Publié le 4 avril 1981

Conférence de presse de M. Valéry Giscard d'Estaing, destinée à faire le point sur la campagne présidentielle, Paris, rue de Marignan, samedi 4 avril 1981.

4 avril 1981 - Seul le prononcé fait foi

Conférence de presse de M. Valéry Giscard d'Estaing, destinée à faire le point sur la campagne présidentielle, Paris, rue de Marignan, samedi 4 avril 1981.

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Je vous ai demandé de venir ce matin pour vous faire part de mon premier jugement sur le déroulement de ma campagne `campagne électorale` pour l'élection présidentielle et en même temps pour vous indiquer la manière dont elle va se poursuivre au-cours de la semaine prochaine. J'ai déjà rencontré au-cours de mes premières réunions publiques plus de 50000 personnes £ vous savez que dans la tradition politique on exagère souvent les chiffres de ses auditoires, je vous cite au contraire un chiffre très exact et très vérifiable, en quelques jours plus de 50000 personnes. Qu'ai-je senti au-cours de ces premières réunions ?
- C'est pour moi la 4ème fois que je participe à une campagne présidentielle, la première fois c'était en 1965, entre les deux tours à la demande du Général de Gaulle, où j'étais allé tenir un certain nombre de réunions en province £ puis en 1969, à l'occasion de la campagne du président Pompidou, dont je soutenais la candidature, et puis 1974, et 1981. Et ce que j'observe, c'est que les auditoires sont les plus nombreux et les plus attentifs que j'ai observés au-cours de ces 4 campagnes, comme si les Français et les Françaises étaient décidés à réfléchir, à écouter, afin d'être sûrs de faire le meilleur choix, et je me réjouis de cette attention démocratique de la France. Tout ce que j'ai vu jusqu'ici dans la campagne me montre que nous commençons à conduire un vrai débat démocratique digne de la France.\
Parmi les thèmes de mes discours, quels sont ceux qui rencontrent un plus grand soutien de la part de mes auditoires, en réalité 3 thèmes : la paix, l'unité, le travail £ le travail c'est-à-dire le problème de l'emploi.
- La paix, et sans doute certains d'entre vous m'ont suivi dans ces réunions où vous avez dû voir combien les applaudissements étaient denses, exprimaient un soutien lorsque le thème de l'action pour la paix que je conduis, était évoqué, et donc combien ceux qui déforment l'action de la France pour la paix se trompent sur le sentiment profond de notre pays. Les Français approuvent, je l'ai senti au-cours de ces réunions, à la fois, bien entendu, notre effort national pour la sécurité de la France, mais aussi le combat que je mène et que je continuerai à mener pour la paix.
- Deuxième thème, l'unité £ unité de la majorité bien entendu, unité nationale et là je sens un certain décalage entre les commentaires qu'on fait aussi parfois sur-le-plan politique, et la réalité nationale. Vous savez que les efforts en direction de l'unité sont souvent décrits comme étant des gadgets, ou comme ne rencontrant pas le succès qu'ils pourraient rencontrer. Je suis frappé de voir que mes efforts en direction de l'unité, sont compris et soutenus par mes auditoires.
- Et le troisième grand thème, c'est le thème du travail c'est le thème de l'emploi et du chômage. Et à cet égard, 8 jours après que j'ai proposé mon plan pour l'emploi, j'observe que les auditoires en ont compris l'importance et la précision, et que ces auditoires ne souhaitaient pas des propositions démagogiques ou illusoires, les Françaises et les Français sont maintenant parfaitement capables de juger les propositions démagogiques ou illusoires, et qu'ils souhaitaient au contraire un plan réfléchi, méthodique, calculé, vérifiable, je continuerai à présenter ce plan pour l'emploi.\
