Publié le 10 juillet 1980

Allocution prononcée par M. Valéry Giscard d'Estaing à l'occasion de l'inauguration de l'exposition Max Ernst, lors de sa visite officielle en République fédérale d'Allemagne, Bonn, le jeudi 10 juillet 1980

Allocution prononcée par M. Valéry Giscard d'Estaing à l'occasion de l'inauguration de l'exposition Max Ernst, lors de sa visite officielle en République fédérale d'Allemagne, Bonn, le jeudi 10 juillet 1980

10 juillet 1980 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le Chancelier,
- madame,
- madame ERNST,
- monsieur le premier ministre,
- MM. et Mmes les ministres français et allemands,
- (Le début de l'allocution est prononcé en allemand).
- Je veux d'abord vous remercier de m'avoir demandé d'inaugurer avec vous cette exposition consacrée à Max ERNST. Sachant quel intérêt personnel vous avez porté à sa préparation et à sa réalisation, je tiens à vous en féliciter : cette exposition est unique en son genre à la fois par la qualité des oeuvres de Max ERNST qu'elle présente et par le lieu qui l'accueille. Je vous exprime, monsieur le Chancelier fédéral, ma reconnaissance pour m'avoir ainsi associé à l'hommage rendu à Bonn à une oeuvre franco - allemande par excellence.
- Enfant de Bruhl, étudiant de Bonn, artiste allemand, Max ERNST appartient aussi à la France. Sa vie personnelle comme son oeuvre illustrent, de manière exemplaire comment l'étincelle créatrice peut jaillir du contact de nos deux tempéraments, de nos deux inspirations respectives, de nos expériences dans la vie, de nos -recherches dans les arts. Nous devons comme vous l'avez dit, monsieur le Chancelier, en retenir la leçon, mais sans en limiter l'application au seul domaine des relations artistiques.
- Dans le Paris des années vingt `1920` "ce seigneur à l'oeil clair venu des forêts germaniques", s'est senti curieusement chez lui. C'est en France que le fondateur du groupe Dada de Cologne, attiré par l'ange du bizarre et les séductions du surréalisme, a affermi sa vocation. Mais son oeuvre, même conçue à Paris ou en Touraine, comme ce tableau, que mon porte-parole dissimule, et qui représente un paysage de France, paysage d'ailleurs assez curieux car vous observerez que les flèches de l'Indre et de la Loire n'indiquent pas le sens du fleuve mais sont dans le sens de l'imagination de Max ERNST. Son oeuvre s'est poursuivie en Provence, mais elle n'a jamais cessé d'exprimer des obsessions visionnaires issues de la Rhénanie romantique. C'est pourquoi son oeuvre a bien sa place ici, dans le pays qui fut celui de sa naissance, de sa jeunesse, de sa formation et celui de son inspiration comme le manifeste cette belle exposition.
- (La fin de l'allocution est prononcée en allemand).
- Je vous remercie, monsieur le Chancelier fédéral, de nous offrir l'occasion de le vérifier, c'est-à-dire d'apprécier de manière plus sensible et plus complète le Maître de Bruhl et ce qui le rend inséparable de ses deux patries. Merci de m'avoir associé à cet hommage, à l'invention, à la création et donc à la continuation de la vie de Max ERNST.\

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