Publié le 15 décembre 1987

Message de M. François Mitterrand, Président de la République, au "New York Post", à l'occasion du numéro spécial sur la France, Paris, mardi 15 décembre 1987.

Message de M. François Mitterrand, Président de la République, au "New York Post", à l'occasion du numéro spécial sur la France, Paris, mardi 15 décembre 1987.

15 décembre 1987 - Seul le prononcé fait foi

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Ce n'est pas à des lecteurs avant tout new-yorkais que l'on apprendra que la principale force de la France, celle d'où elle tire pour aujourd'hui et pour demain ses meilleures armes et ses plus grandes ambitions, c'est son enracinement, son long passé, sa langue, ses cultures.
- On nous sait peut-être moins engagés, et particulièrement depuis 1981, dans un grand effort de modernisation. Mes compatriotes élaborent aujourd'hui les bases scientifiques, technologiques, industrielles du rayonnement et de la compétitivité françaises dans les conditions économiques du début du siècle prochain.
- Dans le monde la France est fidèle à ses amis, à ses alliés, à ses engagements.
- Elle est intransigeante s'il apparaît que les fondements de sa sécurité viennent à être menacés. Sa politique de défense que les citoyens approuvent de façon quasi unanime, repose sur la dissuasion. Mais mon pays soutient et soutiendra tout ce qui permettra de ramener les équilibres nécessaires à la paix du monde - y compris ceux de la dissuasion nucléaire - à des niveaux plus bas. C'est pourquoi il appuie le Président Reagan et M. Gorbatchev dans leur actuelle volonté de négocier ce qu'on appelle les options zéro.
- La France veut être prête, avec ses amis allemands et tous ses partenaires de la Communauté européenne, pour le rendez-vous du grand marché européen fixé, en 1985, à 1992.
- Mais il ne suffira pas d'acquérir la dimension européenne. Il nous faudra une volonté analogue à celle qu'ont manifesté dans le passé les concepteurs du Traité de Rome, et qui s'est incarnée plus récemment dans les domaines précis : Airbus, Ariane, le projet Eurêka et le programme de recherche Esprit, bien d'autres encore.
- Tout cela n'est possible que si chaque Française et chaque Français met résolument ses capacités au service d'objectifs essentiels. Formation, éducation, recherche, innovation, créativité, dialogue social, mobilité, tolérance doivent être nos maîtres-mots. Ce qui implique en particulier que nous résolvions de façon féconde, comme vous, Américains, avez su le faire mieux que d'autres, les problèmes nés de l'immigration.
- Ces dernières années, les Français ont été successivement gouvernés par des gouvernements d'inspiration politique différente. Mais les grandes orientations prévalent. J'en suis le gardien, le garant. Dans l'alternance, les Français ont montré leur civisme et leur maturité. Quand ils débattent entre eux aujourd'hui, et quand ils préparent les échéances politiques de demain, ils savent que tout choix démocratique sera respecté.
- J'adresse, par l'intermédiaire du "New York Post" qui a pris l'heureuse initiative de ce numéro spécial dont je suis sûr qu'il fera mieux connaître et comprendre la France de 1987, mon salut cordial et chaleureux au peuple américain.\

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