne, le jour d'après, etc. 

 

Journaliste

Est-ce que le Président Trump a réitéré ses menaces contre l’Espagne ?


Emmanuel MACRON

Non, pas du tout. Les propos du Président Trump, les propos de tous les dirigeants que j'ai pu entendre, hors les moments où j'ai eu à faire des bilatérales, mais ce qui m'a été rapporté est conforme, ont été des propos respectueux de chacun des membres et absolument sans 
discrimination de qui que ce soit, ce qui, à mon avis, est une bonne méthode pour avancer au sein d'une alliance. Merci beaucoup. 

 

Journaliste

[inaudible]

 

Emmanuel MACRON

J'espère. Et donc on avance sur beaucoup de nos sujets. Oui, oui, oui. On a eu un très bon échange, une fois encore, et je pense que c'est tout à fait faisable. Merci à vous. Merci, mesdames et messieurs.

Déclaration de la France, de la Suède et de la Finlande concernant la participation de la France aux Forces terrestres avancées de l’OTAN en Finlande.

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