6 septembre 2016 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les relations franco-vietnamiennes, à Hanoï le 6 septembre 2016.

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Mesdames, Messieurs, les ministres vietnamiens et français,
Monsieur le Président de l'université,
Chers amis qui faites vivre ce haut lieu de culture, de savoirs et de connaissances,
Je suis très fier, très honoré de venir ici, à l'université du Vietnam à Hanoï et de pouvoir m'exprimer devant un certain nombre de professeurs, d'étudiants avec une délégation, celle qui m'accompagne, composée de parlementaires très attachés à l'amitié entre la France et le Vietnam, mais aussi d'universitaires, de chercheurs.
Car ce qui lie nos deux pays, c'est une longue histoire, une histoire faite de tumultes, mais aussi de liens profonds qui se sont tissés génération après génération et avec la même confiance dans le progrès, dans la recherche, dans la science, dans ce qui pouvait faire avancer l'humanité.
C'est ce qui explique que malgré les ruptures, il y a toujours eu la volonté de retrouver le fil commun, celui qui nous permet d'être ici aujourd'hui.
Je veux saluer toutes ces générations qui ont voulu que la France et le Vietnam puissent coopérer comme c'est le cas aujourd'hui.
Votre université est elle-même prestigieuse. Elle porte une devise qui d'ailleurs devrait être celle de toutes les universités au monde, « l'excellence par le savoir ». Comme tous les lieux de culture, vous avez accueilli ici des étudiants qui ont pu ensuite être des personnalités au destin remarquable, que ce soit dans le domaine scientifique, culturel et même politique.
Si je devais en citer deux -mais je serais finalement trop audacieux, car il y en aurait beaucoup d'autres à évoquer-, le Général GIAP, héros de votre résistance, a été formé ici dans cette université et le mathématicien Ngô BAO CHAU, qui a eu un parcours exemplaire puisqu'il a été formé au Vietnam et en France et a obtenu la médaille prestigieuse en mathématique, la médaille Fields en 2010.
Justement, ces sciences nous ont permis de nouer des relations entre nos deux universités et vous avez fait en sorte qu'aujourd'hui, l'école polytechnique puisse être présente par l'association qui vient d'être décidée.
Je suis en visite d'Etat ici au Vietnam et elle s'inscrit dans un processus. Il y a d'abord eu, en 1993, la visite de François MITTERRAND qui a voulu après les événements, après les accords qui avaient été signés, que la réconciliation puisse être scellée et que les pages soient regardées sans être effacées. Jacques CHIRAC est ensuite venu deux fois ici au Vietnam et cela faisait 12 ans qu'un Président de la République française n'était pas venu en visite d'Etat. Je voulais ici, par ma présence, ouvrir encore une nouvelle étape à travers le partenariat stratégique que nous avons conclu, sous mon autorité en 2013. Ce partenariat stratégique qui lie le Vietnam et la France et dont nous devons donner une dimension forte de son ampleur, de ses capacités et de ses promesses.
Nos deux pays, je le disais, ont une histoire mais ont surtout un avenir et nous devons faire en sorte que cette histoire, qui a pu à un moment nous séparer, puisse nous réunir et que cette culture, qui a toujours été commune malgré toutes ces diversités, puisse là encore nous rassembler. La France vient à la rencontre du Vietnam d'aujourd'hui, un pays qui change profondément, un pays qui accélère sa mutation en gardant ses principes mais en faisant le choix de l'ouverture, du dynamisme économique.
Et tout en préservant aussi même sa culture, c'est la raison pour laquelle nous sommes admiratifs de cette confiance que vous faites dans l'avenir et cette passion que vous avez pour l'histoire.
Quels sont les défis que nous avons à relever ensemble, la France et le Vietnam, dans ce nouveau temps ? Toujours le défi de la paix et de la stabilité. La France, vous le savez, a été victime d'attaques terroristes ces derniers mois et même ces dernières années. Je veux exprimer toute ma gratitude au peuple vietnamien pour le soutien qu'il nous a manifesté, pour la solidarité qu'il a voulu nous témoigner. Mais le Vietnam sait parfaitement que le terrorisme s'est hélas diffusé partout dans le monde et concerne également l'Asie. Nous en avons encore eu hélas une preuve à travers des attentats qui se sont produits au Bangladesh, en Indonésie, aux Philippines.
Nous devons tous ensemble lutter contre ce fléau la radicalisation, la haine, l'intolérance- et faire en sorte que nos peuples soient forts, soient capables de montrer une cohésion. Là encore nous devons coopérer. Coopérer en luttant contre tous les trafics et en agissant contre les groupes criminels.
Mais la sécurité est globale et je sais que ce qui, en mer de Chine, peut à un moment susciter des inquiétudes, doit être réglé pacifiquement. Nous défendons des principes, des principes de souveraineté, principes d'indépendance, le principe du droit international, le principe du dialogue. C'est avec ces principes-là que nous devons agir pour la paix.
