Publié le 9 mai 1980

Discours prononcé par M. Valéry Giscard d'Estaing sur le développement de l'Afrique lors de la séance inaugurale de la 7ème conférence franco-africaine, Nice, vendredi 9 mai 1980

9 mai 1980 - Seul le prononcé fait foi

Discours prononcé par M. Valéry Giscard d'Estaing sur le développement de l'Afrique lors de la séance inaugurale de la 7ème conférence franco-africaine, Nice, vendredi 9 mai 1980

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`Politique étrangère ` relations franco - africaines`
- Comme tous les deux ans, depuis que la tradition s'en est instaurée, nous sommes cette fois-ci réunis en France à l'occasion de la Conférence franco - africaine. C'est pour moi un honneur et un plaisir de vous accueillir ici, au bord de cette mer Méditerranée, qui unit depuis toujours, plus qu'elle ne les sépare, l'Afrique et l'Europe.
- La plupart des chefs_d_Etat et de gouvernement présents à Nice ont participé aux six conférences précédentes, notamment celle de Kigali qui nous a permis l'an dernier d'apprécier la qualité de l'accueil du Président HABYARIMANA et aussi l'accueil du peuple rwandais, dont je tiens à le remercier.
- Il est certes dommage que tous ceux qui auraient souhaité se joindre à nous en ce jour n'aient pas pu le faire - ils sont à nos côtés par le coeur et l'esprit -. Je pense en-particulier au Président HOUPHOUET-BOIGNY, notre doyen, qui n'a pu se rendre à Nice, du fait du séjour de Sa Sainteté le Pape `JEAN-PAUL II` dans son pays. Et je lui adresse, en mon nom et en votre nom à tous, l'expression de notre amitié et de notre profonde estime, que nous demanderons aux ministres d'Etat de bien vouloir lui transmettre.
- Je dirai de même pour le Président LAMIZANA (Haute-Volta) qui avait commencé par prendre des dispositions pour venir, mais qui a vu qu'il était difficile d'être à Nice le soir et à Ouagadougou le matin. Or, la visite pontificale précède d'une journée la visite en Côte_d_Ivoire £ il lui était donc difficile également d'être présent. Il m'a chargé de vous transmettre son profond regret.
- L'absence du Président HOUPHOUET-BOIGNY a une conséquence sur la fonction de doyen. Nous avons appris depuis hier soir que notre doyen était le Président SENGHOR. C'est donc à lui qu'il revient, au-cours de cette conférence, d'exercer les attributions qui sont traditionnellement celles du doyen et qui consistent à introduire la sagesse, la modération, la réflexion propres à l'expérience de la vie.\
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- Je voudrais également vous lire une lettre que m'a fait parvenir ce matin le Président SASSOU N'GUESSO. "Monsieur le Président,
- La République populaire du Congo, membre à part entière de la conférence franco - africaine depuis le sommet à Kigali du 21 et 22 mai 1979 `date`, sera représentée par M. Pierre NZE, membre du bureau du parti congolais du Travail, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération.
- J'ai désigné le ministre Emmanuel YOKA, directeur de cabinet, pour faire partie de la délégation congolaise aux travaux de Nice.
- La désignation de M. Pierre NZE pourrait être regardée comme un acte traduisant une désaffection quelconque vis-à-vis de la conférence. Et, étant donné le niveau de représentation de la République populaire du Congo, lors des assises de Kigali en 1979, permettez-moi, monsieur le Président, de vous rassurer et de rassurer les autres Chefs_d_Etat participant à la Conférence de Nice, sur la solidité des espoirs que fonde mon pays sur la capacité à cerner, analyser et tenter de résoudre les problèmes de tous ordres, notamment de développement qui se posent à l'Afrique en-général. La -nature des questions qui engagent l'avenir de l'humanité est telle qu'aucun peuple, qu'aucune nation ni aucun gouvernement ne saurait aujourd'hui raisonnablement choisir de vivre en-dehors des ensembles, qu'ils soient politiques ou économiques. La réalité est qu'une fois de plus, je suis tributaire d'un calendrier législatif particulièrement contraignant, auquel, hélas, n'échappe pas non plus le chef du gouvernement congolais. Je tenais à vous donner ces apaisements, monsieur le Président afin de lever toute équivoque, toujours source de regrettables malentendus."
