Publié le 25 novembre 1987

Discours de M. François Mitterrand, Président de la République, lors de l'inauguration de la Bibliothèque Denis-Diderot à Bondy, sur l'identité nationale et la nécessaire intégration sociale et culturelle des immigrés en France, mercredi 25 novembre 1987.

Discours de M. François Mitterrand, Président de la République, lors de l'inauguration de la Bibliothèque Denis-Diderot à Bondy, sur l'identité nationale et la nécessaire intégration sociale et culturelle des immigrés en France, mercredi 25 novembre 1987.

25 novembre 1987 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et messieurs, pour beaucoup d'entre vous chers amis,
- L'invitation qui m'a été faite de venir à Bondy répondait à l'attente que j'en avais. Cela faisait déjà longtemps que je souhaitais retrouver les itinéraires précédents qui me menaient souvent dans cette région à l'est de Paris, et qui en fait m'apprenaient beaucoup. J'ai appris à connaître nombre de ces villes, dont Epinay où je suis venu dans des circonstances fameuses `Congrès du PS en 1971`, ces villes aux noms qui souvent se confondent dans la mémoire de ceux qui les ignorent, et où j'ai pu identifier, individualiser des sommes d'efforts, de dévouement et de réussites rares. Et je regrettais un peu d'avoir manqué l'occasion de retrouver celles et ceux que j'avais si souvent rencontrés dans d'autres circonstances. D'autant plus que l'invitation de Bondy avait une signification qui m'était proche, l'inauguration de cette bibliothèque claire, belle, utile, et qui vous permettra désormais de rassembler ce qui était dispersé, de rationaliser, d'organiser avec un personnel que la ville a su réunir une action culturelle, qui je crois, je n'ai pas appris par coeur des chiffres avant de venir ici, représente 22 ou 23 % du budget de Bondy. Ces actions culturelles, avec un essor, une acceptation des responsabilités municipales, une gestion directe d'un certain nombre d'établissements et la volonté d'ouvrir Bondy plus que jamais, après d'autres efforts portés sur la construction, le logement - que sais-je encore ! - manifestent la volonté de développer, de mettre à la disposition de la population le moyen d'apprendre, de se cultiver, au-delà et par l'école, et de parvenir, selon les qualités et les goûts de chacun, à parfaire une culture toujours désirable. Ce que j'en ai vu était très probant, un aperçu bien entendu rapide, trop rapide. Une inauguration prend toujours un certain air de fête, mais j'ai quand même assez d'imagination pour concevoir ce que sera cette bibliothèque dans la vie de celles et de ceux qui aiment lire et qui trouveront là l'instrument dont ils avaient besoin.
- Oui j'imagine cette animation, cette curiosité, ces va-et-vient, aussi bien ceux de l'enfance que ceux des femmes et des hommes qui souhaitent à tout moment replacer, aussi exactement que possible, tous les cheminements de leurs pensées.\
Denis Diderot avait fait un beau choix. Je trouve que Diderot n'est peut-être pas aussi honoré qu'il le faudrait. Je ne pense pas qu'il y ait de pensée plus universelle dans l'histoire de la littérature et de l'esprit français. Montaigne oui, Diderot oui, quelques autres. Pourquoi Diderot n'aurait-il pas la place qui lui revient alors qu'il s'est identifié à un mouvement de pensée, à des batailles de l'esprit qui devaient se transformer en instruments pour la construction d'une société nouvelle. Il a symbolisé, plus que d'autres, en tout cas, au même rang que Voltaire, un bouleversement des connaissances et de l'approche des connaissances, une liberté de la conscience et de la pensée, rarement égalées et cette liberté, comment voulez-vous qu'elle ne soit pas toujours dressée, sinon contre les pouvoirs établis, du moins contre les façons de raisonner précédentes. C'est toujours une rupture, même quand on s'installe dans la continuité de la culture qui marque, depuis l'origine, le caractère de la France.