La France est présente dans la région par sa marine qui navigue et qui assure aussi d'une certaine façon la sécurité. Lorsqu'il y a des contentieux, nous sommes toujours disponibles, nous la France, pour contribuer à leur règlement et j'en ai parlé avec le Président TRAN Dai Quang pour que nous soyons très au clair sur ce que nous pouvons faire ensemble.
J'ai également salué la participation du Vietnam aux opérations de maintien de la paix sous l'égide des Nations Unies, à tout ce qu'il fait aussi pour assurer la sécurité et là encore, la France est disponible.
Le second défi que nous avons à relever, c'est le développement économique. C'est une évidence que votre pays a considérablement changé. Dans les années 1980, la question qui était posée aux Vietnamiens, c'était comment se nourrir ? Aujourd'hui le Vietnam est devenu une des premières puissances agricoles du monde. L'industrie s'y développe mais pas simplement dans ses secteurs traditionnels, y compris dans les nouvelles technologies.
De la même manière, le Vietnam qui pouvait être regardé comme un pays fermé, s'est considérablement ouvert et exporte dans le monde entier. La production intérieure brute du Vietnam a été multipliée par 15 en 30 ans et la pauvreté a considérablement reculé.
Le Vietnam, qui est dans une zone déjà très dynamique, est un des pays qui connaît une activité particulièrement soutenue et vous avez voulu cette ouverture. Vous l'avez voulu en devenant membre de l'ASEAN. Vous l'avez voulu en accédant à l'Organisation Mondiale du Commerce. Vous l'avez voulu en faisant des réformes sous l'égide de vos autorités, réformes qui devaient garder les principes de votre vie commune mais en même temps vous donner tous les moyens d'accéder aux biens et de créer des richesses.
La France a voulu vous accompagner et veut encore davantage le faire aujourd'hui. Elle l'a fait sous différentes formes, d'abord lorsque vous étiez dans la situation d'être un pays en développement, un pays émergent, en maintenant un effort en votre direction, au titre de l'aide publique au développement. Cet effort ne s'est jamais interrompu.
Aujourd'hui, le Premier ministre vietnamien m'a demandé ce que nous allions faire, parce que le Vietnam a franchi des étapes très importantes. Allions nous remettre en cause notre soutien ? Non. Nous allons réorienter l'aide au développement vers justement les nouvelles technologies, vers les nouvelles énergies, vers tout ce qui peut favoriser le développement humain.
Nous sommes également conscients qu'une vraie coopération, ce n'est pas simplement vendre des produits ou implanter des entreprises, c'est construire les bases mêmes de ce qui peut lier des pays et lier des sociétés. D'où l'importance que nous attachons à la formation, à l'éducation et à la mobilisation de la recherche scientifique. De même nous sommes très attentifs à la construction de l'Etat de droit et d'ailleurs, nous avons signé ce matin avec le Président un certain nombre d'accords qui vont dans cette direction.
Nous avons voulu qu'il y ait des programmes qui puissent servir de référence. La France a toujours cette prétention de vouloir être exemplaire, mais d'une certaine manière, cette prétention l'oblige à justement montrer que nous avons une forme d'engagement qui ne ressemble à aucune autre. C'est la raison pour laquelle nous avons ouvert un centre culturel à Hanoï, nous avons favorisé la création d'un centre de gestion franco-vietnamien, première école de management, on me dit la meilleure école de commerce de la région, présente aussi bien à Hanoï qu'à Hô-Chi-Minh-Ville.
Sur ces bases-là, nous encourageons nos entreprises à venir investir au Vietnam. Elles sont déjà au nombre de 300 et emploient plus de 30 000 personnes. Nous avons là encore voulu accélérer le processus à l'occasion de cette visite et des accords importants ont été signés dans l'aéronautique, car le Vietnam nous fait cette confiance dans la qualité de nos appareils. Nous avons aussi une coopération en matière de transport, de mobilité, de métro. Nous voulons que les villes du Vietnam puissent être aménagées de la meilleure façon, garder là encore leur centre historique, garder ce qui fait leur caractéristique et en même temps avoir toutes les conditions d'un aménagement durable réussi.
Nous voulons également montrer la voie en matière de partage des technologies, nous avons proposé des satellites aux amis du Vietnam et nous voulons à chaque fois que nous pouvons offrir la meilleure performance technologique, la mettre à la disposition du Vietnam.
C'est vrai que pour être une économie ouverte mais il faut revenir sur un certain nombre de barrières tarifaires, non tarifaires qui quelquefois empêchent qu'il y ait autant d'échanges que nous le souhaitons. C'est la raison pour laquelle -même si la France est très vigilante sur les accords commerciaux et a des principes qui sont fondés sur la réciprocité, sur la diversité culturelle, sur également le respect des normes sociales et normes environnementales- nous avons appuyé l'accord entre l'Union européenne et le Vietnam qui aboutira en 2025 à supprimer les droits de douane.
