Communiqué – Hommage du Président de la République, Emmanuel Macron à Monsieur Henri Michel

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Rubrique : Sport

La discrétion et l’humilité d’Henri Michel, disparu trop tôt à l’âge de 70 ans, auront fait presque oublier la carrière exceptionnelle qui fut la sienne.

On se souviendra encore longtemps, à Nantes, de ce milieu défensif développant une vision claire du jeu et une autorité qui peu de temps après son arrivée au club, en 1966, feront de lui le capitaine de l’équipe. Il mena le FC Nantes vers les sommets, avec trois titres de champion de France et une coupe de France. Elu il y a quelques jours « canari du XI de légende », il s’était vu également proposer de reprendre des responsabilités au sein de son équipe de cœur, mais avait décliné. Il manquera à l’affection des Nantais.

Meneur d’hommes, il devient naturellement entraîneur à l’issue de sa carrière de joueur. Sélectionné près de 60 fois en équipe de France, il entraîne d’abord l’équipe de France Olympique qu’il conduit à la médaille d’or à Los Angeles en 1984 : c’est là que se révèlent Ayache, Lacombe, Xuereb…

C’est donc à lui qu’est proposé le poste de sélectionneur de l’équipe de France A, dont Michel Hidalgo se retire en cette même année 1984, auréolé du titre de champion d’Europe. Pendant quatre ans, il obtient avec l’équipe menée alors par Michel Platini des succès significatifs avec coupe intercontinentale des nations, et surtout une demi-finale à la coupe du monde ayant lieu au Mexique : après un quart de finale lumineux lui permettant d’éliminer le Brésil, les Français se heurtent, quatre ans après le cauchemar de Séville en 1982, au mur de l’équipe allemande de Franz Beckenbauer. Deux ans plus tard, la France échoue à se qualifier pour la coupe d’Europe et Henri Michel cède alors sa place à Michel Platini.

Après un bref passage au PSG, c’est à l’étranger que commence alors sa troisième vie sportive. Sélectionneur du Cameroun puis du Maroc pendant cinq ans, des Emirats Arabes Unis, de la Tunisie, de la Côte d’Ivoire, enfin de la Guinée équatoriale et du Kenya (en 2012), il devient un des entraîneurs les plus demandés de la coupe d’Afrique tant est reconnue sa capacité à faire monter en puissance des équipes en quête de succès, ce qu’il démontre aussi avec le Raja de Casablanca, champion d’Afrique des clubs en 2003 et champion du Maroc en 2004.

Partout il aura marqué les esprits par sa franchise sans arrogance, sa loyauté et son goût du travail bien fait. Particulièrement à l’aise pour transmettre et former, Henri Michel aura fait émerger en France et dans les pays d’Afrique où il a exercé des talents nouveaux. Malgré la dureté parfois du monde du football, il s’y était forgé de solides amitiés, de celles qui survivent aux avanies de l’histoire. La France perd un grand sportif et un homme d’une qualité morale exceptionnelle.

Le président de la République adresse à sa famille, à ses proches et à tous les amoureux du football qui l’aimaient ses sincères condoléances.

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