Publié le 10 mai 1985

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, pour l'installation du Comité national d'évaluation des universités, Paris, Palais de l'Élysée, vendredi 10 mai 1985.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, pour l'installation du Comité national d'évaluation des universités, Paris, Palais de l'Élysée, vendredi 10 mai 1985.

10 mai 1985 - Seul le prononcé fait foi

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monsieur le Président, je vous remercie.
- Mesdames et messieurs,
- Je suis heureux de procéder aujourd'hui à l'installation du Comité national d'évaluation des universités françaises. Présidé par M. Laurent Schwartz, dont chacun connaît la réputation scientifique et l'attachement à la qualité de notre enseignement supérieur, composé d'éminents représentants des diverses disciplines universitaires et des activités qui leur sont liées, il répond à un besoin qui semble évident.
- Ce Comité national signifie pour notre pays une innovation d'importance majeure. On peut même se demander pourquoi cette décision n'est pas intervenue plus tôt : car l'évaluation objective des forces et des faiblesses des universités est la contrepartie-même, normale, de leur autonomie.
- Le Comité national d'évaluation sera, vous l'avez dit, monsieur le Président, entièrement libre, en particulier de l'organisation de ses travaux. Il dressera chaque année un rapport d'ensemble qui sera rendu public. Et la nation toute entière aura ainsi une image claire de la qualité de nos universités.
- Mais j'attends de ce rapport qu'il ait des effets concrets : l'administration devra prendre en compte, dans les décisions qui lui incombent, les jugements qui seront portés. Ainsi l'institution universitaire est-elle appelée à devenir plus transparente et à développer le meilleur d'elle-même.
- Est-il, en France, beaucoup de secteurs d'activité qui se soient plus profondément transformés, en l'espace d'une génération, que l'enseignement supérieur ? Tout, ou presque, a changé : le nombre des étudiants d'abord - multiplié par trois - celui des universitaires - qui a plus que doublé -, les conditions de travail, la pédagogie, les institutions, les rapports que nouent les établissements avec leur environnement, particulièrement économique, et tout cela grâce à une ouverture plus large à des publics plus divers.\
Aujourd'hui, les universités françaises doivent vivre selon trois principes essentiels : l'autonomie, l'émulation, la qualité.
- D'abord l'autonomie, dont la méthode du contrat constitue la meilleure traduction. On peut déjà apprécier le succès de cette politique contractuelle pour la recherche. Comme le prévoit la loi, ce principe sera généralisé à l'ensemble des activités universitaires.
- L'émulation entre les établissements, qui est l'une des conditions du progrès des connaissances, et qui permet à chacun d'affirmer son identité, sa personnalité. Loin de déclarer les universités semblables, les unes aux autres, il faut au contraire reconnaître, comme ailleurs, leur "droit à la différence". Tout système d'enseignement supérieur a besoin, non d'uniformité, mais de diversité et de souplesse. Ce qui n'empêche pas qu'il doit exister un objectif commun et des méthodes fondamentales. Cet objectif c'est tout simplement la connaissance, diffusée, appréciée, intégrée au développement de la nation française.
- Cette émulation n'implique ni hiérarchie, ni spécialité excessive. Mais elle concourt, ou elle doit concourir, à faire prévaloir le troisième principe fondamental que j'évoquais, et qui est la qualité. Car la qualité est la condition du succès dans la compétition scientifique - faut-il le dire - et technologique mondiale, dont l'issue dépend pour beaucoup de la réussite de nos universitaires et de nos chercheurs. L'ensemble des efforts aujourd'hui accomplis ne trouvera réussite et justification que par cette démarche. Sans quoi l'objet-même de cette démarche nous échappera - je veux dire échappera au peuple français.
- J'attends, monsieur le président, messieurs, grâce à la diversité de vos compétences et de vos talents, de vos expériences, que vous contribuyez à accroître la qualité des universités, et donc les chances de la France. Et je dois vous dire, pour conclure : j'ai confiance.\

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