Publié le 10 avril 1981

Discours de M. Valéry Giscard d'Estaing à Mende, lors de la campagne pour l'élection présidentielle, vendredi 10 avril 1981.

10 avril 1981 - Seul le prononcé fait foi

Discours de M. Valéry Giscard d'Estaing à Mende, lors de la campagne pour l'élection présidentielle, vendredi 10 avril 1981.

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Mes chers Mendoises,
- Mes chers Mendois,
- Mes chers Lozériennes, Mes chers Lozériens,
- Je vous remercie d'être venus si nombreux, les uns et les autres, pour cette réunion qui est en effet, comme le disait à l'instant votre maire, la première réunion de la campagne `campagne électorale` officielle... Un seul reproche, mais il est grave, à la municipalité de Mende, c'est que la salle soit un peu petite pour accueillir celles et ceux qui sont dehors et je voudrais dire que je m'en excuse auprès d'eux, je souhaite seulement que la sonorisation leur porte ma voix, et donc mon message.
- Mon cher maire, je suis venu depuis le début de mon septennat, en Lozère, trois fois. La première fois, en effet, j'ai fait une visite officielle, c'était la première visite, j'étais encore inexpérimenté, intimidé, vous l'avez sûrement remarqué, c'était chezvous à la Canourgue et puis je suis revenu deux fois, j'y avais d'ailleurs des raisons parsonnelles, puisque chaque fois c'était pour le mariage des filles de ma soeur mais malheureusement, pour le nouveau septennat, il faudra trouver autre chose, et je suis sûr qu'il y aura d'autres circonstances qui me ramèneront chez vous, j'allais dire chez nous.
- Dans ce que je vais vous dire aujourd'hui ici, au-cours de cette première réunion que je fais à Mende, puique je me souviens être allé autrefois à Saint-Chely-d'Apcher, c'était l'hiver, il y avait la neige, je me souvien d'être venu une autre fois à Mende, mais on s'était arrêté à l'aéroport, sur la hauteur, c'est la première fois qu'il y a une réunion dans la ville... je voudrais vous dire d'abord ce que je -compte faire avec vous pour la France au-cours du septennat nouveau et puis ensuite vous dire aussi ce que je -compte faire avec vous pour la Lozère, dans laquelle vous vivez, à laquelle vous êtes si profondément attachés.
- Pour la France, je voudrais servir 4 objectifs !
- la paix,
- la liberté,
- le travail et l'emploi,
- la solidarité entre les Français.
- Je reprendrai chacun de ces objectifs.\
D'abord, la paix : vous l'avez dit avec éloquence, mon cher ami Blanc, quand on regarde ce qui a dévasté les villes et les villages de France, et en-particulier de nos régions de montagne, ce sont bien les guerres. L'agriculture, la paysannerie françaises ont payé aux guerres le plus lourd des tributs et quand on regarde la statistique de la population, quand on voit les causes pour lesquelles les villages se sont dépeuplés au lendemain de la première guerre mondiale, on s'aperçoit qu'hélas c'est en-raison du tribut sanglant que les paysans de Lozère ont apporté dans les conflits.
- C'est pourquoi je considère que le devoir du Président de la République, c'est de lutter pour la paix.
- Vous avez entendu dans cette campagne `campagne électorale` un certain nombre de candidats me faire le reproche, - ils le font moins, ils se sont aperçu sans doute qu'il n'était pas électoralement rentable - d'avoir lutté pour la paix. Or, pendant mon septennat, j'ai assuré la puissance et la sécurité de la France, pays plus fort et plus puissant qu'il ne l'a jamais été dans sa longue histoire et en même temps, en effet, j'ai lutté pour la paix et je continuerai de le faire...\
Deuxième objectif : le maintien de nos libertés. Si le monde était comme nous voudrions qu'il soit, on n'aurait presque pas besoin de parler de liberté dans un grand débat électoral, mais regardez le monde comme il est, regardez ces images de violence, de tyrannie, et posez vous la question : combien y a-t-il dans le monde et même en Europe de peuples qui peuvent choisir librement, comme vous allez le faire, individuellement, sans pressions, sans contraintes, leurs responsables politiques ? On les compte sur quelques doigts de la main...
