Publié le 1 janvier 1975

ALLOCUTION DE M. LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A L'OCCASION DE LA PRESENTATION DES VOEUX DES CORPS CONSTITUES MERCREDI 1ER JANVIER 1975

ALLOCUTION DE M. LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A L'OCCASION DE LA PRESENTATION DES VOEUX DES CORPS CONSTITUES MERCREDI 1ER JANVIER 1975

1 janvier 1975 - Seul le prononcé fait foi

Télécharger ALLOCUTION DE M. LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A L'OCCASION DE LA PRESENTATION DES VOEUX DES CORPS CONSTITUES MERCREDI 1ER JANVIER 1975 - PDF 249 Ko
MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, MONSIEUR LE VICE-PRESIDENT, MESDAMES, MESSIEURS, LE FAIT DE RECEVOIR ICI VOS VOEUX, MONSIEUR LE VICE-PRESIDENT, ET VOUS EXPRIMER LES MIENS, ME DONNE DEUX IMPRESSIONS TRES FORTES : LA PREMIERE, C'EST DE ME RETROUVER DANS CETTE SALLE SEPT MOIS ET CINQ JOURS APRES QU'IL Y EUT ETE PROCLAME LES RESULTATS DE L'ELECTION PRESIDENTIELLE QUI FAISAIT DE MOI D'UNE_PART L'ELU DE LA NATION, MAIS AUSSI LE RESPONSABLE DE SON SORT. ET L'AUTRE IMPRESSION TRES FORTE, C'EST DE VOUS CONSIDERER D'UN COUP-D'OEIL ET DE PENSER AUX NOTIONS QUE VOUS AVEZ POUR MISSION DE SERVIR. LA JUSTICE, L'EDUCATION, LA SANTE, LA SECURITE, LE PROGRES ECONOMIQUE ET SOCIAL, L'ADMINISTRATION DES ETRES ET DES CHOSES. ET JE DIRAI QUE L'ENONCE DE CES THEMES A SOI SEUL DONNE UNE CERTAINE SOLENNITE A L'ECHANGE DE NOS VOEUX, ET EN-PARTICULIER A CEUX QUE J'ADRESSE A VOUS QUI SERVEZ DE TELLES NOTIONS. AINSI D'AILLEURS QU'A D'AUTRES QUE J'APERCOIS ET QUI REPRESENTENT DANS CETTE SALLE LES VALEURS EMINENTES DE LA CULTURE, ET EGALEMENT LA PRESENCE DE NOS GRANDS ORDRES NATIONAUX. ON VOUDRAIT, A PROPOS DE L'ACTION QUE VOUS CONDUISEZ, TOUT SOUHAITER ET TOUT DIRE, ET JE ME CONTENTERAI CEPENDANT DE REPONDRE BRIEVEMENT A VOS VOEUX. LA FRANCE, COMME LE MONDE DE SON TEMPS, A L'IMAGE DU MONDE DE SON TEMPS, TRAVERSE ET TRAVERSERA DES TEMPS DIFFICILES. ET NOUS SAVONS QUE LES PAYS QUI SURMONTERONT LE MIEUX LES EPREUVES ET LES AJUSTEMENTS SERONT CEUX QUI POURRONT PRENDRE APPUI, EN-PARTICULIER SUR UNE ADMINISTRATION SOLIDE, SUR DES SERVICES PUBLICS OU SUR DES ENTREPRISES NATIONALES EFFICACES, SUR UNE ARMATURE D'ETAT SANS DEFAILLANCE. JE NE VEUX PAS DIRE SEULEMENT SANS FAIBLESSE, JE VEUX DIRE UNE ARMATURE D'ETAT CAPABLE DE COMPRENDRE ET DE TRAITER LES PROBLEMES DE CE TEMPS. ET IL DEPEND DONC DES CORPS QUI SONT REPRESENTES ICI, DES HOMMES ET DES FEMMES QUI COMPOSENT CES CORPS, QUE LA FRANCE SOIT AU NOMBRE DES PAYS QUI SURMONTENT LE MIEUX LES DIFFICULTES QUE NOUS CONNAISSONS. ET JE _COMPTE POUR CELA SUR L'ACTIVITE ET SUR LA COMPETENCE DE CHACUN D'ENTRE VOUS. D'UN AUTRE COTE, VOUS L'AVEZ DIT LES POUVOIRS