Publié le 16 avril 1981

Discours de M. Valéry Giscard d'Estaing à Bastia sur le bilan de son action pour la Corse, jeudi 16 avril 1981.

Discours de M. Valéry Giscard d'Estaing à Bastia sur le bilan de son action pour la Corse, jeudi 16 avril 1981.

16 avril 1981 - Seul le prononcé fait foi

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Mes chers amis, mes chers amis de Haute Corse £ quand j'ai eu à préparer le programme de cette campagne, qui est naturellement pour moi une campagne plus chargée que celle des autres candidats puisque, j'ai à la fois à exercer mes fonctions de président de la République qui sont à tous moments des fonctions lourdes et celles de candidat, j'ai prévu bien entendu, de venir, je devrais dire de revenir, en Corse. On avait imaginé d'abord une réunion à Ajaccio mais étant le Président de la République qui est à l'origine de la création des deux départements corses parce que, rappelez-vous, quand j'ai été élu en 1974, la Haute Corse n'existait pas £ c'est moi qui l'ai créée, je me suis dit que je voulais faire une halte chez vous (applaudissements)
Je remercie M Arrighi de Casanova d'être mon mandataire pour la Haute-Corse, c'est une forte personnalité, vous le savez. Je lui racontais pendant le déjeuner que je pense souvent à lui chaque fois que je vais aux Invalides, parce que le Président de la République s'assied devant le premier rang et il y a sur un chapiteau à droite une grande plaque avec un profil : c'est celui du Arrighi de Casanova qu'on appelait à l'époque le Duc de Mantoue, qui avait accompagné l'Empereur dans ses victoires. Je regarde, puisque la médaille est un peu de profil, si l'actuel Arrighi a à peu près le même profil. Ils se ressemblent (applaudissements)
J'étais venu, vous vous en souvenez, chez vous, j'avais eu d'ailleurs un accueil mémorable et qui ne s'est jamais renouvelé depuis pour personne sur la place de Bastia. Vous vous souvenez de la foule, de l'atmosphère, de la beauté de cette manifestation. J'étais aussi allé à Corte, en Balagne, en Castagniccia, j'étais allé à Calvi, à la Porta et le maire de La Porta qui est malheureusement décédé aujourd'hui m'avait donné un fusil. C'était un vieux et long fusil.
Etait-ce un fusil de guerre, était-ce un fusil de chasse ? Je n'en sais rien mais je l'ai installé à l'Elysée et je peux vous dire que je l'ai conservé pieusement et ne m'en suis jamais servi (applaudissements)
Je voudrais vous rappeler que de toutes les régions françaises, c'est la Corse qui s'est la plus transformée depuis sept ans. On a du mal à s'en souvenir. Mais je voudrais vous rappeler quel était l'état d'esprit, quelle était la situation de la Corse, il y a sept ans.
C'était un Département rattaché à une région qui était celle de la Provence Côte d'Azur. J'en ai fait, vous l'avez vu, deux départements et une région : la région Corse.
La situation économique qu'il s'agisse de l'artisanat qu'il s'agisse de l'agriculture était gravement déficiente £ la jeunesse partait vers les grandes villes £ la montagne et la campagne se vidaient. Toutes les initiatives pour tenter d'installer des industries en Corse avaient échoué et les possibilités du tourisme elles-mêmes divisaient les Corses. D'ailleurs on peut dire qu'en 1974, la France n'avait pas une vision claire de l'avenir à proposer aux jeunes Corses : ce qui explique en grande partie leur désarroi et certaines de leurs tentations.
Je suis venu en Corse. Je n'y suis pas venu entouré d'un grand luxe de précautions, rappelez-vous, parce que j'avais fait confiance à la dignité et à l'amitié des Corses (applaudissements)
Depuis, on a poursuivi une politique avec 3 objectifs :
- accélérer le développement économique, ce que vous me demandiez à l'instant £
- assurer la formation et l'emploi des jeunes, ce que vous souhaitiez £
- réduire l'obstacle de l'insularité.
Je vous dirai un mot ensuite de ce qu'on appelle le problème corse.
D'abord le développement économique qui doit concerner en premier lieu l'agriculture. Les jeunes ont besoin de terres. Nous avons cherché à libérer des terres pour les jeunes, des terres qui étaient stérilisées à d'autres usages. Une aide spécifique a été mise en place depuis 1976 pour aider à l'installation des jeunes agriculteurs corses.
