Publié le 19 janvier 2009

Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur les efforts en faveur de la pratique sportive, à Paris le 19 janvier 2009.

Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur les efforts en faveur de la pratique sportive, à Paris le 19 janvier 2009.

19 janvier 2009 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et Messieurs les présidents,
Mesdames et Messieurs les athlètes et membres de l'encadrement,
Madame la ministre, Roselyne BACHELOT, et Monsieur le ministre, Bernard LAPORTE,
et si vous le permettez chers amis,
Vous savez que j'aurai présidé en ce mois de janvier un certain nombre de cérémonies de voeux. Chacune a son intérêt et son charme particuliers. Mais aujourd'hui, je vous le dis simplement, en ce lieu si symbolique pour le sport français, j'ai l'impression de me retrouver en famille et j'en suis vraiment très heureux, je veux parler de la famille du sport. Je n'étais jamais venu ici, dans cette halle extraordinaire inaugurée à l'époque du Général de GAULLE. Monsieur HERZOG lui-même, grand alpiniste, était le Secrétaire d'Etat aux Sports. Je n'étonnerai personne en vous disant que j'aime le sport. Je l'aime comme spectateur. Je l'aime comme pratiquant. Vu l'heure à laquelle je suis rentré cette nuit, honnêtement mes performances sont légèrement amoindries. Et je l'aime pour les valeurs qu'il véhicule.
Et je voudrais vous dire combien je suis heureux de retrouver un certain nombre d'entre vous que je connais depuis longtemps ou d'autres dont j'ai fait la connaissance à Pékin, sous une chaleur que je ne suis pas prêt d'oublier.
Vous avez ramené des médailles de Pékin. Finalement les objectifs, grosso modo, ont été tenus. Je me souviens très bien, alors que c'était le premier jour des Jeux olympiques, dans une ambiance pour le moins agitée, la famille du sport était décidée à ce que les Jeux olympiques ne soient pas pris en otage. Je me souviens de cette ambiance fantastique au village. Finalement, cela a été certainement les plus beaux Jeux olympiques qu'on ait connus toutes ces dernières décennies. Je garderai, pour ma part, de la cérémonie d'ouverture un souvenir fantastique. Je sais ce que cela a représenté pour vous d'effort, de sacrifice. En moi-même, en passant devant la piste tout à l'heure, je me suis dis qu'il y en avait beaucoup d'entre vous qui ont du y souffrir. Parce que pour nous, on voit les Jeux olympiques, on voit les championnats du monde, on voit les championnats d'Europe et on ne voit pas le matin à l'entraînement quand il pleut, quand il fait froid, quand on a des soucis et que malgré tout, il faut se donner comme si les tribunes étaient pleines.
Alors Pékin a donné de bons résultats même si, vous le savez, tout n'a pas été parfait à Pékin. Avec le recul que permettent les quelques mois qui viennent de s'écouler, on peut faire un bilan non polémique, un bilan lucide. Pourquoi ? Pour utiliser les marges de manoeuvre qui nous permettront de faire les progrès dans la perspective de Londres. Il faut qu'on analyse ce qui a bien marché, ce qui a bien moins marché, ce qui a bien marché chez les autres et que nous n'avons pas su faire nous-mêmes et qu'on devra faire. On a des marges de manoeuvre, pas assez d'or, pas assez de femmes médaillées, et des disciplines qui rapportaient des médailles et n'en n'ont pas rapporté. Qu'est-ce qui s'est passé et pourquoi ? Et d'ailleurs, comment peut-on être une grande nation sportive si dans les disciplines majeures du sport, notamment du sport olympique, on n'y arrive pas ou on a tant de difficultés. Il ne s'agit de le reprocher à personne, de n'accuser personne. Il s'agit de voir comment on peut aider pour que les mêmes causes ne reproduisent pas les mêmes effets. Il faut donc poser le bon diagnostic et se fixer des objectifs ambitieux pour Londres en 2012.
Je crois qu'il faut qu'on s'entende d'abord sur le partage des rôles entre l'Etat et les fédérations. Comme toujours en France, tout le monde veut s'occuper de tout, à l'arrivée personne ne s'occupe de rien. Et surtout, comme toujours, personne n'est responsable. Honnêtement quand on gagne, les responsables, c'est comme pour les banques, les bonus partout. Quand cela va moins bien, pour les malus, on a plus de mal à trouver les responsabilités. Je crois qu'il faut qu'il y ait une relation contractuelle, que nous nous entendions, l'Etat et les fédérations sur un projet stratégique, assorti d'indicateurs de résultats. Les résultats, ce n'est pas un mot tabou dans le sport. Et en fonction du projet stratégique et des résultats, on en déduit les moyens. Je pense que ce sera l'une des conditions des conventions d'objectifs qui seront mises au point et de préférence sur des logiques pluriannuelles. Chaque fédération devra définir son propre « parcours d'excellence sportive », en ciblant mieux l'élite et en se concentrant sur elle. Les champions de demain seront mieux repérés, et peut-être qu'il faut faire preuve d'une sélectivité supérieure à celle pratiquée aujourd'hui.
