Publié le 13 décembre 1984

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française de Centrafrique à Bangui, jeudi 13 décembre 1984.

13 décembre 1984 - Seul le prononcé fait foi

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française de Centrafrique à Bangui, jeudi 13 décembre 1984.

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Mesdames et messieurs,
- Mes chers compatriotes,
- Avant de quitter Bangui pour la France où je serai ce soir je tenais à vous rencontrer. Je le fais habituellement dans les capitales étrangères où je me rends et c'est pour moi fort important que d'avoir l'occasion de pouvoir parler avec des Français de l'étranger comme on les appelle, les Français de l'extérieur.
- On m'a dit le nombre de Français vivant en Centrafrique. C'est à la fois important et pas très important mais je sais aussi le rôle qu'ils y jouent. L'importance que représente notre pays dans celui où nous sommes et cela est dû pour une large part bien entendu aux Français qui participent à la vie tout simplement économique, sociale, à la sécurité, qui représentent la puissance publique, qui participent à la coopération ou qui travaillent dans le -cadre des sociétés privées également indispensables pour susciter partout ce que l'on appelle ici le redressement en tout cas un redressement qui s'impose.
- Vos problèmes sont individuels le plus souvent et donc je ne puis pénétrer plus qu'il ne faut dans ce domaine mais il en est qui sont généraux, que l'on retrouve un peu partout au demeurant, notamment les problèmes de la scolarisation des enfants que je retrouve alors là en priorité absolue dans tous les coins du monde. C'est bien normal. Puis les problèmes de couverture sociale qui se sont améliorés mais qui ont besoin de l'être encore. Les problèmes de santé et plus encore pour ceux qui ne sont pas dans la capitale. Une liste m'a été remise, elle est assez longue je dois dire. Les Français ne sont jamais absents lorsqu'il s'agit de savoir ce qu'ils demandent et cette liste est assez conséquente. Elle n'est pas de mon ressort exactement. Certaines questions se posent pour beaucoup de coopérants : "oui, mais très bien nous sommes contents de ce que nous faisons, nous avons le sentiment d'être utile mais pour combien de temps et après" ? C'est ce que l'on appelle dans le langage obscur des technocrates "le redéploiement de la coopération". Eh, oui il s'agit souvent de femmes et d'hommes jeunes qui ont le sentiment d'avoir consacré quelques années de leur vie à des tâches passionnantes. Ils aident les autres et en même temps ils accomplissent leur métier et ils risquent naturellement des retours dans la métropole ou bien après une affectation dans un autre pays, de se retrouver démunis de ce qu'ils aimaient et de ce qu'ils faisaient. Voilà un des problèmes qui m'est posé.\
Je suis accompagné ici de deux membres du gouvernement : M. Nucci, ministre de la coopération et du développement et M. Hervé, chargé de la santé.
- Nous venons à l'instant de l'Institut Pasteur. Cela ne signifie pas grand chose qu'un témoignage. Cela ne permet pas de faire une enquête, d'ailleurs je ne suis pas venu faire une enquête, mais essayer de retrouver ce pays que je connais moi-même depuis très longtemps. Je crois que c'est en 1949 que je suis venu pour la première fois et je suis passé en Centrafrique une dizaine de fois depuis lors. Ce n'est pas cette fois-ci que je pourrai faire le tour, donc il est important d'essayer de comprendre, de percevoir ce que vous vous en pensez.
- Vous êtes dans un pays ami. Dans un instant le Président de la République centrafricaine va venir ici me rejoindre pour me raccompagner à l'aéroport et je sais à quel point il tient à la présence de la France, de quelle façon la France a su perpétuer sa présence et sa nécessité après les phases critiques et si différentes ou qui pouvaient l'être depuis l'époque coloniale jusqu'à l'indépendance. Eh bien nous avons bien franchi ces étapes-là, tous ensemble mesdames et messieurs, mes chers compatriotes ce n'est pas si mal que d'être parvenu à préserver l'essentiel d'une amitié, d'une collaboration qui ne peut que s'amplifier. En tout cas, c'est ce qui nous est demandé.
- Je veux que cette visite ici en résidence de France auprès des Français puisse aussi éveiller un écho dans l'esprit des Centrafricains, ceux qui se trouvent ici avec nous, ceux que vous connaissez, vos amis, parfois même vos familles, qu'ils sachent que je les remercie de l'accueil qu'ils vous réservent.
- Je crois que vous êtes finalement très nombreux, je perçois un horizon chargé de têtes, donc 1/2 heure cela ne peut pas me permettre d'aller très loin dans les conversations. On fera ce que l'on pourra, dépêchons-nous.
- Je suis très heureux maintenant de pouvoir circuler parmi vous. Vous, vous finirez cette soirée entre vous. Je ne vous oublierai pas et je vous dis tout simplement ces mots pour conclure,
- Vive la République,
- Vive la France.\

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