- Et regardez comme pendant sept ans, malgré les tensions de l'époque, malgré les risques, j'ai maintenu intégralement les libertés des Français et je peux avoir la fierté, à la fin de ce septennat, de me dire que la France est aussi libre, et peut-être même plus libre, que je l'avais trouvés en 1974.\
Troisième objectif : le travail et l'emploi.
- Nous vivons une période de crise, il est malhonnête de le dissimuler aux Français... c'est malhonnête d'abord parce qu'ils le savent très bien, il suffit de voir les images que vous voyez sur les écrans de la télévision, il suffit de lire les articles que vous lisez pour savoir que nous vivons dans un monde en crise `crise économique`... donc il est malhonnête de le dissimuler aux Français. Mais dans ce monde en crise, notamment, je lui en rends hommage, grâce-à l'action courageuse, persévérante et désinteressée du Premier ministre `Raymond Barre`, grâce aussi à l'appui des parlementaires de la majorité vous, messieurs les députés, vous, sénateurs, qui avez apporté votre -concours à cette action de préparation de l'avenir pour la France... grâce-à cela, la France est actuellement, je peux vous le dire, mieux prête que tout autre pays européen, à développer son économie et à assurer son avenir.\
J'étais, il y a quelques jours aux Pays-Bas, à Maastricht, c'est là que nous avons préparé d'ailleurs l'accord sur les prix agricoles, qui a pu être approuvé quelques semaines plus tard, et nous étions à 10, les 10 pays européens... chacun parle pour son pays, chacun écoute les autres et je me rendais -compte que tout le monde pensait que celui qui représentait, à l'heure actuelle, le pays le plus fort, celui qui représentait le pays qui était dans la meilleure situation par-rapport aux autres, c'était le Président de la République française, c'était la France.
- A-partir de cela, il va falloir développer notre effort national... j'aurai l'occasion d'en parler longuement au-cours de la campagne... et cet effort a pour objet d'assurer un emploi ou un poste en formation à toutes les jeunes Françaises et tous les jeunes Français qui se présenteront d'ici 1985 sur le marché du travail, et je peux vous dire que nous avons la capacité de le faire... D'ailleurs, j'ai présenté mon programme à la porte de Pantin il y a maintenant quinze jours... regardez... alors qu'on critique le Président de la République à longueur de journée, de soirée, regardez la pauvreté des critiques sur mon programme... Pourquoi ? Parce que les gens ont bien vu que je proposais les seules choses sérieuses, les seules qui pouvaient tirer la France de ses difficultés, et que l'on pouvait faire confiance à cette volonté que j'ai de tenir cet engagement central, parce que c'est un devoir vis-à-vis de notre jeunesse de ne pas la laisser attendre, au moment de son entrée dans la vie, sans travail ou sans perspective et que donc chaque jeune puisse avoir la certitude, soit d'avoir un travail, soit de poursuivre une formation.\
Mon quatrième objectif, c'est la solidarité entre les Français.
- Là aussi, le docteur Blanc vous en a parlé. Cette solidarité, je l'avais promise au-cours de ma première campagne, et quand je l'avais promise, naturellement, vous ne m'aviez peut-être pas beaucoup cru, parce que souvent on ne croit pas les promesses des campagnes électorales, et je peux vous dire qu'en général on a raison...
- Eh bien, je regardais les engagements que j'avais pris : celui que j'avais placé en tête, c'était la situation des personnes âgées françaises, parce que cette situation était indigne, parce que notre pays avait abandonné dans la détresse ceux qui, avant nous, avaient fait la France et j'ai considéré qu'il fallait rétablir leur dignité matérielle et en même temps leur donner une place dans la vie de notre société.
- Regardez ce qui a été fait, comparez le niveau des ressources, comparez le nombre d'associations de personnes âgées en Lozère, regardez comme elles sont maintenant à nouveau vivantes et confiantes dans notre société.
- Ce premier engagement de la solidarité a été tenu.\
Deuxième engagement : les femmes.