Alors, l'INSEP, qui nous accueille aujourd'hui, et au dynamisme duquel je voudrais rendre un hommage sincère, devra poursuivre sa mutation, afin d'être le Campus de l'excellence dont le monde sportif français a le plus grand besoin. Je le dis aux ministres, nous avons dégagé beaucoup d'argent pour l'opération campus universitaire, pour que les universités de France ne soient pas les seules universités du monde où on n'a pas envie de rester. Il n'y a pas de raison qu'il n'y ait pas des campus ouverts, agréables, avec des parcs, des jardins, des installations sportives, oserai-je le dire, des bibliothèques ouvertes le dimanche. S'il y a besoin dans le cadre du plan de relance qu'on mette de l'argent ici pour améliorer les installations, on peut le faire et on doit le faire. Je cherche des campus d'excellence, ici c'est un lieu d'excellence, on est prêt, dans le cadre du plan de relance, à mettre l'argent nécessaire pour vous aider. Un campus qui travaillera en liaison encore avec le réseau des CREPS, que le gouvernement est en train de restructurer, afin de mettre davantage au service du sport de haut niveau.
Les athlètes de haut niveau doivent trouver ici une infrastructure adaptée à leurs besoins d'entrainement et de préparation. Il en va de même pour les managers qui doivent bénéficier de formations diplômantes, ce qui suppose que le ministère chargé des Sports et le ministère chargé de l'Enseignement supérieur coopèrent très étroitement. Si vous avez besoin de mon soutien pour ouvrir les portes des formations diplômantes, demandez-le. Quand on est sportif, on a besoin d'une formation. Cette formation doit être reconnue. Pour qu'elle soit reconnue, il faut que le ministère de l'Enseignement supérieur s'ouvre à la problématique de la formation des sportifs de haut niveau, que vous ayez le droit par votre travail et par votre mérite d'accéder à des diplômes.
Cela amène à la question du professionnalisme des athlètes. Je sais bien que dans le contexte olympique, le sport doit demeurer amateur. Mais enfin, ne nous voilons pas la face. Le niveau de vos performances implique un temps complet. Les choses évoluent et c'est normal. Si nous voulons que la France accède de plein pied à l'élite sportive mondiale, il faut qu'à l'instar de beaucoup de pays qui sont vos concurrents, nous sachions conjuguer la pratique amateur et la pratique professionnelle. Sinon on est dans une compétition parfaitement inéquitable. Un projet de vie aussi radical que celui qui anime l'athlète de haut niveau n'est pas facilement compatible avec l'exercice d'un métier à côté de l'activité sportive.
Je remercie Bernard Laporte d'en avoir fait l'un de ses chevaux de bataille. Là, encore, je ne suis pas sûr que nous soyons complètement entrés dans la modernité du sport professionnel.
C'est tout le travail que doivent faire Roselyne et Bernard. Je suis impatient de voir les choses avancer plus vite.
Il y a eu deux rapports remarquables qui ont été déposés. Celui d'Eric Besson sur la compétitivité des clubs de football professionnel français. Et celui de Philippe Seguin, sur la commission « Grands Stades Euro 2016 ».
Le sport, c'est l'équité dans la compétition. On ne peut pas être en compétition avec des clubs, avec des athlètes qui, sur la ligne de départ, ont un avantage immense qui n'est pas dû seulement à leur talent et à leur travail. Mais qui est dû au fait qu'on demande aux nôtres de faire la compétition parfois avec des boulets au pied. Tout ce qui est le tabou, le totem du sport amateur, moi, je souhaite que l'on y réfléchisse dans le cadre international pour voir comment on peut vous porter au même niveau que les autres. Il n'y a pas de raison que nos athlètes soient défavorisés. Et pour le sport professionnel et, notamment le football, il faut vraiment que l'on avance parce qu'il n'y a aucune raison que l'on ait une bonne équipe internationale et des clubs qui ont tant de difficultés sur le plan des compétitions internationales.