- J'ai toujours été curieux de ce personnage et de sa littérature. J'ai retrouvé sa trace autant qu'il m'était permis. Il n'y a pas si longtemps j'étais encore à Langres, où je retrouvais les murs de son collège et où je cherchais sa maison natale. Il y en a deux, ce qui rend la chose un peu délicate. Elles sont presque face à face, dans la même rue, belles l'une et l'autre et après tout pourquoi pas ? Il avait bien le caratère de cette région, de ce rude plateau, de cette ville, apparemment grise et froide et qui cependant resplendit dès le premier soleil, tandis qu'on aperçoit au loin courir les premiers rivages et les premiers flots de l'Aube, tandis que l'on aperçoit aussi se développer tout ce relief qui ira en s'abaissant peu à peu pour s'ouvrir et se découvrir afin de mieux recevoir sans doute Paris et ses villes tout autour où nous sommes. Denis Diderot, c'est beaucoup dans notre histoire, c'est beaucoup dans notre littérature, dans notre philosophie et vraiment je pense que pour une ville qui a vu naître Malraux, il y a un orgueil légitime à choisir Diderot pour inspirer la recherche intellectuelle de la jeunesse de cette ville.\
Si on voulait parler culture, on pourrait dire, après combien de mes prédécesseurs, après combien de ceux qui ont eu pour charge de conduire la nation, que rien ne vaut sans la culture puisque c'est elle qui éclaire, qui donne le sens des proportions et des distances, qui apprend le relatif et la comparaison, sans interdire la recherche éternelle de l'absolu, puisque c'est elle aussi qui en donne non seulement l'idée souvent, le plus souvent, mais aussi qui sert de guide, qui permet d'aller toujours un peu plus loin dans la possession du savoir, sans jamais s'enfermer dans une discipline.
- Je crois pouvoir dire qu'au cours des années précédentes, un grand effort avait été accompli, a été accompli, pour faire de la culture un élément quotidien de la vie des Français. Sans doute, comme il en est d'autres disciplines, quelques grands noms, quelques talents peu comparables, quelques créateurs ont-ils vocation pour élancer et relancer l'intérêt d'un pays £ ce sont nos points de repère. Il ne faut jamais les dédaigner. Mais qu'est-ce que serait cette cohorte si l'éducation et la culture que l'on appelait autrefois populaire, celle qui était en mesure, non pas d'enseigner au peuple, mais d'être portée par le peuple, si ce qu'il y a de meilleur chez nous n'était nourri par le terreau du pays tout entier.
- J'avais personnellement fixé la culture comme un objectif prioritaire, mais comme il y a tellement de priorités, on finit par ne plus s'y reconnaître. Alors cela se traduit finalement en moyens et un pays qui consacre telle part de son budget, de ses forces à la culture apporte la preuve qu'il manquait. Les plus beaux discours sur la culture ne seront jamais suffisants, s'il manque l'effort de la nation, pour que sa culture soit soutenue partout dans le pays. Il n'est pas de commune qui devrait être hors du circuit. J'ai toujours eu tendance à penser que la culture, ce n'était pas simplement ce que l'on apprenait dans les livres, mais comment parler de culture si l'on ne devait pas aussi compter avec ce que l'on apprend dans les livres.
- La culture, c'est une façon d'aborder et de comprendre l'existence, la vie de l'esprit et la vie du corps. C'est une façon d'aborder et de comprendre et d'élargir l'idée que l'on se fait de la vie sociale. C'est une manière d'avancer en compagnie de tous les autres, puisque c'est autour de cultures nationales qui se forment à travers les siècles que les femmes et les hommes se rencontrent de plus en plus, comme s'il s'agissait d'une nouvelle naissance.\
Je ne suis pas venu vous parler plus longtemps qu'il ne faut de ce sujet `la culture` mais l'invitation de Bondy et mon acceptation se justifiaient d'abord par ce que je vous ai dit : l'occasion de revenir et l'occasion de rencontrer, de montrer dans ces villes dont les limites sont incertaines, qui vues de haut, ont tendance à se confondre avec les autres, à tel point que l'on se demande où se trouve, où loge l'identité, tous les efforts qui sont faits par les élus municipaux pour que cette identité prenne corps et que l'on se sente bien d'ici et non d'ailleurs, tout en étant, aussi, d'ailleurs. Cela me paraît la démarche la plus sûre, la plus forte et la plus féconde. J'ai pu, depuis déjà longtemps, observer les progrès réalisés dans cette ville depuis l'époque où Coutreau présidait à ses destinées. Par son caractère, son tempérament £ son successeur n'en manquait pas non plus, chacun selon ses goûts £ il a pu faire avancer le développement urbain, la vie sociale et la culture à Bondy.
- Je crois qu'on leur doit gratitude et que je puisse être l'interprête de la population aujourd'hui mon cher Claude Fuzier pour vous le dire, c'est pour moi un plaisir, j'aurais dit en d'autres circonstances un devoir. Il se trouve que Claude Fuzier et moi nous ne nous connaissions pas mais nous avons vécu lui ses premières années, moi j'étais plus âgé que lui, pas tellement, à une lieue l'un de l'autre dans ces confins de la Charente et de la Dordogne. Votre mère était institutrice et lorsque nous avons reconnu que nous étions de cette famille nous en avons beaucoup parlé. Nous étions dans les combats politiques. Ces combats sont rudes. Il était bon, rafraichissant, de temps à autre, d'évoquer un terroir qui vous permettait aussi de retrouver nos propres sources, puis la grande ville. Moi je suis resté plutôt campagnard mais Claude Fuzier a connu, la grande ville, l'action politique, au travers d''un engagement militant et d'un très grand talent d'écriture. Partout où il est passé, dans ses diverses responsabilités, de dirigeant de formation politique, d'élu, plus encore peut-être de journaliste ou d'écrivain car il aime et il sait écrire, il m'est apparu comme l'un des plus sûrs analystes, et pas de ces analyses sèches, de ces mécaniques de l'esprit comme on en trouve tant en France et particulièrement dans ce milieu où la raison finit par tout dévorer, avec toujours l'élégance ou la poésie au bout de la phrase pour marquer qu'au-delà des mots, on aime aussi les choses, et parmi ces choses bien entendu, les -fruits de la raison.
