Publié le 6 janvier 2009

Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur la politique de défense, notamment le rôle des militaires français dans le maintien de la paix et la réforme de la défense, à At Tiri (Liban) le 6 janvier 2009.

Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur la politique de défense, notamment le rôle des militaires français dans le maintien de la paix et la réforme de la défense, à At Tiri (Liban) le 6 janvier 2009.

6 janvier 2009 - Seul le prononcé fait foi

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Messieurs les ministres,
Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et Messieurs,
C'est comme chef des armées que j'ai voulu commencer cette année. En venant vous voir, vous qui êtes en opérations, je tenais à saluer la nouvelle dynamique dans laquelle notre Défense et nos armées sont engagées pour s'adapter aux défis du XXIème siècle.
L'année 2008 a été une année décisive en termes de réforme pour notre défense. Des décisions lourdes ont été prises, des orientations ambitieuses ont été définies, pour notre stratégie de sécurité nationale, pour les équipements des armées, pour l'organisation de la Défense.
Venir à vous, plutôt que vous recevoir au Palais de l'Elysée, c'est souligner que tout ce que nous avons fait cette année doit se traduire ici, sur les théâtres d'opération. Parce que toute notre action ces derniers mois a été inspirée par une volonté unique de donner à la France l'armée dont elle a besoin, l'armée d'un pays qui veut la paix, l'armée d'un pays qui veut la sécurité, pour lui-même et pour le monde.
Venir vous rencontrer, vous qui portez l'action de la France sur un théâtre d'opération dont tous connaissent l'importance, c'est rappeler que la France entend prendre toute sa part dans la gestion des crises. Elle entend assumer pleinement les responsabilités qui découlent de notre histoire et de notre position internationale.
Mes pensées vont d'abord à toutes celles et à tous ceux qui ont été meurtris, parce qu'un de leurs proches a donné sa vie ou a été blessé en servant son pays. Je veux m'incliner avec un infini respect devant le sacrifice qu'ils ont consenti. Je vous prie de croire que je n'oublierai jamais les 19 militaires français qui sont tombés au champ d'honneur ou en service commandé, fauchés en pleine jeunesse quel que soit le théâtre de l'opération.
J'ai rencontré leurs familles, j'ai parlé avec leurs camarades, j'ai essayé de partager avec eux, au nom de tous les Français, ces moments graves et ces moments douloureux. Quand je vous dis qu'ils resteront à jamais gravés dans ma mémoire, je vous demande de le croire.
Aussi choquante que puisse paraître leur disparition, chacun sentait profondément que vos camarades ont donné leur vie pour des valeurs essentielles. Ces soldats qui sont morts, ne sont pas des victimes, ce sont des combattants. Ils sont allés jusqu'au sacrifice suprême pour défendre ce à quoi ils croyaient, et d'abord une certaine idée de l'homme et de son irréductible dignité. Ils sont tombés mais ce qu'ils incarnaient est resté intact.
Intacte, comme la volonté de la France de refuser la barbarie, la tyrannie, le chantage, le rançonnage. On ne peut pas l'accepter et l'armée, l'armée de la France cela sert à cela. Intact, l'engagement de la France en faveur de la paix et de la légalité internationale. Intacte notre ferme résolution de protéger les Français partout où ils sont menacés, même à des milliers de kilomètres du territoire national. C'est pour cela parce que ceux de vos camarades qui sont tombés partageaient ces valeurs que la Nation les considérera comme les meilleurs de ses fils parce que la France leur est reconnaissante d'avoir donné leur vie pour ce qu'elle représente.
Nos blessés doivent aussi être entourés de notre attention et de notre affection. Je veillerai, au nom de la Nation, à ce qu'ils continuent de bénéficier de l'environnement le plus favorable à leur rétablissement.
Mesdames et Messieurs, être soldat n'est pas un métier comme les autres.
C'est donc aujourd'hui depuis le Liban, devant les soldats français engagés au sein de la FINUL que j'ai choisi d'adresser en tant que chef des armées, mes voeux aux armées.
