Publié le 15 novembre 2002

Point de presse de MM. Jacques Chirac, Président de la République, et Vicente Fox Quesada, président du Mexique, sur les relations bilatérales franco-mexicaines, Palais de l'Élysée le 15 novembre 2002.

15 novembre 2002 - Seul le prononcé fait foi

Point de presse de MM. Jacques Chirac, Président de la République, et Vicente Fox Quesada, président du Mexique, sur les relations bilatérales franco-mexicaines, Palais de l'Élysée le 15 novembre 2002.

Télécharger le .pdf
LE PRESIDENT - Mesdames, Messieurs, je me permettrai d'abord d'exprimer ma joie, le mot n'est pas trop fort et il correspond parfaitement à ce que je ressens de recevoir, ce soir, le Président du Mexique. Le Président FOX fait son troisième voyage en France, c'est un pays qu'il connaît bien et je garde un souvenir exceptionnel de son accueil au Mexique au moment du Sommet de Monterrey, qui avait été une grande réussite, qui avait permis de débloquer une situation qui avait besoin d'être débloquée, et cette réussite était due essentiellement au dynamisme et à l'intelligence de l'action des autorités mexicaines et tout particulièrement du Président FOX. Je voudrais donc exprimer ma reconnaissance à l'égard de l'action menée pour ce succès dans un contexte difficile.
Nous avons évoqué naturellement les problèmes internationaux. Vous savez qu'il y a eu une coopération extrêmement étroite entre le Mexique et la France à l'occasion du débat qui a finalement conduit à l'adoption de la résolution 1441 du Conseil de Sécurité. Nos appréciations, notre vision du monde et des crises qui malheureusement s'y déroulent sont tout à fait identiques.
Nous avons évoqué naturellement les problèmes de l'Amérique du Sud et manifesté la même solidarité à l'égard des pays qui aujourd'hui souffrent dans cette région du monde.
Nous avons aussi naturellement évoqué les problèmes bilatéraux pour constater que, d'une part, il n'y avait pas de problème à proprement parler mais qu'il y avait la nécessité d'une plus grande impulsion à nos relations économiques, ce que nous allons mettre en oeuvre en ayant décidé en particulier de réunir rapidement la grande commission entre nos pays, de façon à relancer l'activité économique et les échanges et les investissements.
Si je devais, c'est mon dernier mot, caractériser les relations entre nos deux pays, je dirais qu'elles sont excellentes et si je devais exprimer les sentiments de la France à l'égard du Mexique, nos sentiments à l'égard du Président et de l'ensemble des autorités mexicaines, je dirais, reconnaissance, estime et amitié. Et pour marquer la qualité exceptionnelle de nos relations, j'ai tenu à faire un geste également exceptionnel que le Président FOX a bien voulu accepter, c'était de lui remettre la plaque de Grand Croix de la Légion d'Honneur, c'est un geste que l'on fait en général à l'occasion des visites d'Etat mais que la nature de nos relations m'a conduit à faire aujourd'hui à titre personnel et j'en étais particulièrement heureux.
LE PRESIDENT FOX - Je voudrais précisément remercier le Président CHIRAC de cette décoration de Grand-Croix de la Légion d'honneur, ces remerciements je les fais au nom du Mexique, au nom des mexicains.
Je voudrais aussi remercier le Président CHIRAC des propos si aimables qu'il vient de tenir à mon endroit, des propos d'amitié entre le Mexique et la France et d'amitié personnelle entre les deux Présidents. Je voudrais l'en remercier infiniment.
Grâce à cette amitié qui nous lie, nous avons pu avoir non seulement un dialogue, mais encore avoir un échange de vues. Certes, il y a une grande convergence entre nous, en réalité les positions sont très proches, comme on vient de le constater et comme on l'a rappelé ici ce soir, lors de la crise au Conseil de Sécurité des Nations Unies au sujet de l'Irak.
Je voudrais aussi remercier très sincèrement la France pour l'accueil magnifique qui nous a été réservé pendant deux jours, dans ce pays si merveilleux. Et je voudrais, enfin, remercier les Français de leur confiance. Leur confiance dans l'économie mexicaine et dans l'avenir de cette économie. Cette confiance est exprimée tout particulièrement par les chefs d'entreprise, par ceux qui ont déjà investi au Mexique et ceux qui m'ont promis d'y investir demain.
