Publié le 10 octobre 1982

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française du Congo, Brazzaville, dimanche 10 octobre 1982.

10 octobre 1982 - Seul le prononcé fait foi

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française du Congo, Brazzaville, dimanche 10 octobre 1982.

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Mesdames et messieurs,
- Mes chers compatriotes,
- Je suis heureux de vous saluer ce soir à Brazzaville. Comme j'ai coutume de le faire lors des voyages que j'effectue à l'étranger, il m'est très agréable de rencontrer ceux qu'on appelle les Français de l'étranger, la communauté française, là où elle vit, loin de la France mais ayant su préserver, protéger et perpétuer l'essentiel de ce qui fait que nous sommes des Français.
- Vos situations sont bien entendu très différentes. Certains habitent ici depuis toujours. D'autres sont venus récemment, travaillent pour le compte de la puissance publique ou bien dans-le-cadre de sociétés privées. Certains ont des situations avec plan de carrière stable, d'autres se trouvent dans l'incertitude. Parmi les plus importants se posent les problèmes de l'enfance : vos enfants, comment sont-ils élevés ? Et pour les enseignants, coopérants ou autres, se pose le problème des enfants des autres : comment exercer son métier comme il faut ?
- Qui que vous soyez, je n'ai pas besoin de savoir où vont vos préférences par-rapport aux problèmes qui sont d'ordre intérieur. Ce qui m'importe, c'est que vous soyez ce que vous êtes dans votre travail, votre contribution et votre attachement, votre affection au pays qui vous reçoit. Si l'on veut observer tout le long de ces avenues, cette population qui accueille le Président de la République française, cela est dû sans doute à une grande histoire mais aussi au fait que vous témoignez chaque jour sur une certaine façon d'être avec les Congolais. De cela, vous devez être remerciés.\
Je suis accompagné de deux membres du gouvernement le ministre de la coopération et du développement `Jean-Pierre Cot`, le ministre des PTT `Louis Mexandeau`. Le ministre des relations extérieures `Claude Cheysson` qui m'accompagnait encore ce matin a dû partir un peu plus loin. Des discussions ont lieu avec leurs homologues congolais, de la même façon que plusieurs entretiens m'ont réuni et me réuniront au président de la République congolais. Nous débattons des intérêts de ce peuple mais aussi des vôtres. C'est ainsi qu'il m'a été demandé de vous informer que, pour ce qui touche aux problèmes scolaires le lycée de Brazzaville qui est, je crois, le lycée Saint-Exupéry, se verrait doté dès maintenant à la fin de l'année de quatre nouvelles classes tandis que celui, Charlemagne, de Pointe Noire se verrait accru de quelques unités. Il a été également dit que pour ceux d'entre vous qui ont besoin d'un relais sérieux pour leur santé auxquels ne peuvent suffire les dispensaires existants, des chambres dotées d'appareils médicaux, chirurgicaux d'urgence, vont être installées également dès la fin de l'année et au début de l'autre à Brazzaville, tandis que là où il n'en existait pas du tout, c'est-à-dire à Pointe Noire, une unité sera créée.
- Je ne suis pas venu vous apporter, comme cela, des menus cadeaux. Je suis venu vous informer de quelques mesures qui paraissent à ceux qui suivent de près ces problèmes, et surtout à vous qui les vivez, comme importants. Encore tout cela est-il malgré tout moins important que la -nature des relations entre le Congo et la France. Je peux vous dire que ces relations sont bonnes et que nous allons les parfaire. C'est ainsi que nous pourrons reprendre le fil d'une longue tradition qui a connu ses heures de gloire et qui fait que Brazzaville apparaît sur l'espace d'un siècle, mais aussi bien entendu de ce dernier tiers de siècle comme un point de ralliement, un point fort de notre histoire.
- Je vais passer avec vous quelques moments. J'espère qu'il me sera donné de pouvoir circuler parmi vous. Ce ne sont pas les bouts de conversation que j'aurai ici ou là qui me permettront bien entendu d'approfondir ma connaissance de ce qu'est votre vie. Cependant, la simple relation de ce que vous faîtes et de ce que vous êtes est déjà pour moi un enseignement. Nous allons maintenant si vous le voulez bien entendre les accents de la Marseillaise. Auparavant, je vous dirai aussi simplement vive la République, vie la France !\

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