En lançant les travaux du Livre blanc sur la défense, j'ai souhaité que l'on tire tous les enseignements des bouleversements considérables que le monde a connus ces dernières années. Le monde change, on ne peut pas rester immobile. C'est notre crédibilité qui est en cause. Nous devons avoir une armée prête face aux nouveaux enjeux et aux nouveaux risques du monde d'aujourd'hui. Vous êtes l'armée du XXIème siècle, pas celle du XXème. La mondialisation est porteuse de progrès. Si elle n'est pas maîtrisée, elle peut entraîner de nouvelles formes de tensions internationales. Mon premier devoir est d'assurer la sécurité de la France et des Français en toutes circonstances. C'est le sens de la nouvelle stratégie de sécurité nationale qui a été définie par le Livre blanc.
La France a une contribution unique à apporter à la sécurité du monde. Nous sommes membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, c'est un honneur et c'est un devoir. Nous avons une responsabilité particulière.
Le Liban en est un bel exemple. Quand la guerre a éclaté au Sud Liban, en juillet 2006, nous n'avons ménagé aucun effort pour que cessent au plus tôt les combats. La résolution 1701 a pu être adoptée à l'unanimité et la guerre s'est arrêtée. Aujourd'hui, 2 000 militaires français sont engagés au sein de la FINUL pour aider le Liban à retrouver la paix. D'autres contingents européens, au premier rang desquels celui de l'Italie, sont également présents, donnant à l'Europe, pour la première fois, une responsabilité essentielle sur l'un des théâtres les plus difficiles du Proche-Orient.
Depuis l'été 2006, beaucoup de progrès ont été accomplis. Au Liban même, l'accord de Doha a ouvert la voie à l'élection du Président Sleimane, que je viens de rencontrer. Les institutions ont retrouvé tout leur rôle. De nouveaux rapports s'établissent peu à peu entre le Liban et la Syrie, sur la base du respect de l'indépendance et de la souveraineté de chacun. Les discussions engagées entre la Syrie et Israël, sous l'égide de la Turquie, ouvrent des perspectives nouvelles.
J'ai remercié le Président syrien d'avoir tenu sa parole, en engageant un processus courageux et clairvoyant de normalisation des relations de la Syrie avec le Liban. Vouloir régler les problèmes du Liban sans parler avec la Syrie, c'était l'échec assuré. Je sais parfaitement les responsabilités qui ont pesé sur mes épaules quand j'ai choisi de tendre la main à la Syrie. Regardez depuis un an ce qui s'est passé au Liban. Il y a un an, il n'y avait pas de Président de la République, il y avait un gouvernement enfermé dans un bâtiment qui ne pouvait pas sortir. Quand au Parlement, ils ne se réunissaient pas parce que le Président du Parlement était parti avec la clé. Je le dis aux soldats, je n'oublie pas les polémiques indignes du 14 juillet dernier. Si nous avons fait ce choix avec le gouvernement, avec le Premier ministre, c'est parce que c'était l'intérêt d'un Liban indépendant. Croyez que pour moi le fait que la Syrie ait ouverte une ambassade à Beyrouth - et, je l'espère, dans quelques jours l'ambassadeur sera nommé -, c'est un point essentiel.
Je n'ignore pas que tout cela est fragile. Mais la France doit continuer à y travailler.
C'est peu de dire que la mission de la FINUL est difficile et exigeante. Mais vous vous en acquittez avec beaucoup de courage et d'intelligence. Son action est appréciée des populations de la région qui, après tant d'épreuves, aspirent à la paix. Votre coopération avec l'armée libanaise avec laquelle la coopération s'améliore est un espoir pour l'avenir. L'armée libanaise qui incarne l'unité de la nation libanaise. Je veux rendre hommage à l'armée libanaise et la France aidera l'armée libanaise.
A vous qui rentrez en France d'ici quelques jours, je veux dire que vous avez parfaitement rempli votre mission, aux côtés des autres contingents. Je veux remercier le général Graziano de la confiance qu'il vous a témoignée et lui dire que la confiance qu'il vous a t??moignée, elle est réciproque.