Nous avons abordé ensemble les grands problèmes du monde. Nous avons beaucoup parlé des problèmes d'Amérique latine. Le Président CHIRAC et la France dans son ensemble, non seulement montrent un grand intérêt pour l'Amérique latine mais ont également pris un engagement vers l'Amérique latine, à savoir de tout faire pour appuyer les pays latino-américains afin que la situation de ces pays s'améliore.
Je voudrais dire aussi que nous avons parlé de certains accords en matière d'échanges, d'échanges de ministres de telle sorte que nous ayons chez nous la visite de divers ministres et nous avons parlé tout particulièrement du souhait qui est le nôtre de recevoir chez nous le Ministre chargé de la réforme administrative, car c'est un point qui nous occupe énormément à l'heure actuelle.
Ce que nous voulons en fait c'est développer de plus en plus nos échanges et ce dans le cadre de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mexique et notamment entre la France et le Mexique. Nous voulons par cela développer de plus en plus nos économies. Déjà dans l'éducation, nous avons développé considérablement les échanges mais nous pensons que nous pouvons développer d'autres types d'échanges qui doivent en réalité croître au jour le jour de telle sorte que l'économie avance chez vous comme chez nous. Et nous pensons naturellement qu'il faut poursuivre dans le domaine de l'éducation et de la formation car ce sont là des secteurs tout à fait fondamentaux.
QUESTION - M. le Président Vicente FOX, il y a deux heures vous avez fait une déclaration, et cette déclaration était en fait la marque d'un repentir, en effet pendant votre campagne vous aviez promis que vous alliez nous donner une croissance de 7 %, or la croissance est de 2 % pour cette année, vous avez envisagé 3 % pour 2003. Donc, est-ce que vous pensez qu'avec des chiffres pareils, vous allez arriver à une croissance de 7 % à la fin de votre mandat de six ans ?
LE PRESIDENT FOX - Le Président a réfuté ce qui vient d'être dit en disant que cette personne a du avoir une mauvaise traduction à ses propos car il n'a jamais parlé de repentir, en fait ce que le Président a fait il y a deux heures, c'est simplement parler des changements qui se sont produits entre l'an 2000 et l'an 2002 au point de vue de la croissance et, de ce point de vue, la croissance dans le monde a reculé £ naturellement le Mexique en a été touché. Il a poursuivi en disant qu'évidemment c'était 7 % qu'il avait souhaité lors de sa campagne. Il souhaite toujours aboutir à 7 %, il espère qu'il y arrivera et que de toute façon il a insisté surtout sur le fait que le Mexique s'en sort beaucoup mieux que les autres pays de la zone puisqu'en deux ans au milieu de la crise qui touche tout le monde le Mexique a dû aller de l'avant. Effectivement la croissance a commencé, cela fait deux semaines qu'il y a croissance alors que l'année dernière la croissance était nulle et pour le quatrième trimestre on suppose que la croissance sera de 3 %. Quant à l'année prochaine, les prévisions sont de 3 % également.
QUESTION - Monsieur CHIRAC, nous aimerions savoir en fait comment vous réagiriez à l'appel qui a été lancé par le Président Vicente FOX hier à l'Assemblée nationale ? Effectivement le Président Vicente FOX à l'Assemblée nationale a parlé d'un nouvel ordre international qui permettrait de convaincre le Président BUSH qu'il ne faut pas du tout aller dans le sens de l'unilatéralisme. La question est donc la suivante : qu'en pensez-vous et apporteriez-vous votre appui à un nouvel ordre international de ce type ?
LE PRESIDENT - Je voudrais d'abord remercier le Président FOX de sa visite à l'Assemblée nationale et tous les échos que j'en ai eus était extraordinairement positifs. Les parlementaires français ont été non seulement très sensibles à la visite du Président du Mexique mais ils ont été aussi très impressionnés par le discours qu'ils ont entendu.
Premièrement s'agissant d'un nouvel ordre international la France est favorable à un nouvel ordre international, deuxièmement la France est absolument hostile à toute unilatéralisme, par conséquent les propos, je souscris sans réserve aux propos du Président Vicente FOX.
Je vous remercie.

Voir tous les articles et dossiers