Beaucoup d'exploitants souffrent de l'endettement. Des mesures ont été prises notamment en 1980, pour alléger leurs charges financières. Des actions sont en cours pour valoriser le potentiel de l'Ile, je pense à la viticulture notamment dans votre plaine dont la restructuration doit être poursuivie et dont la commercialisation doit être améliorée £ je pense à la production d'agrumes, la seule production d'agrumes française qui sera soutenue £ je pense à l'élevage qui existait peu chez vous et qui peut représenter une ressource irremplaçable pour la Corse intérieure.
L'agriculture de la Corse sera la première bénéficiaire de l'action que je mène pour donner aux productions méditerranéennes la place qui leur revient.
L'artisanat quand je suis venu en Corse, j'ai parlé du problème de la formation des jeunes artisans, il n'y avait pas de formation, vous le savez bien. Nous l'avons mise en place progressivement pour développer la capacité artisanale des jeunes Corses.
Nous avons appliqué à la Corse le régime le plus favorable qui existe sur le Continent, régime que je connais bien puisque c'est celui qui s'applique en Auvergne parce que pour moi, la Corse c'était un peu le prolongement de l'Auvergne (applaudissements)
Enfin nous avons tenu à ce que la Corse devienne une de nos régions de pointe pour les énergies nouvelles puisque vous avez pour vous le soleil... avec une petite exception... mais c'était pour éviter, comme nous ne sommes pas très entraînés à l'heure actuelle par le soleil, que nous ne soyons pris par surprise.
La première centrale solaire, en Corse devra fonctionner avant l'été et le plan de micro-centrales hydro-électriques pour tenir compte des richesses de l'intérieur sera unique en France.
Enfin, vous savez que tous les grands centres de recherche se sont installés ou ont des antennes dans l'Ile.
Donc, vous le voyez, il y a eu un grand effort pour le développement économique de l'Ile et j'indique que deux usines vont s'installer, vous le savez, dans les deux départements corses. Une va s'installer à Bastia, pour fabriquer des composants électroniques £ l'autre à Ajaccio pour fabriquer des éléments pour l'Aéronautique, et nous n'avons pas pris des industries condamnées au déclin, nous avons pris des industries nouvelles, je puis d'ailleurs vous dire que cette dernière implantation ne se serait pas faite sans l'intervention personnelle du Président de la République. C'est moi qui ai convoqué le Président de l'Association Nationale et je lui ai dit : " il faut que vous construisiez une usine en Corse " Lorsqu'on a pu l'annoncer il y a quelques semaines, c'était le fruit de cet effort.
Aujourd'hui£ la Corse a donc le fondement d'un développement économique équilibré, je dirai même le plus équilibré de toutes les Iles de la Méditerranée que je connais bien et dont vous le savez, vous n'avez à envier le sort car la Corse, bien entendu, doit être l'Ile la plus avancée de la Méditerranée par son développement économique et social (applaudissements)
Mon deuxième objectif est d'assurer la formation et l'emploi des jeunes Corses parce qu'on parle d'eux parfois d'une certaine manière, mais je sais très bien ce qu'il y a dans le fond de leur âme et de leur caractère. Je sais qu'ils veulent avoir des chances de vie, des chances de promotion, des chances d'activités, c'est cela qu'ils demandent et c'est cela que nous allons leur apporter.
La Corse a été dotée d'une Académie et d'une Université. Pour la première fois depuis la Révolution un plan de cinq ans de développement de l'enseignement secondaire et professionnel est en cours et, en 1985, la Corse qui était en retard disposera du meilleur outil de formation professionnelle pour sa jeunesse.
Dans le même esprit, le Gouvernement a accepté les orientations de la Charte culturelle de la Corse et je reviendrai tout à l'heure sur ce point quand je vous parlerai de ce qu'on appelle le problème Corse.