Pendant cette mission, chacun d'entre vous, à son niveau, a été un représentant de la France. Je veux vous dire ma fierté quand j'entends le commandant de la Force louer votre professionnalisme, quand nos amis libanais soulignent votre humanité et votre dévouement. Ce que je dis de vous, je peux le répéter également à propos de l'ensemble des 13 000 soldats français actuellement déployés en opérations extérieures. C'est en pensant d'abord à eux et à leurs familles que j'ai souhaité avec le ministre de la Défense, Hervé Morin et Jean-Marie Bockel, l'ambitieuse réforme qui est en cours. Tous ceux qui représentent la France à l'étranger accomplissent un travail essentiel pour la sécurité des Français. Tous appartiennent à la même armée et ont droit à la même reconnaissance de nos compatriotes. Je veux aussi redire à leurs aînés, les anciens combattants, que je rencontre régulièrement tout au long de l'année lors des différentes cérémonies patriotiques, mon respect et mon estime pour les services qu'ils ont rendus aux pays et qu'ils rendent bien souvent encore en faisant vivre la mémoire des hauts faits d'armes constitutifs de notre histoire et de notre identité.
Avoir le sens des responsabilités, c'est analyser la situation, définir une stratégie, faire des choix, hiérarchiser les priorités. C'est ce que j'ai essayé de faire.
Mon premier souci est de vous donner les moyens de mener vos missions dans de bonnes conditions. Et d'abord avec la protection nécessaire. Votre métier est par essence dangereux, nous devons nous assurer que nos soldats disposent, individuellement et collectivement, de l'équipement dont vous avez besoin. Je ne suis pas un homme qui considère la mort d'un soldat comme une fatalité inhérente au métier des armes à laquelle il conviendrait de se résigner. Un soldat, c'est fait pour rentrer à la maison et retrouver les siens.
Au lendemain de l'embuscade d'Ouzbine en Afghanistan, j'ai demandé à Hervé Morin et au général Georgelin, le chef de l'Etat major, de me proposer les décisions pour renforcer nos capacités dans ce domaine. Cela s'est traduit par l'envoi d'hélicoptères supplémentaires, de drones d'observation, de mortiers pour augmenter la puissance de feu.
Mais il fallait aussi des décisions de plus long terme. La loi de programmation militaire qui sera votée par le Parlement dans quelques semaines prévoit pour sa première phase, de 2009 à 2014, un effort particulier en faveur des moyens de combat, en particulier des moyens terrestres. Je pense notamment à l'acquisition de brouilleurs et de surprotection pour nos véhicules déployés, mais aussi à l'acquisition de capacités nouvelles grâce au Véhicule Blindé de Combat de l'Infanterie. Les drones complèteront cette modernisation £ ils vous donneront des renseignements supplémentaires pour anticiper la menace.
La qualité première de nos armées réside précisément dans cette aptitude à s'adapter aux différents théâtres. Cette faculté d'adaptation qui est la vôtre et qui est reconnue dans le monde entier, je tiens par-dessus tout à la préserver et même si possible à l'améliorer. C'est ce qui a inspiré la démarche de réforme que nous avons lancée. Car ce que vous faites si bien sur le terrain, nous devons être capables de le faire au niveau stratégique ? Les travaux du Livre blanc ont permis d'arrêter pour nos armées un nouveau format, mieux adapté à la réalité des menaces qui pèsent sur nous. La Défense sera un ressort particulièrement important du plan de relance par l'investissement que nous venons d'engager. Vous bénéficierez au titre du plan de 2,4 milliards d'euros supplémentaires. Cela améliorera rapidement votre quotidien et vos capacités d'action. En même temps que cela soutiendra l'activité et l'emploi dans les industries de la défense qui font vivre en France de nombreux ouvriers.
Il nous reste à examiner nos opérations extérieures pour s'assurer que nos engagements correspondent bien à la défense de nos intérêts stratégiques, que la nature et le volume de nos contributions nous procurent bien l'effet de levier diplomatique et militaire escompté pour apporter une solution rapide à la résolution des crises dans lesquelles nous nous impliquons.