- Nous accueillons avec beaucoup de plaisir le ministre Pierre NZE, chargé de représenter le président de la République populaire du Congo à cette conférence.\
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- Je voudrais saluer également deux des chefs_d_Etat qui n'étaient pas présents au dîner d'hier soir, en-raison de leur participation à la très émouvante circonstance des obsèques du chef_de_l_Etat yougoslave `TITO`. Je veux dire au Président EYADEMA `Togo` et au Président Moussa TRAORE `Mali` que nous leur souhaitons une très cordiale bienvenue à Nice. Je voudrais enfin saluer la présence du Président STEVENS de Sierra-Leone, qui est ici pour la première fois et qui nous apporte une participation d'autant plus précieuse que chacun connaît la responsabilité qu'il exercera prochainement au-sein de l'importante Organisation de l'Unité africaine `OUA`.\
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- Le -prix que chacun de nous attache à ces rencontres au sommet étonne parfois les observateurs. Comment expliquer en effet que les dirigeants de pays aux options politiques parfois très différentes éprouvent un intérêt à se rencontrer une fois par an ? Et comment expliquer l'attrait de ces réunions que reflète l'élargissement de notre cercle ?
- La réponse se trouve d'abord, me semble-t-il, dans le caractère même de nos rencontres qui sont une occasion irremplaçable d'un échange_de_vues direct et amical, où chacun peut exposer librement les préoccupations d'intérêt général qui lui tiennent à_coeur.
- Je souhaite que, luttant contre la tendance inverse qui dénature, vous le savez, progressivement, beaucoup de rencontres internationales, nous lui préservions la singularité de ce dialogue informel, personnel et confiant.
- En même temps, je crois que cet intérêt tient au fait que nous orientons nos discussions vers les problèmes concrets auxquels sont confrontés nos pays afin de rechercher ensemble les solutions efficaces et adaptées.\
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- Ouvert, amical et concret, notre dialogue prend également la forme d'une solidarité active.
-Comme le disait le président HABYARIMANA, cette solidarité n'est pas fondée sur la conception d'un modèle économique particulier ou d'une philosophie politique ou d'une culture unique.
- Elle passe, au contraire, par le respect de notre diversité et la confrontation des expériences de chacun. Dans une conjoncture de plus en plus troublée, dont nous aurons l'occasion de nous entretenir, le resserrement de la solidarité franco - africaine, avant-garde du resserrement de la solidarité entre l'Europe et l'Afrique, et je le souhaite également les pays arabes, représente pour chacun de nos Etats un atout de progrès £ pensant à cette solidarité, je voudrais mentionner aussi la présence ici pour la première fois, du président de la République de Somalie, notre ami le président SIAD BARRE, que nous avons été heureux d'accueillir hier soir et qui représente, je dirai presque à lui tout seul, une sorte d'illustration du trilogue, puisque son pays est à un confluent célèbre et historique, dirait le Président SENGHOR, des cultures africaines et arabes.\
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- Le développement de l'Afrique constitue pour nous tous une préoccupation essentielle, préoccupation que vous éprouvez directement en tant qu'Africains £ préoccupation que nous ressentons en tant que pays voisin et ami de l'Afrique.
- C'est autour de ce thème prioritaire que sont venus s'ordonner les nombreux thèmes de réflexion que nos ministres des Affaires étrangères ont proposés à notre attention dans leur projet d'ordre_du_jour. Je les félicite du caractère très complet de leur proposition. Naturellement, comme le faisait remarquer hier soir le Président SENGHOR, il faudrait au moins un jour de plus pour la Conférence, et même, si nous voulions traiter tous ces sujets, il faudrait demander peut-être à la ville de Nice une hospitalité permanente, car si nous apportions une réponse à tous les problèmes posés par les ministres des Affaires étrangères, l'année 1980 n'y suffirait pas. Je voulais donc remercier les ministres du très bon travail de préparation qu'ils ont fait.\
`Politique étrangère ` relations franco - africaines`
- Je crois néanmoins nécessaire, par souci de clarification, de regrouper les thèmes qu'ils nous proposent en deux groupes £ d'une part l'ensemble des sujets donnant _lieu seulement à des échanges d'informations, d'autre part quelques questions précises que nous pourrions étudier de manière plus approfondie. Si cette proposition rencontrait votre accord, nous pourrions retenir quelques problèmes à examiner en priorité.