Nous voulons également que les start-up, les nouvelles technologies, les nouveaux entrepreneurs puissent trouver au Vietnam des coopérations possibles avec leurs homologues en France et c'est pour cela que nous allons lancer la « French Tech Vietnam » dans le cadre de cette visite. Ce qui fera qu'un certain nombre de jeunes ou de moins jeunes pourront échanger avec les entrepreneurs français pour diffuser cette technologie et utiliser pleinement le numérique.
Mais je veux revenir sur un autre enjeu de ce qu'est pour nous notre destin commun, c'est celui de la préservation de la planète et de faire en sorte que la connaissance, la science -qui nous a servi déjà à alerter le monde sur les dangers du réchauffement- puissent maintenant nous permettre d'avoir les outils, d'avoir les capacités pour générer un certain nombre de projets d'investissement qui nous permettront de réduire le réchauffement.
Je reviens du G20 en Chine et nous avons pris des dispositions importantes, d'une part pour que l'accord de Paris puisse être ratifié d'ici la fin de l'année et deuxièmement pour que les financements qui ont été promis lors de cette conférence de Paris -qui a été un acte historique- puissent être mobilisés justement là où il y a des projets qui permettront de sauver des patrimoines naturels ou d'éviter qu'il y ait des catastrophes naturelles.
Les deux deltas, le Mékong et le Fleuve Rouge sont particulièrement exposés. Une élévation d'un mètre du niveau de la mer affecterait plus de 10 % de la population du Vietnam et 10 %, peut-être davantage, des terres agricoles. Voilà le danger, voilà l'enjeu et voilà pourquoi j'évoquais les financements et en particulier ceux de la France pour que nous puissions agir ensemble et faire d'ores et déjà les travaux permettant d'éviter ces risques et ces dangers.
Nous ne pourrons le faire que si nous avons une ambition élevée en matière d'éducation. Le Vietnam et la France sont convaincus que dans la mondialisation, les pays qui prendront leur place seront ceux qui auront fait le plus confiance dans la capacité de l'homme et de la femme à accéder aux connaissances et au savoir. Nous avons déjà cette tradition. Nous avons formé ensemble d'ailleurs, Vietnamiens et Français, des milliers d'ingénieurs, de médecins, de fonctionnaires, d'économistes, de chercheurs, d'artistes qui construisent nos pays respectifs.
Le Vietnam a fait ce choix. Il compte aujourd'hui deux millions d'étudiants, ils seront cinq millions d'ici 2030. C'est à la fois un capital et un atout considérable, et en même temps un grand défi pour former, accompagner, qualifier ce nombre de futurs étudiants et en plus leur fournir les emplois qui correspondent à leur qualification. La France veut prendre sa part à l'effort qui est le vôtre et accueillir encore davantage d'étudiants vietnamiens en France. Aujourd'hui, il y en a 7000, c'est d'ailleurs une des communautés les plus importantes. Mais 7000, c'est encore trop peu et donc nous ferons, avec les coopérations universitaires qui sont en place, tous les efforts pour que nous puissions amplifier cet accueil.
Nous allons renforcer le programme de bourses, mettre en place des coopérations entre établissements d'enseignement supérieur. Venir étudier en France suppose de maîtriser la langue française, à défaut de l'apprendre une fois sur place, ce qui peut aller assez vite car la langue française est finalement belle, exigeante mais en même temps facile à apprendre. En tout cas, c'est ce que nous voulons faire croire. Cette langue française n'est pas au service de la France, elle est au service de la diversité du monde. Elle est au service de celles et ceux qui vont l'utiliser.
Il y aura de plus en plus de locuteurs français. On parle, au milieu du siècle, de 750 millions à un milliard de personnes qui parleront le français. Apprendre le français, ce n'est pas simplement être fidèle à une culture, même si c'est déjà très important. C'est porter des valeurs incontestablement sur ce que représente la France. Mais c'est aussi prendre sa part et sa place dans la mondialisation, y compris pour acquérir une expérience professionnelle. C'est pourquoi l'Université des sciences et des technologies est une université franco-vietnamienne, parce qu'elle a cette volonté d'avoir cet échange permanent entre nos étudiants.
