Publié le 16 septembre 2009

Message de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, adressée aux participants du colloque sur la "Nouvelle Société", un projet de société imaginé par l'ancien Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas, le 16 septembre 2009.

Message de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, adressée aux participants du colloque sur la "Nouvelle Société", un projet de société imaginé par l'ancien Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas, le 16 septembre 2009.

16 septembre 2009 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames, Messieurs.
Au moment où s'achève ce colloque, je voudrais d'abord vous dire mon émotion à l'évocation du souvenir de Jacques Chaban-Delmas. A sa mort, Olivier Guichard, son ami d'un demi-siècle, décrivit « Le sillage d'émotion vraie » qu'il laissait « plus profond que l'écume qui l'accompagne, celle du pouvoir, si brillante et si vite effacée ».
Mon émotion demeure celle du jeune homme qui menait, anonyme derrière lui, son premier grand combat politique, pour lui le dernier. C'était en 1974. Je me souviens d'une salle archicomble, à Boulogne. J'y vécus mes premiers moments d'enthousiasme collectif. J'avais 19 ans. Pour moi l'aventure commençait avec cet homme qui voulait voir aboutir ce rêve si prémonitoire de la « Nouvelle Société ».
Le discours sur « La Nouvelle Société », un projet pour demain ?, vous interrogiez-vous au début de vos travaux. Tout au long de cette journée, vous avez répondu à cette question : ce discours est une réflexion pour aujourd'hui. Parce que le projet qui le nourrit transcende la politique. Il est fondé sur la conviction que l'homme doit savoir changer en permanence pour s'adapter aux mutations du monde, d'un monde qui va de plus en plus vite. C'est vrai aujourd'hui comme ça l'était en 1969. Jacques Chaban-Delmas déplorait alors que la France soit à la traîne. Il détestait les idées molles, les attitudes figées, ce qu'on appellerait aujourd'hui la « pensée unique » ou le « politiquement correct ».
Il voulait casser l'engrenage des promesses électorales oubliées au lendemain des victoires et qui se transforment en exhortations aux sacrifices dans l'attente de jours meilleurs ou encore en concessions brutales données à la rue. Il voulait débloquer la société, bousculer les systèmes, briser les conservatismes, promouvoir le dialogue. Il considérait qu'on pouvait, qu'on devait dire la vérité aux Français. Il voulait aller avec eux plus loin dans l'audace mais aussi dans l'effort partagés.
Pour cela, il croyait au volontarisme et à l'ouverture politique. Il pensait qu'il fallait rassembler les Français pour changer la France et que la France continuerait ainsi de faire entendre au monde sa musique, fut-elle dérangeante. L'ouverture, chez lui, était d'abord un état d'esprit. On lui reprocha pourtant d'aller trop vite, d'en faire trop... J'allais dire, naturellement, mais vous allez penser bientôt que je me laisse aller au jeu des correspondances ...
Dans ses mémoires, Jacques Chaban-Delmas fixe ainsi le cadre de la « Nouvelle Société » qu'il proposait aux Français : « Le changement s'impose à nous. On ne protège pas des valeurs en les embaumant. On les fait vivre. Et pour les faire vivre il faut qu'elles épousent leur temps ».
Permettez ce soir que ces mots soient les miens.
Je vous remercie.

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