Publié le 4 décembre 2010

Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur la coopération franco-indienne, à Bangalore (Inde) le 4 décembre 2010.

Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur la coopération franco-indienne, à Bangalore (Inde) le 4 décembre 2010.

4 décembre 2010 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président de l'Agence spatiale indienne,
Mesdames et Messieurs les Présidents,
et si vous me le permettez, mes chers amis,
L'une des missions capitales de notre temps est de convaincre, en tout cas d'essayer de convaincre peuples et nations, mêlés comme jamais par la mondialisation, de l'unité de la famille humaine.
Le réveil du sud après les indépendances, la multiplication des échanges commerciaux grâce à la liberté du commerce, la victoire de la démocratie sur le totalitarisme, l'extraordinaire essor de la connaissance ont apporté à l'Humanité une promesse de liberté et de prospérité universelles. Les deux sont liés dans l'esprit de la France. Mais qui ne voit aussi les dangers dont sont porteuses la multiplication des crises politiques, l'impasse écologique, la propagation d'idéologies de la haine et de la guerre, la tentation de l'hégémonie ou encore la dérive d'un capitalisme spéculatif débridé.
Notre responsabilité est double, à nous Etats du XXIème siècle. Nous sommes responsables devant notre peuple, nos peuples. Mais nous sommes également responsables devant l'Histoire et les générations futures, responsables de la construction de l'architecture du monde du XXIème siècle.
Le 26 janvier 2008, j'étais à Delhi £ le 14 juillet 2009 à Paris, j'étais très ému de voir l'armée indienne défiler sur les Champs-Elysées pour la première fois depuis la fin de la Grande Guerre, je me remémorais les termes mêmes employés par André Malraux, décrivant la mission que le Général De Gaulle lui avait assignée en l'envoyant en Inde rencontrer le Pandit Nehru en 1958 : « Ou bien la fin du siècle verra la guerre atomique, ou bien la première civilisation planétaire s'élaborera dans la paix ». Il n'y a pas de choix, la guerre ou la paix, l'affrontement ou la nouvelle civilisation planétaire.
L'Inde est à la fois la plus vieille et la plus jeune nation du monde. C'est pour cela que nous les Français, nous vous admirons tant. L'Inde plonge ses racines au plus ancien de l'expérience humaine et ses versets sacrés sont encore ceux que les sages psalmodiaient voici des millénaires. L'Inde, votre nation, enseigne au monde une leçon unique de cohabitation des langues -- 17 langues sur votre billet de banque --, des peuples, des cultures et des religions. Demain, à Agra, avec mon épouse, nous rendrons hommage à cette admirable civilisation qu'incarnent le Taj Mahal, inoubliable moment d'éternité, et Fatehpur Sikri, géniale expression de ce syncrétisme multiséculaire. Et en même temps, il suffit de se promener dans vos rues pour voir tous ces jeunes, tous ces enfants et comprendre que l'Inde garde la verdeur et la vitalité d'une promesse.
Grâce au génie du Mahatma Gandhi et du Pandit Nehru, grâce à l'attachement de tout un peuple à ses pères fondateurs, l'Inde, c'est admirable, reste fidèle obstinément à son idéal de paix, de liberté, de tolérance et de diversité qui étaient les valeurs de votre création. La guerre et le terrorisme ne vous ont pas épargnés. La pauvreté ne vous a jamais désespérée et vous avez gardé pour boussole votre constitution et vos règles de droit. Et le peuple indien exprime souverainement et librement, élection après élection, sa volonté de dignité citoyenne et universelle, montrant que la liberté et la démocratie, ce ne doit pas être l'apanage des nantis et que dans un pays où il y a aussi de la pauvreté, il y a de la démocratie, il y a de la diversité, il y a de la tolérance.
