Publié le 4 mars 1982

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'inauguration du nouvel auditorium dédié au souvenir de la résistance juive en France, à l'institut Yad-Vashem, Jérusalem, jeudi 4 mars 1982

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'inauguration du nouvel auditorium dédié au souvenir de la résistance juive en France, à l'institut Yad-Vashem, Jérusalem, jeudi 4 mars 1982

4 mars 1982 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le Président de la République,
- Messieurs les ministres,
- Mesdames et messieurs,
- En participant à cette inauguration, j'ai voulu m'associer à la pieuse pensée de ceux qui, par la pierre et le ciment, ont pérennisé le souvenir de la résistance juive en France, qui surgit de notre communauté nationale si dûrement éprouvée à l'heure la plus douloureuse.
- Les Juifs de France, se retrouvèrent à l'heure du grand péril pour défendre les valeurs de la liberté et tenter de sauver, autant qu'il était possible, de l'extermination, sinon les adultes, du moins les enfants menacés. Beaucoup tombèrent dans le combat. Tant de sacrifices, s'ajoutant à tant de supplices, décrivant tant de pages d'indicibles souffrances ! La résistance juive en France, plus encore qu'aucune autre branche de la résistance française à l'occupation nazie, paya - on le sait bien - un lourd, très lourd tribut pour affirmer sa dignité et assurer la survie de ce qu'elle représentait, c'est-à-dire non seulement des individus, mais encore une communauté, dans son originalité, sa foi et son destin.
- Dans un instant, nous passerons par le jardin Marianne COHN, jeune femme à peine sortie de l'adolescence et qui a fait le sacrifice de sa vie pour que vivent des enfants. Que l'évocation de son nom nous fasse entendre intact son message de courage. Au nom de la France, j'y veillerai. Et je remercie ceux qui ont participé à la réalisation de cet auditorium, qui permet à mon pays d'être présent là où il doit l'être, sur les hauts lieux où brûle la flamme du souvenir des sacrifices consentis pour la liberté.
- Je suis sensible à l'aide qui a été apportée par le gouvernement israélien et par l'Agence juive pour soutenir l'effort consenti par les survivants du génocide. Je m'incline devant les héros juifs de la Résistance française. La foule qui se pressera dans cette salle dira leurs noms. Les hommes, les femmes, les enfants de France venus ici sauront comment s'appelaient ceux qui eurent l'audace - il n'y a rien de plus beau - de s'effacer pour que d'autres, plus tard, puissent vivre debout. Sur cette colline du souvenir, que de tels héros restent nos témoins et nos guides, témoins d'une folie cruelle pour que celle-ci demeure en nos mémoires et pour que nous parachevions dans la vigilance l'oeuvre de toujours recommencée : bâtir et assurer la paix entre les hommes.\

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