Et le sport, c'est quand même, sur la ligne de départ, que les athlètes, qu'ils soient en sport collectif ou en sport individuel, soient dans les mêmes conditions.
Je souhaite que l'on avance dans la réforme du cadre juridique des sociétés sportives, de manière à ce que la performance économique soit placée au service de la performance sportive.
Je souhaite que l'on avance dans la mise en place des grandes enceintes sportives dont la France a besoin, notamment si notre pays veut organiser l'Euro 2016. Il faut s'y mettre dès maintenant.
Je veux que l'on avance dans la réforme du statut des agents sportifs.
Je souhaite que l'on avance dans la généralisation du double projet que chacun des jeunes qui se destine au haut niveau doit être invité à élaborer, afin de pouvoir se lancer dans cette aventure que l'on sait risquée et éphémère. Il faut que ce jeune-là puisse avoir un projet sportif et un deuxième projet plus personnel, qui préparera sa reconversion future et qu'il ne reste pas simplement avec une ligne sur un palmarès, dans le meilleur des cas et avec un souvenir dans l'autre.
Alors, les performances de l'élite, les performances des professionnels ne sont possibles que si le vivier des sportifs amateurs est lui-même très large. On a un problème sur la pratique du sport dans notre pays. Il faut que l'on trouve les voix et les moyens pour inciter davantage les français à faire du sport. C'est la raison pour laquelle j'ai voulu la création nouvelle du ministère de la santé ET des sports, parce que je maintiens, envers et contre tout, que c'est logique. Le sport n'est pas réservé qu'aux jeunes ! Et quand je cours, j'en vois beaucoup qui ont mon âge, et moins qui sont plus jeunes.
Le sport et la santé, ce sont deux domaines qui vont ensemble. Cela, c'est quelque chose que nous devons faire ancrer.
Le sport, ce n'est pas simplement un moment de fierté nationale quand il y a une grande compétition. Ce sont des valeurs. Alors, tout le monde le dit et on n'en tire pas les conséquences. Mais c'est aussi un moyen au service de la santé des français. Eh bien, dorénavant, c'est le ministère de la santé et du sport. Et le mot d'ordre qui doit mobiliser, c'est permettre concrètement à tous les Français de pratiquer une activité physique adaptée à leur besoin.
Alors, comment on gagne cette bataille là ? Ce n'est pas si simple. Bien-sûr, il y a la question de l'école. Je suis conscient bien sûr des contraintes multiples qui empêchent le sport à l'école de se développer autant et aussi vite que je le voudrais. Mais, il faut que l'on débloque, là encore, cette spécificité française qui fait que l'on a deux extrêmes. Quand on trouve un jeune très talentueux, on a les structures pour l'emmener sur le sport-études. C'est vrai.
Quand on se trouve avec un jeune qui a le pied carré ou qui est toujours enrhumé le jour où il y a piscine, il y a toujours les moyens de ne pas l'envoyer. Mais, et cela m'a toujours étonné, il n'y a pas de structures adaptées pour celles et ceux de nos jeunes qui ne veulent pas faire parce qu'ils n'en ont pas les moyens, les atouts, une carrière professionnelle et pourtant le sport c'est une partie de leur vie. Il n'y a pas besoin d'être double champion olympique pour aimer le sport. Et je pense qu'il faut que l'on fasse maintenant, c'est que l'on se préoccupe de ces jeunes qui aiment passionnément le sport mais qui ne seront pas forcément des champions.
Et je voudrais que de façon expérimentale, nous ayons des collèges, des lycées où la part du sport peut être carrément un mi-temps sans que ça débouche forcément sur un projet de sport d'élite de haut niveau, simplement sur un projet personnel. On n'a pas besoin d'être très doué pour aimer passionnément le sport. Je pense qu'avec cela on récupérera des sportifs qui peut être se pensaient pas si doués que cela, qui étaient passés au travers du maillage de la détection et qu'on retrouvera comme cela. J'attache de l'importance à cela depuis tellement longtemps, parce que depuis que je suis jeune j'entends dire : les autres ont le mi-temps sportif.