- On pense aux thèmes suivants :
- Les moyens de remédier à la crise de l'énergie, notamment par l'aide apportée au développement de sources nouvelles d'énergie.
- Le problème des débouchés et des garanties de ressources pour les exportations des produits africains.
- Les moyens de contribuer par la coopération à atteindre l'objectif d'auto-suffisance alimentaire que se sont fixés les pays africains.
- Les orientations prioritaires à donner à la coopération internationale.
- Si ces thèmes, auxquels on peut toujours ajouter naturellement tel ou tel autre, à votre initiative, vous agréaient, nous pourrions les examiner dans le détail et voir la contribution que la France pourrait vous apporter.
- Notre conférence pourrait aussi envisager les initiatives à prendre au-niveau international pour faire face à vos demandes, puisque nous avons et aurons l'occasion de participer prochainement à diverses délibérations sur ce sujet.
- Telle est donc l'approche que je vous suggère.\
`Politique étrangère ` relations franco - africaines`
- Cette réflexion, que nous allons maintenant engager, doit, pour être efficace, se fonder sur un bilan objectif des réalisations et des échecs de l'Afrique depuis une génération. L'année 1980 est en effet pour la plupart des Etats celle du vingtième anniversaire de votre indépendance, acquise dans la paix et dans l'amitié.
- Il me semble que les bilans et les perspectives qui ont été publiés récemment, me paraissent avoir en_commun un certain pessimisme £ ce jugement porté sur l'aptitude de l'Afrique à résoudre ses problèmes au-cours de la période récente, je le dis franchement comme un observateur et un ami de l'Afrique, me paraît marqué d'un certain pessimisme et parfois d'une certaine injustice.
- Je voudrais donc pour ma part, en ouvrant cette conférence, faire preuve de davantage d'optimisme. Les transformations profondes de vos pays depuis vingt ans ont amorcé en réalité une véritable renaissance de l'Afrique £ mais de même que nous savons que la Renaissance en Europe est une période qui s'est étendue sur près d'un siècle, il ne faut pas s'étonner que la renaissance de l'Afrique elle-même suppose certains délais.
- Cette émergence politique et économique d'un continent entier restera certainement dans l'histoire un des événements les plus significatifs de notre temps, et c'est la raison pour laquelle j'y attache, vous le savez, l'importance que vous connaissez.\
`Politique étrangère ` relations inter africaines`
- Naturellement, les conflits internes et les calamités naturelles n'ont pas épargné votre continent £ des luttes fratricides dégénérant en guerres civiles ont même endeuillé des nations qui nous sont particulièrement chères £ des affrontements meurtriers se produisent encore, et je voudrais en saluant ici la délégation tchadienne, et bien que nous ne débattions pas de problèmes politiques, souhaiter à nouveau que dans ce pays il soit possible de faire taire les armes et de conduire à son terme le processus d'une véritable réconciliation nationale, répondant, chacun le sait, aux aspirations profondes du peuple du pays.\
`Politique étrangère ` relations franco - africaines`
- Ce bilan des progrès réalisés en Afrique, il n'appartient pas au Président de la République française de le dresser c'est à vous qui avez conduit la politique de vos pays ces dernières années et porté la responsabilité de leur développement, qu'incombe le soin de dresser ce bilan sur lequel nous pourrons fonder nos perspectives d'avenir.