L'Inde rassemble sur son sol le sixième de l'humanité et il est d'une importance absolument capitale pour le monde du XXIème siècle que l'Inde demeure cette exemple de liberté, de paix et de progrès £ ici, ce joue une partie de l'avenir du monde. Il est capital que l'Inde participe à tous les grands débats mondiaux. C'est la raison pour laquelle la France demande que l'Inde rejoigne le Conseil de sécurité comme membre permanent. Il est inconcevable d'imaginer que le milliard d'Indiens ne soit pas représenté de façon permanente au Conseil de sécurité. Ce n'est pas simplement un problème pour vous, c'est un problème pour l'équilibre du monde. Comment régler les grandes questions du monde en oubliant 1/6ème de l'humanité. Je sais que vous venez d'être élu au Conseil de sécurité, mais l'Inde mérite un siège permanent.
Mesdames, Messieurs,
J'ai voulu commencer ma deuxième visite en Inde ici, à Bangalore, au siège de l'Agence Spatiale Indienne. C'est l'occasion pour la délégation qui m'accompagne et pour moi-même de saluer l'exceptionnelle réussite de Bangalore, de ses habitants et de ses entreprises, de cette métropole qui est devenue une ville-monde. La France est venue tendre la main à la jeunesse de l'Inde, rendre hommage aux scientifiques de l'Inde, nos deux pays attachent depuis des siècles, la plus haute importance à la connaissance. La figure du savant, la figure du scientifique est aussi vénérée chez nous que chez vous et la contribution des scientifiques et des ingénieurs français et indiens aux découvertes des temps modernes est bien connue.
Le 21ème siècle sera marqué par des bouleversements issus de nouvelles découvertes. L'Inde veut rester souveraine et indépendante, la France veut demeurer souveraine et indépendante. Pour rester souverain et indépendant, nos deux peuples ont besoin d'un haut niveau de technologie et nos deux peuples ont besoin de la science. C'est la science, c'est la technologie et c'est l'innovation qui permettront à nos deux peuples de demeurer indépendants. La France a fait de la modernisation de l'outil français de recherche l'un de ses objectifs fondateurs. Mais je veux rendre hommage à l'effort scientifique de l'Inde depuis son indépendance.
Nous avons la chance que la France et l'Inde soient unies par des liens qui remontent aux débuts du 20ème siècle, quand s'élaboraient les premières lois sur la physique nucléaire ou quantique. Nous avons la chance que des pionniers comme le docteur Sarabhai pour l'espace ou le docteur Homi Bhabha pour le nucléaire aient entretenu avec leurs homologues français des rapports privilégiés. C'est grâce à ces visionnaires que je peux venir ici, à Bangalore, pour saluer l'excellence, Monsieur le Président, de notre collaboration.
Je souhaite pour le CEFIPRA, modèle de partage de connaissance, de nouveaux financements et que nous découvrions de nouveaux volets consacrés à l'innovation technologique et industrielle.
On me demandait : « pourquoi travailler avec les Indiens sur la coopération spatiale ? » Outre le fait que vous avez parmi les meilleurs ingénieurs du monde, parce que l'Inde et la France refusent que l'aventure spatiale deviennent le monopole d'un ou deux Etats. L'Inde et la France militent pour le multilatéralisme et l'Inde et la France veulent se donner les moyens d'être présents dans cette conquête de l'espace.
Avec l'ISRO, dont je salue la réussite, nous construisons et lancerons l'an prochain Megha-Tropiques et Saral, qu'avec Carla nous venons de voir de près, ces satellites révolutionnaires d'observation du climat et des océans. A Kourou, nous lançons des satellites indiens et en Inde, des satellites européens. Ensemble, le CNES et l'ISRO vont élaborer de nouveaux programmes de recherche. Je souhaite d'ailleurs que les entreprises françaises soient de plus en plus présentes à Bangalore, capitale mondiale des services informatiques. Votre ville a doublé en 20 ans, 8 millions d'habitants. Nos entreprises ici à Bangalore emploient des milliers de personnes, Cap Gemini, Altran, Dexia et tant d'autres.
