2 janvier 2017 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la coopération militaire entre la France et les Peshmergas dans la lutte contre le groupe terroriste Daech en Irak, à Erbil le 2 janvier 2017.

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Monsieur le Président,
Je tenais à être ici en ce début d'année 2017 pour vous adresser tous mes vux dans l'entreprise que vous avez engagée pour lutter contre le terrorisme. Vous l'avez rappelé, j'étais déjà là en septembre 2014, au moment où Daech était aux portes d'Erbil. Vous aviez appelé la France à être solidaire, elle l'a été. Elle avait décidé dans le cadre de la coalition internationale, de vous apporter tout le soutien, ce qui explique la présence de détachements militaires français ici et aussi auprès des forces irakiennes pas loin de Mossoul. Mais il n'aurait pas été possible de repousser Daech sans le courage, sans le sacrifice des Peshmergas.
Nous sommes allées il y a quelques heures sur la ligne de front. Tous les territoires que nous avons traversés sont des territoires que vous avez libérés et ce que l'on pouvait voir au loin, c'était des villages, des villes que les Peshmergas ont pu également libérer en chassant Daech. Pour les minorités religieuses qui pouvaient avoir à craindre pour leur propre devenir dans la région, c'était très important que vous puissiez permettre à des villages de retrouver la vie.
Tout à l'heure, vous m'avez remis un cadeau qui représentait un Peshmerga qui sauvait le monde, c'est finalement une responsabilité qui vaut pour vous, mais qui vaut pour l'ensemble de la communauté internationale. Il faut savoir à un moment s'engager, vous l'avez fait et si nous voulons éradiquer le terrorisme, il faudra bien que chacun prenne les décisions qui conviennent.
Vous m'avez également remis une photo où on voyait des Peshmergas qui redressaient une croix, dans un village qui avait été libéré avec des organisations humanitaires et c'est aussi un beau symbole qui rappelle que le Moyen-Orient est riche de toute sa diversité, de toutes ses minorités - je pense aux chrétiens, aux Yézidis, aux Shabaks - et c'est aussi au nom de ces minorités que vous avez mené les combats contre Daech.
Vous avez également accueilli de nombreux déplacés et je tenais là encore à pouvoir apporter une aide immédiate. C'est ce que nous allons remettre à des organisations humanitaires présentes ici et faire en sorte que ces déplacés puissent non seulement être soutenus mais puissent retrouver leur ville et leur village.
Alors qu'est-ce qu'il nous reste à faire ? A libérer Mossoul, à faire ensuite que Daech puisse être combattu ici en Irak mais aussi en Syrie pour que cette organisation terroriste disparaisse, il faudra du temps. Ce que nous avons à faire aussi, c'est préparer une solution politique pour l'après-libération de Mossoul et faire que cette ville, cette région puissent vivre ensemble et puissent avoir une administration qui permette d'avoir un destin commun.
Voilà la raison de ma présence ici. Une reconnaissance pour ce que vous avez fait - les Peshmergas - en ce moment, ce que nous avons à faire en soutien des forces irakiennes pour la libération de Mossoul et vous dire que nous continuerons à vous exprimer concrètement notre solidarité à travers cette coopération militaire, à travers cette coopération humanitaire et à travers cette coopération politique. Voilà pourquoi je voulais, en ce début d'année, être ici avec vous, dans l'esprit qui a toujours été celui qui a uni la France avec le peuple kurde.Merci Président.

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