- Les années ont passé et nous nous sommes très aisément retrouvés autour des mêmes choix, ce qui ajoute encore à l'agrément pour moi de ce rendez-vous.\
Mesdames et messieurs, chers amis, j'ai bien noté tout ce qui m'était dit sur le -plan de l'amitié par quelques-uns d'entre vous avec lesquels j'ai pu échanger quelques mots, trop rapides, toujours trop rapides, mais aussi la population de Bondy, où la fraction de la population qui, affrontant les intempéries, a bien voulu nous accompagner le long des rues jusqu'à la bibliothèque, et de la bibliothèque à la mairie.
- Il faut bien se dire que la vie d'une ville est à l'image de la vie d'un pays. Vous êtes ici affrontés, dans des conditions plus rigoureuses qu'ailleurs, à tous les problèmes urbains des grandes concentrations humaines. Il y a votre population, celle qui figure sur les documents officiels, 44000 habitants peut-être, puis il y a les autres, souvent les laissés-pour-compte ou les migrants, qui vont d'une ville à l'autre, ne sachant où se loger, où s'arrêter. Normalement attirés par ces lieux où l'on peut se perdre, tant et tant d'hommes cherchent à être reconnus, tant d'autres cherchent à ne pas l'être. Il vous faut assurer la synthèse de ces aspirations, de ces besoins, de ces moyens.
- Croyez-moi, la France c'est comme cela. La France c'est le pays que l'on sait, on connaît sa beauté, ses attraits, on connaît aussi ses misères. Depuis toujours il a été composé d'alluvions venues d'un peu partout au gré des combats, des conquêtes ou bien de leur reflux, au gré aussi des aventures humaines qui conduisent plus naturellement les hommes à venir là où l'on se sent bien plutôt qu'ailleurs et on se sent généralement bien en France à condition bien entendu que la France sache recevoir et accueillir, qu'elle s'ouvre plutôt que de se fermer. Elle a reçu d'immenses bienfaits. Dès les premiers siècles de son existence, elle est née elle-même de ce brassage. Elle n'a pas à prétendre je ne sais quelle distinction qui ferait d'elle un peuple fermé sur l'extérieur, recherchant les fausses puretés de la race. Elle est faite de ce brassage, de cette rencontre et sa culture s'est trouvée précisément au point de rendez-vous de plusieurs cultures.
- Moi-même, puisque nous parlions de cela, je suis né exactement aux confins de la langue d'oc et de la langue d'oïl et si vous observez l'Histoire des époques lointaines, vous savez à quel point la France a failli basculer de part et d'autre, attirée qu'elle était par les civilisations du Sud, tandis que les civilisations du Nord disposaient de la force et de la cohésion qui leur ont permis d'être à l'origine du premier royaume de France.