- Cette réflexion vous l'avez déjà engagée, notamment à l'occasion du premier sommet extraordinaire que l'OUA a consacré à Lagos le mois dernier aux problèmes économiques. Il n'appartient pas au monde extérieur d'imposer à l'Afrique tel ou tel modèle de développement. Je vous dirais qu'à mon avis les solutions retenues par l'Europe au moment de sa révolution industrielle, pas plus d'ailleurs que les modèles actuels de l'Est ou de l'Ouest, qui sont fondés sur des types d'organisation sociale tout à fait différents, ne sont intégralement transposables dans l'Afrique d'aujourd'hui, et je trouve très encourageant, que les Africains s'efforcent d'innover en apportant leurs propres solutions aux problèmes qu'ils rencontrent, tirant ainsi le meilleur -parti des expériences accumulées depuis vingt ans comme des traditions et des ressources de leur peuple.\
`Politique étrangère ` relations franco - africaines`
- Des solutions que vous apportez aux problèmes du présent dépendra l'avenir et cet avenir nous pouvons, dans une certaine mesure, contribuer à le façonner au-sein de notre conférence.
- La France a placé et placera sa politique d'aide et de coopération au service des objectifs de l'Afrique. C'est ainsi que je vais rappeler brièvement l'action de coopération que la France à proposée à certains de vos pays, il y a déjà vingt ans, et qui s'est développée depuis.
- Cette action, au fil des années, est devenue un des éléments fondamentaux de la politique extérieure de nos pays. A l'origine, elle a certainement été conçue comme accompagnant l'accession des pays à l'indépendance et devant faciliter l'exercice des responsabilités par les nouvelles équipes dirigeantes.
- Mais avec le temps, la -nature de cette coopération et même son ressort profond ont changé. La coopération, à mes yeux, fait partie intégrante des devoirs d'Etat que les pays industrialisés ont contractés à l'égard de leurs partenaires, à l'égard de leurs amis moins bien pourvus dans leur développement.
- Vous vous souvenez que vous aviez exprimé des inquiétudes en-raison des effets de la crise économique internationale qui se développe malheureusement depuis maintenant six ans et qui affecte les économies des pays industrialisés comme elle affecte celle des pays en développement.
- Or je me souviens avoir dit à Dakar, il y a trois ans, que le niveau des effectifs des coopérants serait maintenu £ il l'a été, bien que des problèmes d'ajustement se soient posés ici ou là. Chacun d'entre vous a pu voir que nous nous efforcions de satisfaire ses besoins dans des secteurs où les coopérations jouent encore un rôle important : enseignement, formation, santé, etc.\
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- J'avais indiqué l'année dernière, à Kigali, que le Fonds d'Aide et de Coopération, malgré les restrictions budgétaires, serait sensiblement augmenté et, là encore, nous avons tenu parole, en doublant pratiquement le montant de ce fonds.
- Nous sommes conscients de la nécessité de maintenir à un haut niveau nos relations de coopération, qu'il s'agisse du volume des assistants techniques ou de celui des crédits du FAC et ceci en dépit des phénomènes d'inflation.
- Je tiens à préciser, en saisissant cette occasion de notre réunion annuelle, que la France entend protéger contre l'érosion économique due à l'inflation et contre celle du temps, les moyens offerts à nos partenaires. Nous ne laisserons pas s'affaiblir ou s'amoindrir l'instrument de notre coopération.
- La France ne limitera pas son action à la poursuite de son aide. Elle s'efforcera, vous le savez, d'y associer le plus grand nombre de pays. Elle sera notamment auprès de ses partenaires européens, auprès des divers pays industrialisés, l'avocate inlassable de l'Afrique.\
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- Elle soutiendra aussi votre cause pour une application aussi rapide et complète que possible de la Convention de Lomé II, signée dans son pays à l'invitation de notre collègue et ami, le président EYADEMA.
- D'une façon générale, elle appuiera votre action auprès des organismes internationaux.
- C'est ainsi que vous attendez de l'Action Concertée pour le Développement en Afrique les premiers résultats concrets de cette vaste -entreprise destinée à mieux coordonner nos -concours au développement et aux progrès de votre continent.
- Vous savez qu'il a été difficile de mettre sur pied cette organisation qui allait en sens contraire des traditions des administrations nationales et de certaines de leurs prérogatives. M. JEAN-BAPTISTE, le cas échéant, vous dira un mot tout à l'heure sur la manière dont cette organisation a été mise sur pied.