Nous collaborons sur le spatial, nous allons faire d'avantage, mais nous collaborons pour l'énergie nucléaire. Et je suis venu dire à nos amis Indiens que notre collaboration en matière d'énergie nucléaire n'a pas de limite. La France est fière de travailler avec une démocratie comme l'Inde et chacun sait à quel point il est crucial pour l'Inde d'assurer sa sécurité énergétique. Vous avez fait le choix du nucléaire, nous aussi.
La France dispose aujourd'hui d'une production nucléaire annuelle de quelque 62 000 mégawatts. 80 pour cent de notre électricité vient de cette source d'énergie. L'Inde a décidé de décupler son industrie nucléaire. Passer en vingt ans de 4 000 à 62 000 mégawatts, c'est historique, ce n'est pas un changement d'échelle, c'est un changement de nature. La France est fière d'être à vos cotés, la France a toujours défendu l'idée qu'il fallait en finir avec l'isolement nucléaire de l'Inde. C'était une injustice faite à l'Inde que de contester votre droit à obtenir la connaissance du nucléaire civil. C'est une absurdité que d'empêcher l'Inde de développer son secteur nucléaire civil. Il fallait impérativement rechercher un statut spécifique. L'accord de 2008, dans l'élaboration duquel la France a joué un rôle capital et pionnier, a marqué le début d'un chapitre nouveau.
L'Inde va maintenant participer pleinement aux travaux des instances multilatérales chargées d'élaborer et faire respecter le régime de non prolifération, à commencer par le Groupe des fournisseurs nucléaires. La France appuie la candidature de l'Inde à ces groupes.
Mes chers amis, comprenez bien une chose, quand la France signe un partenariat stratégique, c'est pour aller jusqu'au bout. La France n'a pas deux langages, deux façons de promettre. la France est l'amie de l'Inde, la France croit dans l'avenir de l'Inde, la France respecte la démocratie indienne, la France est à vos cotés pour développer l'industrie nucléaire.
Je voudrais dire combien nous sommes heureux de participer à la construction du site de Jaitapur, heureux qu'Areva devienne un partenaire essentiel de l'énergie nucléaire indienne. Les 6 EPR franco-indiens fourniront 10 000 mégawatts d'énergie non polluante à l'économie indienne. J'attire d'ailleurs l'attention de l'ensemble des observateurs sur l'incohérence qu'il y aurait à demander à l'Inde de participer à la maitrise de son développement pour qu'il soit durable et non polluant et à restreindre, dans le même temps, la capacité de l'Inde à acquérir cette énergie nucléaire civile, qui est non polluante et qui respecte l'environnement. Soit on veut que l'Inde participe aux grands défis écologiques du XXIème siècle et dans ce cas là on facilite son accès au nucléaire civile qui est une énergie non polluante, soit alors on ne peut pas mettre à l'Inde des obligations sans lui donner les moyens de respecter ces obligations.
Les entreprises françaises emploient en Inde 200 000 personnes et ce nombre est appelé à croître encore. Mais je veux dire que l'on doit faire beaucoup plus, s'agissant des Indiens formés en France parlant français et de la même façon que l'on doit faire beaucoup plus s'agissant des entreprises indiennes qui commencent à investir en France.
La jeunesse de l'Inde est avide d'éducation supérieure et des dizaines de milliers de jeunes Indiens étudient à travers le monde. La plupart d'entre eux, je le comprends, c'est le produit de l'histoire, sont naturellement portés vers des pays anglophones. Je le redis aujourd'hui, la France veut multiplier les liens avec vos universités indiennes, et nous apporterons un appui particulier à l'Institut Technologique du Rajasthan à Jodhpur. Nous voulons, c'est clair, accueillir davantage d'étudiants indiens en France. Nous voulons former d'avantage de jeunes Indiens. Nos universités et notre recherche vous sont ouvertes. Je souhaite qu'en 2012 nous ayons triplé le nombre d'étudiants indiens en France par rapport au niveau de 2007. Votre jeunesse et la bienvenue en France, dans nos université et dans nos grandes écoles. Je souhaite, d'ailleurs, que l'inverse soit le cas car pour des jeunes Français venir en Inde, c'est une expérience et un atout irremplaçable pour la compréhension du monde. Comment peut-on comprendre le monde du XXIème siècle sans venir ici en Inde ?