Jamais dans le passé, les problèmes d'enseignement en Corse n'avaient été aussi complètement traités et d'ailleurs mes concurrents sont contraints de le reconnaître, eux qui ont la promesse facile. Il faut vraiment leur concéder cet avantage (applaudissements). Eux qui ont la promesse facile n'ont pas été capables de faire en Corse d'autres propositions pour la formation des jeunes Corses que celles qui sont déjà à l'heure actuelle décidées et en cours de réalisation. Merci Messieurs pour ce témoignage ! (applaudissements)
Troisième sujet : le handicap de l'insularité. J'ai connu comme Ministre des Finances, comme Ministre de l'Économie et des Finances, de tous temps au Parlement les demandes qui étaient présentées concernant le principe de la continuité territoriale. Qui a fait entrer le principe de la continuité territoriale dans la réalité si ce n'est celui qui vous parle ? (applaudissements) J'ai demandé à toutes les administrations de faire un important effort de rattrapage pour améliorer l'existence de la Corse. Je ne veux pas vous accabler de chiffres mais enfin tout de même quelques-uns :
De 1974 à 1981, le total des crédits d'équipements de l'Etat a triplé et si vous regardez ce qui a été dépensé au titre de la continuité territoriale, c'est-à-dire pour le financement des coûts de transport des personnes, des marchandises en direction de la Corse pour qu'il n'y ait pas un surcoût dû au franchissement de la mer - j'ai fait le calcul - vous vous apercevez que cela représente l'équivalent de la construction d'une ligne de chemin de fer sur la distance qui sépare Nice de Calvi. Nous avons dépensé autant d'argent que si nous avions matérialisé la continuité territoriale et si nous avions mis au ras des flots une ligne de chemin de fer qui nous aurait permis de venir ainsi jusque chez vous.
Je dirai à M Arrighi de Casanova que la question naturellement de l'amélioration de la desserte aérienne est une question pour laquelle il y a déjà eu des améliorations, vous en êtes les témoins. Nous pouvons faire mieux. J'ai demandé à plusieurs reprises aux Ministres successifs des transports d'améliorer encore la desserte de la Corse, non seulement pour la saison touristique mais pour la saison d'hiver pendant laquelle il y a, en somme, la vie réelle, la vie profonde de la Corse et dès l'hiver prochain, il y aura des améliorations à cet égard.
Je voudrais maintenant vous parler du problème de la Corse car j'ai dit dès le début de ma Campagne que je n'éluderai aucun problème, que ce qui était utile dans ma Campagne, c'était la franchise, bien entendu de part et d'autre la franchise et la loyauté qui sont, vous le savez, les règles de ma Campagne et dont j'aurais souhaité que ce ne soient pas des règles solitaires.
Je vais donc vous parler de ce qu'on appelle le problème corse et j'entends être d'une clarté absolue. Je ne veux pas qu'il y ait d'ambiguïté, de confusion dans l'esprit des Corses.
L'avenir de la Corse repose pour moi sur 3 principes : deux principes de continuité et une personnalité.
Deux principes de continuité : la continuité républicaine, la Corse fait partie intégrante de la République Française pour le présent et pour toujours (applaudissements), et la continuité territoriale vis-à-vis du Continent pour assurer le développement économique et social de la Corse.
Vous devez toujours avoir en tête ces deux idées qui sont simples et définitives : la continuité républicaine et la continuité territoriale.
Une personnalité : la personnalité culturelle du peuple corse, en raison de ses fortes et nobles traditions de son âme et de sa culture qui doivent être conservées et protégées.
Voilà comment je vois l'avenir de la Corse, deux continuités et une personnalité. Et si nous continuons ainsi il n'y aura pas de problème corse parce que dans l'aspiration des Corses, il y a ces 3 choses. L'erreur est de vouloir ignorer l'une des trois £ l'erreur de certains est de vouloir ignorer la profondeur de l'attachement des Corses à la République Française qu'ils ont fondée avec nous (applaudissements)
D'ailleurs dans tous les scrutins locaux et nationaux, vous allez voir encore la prochaine fois, les Corses se prononcent pour la continuité républicaine, j'en fais avec vous facilement le pari. En même temps ils souhaitent le développement et donc la continuité territoriale. Ils souhaitent garder leur âme et moi je souhaite que la Corse garde son âme.
Chacune de nos régions, chacune de nos traditions est forte et noble. La Corse est un peuple insulaire qui a vécu toutes les vicissitudes de l'Histoire qui a sa propre culture, sa propre façon de s'exprimer, ses chants que je n'ai pas chanté cette fois-ci Monsieur Arrighi de Casanova mais que je chanterai avec vous la prochaine fois, je vous en donne l'assurance (applaudissements) Il me faudra d'ailleurs quelques leçons particulières mais je trouverai, j'en suis sûr, des professeurs !