- Je sais très bien, parce que nous sommes ici en Auvergne, ou presque, que depuis toujours les femmes ont joué dans notre pays, dans notre famille, un rôle considérable. Je me souviens très bien, quand j'étais député du Puy-de-Dôme et que j'allais chercher des candidats pour les élections cantonales dans la montagne d'Ambert, par exemple, j'allais vois un candidat, il me répondait £ Ecoutez, je vais réfléchir"... et, en réalité, il ne voulait pas réfléchir, ce qu'il voulait c'est consulter sa femme... et c'est après l'avoir consultée que le lendemain il m'apportait la réponse.
- Donc, il y a longtemps que les femmes jouent un grand rôle dans la vie de la famille française. Mais il faut aussi que les capacités des Françaises qui désirent travailler, qui désirent exercer des responsabilités, qui sont d'ailleurs de plus en plus des élues, et mêmes des élues importantes, dans votre département, voient leur place reconnue dans notre société et constatez que pendant sept ans je m'y suis consacré.
- Les femmes que vous connaissez maintennant en France, celles qui sont connues, qui ont exercé des responsabilités - qui préside l'Assemblée européenne `Simone Veil` - qui les a choisies ? Qui les a fait entrer dans la vie politique de notre pays ?
- Il y a d'autres solidarités que vous avez évoquées, celle des handicapés... vis-à-vis des handicapés, je sais ce qui est fait en Lozère à cet égard £ vous avez vu que c'était à l'honneur de la société française, dans une période de crise, où nos ressources n'étaient pas sans limite, d'avoir fait un grand effort, le plus important d'Europe, pour que la place des handicapés dans notre société soit la plus fraternelle à tous égards.\
Enfin, solidarité envers les familles, et notamment les familles nombreuses.
- Il y a toujours eu, en Lozère, une tradition de vie familiale intense, et je me suis arrêté tout à l'heure dans une exploitation agricole, qui était, là aussi, l'exemple de cette vie familiale, mais c'est seulement au-cours des dernières années que la situation des familles qui ont trois enfants et plus a commencé à être substantiellement améliorée.
- Jusque là, on parlait de politique de la famille, bien entendu, mais quand a-t-on commencé à créér le complément familial ? Quand a-t-on fait augmenter les allocations pour les familles nombreuses plus vite que pour les autres ?
- Seulement au-cours des dernières années.
- Ces solidarités fondamentales - personnes âgées, femmes, handicapés, familles - nous continuerons, bien entendu, à les développer au-cours du nouveau septennat.\
Et maintenant, la Lozère et ses problèmes.
- Je suis heureux de revoir la Lozère et de la revoir, grâce-à vous, vivante, jeune, confiante dans son avenir. Je me souviens encore qu'il y a une dizaine d'années, j'avais trouvé un pays angoissé et dans lequel la plupart des dirigeants disaient que c'était un pays menacé de disparition et de désertification.
- Depuis mon élection - j'en prends les élus à témoins - chaque fois que nous avons fait un programme national, j'ai toujours demandé : que fait-on pour la Lozère et pour les départements de montagne ? chaque fois ! - et nous avons toujours consacré une attention et des moyens particuliers à résoudre vos problèmes.
- Quelques exemples :
- L'agriculture, qui était une agriculture traditionnelle, avec certaines méthodes et certains moyens qui étaient encore ceux du passé. Elle n'avait pas l'eau dans ses étables, elle n'avait pas le téléphone pour appeler le vétérinaire, les moyens de communication étaient très difficiles, les moyens d'éducation était insuffisants, une hémorragie grandissante envoyait les jeunes cévenols vers la plaine et vers les grandes villes, on assistait dans tous les chef-lieux de canton, à la disparition progressive des artisans, des petits commerçants, à l'éloignement des services publics...\
C'est en voyant la Lozère dans cet -état, autant que le Puy-de-Dôme, que j'ai conçu et proposé le Plan "Massif Central", que je suis venu proposer, monsieur Proriol, vous vous en souvenez, au Puy, la deuxième année de mon septennat.