Je veux être certain que chaque soldat français aujourd'hui engagé en opération extérieure l'est bien conformément aux intérêts de notre pays. Je me dois de faire revenir à la maison nos soldats si leur présence sur un théâtre extérieur ne correspond pas à nos intérêts stratégiques. Le gouvernement présentera prochainement devant la représentation nationale, qui en débattra, nos positions concernant nos engagements extérieurs. Nous n'avons rien à craindre de cette transparence. Je l'ai voulue, elle est inscrite désormais dans notre Constitution. Je me félicite au passage que ceux-là même qui ont refusé de voter cette nouvelle disposition soient aujourd'hui souvent les plus prompts à en réclamer l'application. Cela prouve que l'on est bien en France !
Débattues au Parlement, nos décisions en matière d'engagements extérieurs seront inspirées par le même souci de cohérence et d'efficacité qui a déjà prévalu pour la réforme du format de nos armées. Je suis parfaitement conscient que je vous impose des efforts. Mais comment pourrait-il en être autrement dans la situation du monde et dans la situation de notre pays ? Sachez que j'ai une totale confiance dans votre capacité à réussir.
Les efforts de modernisation qui vous sont demandés ne sont pas vains. Toutes les réorganisations ont deux objectifs : que vous soyez mieux équipés et que vous soyez aussi mieux rétribués. Chaque euro économisé sur la défense lui reviendra, reviendra aux personnels et reviendra aux équipements. Les premières revalorisations indiciaires sont intervenues en 2008 et elles se poursuivront en 2009 et en 2010, en partant des plus petits grades. Je m'y engage.
La relation avec nos partenaires européens et alliés de l'OTAN est un élément déterminant de la réflexion globale sur nos engagements extérieurs. Car la France n'est pas seule, la France n'agit pas seule. Les défis actuels appellent des réponses de plus en plus collectives et de mieux en mieux coordonnées de la part des Européens. C'est pour cela qu'il nous faut une Europe forte et unie, une Europe qui prenne toutes ses responsabilités.
C'est ce que l'Europe a fait, dès le mois d'août 2008, sous l'impulsion de la France, pour éviter que la crise en Géorgie ne dégénère en une guerre à nos portes. C'est aussi en décidant d'agir rapidement face au défi grandissant de la piraterie maritime dans le Golfe d'Aden que l'Europe s'est affirmée. Je dois dire que j'ai été heureux d'avoir au côté de nous avec Hervé Morin, le général Georgelin et l'amiral Guillaud parce que quand il faut gérer les crises, envoyer nos hommes pour libérer des otages, je suis bien content d'avoir à mes côtés des hommes qui ont du sang froid et sur le terrain des femmes et des hommes qui sont compétents.
Nous nous sommes affirmés comme acteur politique, et nous devons continuer en la matière.
Nous sommes également un acteur militaire, puisque nous avons lancé la première opération navale européenne, avec une frégate britannique sous le commandement d'un amiral britannique, ce qui montre bien que la France et le Royaume-Uni, quand ils travaillent ensemble sans tabou, font progresser l'Europe de la défense.
La Présidence française de l'UE a marqué une véritable relance de la défense européenne. C'était nécessaire, alors il s'agit de mieux partager le fardeau. Il s'agit de le faire sans naïveté avec pour seul souci la recherche d'un meilleur rapport coût/efficacité. Cela signifie que les programmes européens, pour donner satisfaction, doivent veiller à mettre en synergie les meilleures compétences, et non comme cela a été si souvent le cas par le passé, favoriser la consolidation des pôles de compétences là où ils sont insuffisants, selon une logique de juste retour qui à l'arrivée donne toujours les mêmes résultats : l'accumulation des retards et des surcoûts. Nous devons faire face aux mêmes menaces et notre devoir en Europe c'est de travailler ensemble. L'Europe doit ajouter, pas retrancher. Je le dis clairement : je ne veux plus de programmes européens dont l'objectif principal pour certains participants est moins de répondre aux besoins opérationnels de nos armées que d'acquérir des capacités industrielles et technologiques insuffisamment maîtrisées.
