Publié le 19 juillet 2004

Message de M. Jacques Chirac, Président de la République, en date du 19 juillet 2004, sur l'enseignement du français au niveau international et le rôle des enseignants de français dans le monde.

Message de M. Jacques Chirac, Président de la République, en date du 19 juillet 2004, sur l'enseignement du français au niveau international et le rôle des enseignants de français dans le monde.

19 juillet 2004 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le Secrétaire Général de l'Organisation Internationale de la Francophonie, Cher Abdou Diouf,
Madame le Maire d'Atlanta,
Madame le Secrétaire perpétuel de l'Académie française,
Monsieur le Président de la Fédération internationale des Professeurs de français,
Madame la Présidente de l'Association américaine des Professeurs de français,
Mesdames et Messieurs les Professeurs,
Chers Amis,
La cause qui vous rassemble m'est chère et je suis particulièrement heureux de m'associer à vous pour ce XIe Congrès de la Fédération internationale des Professeurs de français.
C est un message de sympathie, de soutien, de reconnaissance que je souhaite vous adresser par l'intermédiaire de M. Xavier Darcos, Ministre délégué à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, lui-même professeur de lettres.
Un message de sympathie d'abord, à vous qui êtes venus nombreux, des pays les plus divers, pour partager vos expériences, échanger vos pratiques et réfléchir ensemble à la place de la langue française face au défi de la diversité. C'est vous qui donnez à la Francophonie sa pleine dimension, ses visages et ses voix sur les cinq continents, par votre engagement au service de la cause de la langue française, par votre dynamisme et je dirais par votre militantisme, au sens le plus noble de ce terme.
Un message de soutien ensuite, car par la mission à laquelle vous avez choisi de vous consacrer, vous êtes aux avant-postes de bien des combats.
Vous savez mieux que d'autres combien il est essentiel d'ouvrir les jeunes esprits à la complexité du monde pour qu'une fois adultes, ils puissent agir en êtres responsables, en femmes et en hommes de dialogue, conscients de leur histoire et de leurs racines, respectueux de la diversité des peuples. Face aux dangers du fanatisme, face aux menaces d'exclusion, vous éveillez les jeunes aux autres et à eux-mêmes, vous les éduquez à l'humanisme.
Professeurs de français, vous êtes les ambassadeurs non seulement d'une langue mais aussi d'une culture et de valeurs, au premier rang desquelles la liberté, l'égalité, la fraternité, qui impliquent la tolérance et le dialogue des cultures. Car une langue est bien plus qu'un simple mode de communication : elle est l'élément essentiel d'une certaine vision du monde, d'une certaine idée de l'Homme.
Je voudrais vous adresser un message de reconnaissance enfin pour la mission que vous accomplissez, jour après jour, dans chacun de vos pays, dans chacun de vos établissements, dans des conditions parfois difficiles.
En faisant connaître et progresser la langue française, vous contribuez à l'enrichir car l'avenir de notre langue commune ne se joue pas seulement en France. Il se joue dans tous les pays francophones où s'inventent de nouvelles formes, de nouvelles pensées, de nouvelles sensibilités. Vous contribuez également, de la plus belle manière, à construire un monde plus respectueux de la diversité, plus fraternel et plus solidaire.
Dans la mission qui est la vôtre, vous trouverez toujours la France à vos côtés. Un Français épris des cultures du monde, André Malraux, estimait que la France n'est jamais aussi grande dans l'histoire que quand elle est la France " pour les autres ", c'est-à-dire engagée dans un combat qui la dépasse et qui a une portée humaniste et universelle. Je pense qu'aujourd'hui l'action que nous pouvons avoir collectivement pour la langue française n'est pas une action égoïste ou de repli sur soi £ c'est une action qui protège la diversité linguistique du monde et donc le pluralisme des cultures. Dans ce combat-là, cette " France pour les autres " sera toujours votre fidèle alliée.
J'aimerais enfin adresser à travers vous un salut amical à l'Association américaine des Professeurs de français, à la ville d'Atlanta et plus largement au grand pays qui vous accueille.
Les liens qui unissent les Etats-Unis et la France, l'esprit américain et la culture française, sont séculaires. Ils ont été forgés dans des combats communs pour la liberté de part et d'autre de l'Atlantique. Nous les avons célébrés avec force le 6 juin dernier, sur les plages de Normandie, en commémorant le 60ème anniversaire du Débarquement. La France s'honore d'avoir contribué à l'indépendance américaine. La France est éternellement reconnaissante à l'Amérique de l'avoir libérée et ses enfants tombés sur notre terre sont à jamais aussi devenus les nôtres.
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,
En novembre prochain, à Ouagadougou, les Chefs d'Etat et de gouvernement des Etats francophones se retrouveront pour servir ensemble la diversité culturelle et le développement, en témoignage de cette solidarité qui fait la force de notre famille. Votre rencontre d'Atlanta, à quelques semaines de ce Sommet, inspirera nos travaux.

A toutes et à tous, qui êtes des pionniers de la Francophonie et des messagers de culture, je vous souhaite un plein succès pour votre Congrès et j'aimerais vous dire très simplement merci.

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