- Et puis, cela n'a fait que commencer. J'étais l'autre jour à Aix-la-Chapelle et je venais là pour la première fois dans cette église palatine, cette cathédrale bâtie par Charlemagne, encore tout à fait marquée par le souvenir de cet Empereur d'occident. J'ai ressenti une émotion réelle. On n'est pas obligé de la partager, mais moi je l'éprouvais devant la trace de cette grande histoire en ses débuts. Je voyais se mêler précisément tous ces apports, germains, latins, celtes, toutes ces influences, romaines, byzantines et naturellement, le vieux fond culturel de la Gaulle. Je voyais se confondre les dynasties, c'est-à-dire les familles qui ont été appelés, au point de départ, à diriger et à organiser et qui relevaient de la géographie de la façon la plus anarchique, au point d'être d'ici et d'être de là, sans qu'on puisse très aisément s'y reconnaître. C'est sans doute de Saxe que sont venues les premières familles qui ont régné sur la France.\
`Suite sur l'identité nationale et le racisme en France`
- Je ne vais pas vous raconter toute l'histoire de France. On ne fait que commencer l'après-midi et vous avez peut être autre chose à faire. Je crois que moi aussi, mais je dis cela parce que c'est devenu un sujet de débat en 1987, parce que certains, qui ne voyaient pas à mal sans doute, ont cru que cela pouvait être un argument de politique municipale, il y a quelques années, ce n'était pas à Bondy, c'était à Dreux `élection municipale 1983`. C'est comme cela qu'on a pu tenter de dénombrer ces suffrages en déguisant quelques passions confuses, incertaines, en faisant jouer quelques réflexes simplistes, historiquement infondés, en exploitant les évidentes difficultés qu'il y a à vivre quand on est pauvre ou pas bien riche et qu'on habite n'importe où loin du confort et dans un inconfort que l'on pense, et qui est sans doute, aggravé par le fait que l'on vit parmi des hommes et des femmes qui n'ont pas reçu la même éducation, la même forme de culture. Or, l'effort à faire, la domination que doit assurer la France sur elle-même, c'est précisément de rester fidèle aux origines, plus qu'aux origines, fidèles à l'esprit même de son histoire. Ce brassage perpétuel, c'est la France. Il montre bien que la France ne peut être confondue avec les autres nations. Le tempérament, la forme d'esprit, dont Denis Diderot représente l'un des sommets, les plus typiques, les plus typiquement français tout en étant universel, montrent bien que s'est dégagé, à travers ce mélange et ces apports de migrations constantes, un certain type de caractère, une forme d'intelligence, une marque de culture que chacun dans le monde peut appeler français sans risque de s'y tromper.
- Bref, notre identité relève de la multiplicité que la France a su assumer, non pas pour se détruire, mais pour s'épanouir et se multiplier.
- Je crois qu'on peut se dire, si on a droit de le dire, plus français, plus proche des besoins de la nation quand on dit ce que je vous dis que lorsqu'on dit le contraire, quand on a une position plus proche de l'universel, de l'élargissement que de la réduction, quand on choisit une France ouverte au monde plutôt qu'un pays qui, on ne saurait pas pourquoi, estimerait qu'il dispose d'assez de vertus pour se passer de celles des autres.
- La force de l'assimilation, l'intégration culturelle, la capacité des Français à rechercher leurs mots là où cela signifie quelque chose pour eux, cela doit nous inciter parfois à quelques précautions. Ces précautions, il faut toujours les avoir à l'égard de ceux qui ont tendance à dominer, parce qu'il faut se défendre. C'est vrai que, lorsque je les vois se répandre à si vive allure, les rythmes, et les vocabulaires anglo-saxons - ce sont nos amis, et j'ai pour eux beaucoup d'attachement -, j'éprouve un sentiment de défense en face de ce qui pourrait être une culture dominante. Lorsque l'on a la chance d'appartenir à un pays comme le nôtre et que des minorités viennent s'agréger à notre vie nationale, n'ayons pas la prétention de les dominer mais profitons de la chance de tirer de leur propre culture ce qui nous permettra d'enrichir la nôtre.\
`Suite sur la complémentarité des cultures`
- Bref, sur le -plan culturel comme sur le -plan économique, sur le -plan linguistique comme sur le -plan des lois sociales, des lois du travail, des lois de la sécurité et de la protection normale de nos populations, je crois que mieux vaut avoir un regard largement ouvert sur le monde alentour plutôt que de ne considérer que soi-même.
- On apprendra cela, et bien d'autres choses encore, en allant à la bibliothèque Denis-Diderot à Bondy. Il est bon que vous ayez donné ce moyen d'apprendre et de savoir à ces milliers d'enfants - je crois que vous en avez déjà eu 6000 avant moi qui avaient inauguré ! - Vous ne vous êtes pas tous dérangés pour eux mais vous avez sans doute fait beaucoup plus puisque vous avez soutenu l'action de votre Maire et de votre Conseil municipal. Vous n'étiez pas rassemblés dans la rue pour accueillir ces enfants mais ces enfants, c'étaient les vôtres. Vous leurs dites ce qu'il faut faire, ce qu'il serait bon de faire de leur intelligence et de leur caractère. Alors bonne chance mon cher Claude Fuzier, vous toutes et vous tous, bonne chance à Bondy, bonne chance à la lecture à Bondy, éclairez-vous aux lumières de Denis Diderot. Ce n'est pas pour rien que l'on a fait de lui l'un des acteurs principaux du siècle. C'est là que s'est formé véritablement la conception et la disposition d'esprit, capacité de combat intellectuel d'abord et matériel ensuite, pour appréhender les temps nouveaux marqués par la Révolution française de 1789.
- Que de grands événements ! On aura l'occasion de les célébrer. Il faut s'y préparer. Vous l'avez fait à votre manière et vous avez bien fait. Je vous en remercie, au nom du pays et il m'est facile conclure en disant.
- Vive Bondy,
- Vive la République,
- Vive la France.\

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