Mais au-delà de la langue, au-delà de la culture, au-delà de cette même confiance dans le progrès, nous devons favoriser l'émergence de laboratoires d'excellence. Je rappelais la devise de votre université : l'excellence. Nous devons la retrouver dans les biotechnologies, dans la biodiversité, dans la chimie, dans les technologies de l'information, dans les sciences humaines et également pour la santé. C'est pourquoi nous avons conclu des accords à l'occasion de la visite, entre les meilleures institutions de recherche du Vietnam et de France. C'est le sens du projet que nous avons acté avec l'Académie des sciences et des technologies, notamment pour le satellite d'observation de la terre. Nous voulons que dans tous les domaines que nous considérons comme les plus stratégiques, nous puissions établir des relations entre nos institutions de recherche -certaines sont déjà présentes ici et je veux saluer leurs représentants- et faire en sorte d'amplifier encore ce processus.
J'allais dire il y a surtout la culture £ c'est ce qui souvent nous relie, avant même que nous ne sachions comment lui donner son sens. Il y a eu des années France-Vietnam qui ont été organisées en 2013-2014 et qui ont eu un grand succès.
Je veux aussi remercier les collectivités locales françaises. Elles sont représentées ici parce qu'elles se sont pleinement engagées et mobilisées pour qu'il y ait des événements. La meilleure preuve, c'est qu'il va y avoir les « Assises de la coopération décentralisée » dans quelques jours ici au Vietnam, avec de nombreux élus de tous les territoires français qui veulent précisément s'engager pour qu'il y ait des actions de coopération.
De notre côté, c'est-à-dire au niveau de l'Etat, nous avons voulu que l'Institut français d'Hanoï soit un lieu exceptionnel d'échanges, de formation et d'exposition pour les artistes français et vietnamiens. Nous avons décidé qu'une antenne de cet Institut sera également installée à Hô-Chi-Minh-Ville. Avec la ministre de la Culture française, nous avons voulu qu'il y ait la mise en place d'une nouvelle académie franco-vietnamienne pour les industries créatives, le cinéma, la conservation du patrimoine. Conservation du patrimoine parce que je rappelle qu'il y a ici 20 000 stèles gravées du Vietnam qui sont parmi les plus beaux témoignages de votre civilisation.
La Francophonie, je le disais, nous permet de rayonner dans l'ensemble du monde, sur tous les continents. C'est très important que le Vietnam y accorde une place éminente. C'est au Vietnam, à Hanoï, que s'était tenu un Sommet de la Francophonie. Il y a au Vietnam 50 000 élèves qui apprennent le français. Nous souhaitons bien sûr qu'ils soient plus nombreux. Il y a 200 établissements au Vietnam qui dispensent des cours de français, nous souhaitons qu'ils soient encore plus nombreux. Il y a des universités où l'on enseigne en français, nous souhaitons qu'elles soient encore plus nombreuses. La Francophonie est ce que nous partageons et c'est ce qu'un pays comme le Vietnam peut avoir aussi comme ambition, de parler plusieurs langues -et d'abord la sienne- mais aussi de pouvoir échanger, commercer, s'ouvrir à d'autres cultures et porter l'ambition de la diversité à l'échelle du monde.
Il ne faut pas l'uniformisation. La mondialisation ne peut pas être l'écrasement, ne peut pas être la banalisation, ne peut pas être la soumission. La mondialisation, ce doit être une opportunité pour bien sûr porter ce que l'on a de meilleur dans chacun de nos pays et pouvoir l'échanger à d'autres, créer des emplois, favoriser une activité économique, mais avec des règles qui puissent permettre que des normes soient respectées partout. J'ai évoqué l'environnement, les questions sanitaires, les exigences sociales. Mais il faut aussi qu'il y ait ces cultures qui se mélangent, sans jamais disparaître, qui s'enrichissent mutuellement, qui dialoguent pour que nous puissions nous élever ensemble et lutter contre l'ignorance, l'intolérance, la barbarie. Voilà pourquoi il est très important de cultiver l'amitié entre nos deux pays, la France et le Vietnam.
La France et le Vietnam avec l'Histoire, la France et le Vietnam avec la géographie qui fait que la France est aussi présente dans cette région, la France et le Vietnam avec les principes qui nous sont communs, la France et le Vietnam aussi avec cette ambition culturelle. La France et le Vietnam également parce que nous pouvons montrer ce que deux peuples peuvent être capables de faire lorsqu'ils ont des idéaux de développement communs et lorsqu'ils rappellent à chaque fois les principes de la liberté et des droits de l'Homme.
Mais nous n'oublions pas non plus que nous avons 350 000 de nos concitoyens qui sont d'origine vietnamienne et qui sont très émus par le voyage que je fais. Parce qu'ils veulent être bien sûr pleinement Français, puisqu'ils sont venus vivre en France, mais qui n'oublient rien de leur pays d'origine et qui veulent participer à l'élan commun, et là-encore, construire cette amitié. C'était le sens de ma visite dans cette université. Il n'y a pas plus beau symbole pour dire ce qu'est une amitié que de venir dans un lieu de savoir, de connaissance et de culture. Alors vive le Vietnam, vive la France et vive l'amitié entre nos deux pays. Merci.

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