- Quelques années plus tard, on peut considérer - je crois que c'est la justice de le dire - que la Lozère est sauvée. La Lozère est sauvée par la volonté et par la foi des Lozériens, mais elle est sauvée aussi par l'exercice de la solidarité nationale, par le Plan "Massif Central", auquel est venu s'ajouter, il y dix-huit mois, le Plan du "Grand Sud-Ouest", qui couvre aussi votre département. Ainsi, la Lozère est le seul département, avec une partie de l'Aveyron, qui est recouvert à la fois par le Plan "Massif Central" et par le Plan du "Grand Sud-Ouest".
- Les jeunes partaient. D'ailleurs, s'il y a de si nombreuses amicales lozèriennes à Paris, c'est bien qu'autrefois les jeunes lozèriens sont partis. Aujourd'hui, ils restent, et même, souvent, ils reviennent. En 1980, ils ont été deux fois plus nombreux que l'année précédente à s'installer comme jeunes agriculteurs.
- La période des grands troupeaux, que l'on avait cru révolue, est à nouveau revenue et il y a aujourd'hui, en Lozère, 10000 vaches et 20000 brebis de plus qu'il y en avait il y a dix ans.
- La vie dans la montagne, elle s'en va avec les artisans, avec les commerçants... on dit qu'elle s'en va avec le boulanger. Lui parti, plus personne ne reste. J'apprenais récemment, comme un symbole, qu'à Sainte-Croix-Vallée-Française, au coeur des Cévennes, le boulanger était revenu ! La vie est donc revenue, la jeunesse a repris espoir, dant toute la Lozère, et - je parle sous le contrôle des artisans qui sont dans cette salle - pour2 artisans qui partent, il y en a désormais, heureusement, 3 qui s'installent.\
J'ai entendu dire certains que les agriculteurs de montagne étaient devenus des assistés £ on voulait leur donner mauvaise conscience, ou un complexe, en disant qu'ils recevaient une aide qui était, en somme, une assistance. Eh bien ! J'invite ceux qui forment de tels jugements à venir partager, en Lozère, pendant l'hiver, la vie des jeunes éleveurs, et on verra s'ils gardent pendant longtemps de semblables jugements.
- La dotation d'installation, que nous sommes les seuls à avoir en Europe, l'indemnité spéciale de montagne, qu'en liaison avec les organisations professionnelles j'ai fait, vous le savez, revaloriser deux fois l'année dernière, pour compenser les charges des éleveurs, les aides au revenu, sont nécessaires pour compenser le handicap des prix de revient lié à la situation géographique, car les prix européens garantis sont adaptés à la situation des grandes exploitations du Bassin parisien et des grands élevages de l'Ouest ou de la Bourgogne, ils ne prennent évidemment pas en-compte les contraintes particulières de la montagne et de la Lozère. C'est pourquoi la France a choisi de sauver sa montagne.
- Ce choix n'était pas facile car, en période de crise - une péride dans laquelle les ressources sont limitées - beaucoup d'experts, beaucoup d'hommes politiques nous conseillaient plutôt de concentrer nos moyens sur les points forts et d'abandonner les points faibles ou éloignés, et lorsqu'à Vallouise - vous vous en souvenez - j'ai annoncé une véritable politique de la montagne, les sceptiques ont dit, comme toujour : il ne le fera pas, ou il ne le réussira pas... Nous l'avons fait ! Nous sommes en-train de réussir !
- En trois ans, la proposition des jeunes agriculteurs, parmi l'ensemble des exploitants, est devenue, en montagne, supérieure à la moyenne nationale. Il y a maintenant plus de jeunes agriculteurs, parmi les agriculteurs, chez vous, que dans d'autres grandes régions de production.\
En trois ans, plus de 40000 emplois industriels ont été créés en zone de montagne, avec l'aide de l'Etat.