- J'ai toujours été convaincu qu'après un début modeste, elle serait appelée à connaître un grand développement. L'organisme de liaison permanent qui a commencé ses travaux à Paris et qui associe les moyens de grands pays industrialisés - puisque l'on y retrouve, à côté de la France, l'Allemagne fédérale `RFA`, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis d'Amérique, le Canada et la Belgique -, cet organisme réalise la synthèse des propositions d'action présentées par les six pays fondateurs, avec les priorités retenues par vos gouvernements et les institutions internationales africaines.\
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- Une première liste de projets à réaliser devrait se concrétiser dans les semaines à venir, et donc répondre aux espoirs que nous partageons.
- Au même chapitre des espérances partagées, je dirai encore que la poursuite et la relance du dialogue_Nord-Sud demeurent un des axes permanents de notre politique extérieure. Il faut savoir que ce dialogue_Nord-Sud dont nous avons jadis, pris l'initiative, voici maintenant cinq ans, peut bénéficier beaucoup de l'échange intime et confiant des réflexions d'une telle conférence.
- Aux multiples obstacles qui obscurcissent l'horizon du monde contemporain s'ajoutent, pour les pays les plus pauvres et singulièrement en Afrique, des obstacles particuliers : la sous-alimentation, la charge insupportable de l'approvisionnement énergétique et le déficit des balances extérieures.
- En fin de _compte, l'écart des niveaux_de_vie et des chances s'élargit en dépit des efforts £ donc les risques de tensions internes et externes s'alourdissent.
- C'est pourquoi la France ne négligera aucune occasion d'améliorer les conditions du dialogue_Nord-Sud, aucune chance de progresser vers un meilleur ajustement des intérêts en présence.\
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- Nous prenons, et nous continuerons à prendre, une part active au développemnt des négociations globales qui s'engagent à l'ONU. Et nous savons pouvoir compter sur votre confiance et sur votre appui pour la -recherche de solutions justes dans ces négociations globales.
- Il en est de même pour le trilogue euro - arabo - africain, dont, l'an dernier, à Kigali, vous aviez approuvé l'idée et encouragé le projet dont le Président HABYARIMANA vient de rappeler l'intérêt.
- C'est une idée du même niveau que celle du dialogue_Nord-Sud, c'est-à- dire qu'elle mettra, par la force des choses, du temps à germer. Mais c'est une idée profondément naturelle et, comme toutes les idées profondément naturelles, elle finira par s'imposer.\
`Politique étrangère ` relations franco - africaines`
- Dans le discours plein de talent que le président SENGHOR nous a fait hier soir, il citait un philosophe originaire du même terroir que moi : il s'agit de TEILHARD de CHARDIN, pour lequel je professe, comme le président SENGHOR, la plus grande admiration.
- Et TEILHARD de CHARDIN a écrit, dans une de ses oeuvres, la phrase suivante : "Il suffit qu'une idée juste naisse quelque part, dans un esprit humain, pour que, plus tard, elle éclaire le monde".
- Je suis convaincu que cette idée du trilogue qui va cheminer lentement - je ne me fais aucune illusion naturellement -, l'idée qu'il y a entre l'Afrique, les pays arabes et l'Europe une communauté d'intérêts et de réflexion appelés à se développer dans les décennies à venir, est une des idées fondamentales qui contribuent à organiser les relations internationales.\
`Politique étrangère ` relations franco - africaines`
- Messieurs les présidents, messieurs les chefs de délégation, va vous être présentée, au-cours de nos travaux, une analyse détaillée des réflexions et des prochaines étapes en préparation sur l'ensemble de ces sujets. A ce propos, je souhaite que nous recueillions très largement vos réflexions, vos suggestions et vos critiques.
- Nous pourrions commencer dès à présent la discussion à-partir de l'ordre_du_jour proposé par les ministres des Affaires étrangères, en réservant l'évocation des questions plus spécifiquement politiques, si telle ou telle délégation avait le désir de la faire, pour les repas que nous prendrons ensemble, qui permettent de parler dans un -cadre moins solennel.
- Il me reste à vous redire combien je suis heureux d'être aujourd'hui parmi vous et combien la France est fière d'accueillir sur son sol tant de personnalités éminentes qui sont en même temps pour elle autant d'amis chers.\

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