Alors que débute l'année du 60ème anniversaire de l'Alliance atlantique, je veux revenir sur notre engagement aux côtés de nos Alliés de l'OTAN. C'est notre Alliance. La France en est un membre fondateur et elle est aujourd'hui l'un des principaux contributeurs en troupes, au Kosovo et en Afghanistan. Avec nos partenaires européens, nous partageons une même vision de la nécessaire complémentarité entre l'Europe de la défense et l'OTAN. Il est absurde de les opposer, comme on l'a fait trop longtemps. Nous avons besoin des deux et les deux seront d'autant plus fortes que la France y participera pleinement. Et si l'Alliance atlantique est l'alliance entre l'Europe et les Etats-Unis, je rappelle qu'elle est aussi l'alliance militaire des Européens entre eux. Avec la Chancelière Merkel, nous avons invité nos Alliés à tenir le sommet de 2008 à Strasbourg/Kehl. Ce sera un grand moment d'amitié franco-allemande, d'unité européenne et de partenariat transatlantique.
Mesdames, Messieurs,
Je n'oublie pas que vous êtes d'abord faits pour l'action. Vous allez mettre en oeuvre dans quelques semaines la réforme, historique, de la défense. Réorganisation du soutien, réforme de l'organisation territoriale, suppression de certains régiments, tout concourt à un seul objectif : que l'on soit meilleur, plus efficace, que l'on soit dans notre siècle et non pas dans le passé. Je sais parfaitement et c'est l'honneur de l'armée de vénérer son histoire, qui est une partie de son identité et c'est parfaitement nécessaire de se souvenir. Mais il faut aussi être capable de se projeter, d'imaginer les défis de demain. Si vous êtes engagés dans l'armée française, c'est parce que vous êtes des professionnels, que vous vouliez cet engagement, et parce que vous voulez être les meilleurs pour être fidèles à l'esprit de vos anciens, qui eux-mêmes à leur époque, ont été les meilleurs. Mais si l'on veut les imiter, c'est imiter leur détermination, leur rigueur, leur abnégation, pas la façon dont ils étaient organisés, il y a un siècle ou il y a cinquante ans. Nous, on doit constituer l'armée de l'avenir. Je sais parfaitement que c'est un effort que je vous demande, mais vous êtes des femmes et des hommes qui ont choisi un métier. Vous ne vous êtes pas engagés par hasard. J'étais très heureux de voir les explications qui m'ont été données, car j'ai vu la passion qui vous anime. Je sais parfaitement que quatre mois ici, c'est une rupture avec vos familles, c'est un arrachement et, en même temps, cela passe vite. Parce que si vous avez choisi ce métier, ce n'est pas pour rester dans la caserne, c'est pour aller sur le terrain et montrer ce que vous savez faire, vous dire le soir que vous avez été utiles dans votre journée. Voilà ce que l'on essaye de faire, donner un sens à votre action.
J'ajoute que c'est un moment particulièrement difficile. Le conflit à Gaza donne lieu à des violences inacceptables, il y a des images insoutenables. Il faut que l'Europe et la France, la France qui a une tradition, qui a une présence au Proche-Orient, la France qui est amie de tous les acteurs au Proche-Orient. Il faut que nous les aidions à faire la paix, et la paix tout de suite. C'est la raison de ma présence dans la région et de mon départ dans quelques instants pour une nouvelle étape égyptienne. Parce que l'Egypte est un acteur essentiel qui veut, qui doit et qui va s'engager au service de la paix. Comme toujours, quand cela va mal dans cette région, dans une partie de la région, c'est ce malheureux Liban qui paye le plus cher. Cela commence ailleurs, et cela se poursuit toujours ici. Les Libanais ont assez souffert.
Mesdames et Messieurs,
J'ai bien conscience de vous avoir maintenus immobiles dans le froid, mais enfin cela était pour la bonne cause, parce que cela était pour vous remercier. Qu'il me soit également permis de vous dire, puisque vous n'avez pas passé les fêtes en famille et que vous allez bientôt retrouver vos familles, que c'est du fond du coeur que je veux avec les ministres vous présenter nos voeux les plus chaleureux pour vous-mêmes et vos familles, pour ceux que vous aimez.
Soyez fiers du travail que vous avez réalisé ici. Soyez fiers d'être des soldats de l'armée française. Soyez fiers de la mission que l'on vous a confiée et attendez avec confiance la prochaine, elle sera aussi utile et aussi importante. Si la France est un grand pays à la diplomatie universelle c'est parce qu'elle a une grande armée composée de soldats compétents, déterminés et engagés.
Je vous remercie.

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