- Un effort sans précédent dans notre histoire administrative - parce que tous les efforts précédents allaient dans l'autre sens - a été fait pour adapter les services publics aux besoins de la vie en montagne. Les bureaux de poste, par exemple, rendent aujourd'hui les services les plus divers. Le seuil de fermeture des classes, qui était un sujet très sensible dans les régions à population dispersée, a régulièrement baissé et il atteint, vous le savez, parfois 6 élèves à l'heure actuelle. Les petites communes - vos communes - qui manquaient des moyens élémentaires de la vie municipale, bénéficient aujourd'hui d'une aide spéciale au fonctionnement £ il y a, parmi vous, beaucoup de maires qui le savent et qui l'apprécient.
- C'est aussi en pensant à la Lozère, et je vous dirai à l'Auvergne et à toutes les zones défavorisées auxquelles, apparemment, aucun de mes concurrents ne s'intéresse et aucun de mes concurrents ne rend visite - sans doute parce qu'elles sont trop éloignées, ou trop peu peuplées... - c'est en pensant à ces zones de notre pays que j'ai voulu solliciter un septennat nouveau, car pour ce septennat nouveau j'ai trois projets pour la Lozère.\
Premier projet : poursuivre l'effort d'équipement qui a été entrepris en additionnant les Plans "Massif Central" et "Grand Sud-Ouest", et les plus grands investissements concerneront les moyens de formation, si nécessaires à votre jeunesse, et les grands moyens de communications routiers.
- Vous savez que, contre tous les services - il faut avoir la franchise de le dire - j'ai fait retenir l'autoroute Nord-Sud, qui finira par traverser le Massif central et qui arrivera, dans quelques années, à Clermont-Ferrand. Vous savez que cet axe traversera votre partie du Massif central par une voie express à 4 voies, d'un bout à l'autre, et je veillerai personnellement, là aussi, à ce qu'il n'y ait aucun ralentissement dans ce programme.
- Je souhaiterais, messieurs les élus, que la dernière inauguration de mon prochain septennat soit de parcourir avec vous, d'un bout à l'autre, la voie express à 4 voies qui aura enfin, et pour toujours, désenclavé le Massif central et l'Auvergne !
- A cet égard, je vous donne rendez-vous - vous pouvez le marquer sur vos agendas - pour le mois d'avril 1988.
- Je vous confirme que l'élargissement de la nationale 88, entre Langogne et Rodez, si demandé dans votre département, sera réalisé pendant les cinq premières années du plan du Grand Sud-Ouest.\
La construction du Centre de formation d'apprentis, la reconstruction du Centre de formation professionnelle des adultes et celle du lycée de Saint-Chély-d'Apcher, sont en-cours à-partir de ces programmes.
- Il faudra aussi faire bénéficier la Lozère de toutes les facilités nouvelles et je pense au grand essor des télécommunications dans notre pays, après l'adduction d'eau, l'adduction d'électricité, les zones de montagne ont besoin d'une adduction également de télécommunications et aussi de la disparition des dernières zones d'ombre.\
Deuxième projet : améliorer les garanties de revenus des éleveurs de montagne.
- Ces éleveurs étaient très inquiets l'année dernière. Nous avons pu les protéger de la concurrence déloyale de certains de nos partenaires, je pense à l'élevage du mouton si important en Lozère. Mais nous savons que des progrès restent à faire, tant en faveur de l'élevage ovin que de l'élevage bovin, pour valoriser la production et élargir les débouchés.
- Je vous rappelle l'accord de Bruxelles, cet accord pour lequel nous nous sommes battus à tous les échelons du gouvernement et de la Présidence de la République, cet accord dont la presse européenne, sachez-le, répétez-le autour de vous, écrit partout qu'il n'aurait jamais été obtenu sans l'insistance personnelle du Président de la République française. Cet accord, il est pour la première fois conforme à vos voeux, c'est-à-dire intervient le jour dit il apporte une revalorisation de plus de 12 % du prix de nos produits et notamment de nos produits animaux £ il comporte une hiérarchie des prix qui est pour la première fois favorable à l'élevage, puisque ce sont les produits animaux et laitiers dont les prix augmentent le plus et, au contraire, les produits céréaliers nécéssaires à l'alimentation du bétail qui augmentent un peu moins.
