Publié le 18 septembre 2008

Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur les Jeux paralympiques de Pékin, notamment les médailles des sportifs français, à Paris le 18 septembre 2008.

Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur les Jeux paralympiques de Pékin, notamment les médailles des sportifs français, à Paris le 18 septembre 2008.

18 septembre 2008 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et Messieurs,
Madame la ministre chargée des Sports, chère Roselyne,
Monsieur le secrétaire d'Etat au Sport, cher Bernard,
Mesdames et Messieurs les autorités du sport français, sport olympique et paralympique,
Mesdames et Messieurs, et si vous le voulez bien, chers amis,
Je vous remercie d'accepter de différer quelque peu les retrouvailles avec toutes vos familles pour être parmi nous ce soir à l'Elysée. Je suis très heureux de vous accueillir. Je vous souhaite du fond du coeur, la plus cordiale et la plus chaleureuse des bienvenus. Bienvenus à vous qui avez obtenu des médailles, comme à ceux qui n'en ont pas obtenu, mais qui sont membres de l'équipe de France et qui font honneur à la France. Il n'y a pas de raison de recevoir que ceux qui ont eu une médaille, bien sûr qu'il faut les recevoir mais disons qu'ils ont, d'une certaine façon, reçu la récompense de leur travail. Et ceux qui n'ont pas eu de médaille, ce n'est pas qu'ils ont moins travaillé que les autres, c'est que ce n'était pas le bon jour, c'est que les conditions n'étaient pas réunies, que ce sera pour une prochaine fois. Mais en tout cas, j'ai souhaité que vous soyez tous invités, parce que tous, vous êtes membres de l'équipe de France et vous avez donc fait honneur à la France.
Bienvenue à Gérard MASSON qui a pris la succession d'André AUBERGER à la Présidence de la Fédération française d'handisport et à tous les dirigeants, à vos entraîneurs, à vos guides, à tous les bénévoles qui vous aident au quotidien, parce que derrière un champion, il y a celui qui est toujours là, qui partage vos angoisses, qui partage vos joies, mais qui n'a pas toujours forcément la même reconnaissance.
Bienvenue tout spécialement à Mademoiselle JIN JING, escrimeuse chinoise, que je suis profondément heureux d'accueillir à Paris. Chacun s'en souvient, Mademoiselle JIN JING a été malmenée de façon inqualifiable lors du passage de la flamme olympique à Paris et pourtant elle s'est comportée avec un courage exemplaire. Chère Mademoiselle JIN JING, vous avez fait honneur à votre pays, vous avez fait honneur aux valeurs du sport. La France vous accueille aujourd'hui avec une profonde amitié et beaucoup d'émotion. Votre présence, ce soir, est l'un des plus symbole de la relation franco-chinoise, à laquelle je suis tout particulièrement attaché. Bon, elle ne fait pas partie de l'équipe de France, mais elle est mon invitée et cela me fait très plaisir, j'ai vu votre programme, que vous soyez là.
Votre slogan était un monde, un rêve. Votre emblème présente le triptyque ciel, terre, homme et votre mascotte, qui symbolise l'excellence, l'unité et le partage. Vous avez tous tellement illustré ses symboles.
Ces treizièmes jeux paralympiques organisés à Pékin ont été un immense succès. Un succès d'abord pour le mouvement paralympique international. Pendant 11 jours de compétition, avec 20 disciplines, 4 000 athlètes, 471 épreuves, venus de plus de 150 pays, à chaque nouvelle olympiade, les jeux paralympiques confirment ainsi leur statut de tout premier événement sportif mondial.
A Pékin, grâce à une couverture médiatique plus importante que jamais - même si elle n'est jamais aussi importante qu'on le souhaiterait - 4 000 représentants des médias et je veux les en remercier, ont suivi toutes vos compétitions. A Athènes, ils n'étaient que 2 500. Pour nous tous, s'est exprimée, par vous et grâce à vous, toute la magie du sport.
Le succès de ces jeux a été votre succès à vous tous aujourd'hui et chacun a noté l'excellence de vos performances. Vous étiez 121 athlètes, 82 hommes et 32 femmes à représenter la France. Vous ramenez de Pékin plus de 50 médailles, 52 pour être précis.
