Publié le 8 juillet 1985

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de l'arrivée de S.M. le Roi d'Espagne à l'aéroport d'Orly, lundi 8 juillet 1985.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de l'arrivée de S.M. le Roi d'Espagne à l'aéroport d'Orly, lundi 8 juillet 1985.

8 juillet 1985 - Seul le prononcé fait foi

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Votre visite, vous le savez, revêt un caractère exceptionnel, et comment la France ne serait-elle pas sensible à l'honneur que vous lui faites en consacrant votre premier déplacement officiel à l'étranger après la signature du traité d'adhésion de l'Espagne à la Communauté `CEE`, alors que si peu de semaines se sont écoulées depuis lors.
- A travers votre personne, c'est toute l'Espagne que je salue ici. Faut-il le souligner, pays chargé de gloire, d'histoire et de beautés, qui a donné au monde tant de fières figures, d'écrivains, d'artistes, explorateurs, de soldats, toutes les formes de la pensée et de la création aux heures qui ont fait l'histoire de l'Europe, l'histoire a toujours été présente, sinon même initiatrice.
- Et voilà que s'amorce une nouvelle étape, étape européenne. Nous avons ensemble vaincu une sorte de fatalité et nous avons enfin réussi à faire se rejoindre des peuples dont le destin était à l'évidence commun.
- Oui, ma pensée va vers le peuple espagnol, qui a su exprimer, au cours de ces dernières années, sous la conduite de ceux qui en ont la charge, qui a su exprimer sa volonté de vivre en paix dans des institutions démocratiques respectées. Et voilà, qu'animé du goût d'entreprendre, de créer, de dialoguer, votre peuple regarde avec confiance son avenir.
- Nous avons travaillé en commun pour donner corps à cette volonté dans le domaine qui était le nôtre depuis que nos deux nations, deux des trois les plus anciennes d'Europe, ont appris à se connaître, cela fait déjà quelques siècles.
- Les relations, elles ont été ce qu'elles peuvent être entre voisins, c'est-à-dire à la fois chaleureuses, denses et parfois difficiles. Voisins, nous l'étions dans un monde étroit au cours des cinq et six siècles derniers, nous le sommes désormais dans un monde où se rejoignent l'Orient et l'Occident, le Nord et le Sud, et nos démarches, de plus en plus, se révèlent comme devant être communes.
- Mais je pense que ces relations peuvent devenir exemplaires. Nous avons inauguré un dialogue politique, régulier, une coopération intense, diversifiée. J'espère que nous saurons mobiliser les forces qui animent véritablement la volonté des peuples.
- Tel est, Sire, et vous, Madame que nous sommes si heureux d'accueillir, je souhaite, oui, que votre visite répondra à l'attente de nos peuples.
- Quelques jours, bien peu, quelques heures dira-t-on, car ce bel été, enfin ce bel été, et voilà que vous apportez dans votre personne, Sire, et vous, Madame, l'image de ce que nous attendons de l'Espagne, de l'Espagne que nous aimons.
- Vive la France !
- Vive l'Espagne !\

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