Mesdames et Messieurs, Mes chers amis,
Votre Premier Ministre, pour qui j'ai beaucoup d'admiration, l'ayant connu lorsqu'il était ministre des Finances et pour qui j'ai beaucoup d'amitié, me dit toujours que son obsession, c'est la paix par le développement et par l'élimination de la pauvreté. Il a raison. Qui peut croire qu'on aura la paix et la stabilité si on a la pauvreté et la sous-éducation ? Le pari de l'Inde, si vous réussissez ce pari du développement par la paix, votre succès en aura un impact majeur sur le monde entier et votre exemple vous permettra de vaincre le terrorisme et l'insurrection, notamment en Afghanistan et au Pakistan, qui sont une source d'instabilité majeure.
La France et l'Inde, sont unies par des valeurs communes. Nous sommes déterminés à ce que les relations internationales ne soient plus fondées sur la brutalité, sur la force, mais sur le dialogue, la négociation et le droit. Et je le dis d'autant plus aisément ici que ces valeurs, ce discours n'est pas simplement celui traditionnel de la France, il est celui traditionnel et elles sont ces valeurs de l'Inde.
Nous nous sommes engagés ensemble en Asie du Sud, nous avons des soldats français en Afghanistan. La contribution de l'Inde y est précieuse : je salue les remarquables programmes de développement social et économique dont bénéficient les Afghans grâce à vous.
Je souhaite le dire avec force. Personne n'aurait rien à gagner à une reprise de la guerre civile en Afghanistan. Nous avons besoin que la démocratie triomphe en Afghanistan. Nous n'avons pas besoin que les Talibans reviennent. Nous sommes des démocraties et le devoir des démocraties c'est de lutter contre les terroristes où qu'ils se trouvent.
Et quand l'Inde a été martyrisée par des attentats terroristes, je veux dire que la France s'est sentie parfaitement solidaire de l'Inde. Parce que quand l'Inde est attaquée, c'est la démocratie qui est attaquée et quand une démocratie est attaquée dans le monde, toutes les autres démocraties sont aux cotés de l'Inde. C'est le message que la France est venue vous dire et vous témoigner.
Je veux, enfin, demander à mes amis Indiens, de comprendre que si nous voulons que l'Inde joue tout son rôle dans les grands défis du XXIème siècle, c'est parce que nous ne pouvons pas rester immobiles -- je le dis devant la ministre des Affaires étrangères françaises --, l'Inde, le Brésil, l'Allemagne, le Japon ainsi qu'une représentation de l'Afrique et du monde arabe doivent être membres du Conseil de sécurité. Qui peut penser une minute que l'on peut rayer de la carte un milliard d'Africains, qui peut penser une minute que l'on peut organiser le monde autour d'une visions héritée de la situation du monde en 1945.
Lorsque le 30 septembre 2008, la crise financière a commencé, le Premier Ministre Singh était à Marseille. C'est ensemble que nous vous avons lancé un appel à la création du G20 et le G20 a été créé. La France et l'Inde, l'Europe et l'Inde sont fortes lorsqu'elles unissent leurs forces ! Nous avons les mêmes valeurs, les mêmes idéaux.
Mais ce ne fut qu'un premier pas. J'aborderai cette question avec le Premier Ministre Manmohan Singh. Il faut aller beaucoup plus loin et mes amis Indiens, personne ne vous demandera de choisir entre le respect de l'environnement et votre possibilité de développement. Vous devez vous développer, vous n'avez pas le choix, mais vous devez également prendre à votre compte les impératifs écologistes de défense de l'environnement, car vos populations seront les premières à être exposées à une catastrophe.