Nous avons suivi jour après jour vos exploits, vos médailles et la conquête de vos titres olympiques. 12 médailles en or, 21 en argent, 19 en bronze, c'est une magnifique performance dans une compétition dont j'ai bien noté qu'elle était de plus en plus ouverte, où la concurrence se fait de plus en plus rude.120 nations étaient présentes à Sydney, 146 à Athènes, 150 à Pékin, les Jeux Olympiques sont les jeux olympiques parce qu'ils sont universels.
Alors, je sais bien que pour les Jeux Olympiques, il y avait les autres, il y avait 205 délégations, donc il reste encore un quart à conquérir, mais enfin ce n'est pas la compétition, la concurrence. Ce n'était pas des jeux de seconde zone, c'était vraiment des jeux de première division. 150 pays et cela progresse et personne n'imaginerait aujourd'hui les Jeux Olympiques sans les Jeux Paralympiques. Et finalement, c'est la plus belle des victoires.
Vous avez été présents dans 13 des 20 disciplines paralympiques : natation, athlétisme, tennis de table, judo, escrime, cyclisme, haltérophilie, tennis, voile.
Grâce à vous, la France a été présente au plus haut niveau dans tous les domaines de la pratique sportive. Pour cette aventure olympique, vous vous êtes livrés sans réserve, vous vous êtes battus contre vos concurrents, contre le temps, contre vous-même, vous vivez le dépassement de vous-même de façon exceptionnelle avec une persévérance et un courage qui forcent l'admiration de tous, parce que le handicap, cela peut arriver à tout le monde.
Dans chaque famille, à chaque moment, pour chacun d'entre nous.
Dans la vie et dans le sport vous démontrez cette belle école de la vie, que pour s'en sortir il faut d'abord compter sur soi même. Et sur ce que l'on a au fond de soi.
Je suis profondément attaché au sport, aux valeurs et à l'éthique qu'il représente. Pour vous je sais bien qu'il représente encore plus. Que le sport est une chance de vie. Vous nous donnez un formidable exemple de ressources insoupçonnées d'énergie qui vient en chacun de nous. C'est une leçon de vie pour nous tous. Vous avez rendu possible ce qui était insurmontable. Pour cela vous êtes déjà des champions. Des champions dans la vie, des champions de la vie, des champions sportifs. Je veux vous dire toute la profonde admiration qui est celle de tous les Français et de la Nation toute entière.
Finalement le sport a trouvé avec vous l'une de ses plus belles expressions et c'est avec beaucoup d'émotion que dans cette maison qui est la vôtre, comme vous le méritez c'est-à-dire comme des Françaises et Français d'exception, vous avez fait honneur au drapeau tricolore que je souhaitais comme vos camarades vous recevoir dès votre arrivée.
J'ai demandé au ministre des Sports d'organiser avec vos dirigeants dans les toutes prochaines semaines une réunion pour voir comment on peut développer la pratique et les moyens du Handisport.
Parce qu'il y a Londres et qu'il faut le préparer comme on l'a décidé, n'est-ce pas Fabien, pour vos camarades, il faut le préparer tout de suite.
Mesdames et Messieurs j'imagine que vous devez être bien fatigués. Un peu abasourdis. Mais croyez bien que vous avez bien travaillé. On a vibré à vos exploits et on est fiers de la façon dont vous avez porté les trois couleurs.
Vous allez être fêtés dans vos villes, vos quartiers, dans vos villages, par votre famille. C'est un peu une revanche de la vie. Le handicap c'est le destin qui frappe à un moment sans se demander si c'est juste ou injuste ? Il frappe. Et vous, vous l'avez surmonté. Cela ne veut pas dire que vous n'avez pas au fond de vous parfois des chagrins, des regrets, des peines. Mais tous les jours en vous regardant dans la glace vous vous dites : je n'ai pas subi ce que le destin a voulu. Et pour vos proches c'est une leçon. Et pour nous, c'est un exemple.
C'est vous dire combien je suis heureux d'être parmi vous et si vous le voulez bien, de prendre le temps de lever le verre de l'amitié, cela ne doit pas vous être interdit quand-même ! C'est fini, enfin c'est fini à moins que cela recommence. Alors profitez-en bien.
Merci

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