Au-cours de la semaine qui vient, je compte traiter certains thèmes. Je continuerai vous le savez des réunions publiques, lundi dans la banlieue Nord, Est, et Sud-Est de Paris, c'est-à-dire en Seine-Saint-Denis, et dans le Val-de-Marne, et mardi j'irai à Amiens et Lille. Je traiterai lundi dans la Seine-Saint-Denis, et dans le Val-de-Marne, des problèmes de la vie dans les banlieues, et l'action qui peut être conduite pour améliorer le -cadre de vie dans les banlieues. Je traiterai également du problème du logement et de l'accession des jeunes Français à la propriété de leurs logements.
- Mardi soir à Lille, je traiterai les problèmes des employés et des cadres, de leurs rôles dans la société française, de leurs problèmes, et de la manière dont nous pouvons les résoudre.
- La semaine suivante, je traiterai les problèmes de l'agriculture et la manière dont l'agriculture française peut tirer le meilleur parti des décisions de Bruxelles, décisions qui ont été obtenues, vous le savez, grâce-à la fermeté de la délégation française, soulignée par toute la presse internationale, et également grâce-à l'entente franco - allemande, que nous avons préparée par nos entretiens, le chancelier Helmut Schmidt et moi-même, par deux fois, en Alsace et à Maastricht, où nous avons jeté ensemble les bases de l'accord qui a été conclu, accord qui se situe à un niveau de prix supérieur de 4,5 % au-niveau de prix qui avait été d'abord proposé par la Commission, et accord qui se traduit, vous le savez, par une réduction très sensible des montants compensatoires monétaires de l'Allemagne fédérale `RFA`, qui était une des revendications du monde rural français £ donc je traiterai la semaine suivante des problèmes de l'agriculture au lendemain des décisions de Bruxelles.
- Enfin, je tiendrai mercredi après-midi une conférence de presse sur l'économie. J'ai traité d'abord l'emploi, sous la forme d'un discours devant les jeunes directement concernés par le problème de l'emploi, et ensuite sous la forme de propositions écrites. Après l'emploi, l'économie. Je réunirai donc la presse mercredi après-midi pour traiter devant elle des problèmes de l'économie française. Voici mon programme pour les prochains jours. Alors si il y a une question avant de nous séparer sur les questions d'organisation de la campagne, et le déroulement de la campagne `campagne électorale`.\
QUESTION (V. de Panafieu, RTL).- Vous avez parlé du thème de l'unité de la majorité, et le candidat Chirac par l'intermédiaire de Claude Labbé vous propose un "Face à Face", alors est-ce que vous accepteriez ?
- LE PRESIDENT.- J'ai dit hier soir à Strasbourg que je ne dirai rien et que je ne ferai rien qui puisse compromettre l'unité de la majorité, et je n'ai pas l'intention d'offrir aux Français le spectacle du Président de la République se querellant avec le Premier ministre qu'il a nommé.\
QUESTION (J. Paletou, France-Inter).- En ce qui concerne l'emploi, est-ce que vous avez pu prendre connaissance des réactions, elles ont été plutôt réservées, et parfois hostiles, d'un certain syndicat, mais est ce que certaines de ces réactions, vous pouvez en faire votre profit, si je peux m'exprimer ainsi ?
- LE PRESIDENT.- Bien entendu £ je ne trouve pas que les réactions aient le caractère que vous dites. J'ai été frappé de voir, en dehors de la position de la CGT le caractère de réflexion des réactions des organisations syndicales, des professionnels. Ceci d'ailleurs ne m'a pas surpris, parce que vous savez que mes propositions ont été très largement préparées par les travaux des commissions du VIIIème plan, et que ces travaux ont été conduits en liaison et avec la participation des organisations syndicales. Bien entendu elles ont émis certaines réserves, certaines critiques, je le comprends parfaitement, et dans la mise au-point d'ailleurs des mesures, il devrait être tenu compte des réactions des partenaires sociaux.
- Voilà donc pour le programme de la semaine prochaine, et je vous verrai donc mercredi après-midi.\

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