Nous ne sommes confrontés qu'en apparence à un dilemme insoluble.
Nous, les pays développés, nous voulons maintenir et augmenter notre bien-être. Qui pourrait nous le reprocher ? Qui pourrait nous reprocher à nous aussi de vouloir réduire le nombre de nos chômeurs ? Vous les pays émergents et en développement, vous aspirez pour vos peuples à un niveau de prospérité équivalent à celui de l'Occident. Qui pourrait vous le reprocher ? Vous avez raison. Mais ne rentrons pas dans le débat vain et stérile qui opposerait développement et protection de l'environnement, ne rentrons pas dans le débat stérile qui opposerait le nord au sud, ces concepts sont dépassés. Grâce au progrès de la technologie, nous pouvons faire rimer développement et protection de l'environnement.
Les pays développés doivent mettre un terme à leur consommation gloutonne de ressources naturelles et diviser par quatre leurs émissions de gaz à effet de serre. Nous le réussirons grâce à l'énergie nucléaire et les pays comme l'Inde peuvent aussi concevoir des stratégies responsables, c'est le cas de votre Plan National de lutte contre le changement climatique.
Un effort de solidarité est nécessaire. Je plaiderai pour que l'Inde aide la France présidente du G20 à développer les financements innovants, à ne pas avoir peur des changements. S'il y a un endroit du monde et de la planète où on comprend la haute technologie et la grande pauvreté, c'est ici, en Inde. S'il y a un endroit du monde où on comprend que l'on peut être fidèle à son passé en se tournant vers l'avenir, sans opposer l'un et l'autre, c'est ici. Nous avons besoin de vous pour faire comprendre au monde que les pays les plus pauvres ont besoin d'être aidés et qu'il faudra mettre en place des financements innovants. Ces financements innovants permettront de dégager des ressources qui permettront de faire progresser la santé, de faire reculer les pandémies qui ravagent des continents entiers. Nous avons besoin de votre soutien.
Nous avons besoin des paysans indiens pour faire comprendre au monde que le prix des matières premières agricoles ou autres ne peut pas être géré uniquement par la spéculation et connaître des évolutions erratiques . Les paysans indiens comme les paysans européens ont besoin de lisibilité. Aidez nous, au cours de cette année 2011, à changer cet état de chose.
Nous avons besoin de vous pour réguler l'ordre monétaire international. Vous êtes un pays d'exportateurs magnifiques, même si votre demande intérieure est immense. La monnaie indienne comptera un jour dans le concert des grandes monnaies. Est ce qu'ici, en Inde, on conteste cette idée que l'on ne peut plus continuer à agir unilatéralement comme s'il n'existait qu'une seule monnaie dans le monde ? Le chacun pour soi ? Est-ce que nous ne pouvons pas ici, en Inde, imaginer avec ce grand économiste qu'est votre Premier Ministre, un nouvel ordre monétaire international ?
Je ne reviendrai pas sur la nouvelle gouvernance mondiale.
Nous avons besoin de vous. L'Inde est peut être encore plus forte qu'elle ne l'imagine, mais c'est maintenant qu'elle doit prendre sa place. Personne ne conteste à l'Inde son rôle, mais nous attendons que l'Inde assume toutes ses responsabilités.
Peut être, au fond, qu'il faudrait réinventer l'esprit gandhien, non pas pour frustrer les hommes des bienfaits du progrès, mais pour leur apprendre à mesurer la satisfaction de leurs besoins en proportion de ceux des autres, et de ceux de la nature.
Mesdames, Messieurs,
J'ai bien conscience, en entamant cette deuxième visite, d'être dans un pays ami, un pays que nous admirons, un pays lointain par la géographie mais tellement proche par la culture, par le raffinement, par l'appétit de connaissances, par le respect des autres.
Vive le peuple indien,
Vive la République française.
Je vous remercie.

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