- Donc, nous avons obtenu en Europe un accord qui va permettre à nos agriculteurs de partir sur une bonne base en 1981. Mais il y avait aussi dans cet accord, et vous l'avez rappelé, Couderc, tout à l'heure, des dispositions intéressant la Lozère, car la Communauté `CEE` de Bruxelles a prévu un effort exceptionnel d'investissement pour votre département, - ceci a sûrement été rendu public - qui permettra d'accélérer l'équipement de tout le monde rural.\
Troisième projet : mettre au-point un plan de développement du commerce et de l'artisanat en Lozère, parce qu'il y a ici, à Mende, une tradition commerciale et artisanale vivante et qu'il y a aussi dans le milieu rural une activité artisanale et commerciale vivante.
- Ce plan est en préparation avec le ministre du commerce et de l'artisanat, en concertation avec vos compagnies consulaires. Je souhaite qu'il puisse être mis au point avant l'été. Et ainsi, dans les grands aspects de la vie lozérienne, c'est-à-dire l'agriculture, le commerce, l'artisanat, à-partir de la modernisation de votre département, vous pourrez envisager l'avenir avec confiance, l'avenir avec espoir.\
Dans cette campagne `campagne électorale`, dont j'ai vu le début se dérouler avec les interventions des autres candidats, j'ai écouté ce que l'on proposait à la France et j'ai vu que ce qu'on lui proposait était entièrement négatif £ ce qu'on vous disait, c'était simplement la critique de ce qui avait été fait depuis sept ans, critique d'ailleurs systématique, stérile, désobligeante, pour les Français et pour leurs dirigeants.
- Avons-nous entendu de grands projets ? Avons-nous vu proposer à la France de grands espoirs ? On imaginait que c'était simplement en affaiblissant, en critiquant les autres qu'on avait une chance de se créer un petit chemin pour soi-même vers le succès.
- Ceci ne m'intéresse pas. Je ne fais pas une campagne pour garder ou pour gagner une place £ je fais une campagne, parce que j'espère qu'au-cours des prochaines années, nous pourrons ensemble faire progresser la France et nous pourrons le faire si nous reconnaissons la capacité de travail et d'acitivité des Français, si nous libérons dans notre pays les forces d'initiative et de production à tous les niveaux, et si nous établissons entre nous, non pas l'aigreur, non pas la division entre les Français, mais un esprit, au contraire, de solidarité fraternelle.
- C'est avec cela que nous avons des chances de progresser, de l'emporter.\
C'est pourquoi je veux, dans cette campagne, apporter l'espoir à la France. Je ne veux pas que les Français votent par résignation, par découragement, par mécontentement, je veux qu'ils votent pour quelque chose et ce quelque chose, c'est le progrès de notre pays, progrès que nous avons entrepris et qui a déjà, vous le savez, commencé à changer les conditions d'existence chez vous, progrès que nous sommes capables de poursuivre.
- C'est pourquoi je -compte sur vous. Tout à l'heure, avec sa chaude éloquence, chaude éloquence avec laquelle je n'essaie pas de rivaliser, d'abord parce qu'il y faut une pointe d'accent et ensuite parce qu'il y met toute sa chaleur, toute sa spontanéité..., le docteur Blanc disait que vous comptiez sur moi... Mais moi, je voudrais vous dire autre chose : je -compte sur vous parce que le jour de l'élection, j'irai voter à Channonat, Puy-de-Dôme, mais je n'aurai qu'un seul bulletin de vote à mettre dans l'urne... Vous devinez d'ailleurs pour qui... tandis que vous, vous aurez tous les vôtres, et c'est, je vous dirai, la grandeur de nos institutions républicaines et démocratiques. Quelquefois, on critique ces institutions, on dit : mon Dieu, la politique, ces discussions... Pourquoi faire ? Eh bien, il est très impressionnant de se dire que, finalement, le sort de la France le 26 avril et le 10 mai, ce n'est plus moi qui le conduirai, ce n'est plus moi qui le déciderai, c'est vous ! Et je vous fais confiance pour bien choisir pour elle. Vive Mende !
- Vive la Lozère !
- Vive la France !
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