Eh bien cette âme corse non seulement je ne veux pas vous en priver mais je souhaite que vous la gardiez £ je souhaite que vous la fortifiez et que vous la développiez parce que la France est riche de toutes nos cultures et de toutes nos traditions et dans ce monde qui s'uniformise, pourquoi vouloir nous priver des plus anciennes et des plus dignes d'entre elles ?
Voilà mon sentiment et je souhaite que donc, cette élection en Corse ait le mérite définitif de la clarté.
Je le dis solennellement : ceux qui veulent pour la Corse un statut différent de celui des autres régions françaises comme le proposent certains candidats, ils ne doivent pas voter pour moi, parce que moi, je ne le ferai pas (applaudissements)
Je voudrais enfin évoquer comme vous le faisiez tout à l'heure le problème de ces passions et de ces violences £ en particulier de l'image - mauvaise image - qu'elles ont donnée d'un certain comportement corse, image d'ailleurs infidèle et ce problème concerne toute la communauté nationale.
Chacun a le droit de s'exprimer. Chacun a le droit de se présenter. Chacun a même le droit d'être battu mais il n'est pas digne dans une société démocratique moderne de laisser s'instituer durablement dans les m¿urs et dans les esprits la violence civile nocturne, lâche et anonyme.
Je souhaite que cette violence-là qui n'est pas celle de l'honneur de la Corse, disparaisse de la vie quotidienne de votre ville (applaudissements)
L'Etat continuera de défendre sans défaillance mais dans le cadre des justes lois, la sécurité des citoyens. Je souhaite que l'Etat ne le fasse pas tout seul et que ce soit la population corse elle-même qui rejette hors de son sein ces tentations et ces démons qui ne sont pas dignes de ce qu'est la Corse.
C'est pourquoi pour la Corse, je vous dis ma confiance et mon espoir dans la paix civile et républicaine retrouvée dans le développement harmonieux de l'Ile et dans une ouverture fraternelle vers la jeunesse.
J'ai encore droit à 12 mn. Je ne sais pas si les réunions politiques sont très exactes en Corse mais moi je suis obligé comme candidat d'avoir la politesse du Président de la République et vous avez vu que je m'y tiens.
Je voudrais dire un mot de mes objectifs nationaux dans cette campagne et puis je voudrais dire quel est l'enseignement stratégique que j'ai tiré de l'étude des batailles du grand Empereur qui guide ma stratégie dans cette campagne jusqu'à la victoire finale dont vous savez bien que personne ne doute (applaudissements)
D'abord mes objectifs, 4 objectifs :
La liberté : la France terre de liberté, la Corse terre de liberté, grande tradition nationale. Nous avons fait la Révolution de la liberté en 1789, la Corse s'est libérée à plusieurs reprises du joug de toutes les oppressions, la Corse est une terre libre, la France est une terre. Je garderai la France comme une terre de liberté.
Deuxième objectif : la paix. Combattre pour la paix. Nous savons bien qu'il y a des dangers dans le monde actuel des tensions, des menaces. Nous voyons de malheureux peuples vivre dans le déchirement ou dans l'angoisse. La France doit apporter la paix au monde et le Président de la République Française ne peut pas être quelqu'un qui reste à part dans son Palais de l'Elysée et qui n'apporte pas sa contribution à la paix.
Vous avez vu les critiques invraisemblables qu'on a portées au Président de la République pour avoir rencontré les grands dirigeants du monde et pour avoir recherché avec eux les conditions de la paix. Eh bien, je continuerai à le faire et je le ferai avec le soutien des Françaises et des Français (applaudissements) Je le ferai à partir d'une position de force parce que la France doit être dans une position de force.
Nous vivons dans un monde hélas où l'on peut dire : malheur aux faibles, et je ne veux pas que la France soit faible et malheureuse. Nous en avons fait la troisième puissance militaire du monde, nous la garderons en situation de force pour qu'elle préserve son indépendance et sa sécurité mais cette force, je la mettrai au service de la paix. (Applaudissements)
Mon autre objectif, qui est celui que je vais répéter tous les jours alors j'espère que vous le répéterez dans les villages dans les communes dans les foyers corses, c'est un message d'espoir.