Et on me parle des Etats-Unis, de l'Allemagne, et quelle que soit la volonté du Ministre, on n'y arrive pas. Pourquoi on n'y arrive pas ? Parce que l'on veut toujours en France passer du tout au rien ou du rien au tout. Et c'est un tel changement, vous imaginez, c'est tellement pharaonique comme effort à réaliser, qu'on ne le fait pas. Il faut qu'en France on apprenne à aimer la réforme progressive et l'expérimentation. Pourquoi ne pas imaginer dans un certain nombre d'académies, on commencerait à expérimenter un lycée mais encore une fois c'est différent du sport-étude qu'un certain nombre d'entre vous ont du pratiquer. Simplement il y a des lycées qui sont plus scientifiques, d'autres plus littéraires et pourquoi n'y aurait-il pas des établissements scolaires qui seraient plus sportifs. Et pourquoi ça ne serait pas un atout lorsqu'on a le Bac ou lorsque l'on se présente devant une entreprise, de dire moi vous voyez, je n'étais pas spécialement doué en maths, pas spécialement fort en littérature, j'étais doué en sport, j'ai fait mes études dans un lycée où le sport était une partie majeure du programme, c'est un atout dans une entreprise où les valeurs de l'entreprise c'est le travail d'équipe. C'est la compatibilité avec les autres, c'est la volonté de gagner. C'est un atout.
Je propose, Roselyne et Bernard, que vous vous saisissiez de cette idée. Je crois que c'est le moyen de faire avancer la pratique du sport.
J'ajoute pour être sûr d'affoler tout le monde, pas forcément ici mais à l'extérieur, que dans le cadre des campus, des universités, vous savez que j'ai souhaité que les universités françaises deviennent enfin autonomes. Au premier janvier, il y a le tiers des universités françaises qui sont devenues autonomes. C'est-à-dire qu'elles vont gérer leur programme, leur financement, leurs professeurs, qu'elles vont être propriétaires de leurs locaux, et on va mettre le paquet pour le plan campus. Mais je souhaite que dans nos universités, les installations sportives soient une priorité. Moi aussi j'ai été à l'université. Je m'en souviens parfaitement, les équipements sportifs n'étaient même pas entretenus. Le terrain de foot, c'était un vague terrain vague, la piscine c'était un souvenir. On ne sentait pas que dans le projet de la communauté universitaire, il y avait cette volonté d'avoir une présence sportive. Des équipes universitaires, de football, de volley, de basket, des équipes universitaires d'athlétisme.
Le sport universitaire, c'est une réalité du sport français, on doit la valoriser.
Vous voyez petit à petit me semble-t-il entre cela et les installations sportives en ville, je crois que l'on pourra développer fortement la pratique du sport. Je ne veux pas vous embêter, vous êtes debout, mais moi cela me tenais à coeur de vous dire cela.
Je voudrais terminer par quelque chose qui à mes yeux est extrêmement important c'est l'organisation des évènements sportifs en France. Contrairement à ce que l'on croit, ce n'est pas simplement l'élite qui amène au sport un certain nombre de jeunes, c'est aussi l'organisation d'évènements en eux-mêmes. Je veux dire cher Bernard, combien l'année 2007 a été importante pour la Coupe du monde de rugby et pour le monde du rugby. Je trouve que cela a donné une remarquable image de votre sport. Que finalement cela a montré que le rugby n'était pas un sport régional. Depuis les résultats du stade français on sait d'ailleurs que cela est un sport de région parisienne. Cela n'était quand même pas dit, excusez-moi ! Quand on écoutait Roger COUDERC à la télévision le samedi, que le stade de France serait rempli autour d'un match de rugby à Paris, enfin à Saint-Denis, on ne s'imagine pas le chemin considérable qui a été réalisé pour faire du rugby un grand sport. Je dois dire que cela a eu un grand impact et que par ailleurs on est quand même heureux quand on peut organiser des compétitions sans voyou, sans hooligan, sans raciste. Franchement, - je le dis d'ailleurs aux autorités du football, ils font beaucoup d'efforts, je les soutiens totalement, on ne sera jamais assez sévère. Il faut que l'on puisse là aussi revenir dans nos stades tranquillement, sans tomber sur des fous qui font le salut nazi qui se permettent des cris totalement déplacés quand il y a un joueur de couleur. Mais on est où ? Mais chez qui ? Qu'est-ce que cela à voir avec le sport, avec nous enfin..... Notre intolérance à cette forme d'intolérance doit être totale pour éradiquer ces comportements là.
Le stade c'est un lieu de la famille où l'on doit pouvoir y venir ensemble, les parents et les enfants, l'après-midi ou le soir. Maintenant je vois des familles qui me disent : « mon fils à seize ans il veut aller assister à un match de football, il a peur ». Ce n'est pas normal. Je prends ma part de responsabilités dedans, mais ce n'est pas normal. Personne ne peut accepter une chose pareille.
