Publié le 4 décembre 1987

Message de M. François Mitterrand, Président de la République, pour la conférence internationale "Familles et cultures", Paris, vendredi 4 décembre 1987.

Message de M. François Mitterrand, Président de la République, pour la conférence internationale "Familles et cultures", Paris, vendredi 4 décembre 1987.

4 décembre 1987 - Seul le prononcé fait foi

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Madame la Présidente,
- Monsieur le Président,
- Mesdames et messieurs les ministres,
- Mesdames et messieurs,
- Vous êtes ici rassemblés nombreux, responsables de toutes disciplines, représentants de 80 pays pour comparer le rôle, la place et la structure de la famille dans les différentes cultures. Car tel est le sujet que vous avez choisi pour votre conférence internationale annuelle qui ne s'était pas tenue en France depuis 10 ans.
- Je regrette de ne pas être parmi vous pour entendre l'analyse des modèles familiaux que vous avez choisis d'observer successivement. Cette fois-ci, c'est l'évolution des structures familiales qui vous retiendra avec les changements qui touchent au statut de l'enfant, au rôle de la femme, aux relations entre générations. Tous les pays, quel que soit l'-état de leur développement, connaissent ces mutations plus ou moins brutales. Partout la famille se recompose autour de ses fonctions, universelles sans doute, mais dont les priorités varient d'une culture à l'autre £ fonction affective, fonction éducative, fonction économique.
- La France n'échappe pas à ce mouvement. Faut-il y voir, comme certains le font, une crise de la famille ? Bien au contraire, la famille demeure plus que jamais ce lien entre les générations à partir duquel les autres liens se forment. Elle est plus que jamais chargée du désir de bonheur que ressentent les hommes. Elle s'est faite plus ouverte, plus tolérante, plus soucieuse de préserver l'autonomie de chacun. Les échanges s'y trouvent intensifiés, mieux équilibrés entre les âges.
- Certes les structures changent. Chacun invente son modèle familial en fonction de ses aspirations. On ne peut oublier non plus que de profondes inégalités subsistent entre les familles : insécurité économique, faible revenu, poids d'un travail pénible, impossibilité de soutenir l'effort scolaire de ses enfants. Tout cela peut même mettre en cause leurs conditions de survie, leur stabilité, le droit de réaliser leur désir d'avoir des enfants.
- La politique démographique doit prendre en compte ces réalités, faire en sorte que puissent naître tous les enfants désirés et qu'ils puissent grandir avec des chances égales ou aussi égales que possible. Telle doit être son ambition.
- C'est à cette condition que les choix individuels s'harmoniseront avec l'objectif global qu'est le dynamisme démographique, celui d'un pays, de nos pays, qui ne peut exister sans le respect de la liberté des parents, mais aussi sans le soutien de leur volonté de créer et d'aimer.
- Mes voeux vous accompagnent pour ces deux journées de travail. Je prendrai connaissance avec beaucoup de soin de vos conclusions et de vos réflexions.
- Je vous remercie.\

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