Vous savez parce que vous suivez la campagne à la télévision, à la radio, le genre de campagne qu'on vous offre, la France qui est un grand pays, les Français qui sont un grand peuple , un peuple digne... J'ai suivi les campagnes électorales qui ont eu lieu par exemple à l'automne dernier en Allemagne fédérale, au mois d'octobre aux Etats-Unis d'Amérique, c'était de grandes campagnes, qui voient les candidats leur proposer le dénigrement de tout, la critique du Président de la République (applaudissements) qui a été élu par les Français et donc qui doit des comptes aux Français mais pas aux autres candidats ! (applaudissements)
Dans cette campagne, je veux fixer l'objectif de l'espoir et cet objectif, il est tout simple, je voudrais vous l'enfoncer dans l'esprit.
Vous savez la grande difficulté actuelle de la communication, il y a tellement de messages, vous recevez tellement d'images, vous écoutez tellement de discours qu'il est difficile que quelque chose entre profondément en vous. Je voudrais que quelque chose entre dans votre esprit, c'est que mon objectif pour le septennat nouveau c'est qu'en 1988, quand on parlera dans le monde, dans les conversations courantes, on dise toujours. : il y a trois puissances avancées qui sont les Etats-Unis d'Amérique, le Japon et la France que l'opinion mondiale tout entière s'habitue à nous considérer non pas comme un peuple fatigué, comme un peuple de retardataires, mais au contraire comme un peuple capable et un peuple d'avant-garde.
Alors, en sommes-nous capables ?
A écouter les autres candidats, sûrement pas, mais à m'écouter sûrement oui, car puisque nous avons été capables de devenir la troisième puissance militaire du monde et je parle là devant un peuple qui a fourni à la France son plus grand génie miliaire, puisque nous qui sommes 53 700 000, nous sommes actuellement la troisième puissance militaire du monde, pourquoi ne serions-nous pas dans d'autres domaines : la science, l'économie, le progrès, un des trois pays les plus avancés ?
Nous avons conduit en matière d'énergie, vous le savez, le programme le plus ambitieux du monde. Quand je rencontre le Chancelier Schmidt, le Président des Etats-Unis d'Amérique, M. Brejnev, tous reconnaissent que le programme énergétique français est le plus ambitieux du monde (applaudissements)
Voilà ce que nous avons été capables de faire.
Eh bien puisque nous en sommes capables, il faut continuer et je voudrais que vous gardiez dans votre esprit cette idée simple : en 1986, nous les Français, vous les Corses, nous serons considérés partout comme un des trois pays les plus avancés du monde. Quand il paraîtra un article quelque part on dira : les trois pays les plus avancés, les Etats-Unis le Japon et la France, font ceci et font cela. Nous en sommes capables, je veux vous y conduire (applaudissements)
L'enseignement stratégique du grand Empereur £ j'ai étudié ses batailles - elles sont d'ailleurs très intéressantes à suivre depuis les premières : les campagnes d'Italie où jusqu'aux batailles finales, au moment où la France était le seul pays de l'histoire à occuper simultanément Moscou et Madrid - il avait une recette simple qui est celle que j'applique à la conduite de ma campagne : les victoires se gagnent au centre et chaque fois qu'un de ses Maréchaux se livrait à quelque fantaisie sur ses ailes, il disait : " Ne perdez pas votre temps, vous faites tuer du monde pour rien, les batailles se gagnent au centre "
Cette bataille comme les autres, nous allons la gagner au centre et d'ailleurs, regardez comme ce qu'on vous racontait n'était pas vrai. Il y avait une vieille légende dans la vie politique française qui était de dire : le centre c'est l'endroit où tout le monde se divise. Au contraire, dans cette campagne où est l'unité ? Elle est au centre. Où sont les divisions ? Elles sont, au contraire de part et d'autre. C'est le centre qui peut réunir et rassembler les Français et c'est là que nous allons gagner la victoire. La victoire avec la Corse, j'y compte bien, la victoire avec la Corse du sud, je le dirai tout à l'heure à Ajaccio, mais je vous en prie, la victoire avec la Haute-Corse. (applaudissements)
Vous êtes venus dans cette réunion qui était une réunion amicale de lancement de ma campagne pour la Haute-Corse et je vous demande maintenant de la considérer comme un point de départ.
La Corse, ce sont des familles, ce sont des villages, ce sont des foyers. Que chacun de vous apporte chez lui ce message de confiance et d'espoir : nous allons gagner pour la justice, pour le progrès et pour l'unité de la France, mais nous allons gagner avec la Corse et nous allons gagner en Haute-Corse.
Vive la Corse !
Vive la France !
(vifs applaudissements)

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