Publié le 14 février 1986

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors de la remise de décorations à l'hôtel de ville de La Charité-sur-Loire dans la Nièvre, vendredi 14 février 1986.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors de la remise de décorations à l'hôtel de ville de La Charité-sur-Loire dans la Nièvre, vendredi 14 février 1986.

14 février 1986 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le maire,
- Mesdames et messieurs,
- Je me retrouve dans cette salle des fêtes de la Charité-sur-Loire, avec plaisir et émotion. Dans ces lieux, beaucoup d'événements, qui m'ont touché de près, des amitiés fidèles, toute une histoire qui a été la mienne, si intimement mêlée à celle de la Nièvre au cours de ces quelques trente-cinq dernières années et même un peu plus...
- L'occasion était heureuse : marquer la volonté de renouveau de cette commune dans le renouveau général. Il fallait faire appel, pour cela, à des qualités professionnelles - nous les avons eues - à une volonté sociale - elle existe -, à une saine administration - cela a été fait - et tout cela, bien entendu, soit dans le -cadre des HLM, soit sous l'impulsion de la municipalité, avec l'énergie et le sérieux que l'on connaît dès qu'on s'adresse, aussi bien à celui qui me reçoit, au maire et conseiller général de cette commune, qu'à ceux qui m'ont été présentés à l'instant - architectes et corps de métier.
- J'ai pu apercevoir, en passant, un certain nombre d'habitants de cette commune et des communes voisines. Je voudrais que chacun perçoive la joie que j'ai de me retrouver parmi vous.\
Nous allons, dans un instant, procéder à la remise de quelques décorations dans nos deux grands ordres nationaux. Ce ne sera qu'une trace parmi d'autres du travail accompli, de toutes parts, par des femmes et par des hommes de bonne volonté et de bonne capacité, qui ont consacré une part de leur vie au service des autres. M. Henri Boucaumont, que j'ai connu il y a déjà quelque temps au sein du Conseil général de la Nièvre, où il a laissé le souvenir d'un homme de grand dévouement et de grande compétence. Estime qui lui était déjà acquise dans les milieux où il avait exercé ses qualités d'administrateur - je veux dire dans les milieux agricoles -. Et voilà que nous nous retrouvons quelques années après, quelques années de trop, pour lui, pour moi, enfin quelques années vécues, j'imagine, dans la ligne adoptée depuis le premier jour qui fait qu'Henri Boucaumont est un homme entouré du respect général. Je suis très heureux de pouvoir lui remettre aujourd'hui cette distinction.
- Simone Couty, votre voisine de Pouilly-sur-Loire, où elle aussi gère, administre en temps qu'élue du peuple, qui, en quelques années, a approfondi le sillon. J'ai déjà eu l'occasion de le lui dire, lors d'une inauguration à Pouilly, il y a quelques années. Je suis heureux de pouvoir redire, ici-même, tout le bien que je pense de l'oeuvre accomplie avec grâce et gentillesse et dévouement.
- Pierre Bertin aussi je l'ai rencontré, cela fait plusieurs décennies, dans le Morvan, dans le sud du Morvan. Là où depuis combien d'années, je ne saurais dire exactement, depuis trente ans, il exerce les fonctions de maire de la commune, commune fleurie, commune où on aime les belles choses, commune où l'on pratique la solidarité, commune où il y a comme un climat de cette province, qui est la nôtre, et où, au-delà des difficultés de la vie quotidienne, on se serre les coudes. A la fois pour que subistent ces petites communes, si souvent menacées, mais aussi davantage le type de société, de convivialité auquel nous sommes très attachés.
- Et vous, mesdames et messieurs, vous avez bien voulu participer à cette rencontre autour de M. le maire et conseiller général, sénateur, qui plus est, - mais ce n'est pas à ce titre, aujourd'hui - c'est en tant que gestionnaire de cette commune, qui, il faut le dire, j'en ai été le témoin, j'en suis encore le témoin, a réussi à transformer nombre des données de la vie charitoise dans l'estime générale. Je sais la somme d'efforts qu'il accomplit, qu'il a continué d'accomplir, malgré quelque accident de santé, aujourd'hui surmonté, c'est-à-dire une très grande discipline de vie personnelle et publique. Et cela doit être dit, pour la première fois qu'il m'arrive de venir ici officiellement, j'entends, dans mes fonctions de Président de la République, c'est une façon pour moi de vous exprimer ma reconnaissance.
- Voilà, mesdames et messieurs, je vais donc demander aux trois personnes distinguées aujourd'hui, de bien vouloir avancer là, pour qu'on les voie. Et nous allons commencer cette brève cérémonie, mais que chacun suivra, je suis sûr, avec émotion.\

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