PUBLICS DOIVENT ETRE ATTENTIFS, ET PEUT-ETRE PLUS ATTENTIFS, AU SORT PARTICULIER ET AUX PROBLEMES DE TOUS CEUX QUI LES SERVENT OU QU'ILS EMPLOIENT. TROP SOUVENT, NOUS L'AVONS VU, LA FACILITE A FAIT PREFERER DES SOLUTIONS UNIFORMES, ET DONC INADAPTEES A CELLES QUI AURAIENT ETE PLUS PROCHES DE LA DIVERSITE DES SITUATIONS, OU ENCORE, DANS LE CAS D'UN CERTAIN NOMBRE DE PERSONNELS, COMME LES PERSONNELS AUXILIAIRES. L'ETAT S'EST SATISFAIT DE SOLUTIONS DE CIRCONSTANCE QUI DEVIENNENT INSUPPORTABLES LORSQU'ELLES S'ETERNISENT OU LORSQU'ELLES S'APPLIQUENT SUR UNE ECHELLE EXCESSIVE. \
LE GOUVERNEMENT, MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, SOUS VOTRE IMPULSION ACTIVE ET COMPETENTE, DEVRA, EN 1975, POURSUIVRE LE REEXAMEN DE LA CONDITION, DE LA SITUATION DES DIFFERENTES CATEGORIES D'AGENTS PUBLICS OU D'AGENTS DES ENTREPRISES LIEES A L'ETAT, ET EN-PARTICULIER DE CEUX QUI Y ACCOMPLISSENT LES TACHES LES PLUS MODESTES, OU LES TACHES LES PLUS PENIBLES. MAIS L'ETAT, COMME SES AGENTS, SONT LES SERVITEURS DE LA COLLECTIVITE NATIONALE. CELA VEUT DIRE EN-PARTICULIER QUE TOUS CEUX QUI DETIENNENT CETTE AUTORITE, A QUELQUE POSTE QU'ILS SOIENT, DOIVENT L'UTILISER, NON POUR AFFIRMER LEUR PROPRE IMPORTANCE, MAIS POUR SERVIR LA CAUSE DE L'INTERET PUBLIC £ NON POUR FAIRE PREVALOIR DES CONCEPTIONS TRADITIONNELLES OU ABSTRAITES, MAIS POUR RESOUDRE LES PROBLEMES REELS DE NOTRE TEMPS £ NON POUR LA SATISFACTION SOLITAIRE DE LEURS PREFERENCES OU DE LEURS IDEES, MAIS POUR LA SATISFACTION DES BESOINS DES FEMMES ET DES HOMMES QUI CONSTITUENT NOTRE NATION. VOUS AVEZ RAPPELE, MONSIEUR LE VICE-PRESIDENT, L'OBJECTIF QUE J'AI PROPOSE POUR NOTRE PAYS : DEVENIR L'EXEMPLE D'UNE SOCIETE LIBERALE AVANCEE. JE N'EMPLOIE PAS CETTE EXPRESSION UNIQUEMENT PARCE QUE LA SOLENNITE DES CIRCONSTANCES M'Y DONNE UN ECHO FAVORABLE, MAIS PARCE QU'ELLE REPOND DE MA PART A UNE CONVICTION PROFONDE QUE JE SOUHAITE VOUS VOIR QUELQUE PEU PARTAGER. UNE TELLE SOCIETE IMPLIQUE UN HAUT DEGRE D'EDUCATION. NOUS L'AVONS, IL FAUT ENCORE L'AMELIORER. LE GOUT ET UNE LONGUE PRATIQUE DE LA LIBERTE, C'EST NOTRE CAS, MAIS VOUS AVEZ SOULIGNE TRES UTILEMENT LES EFFORTS QUI DEVAIENT CONTINUER A ETRE ACCOMPLIS DANS CETTE DIRECTION. UN POUVOIR EXECUTIF STABLE, NOS INSTITUTIONS ET LE CHOIX POPULAIRE L'ASSURENT. ELLE IMPLIQUE AUSSI QUE L'AUTORITE PUBLIQUE SACHE A TOUS LES NIVEAUX SE MONTRER SIMPLE ET OUVERTE, CAPABLE D'ENTENDRE ET DE COMPRENDRE, SOUCIEUSE DE JUSTICE ET D'EQUITE\