Nous allons avoir, je crois que c'est dans treize jours, Val d'Isère, l'ouverture des Championnats du Monde de Ski. C'est un très beau symbole. Après les Etats-Unis et l'Autriche, la France est je crois le troisième pays du ski. Il faut vraiment que l'on soit à l'honneur de cette réputation. Nous avons été pionniers dans l'organisation des compétitions internationales de ski. Les premiers Jeux Olympiques d'Hiver, c'est Chamonix 1924. Il faut que cela soit un succès. La France organisera donc ces Championnats du Monde, deux montagnes, une dédiée aux filles, l'autre aux garçons, deux montagnes qui se font face. Des pistes extrêmement spectaculaires. Bien sûr, si vous le voulez bien j'y viendrai. Il n'y a pas de raison que je n'ai pas aussi le droit de regarder. Je souhaite aux skieurs de l'équipe de France tout le succès qu'ils méritent.
Je vais maintenant décorer les médaillés d'or de Pékin. Mais je voudrais que vous compreniez une chose : pour moi l'enjeu du sport dans la société est capital. Les valeurs du sport ce sont celles du XXIe siècle. Je le dis pour le handisport comme pour le sport, ce sont les mêmes valeurs, c'est le même besoin de se dépasser, c'est la même excellence. Franchement j'aurais réussi ce que je veux faire de mon quinquennat, si j'arrive à faire progresser l'idée du sport dans la société française.
Les sportifs n'ont aucun complexe à avoir. Vous êtes aimés par nos compatriotes, vous êtes admirés, vous avez un rôle dans la société « d'entrainement », on va vous aider parce que c'est important. Je voudrais que l'on change de structure pour que cela aille plus vite.
Après, je ne suis pas rentré dans le détail de tous les projets, de tous les sujets qui fâchent. Je suis cela : les mandats successifs à la tête des fédérations. Je sais que cela est un débat. Moi je ne peux vous dire que la réponse que j'ai donnée pour moi. Moi je pense déjà que celui qui arrive à faire deux mandats de Président de la République, c'est déjà pas si mal. J'ai toujours pensé, depuis bien longtemps, que l'énergie que l'on mettait à durer c'est une énergie que l'on ne mettait pas à agir. Mais cela est mon avis, j'accepte aussi d'autres idées.
On ne s'improvise pas, il faut du temps, il n'y a pas forcément la richesse humaine pour vous remplacer. Mais je dis une autre chose, ce n'est pas dans le discours non plus, mais j'ai envie de le dire : on confond le bénévolat et la gestion de nos fédérations. Nos fédérations sont extrêmement compliquées à gérer. La gestion d'une fédération, c'est un travail à plein temps. D'ailleurs certaines fédérations, celles qui réussissent sont celles qui ont su associer les anciens athlètes. Mais ce n'est pas parce que l'on a été un grand champion, que l'on est forcément un bon dirigeant, cela aide quand même à connaître son sport. Je ne vois pas au nom de quoi on ne considérerait pas que diriger une fédération c'est un métier. Il y a un savoir-faire. Que dans le fond, organisés comme nous sommes il faut soit avoir beaucoup d'argent, en quelque sorte on fait don de son temps que l'on prend à son métier, à sa famille pour s'en occuper, soit avoir assez largement dépassé l'âge de la retraite, et donc dans ce cas là on vient s'occuper du sport. Est-ce que c'est normal ? Est-ce que l'on ne peut pas dire qu'à un moment donné pour animer, pour porter un projet on doit réfléchir autrement que rembourser les frais du président de la fédération, du directeur de la fédération ? D'ailleurs rembourser les frais, on se met dans une situation dans laquelle personne n'est jamais content. Ce n'est toujours pas assez pour celui à qui on les rembourse, trop pour celui qui les rembourse.
Est-ce que l'on n'a pas besoin de réfléchir à cela ? Vous voyez que mon ambition c'est en vérité d'être l'élu du monde sportif. J'ai sans doute compliqué la tâche de Bernard et de Roselyne mais sachez que c'est pour la bonne cause. Moi j'ai vraiment fait accélérer l'avion pour être sûr d'être ici. On s'est posé à quatre heures un quart ce matin. Je voulais vraiment être ici parce que cela m'aurait fait mal au coeur d'annuler, je l'ai dit à Roselyne, parce que cela donnait l'impression : il s'occupait de choses sérieuses hier à Charm El Cheikh et à Jérusalem, puis le sport, ce n'est pas si sérieux que cela ! Ce n'est pas vrai, le sport c'est important, le sport c'est prioritaire ! En tout cas cela l'est dans mon esprit et dans l'esprit de bon nombre de Français.
J'allais oublier, bonne année, pour vous, pour vos familles et pour tous ceux que vous aimez.

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