ET COMME JE PENSE QU'IL FAUT DONNER UN CARACTERE PERSONNEL A CES VOEUX, JE VOUDRAIS VOUS FAIRE PART DE MA CONVICTION PROFONDE SUR LA _NATURE DES RESPONSABILITES QUI SONT LES VOTRES £ RESPONSABILITES QUE J'AI LE PRIVILEGE DE CONNAITRE POUR LES AVOIR PARTAGEES EN D'AUTRES TEMPS, OU DANS D'AUTRES FONCTIONS. L'ELECTION POPULAIRE QUI A ETE LA MIENNE M'A PERMIS DE MIEUX APERCEVOIR LE FAIT QUE LA COLLECTIVITE QUE NOUS AVONS LE DEVOIR DE SERVIR, CE N'EST PAS L'ETAT, C'EST LA NATION, C'EST-A-DIRE LE GROUPE DES FEMMES ET DES HOMMES QUE L'HISTOIRE, PAR VAGUES SUCCESSIVES, A RASSEMBLES ET REUNIS SUR NOTRE SOL. L'ETAT EST UN INSTRUMENT EMINENT AU SERVICE DE LA NATION. MAIS CE QUE NOUS DEVONS AVOIR DANS LES YEUX, DANS LE REGARD, DANS NOS PREOCCUPATIONS, C'EST LE SORT DE LA NATION, C'EST-A-DIRE DE CE GROUPE D'HOMMES ET DE FEMMES. ET PAR-RAPPORT A NOS DEVOIRS VIS-A-VIS DE LA NATION, LE ROLE DE L'ETAT, LE ROLE DE L'ADMINISTRATION CE N'EST PAS EN QUELQUE SORTE DE LA PROTEGER CONTRE ELLE-MEME £ C'EST DE LA CONDUIRE. NOUS AVONS, DU FAIT DE L'ANCIENNETE DE NOS STRUCTURES, DE L'EXTRAORDINAIRE PRESTIGE DE NOTRE HISTOIRE, DE NOTRE CARACTERE CENTRALISATEUR, ET DE LA TRES LONGUE TRADITION DU POUVOIR CENTRAL DANS NOTRE PAYS, NOUS AVONS L'IDEE QUE LA NATION VIT COMME ELLE VEUT, COMME ELLE PEUT, ET QU'ELLE DOIT ETRE SIMPLEMENT PROTEGEE PAR DES STRUCTURES TRADITIONNELLES CONTRE TEL OU TEL DEBORDEMENT, OU TEL OU TEL ECART. TELLE N'EST PAS LA REALITE. LE ROLE DE L'ETAT, CE N'EST PAS DE PROTEGER LA NATION FRANCAISE £ C'EST DE LA CONDUIRE. ET LORSQUE VOUS AUREZ LES UNS ET LES AUTRES A FAIRE, DANS-LE-CADRE DES FONCTIONS QUE VOUS EXERCEZ, DANS-LE-CADRE DE CELLES QUE VOUS SEREZ APPELES A EXERCER, A FAIRE LE BILAN DU ROLE QUE VOUS AVEZ JOUE, CE BILAN NE DOIT PAS ETRE DE DIRE QU'EST-CE QUE J'AI EMPECHE COMME DIFFICULTES, COMME RISQUES, COMME INCERTITUDES £ MAIS C'EST D'IMAGINER QUEL PARCOURS VOUS AUREZ FAIT PARCOURIR PRECISEMENT A CETTE COLLECTIVITE NATIONALE FRANCAISE. ICI, SI JE PUIS DIRE, ET CE SERONT MES VOEUX, L'ETAT SALUE LA NATION. DANS LE BUREAU QUE J'OCCUPAIS, RUE DE RIVOLI, IL Y AVAIT UNE TAPISSERIE QUE LOUIS XV AVAIT, PAR UN GESTE TRES DELICAT, COMMANDEE POUR SON BEAU-PERE, STANISLAS LESZCYNSKI. ET CETTE TAPISSERIE REPRESENTAIT LE PREMIER JANVIER. CERTAINS D'ENTRE VOUS D'AILLEURS L'ON PROBABLEMENT APERCUE DANS UNE DE CES RENCONTRES CORDIALES ET RECHERCHEES QUI SE DEROULENT AU MINISTERE DES FINANCES. ET LE PREMIER JANVIER, C'EST UN CORTEGE. ON VOIT LE PREMIER JANVIER QUI EST JANUS QUI A DEUX VISAGES, UN VISAGE TOURNE VERS LE PASSE, UN VISAGE TOURNE VERS L'AVENIR, ET PUIS LA PORTE ENTREBAILLEE, ET IL ENTRE UN CORTEGE JOYEUX QUI PORTE DES TORCHES £ C'EST LE CORTEGE DE L'ANNEE NOUVELLE. JE SOUHAITE QUE 1975, GRACE-AUX TORCHES QUE VOUS PORTEREZ, ECLAIRE LE PROGRES, LE DEVELOPPEMENT, LE BIEN-ETRE DE LA FRANCE, ET QUE SOUS VOTRE CONDUITE ECLAIREE, LA NATION FRANCAISE FASSE UN PAS DE PLUS EN AVANT. \

Voir tous les articles et dossiers